AUGUSTE ET BOLESLAS
AUGUSTE
Boleslas, voici une le’tre pour ton maïitre.
BOLESLAS
Hélas! je n'ai plus de maitre.
AUGUSTE
Que veux-tu dire ?
BOLESLAS
Quoi! Vous ne savez donc pas, seigneur!
Mon maitre chéri, le bon Stanislas, a dis
celoner LOUS lggrw. Personne ne sait ce qu'il est devenu. e humaine, fi
St il allé se cacher au fond d’un désert?
üubest -il arrivé quelque malheur ?
AUGUSTE
> ARTIE À assure - toi, Boleslas : cette lettre est de * Stanislas: il veut calmer Taquietuds üe M frère ; mais, pour empêcher qu’on ne lélpoursuive, il a ordonné de ne la lui remur e que lorsqu'il serait loin de Vienne.
BOLESLAS
RSEA Oh ! fasse le ciel qu’il échappe aux pour Suites ! je sais trop bien quelles souffrances V' iftendraient ici. Si encore j'étais à à ses côtés | Dour soutenir ses membres fatigués, pour le Jour ton maître. és der dans sa route et le défendre au be- ‘soin .. mais non, je n’ai pas même eu le
bonheur de recevoir sa bénédiction.
tre.
AUGUSTE
Quand s'est - on aperçu de sa fuite ?
C7 BOLESLAS
À l'heure du diner. Tous les jeunes pas, seigneur ?! neurs étaient réunis. Ils se romet anislas, a dis! nt tout haut, les uns de s'amuser aux
Ke
dépens de Stanislas et d’avoir raison de ses scrupules ; les autres, au contraire, pari aient que tous en seraient pour leurs peines. Afin que Stanislas n'ailât se réfugier dans une église, selon son habitude, Paul l'avait cor signé dans sa chambre, et Bilinski le ‘surveillait.
AUGUSTE
Toujours cette âme vénale !
BOLESLAS
Les autres domestiques avaient ordre de ne laisser entrer personne chez lui. Heureusement pour moi, on m'avait éloigné. A l'heure marquée, la troupe bruyante, Paul en tête, se rend aux appartements de Stanislas pour l'emmener de gré ou de force … Ils étaient vides !
AUGUSTE
Comment Stanislas s'était -il échappé ?
BOLESLAS
Je ne sais, seigneur.. Bilinski s'emporte
et jure que le démon seul a pu lui jouer ce mauvais tour.
e $es pari nes.
dans avait ki le
AUGUSTE
Le malheureux! il devrait plutôt voir ici la protection du ciel.
É BOLESLAS
On l'a cherché par toute la maison sans pouvoir le trouver. Jugez de la colère de Paul. Ses amis l’accablaient de railleries et de sarcasmes : ils n'étaient pas fâchés d'humilier un peu ses prétentions hautaines.
Ensuite ils ont couru annoncer dans la ville la déconvenue du seigneur de Kostka.
AUGUSTE
Je sais que cette nouvelle s'est répandue plus tôt que je ne l'aurais voulu.
BOLESLAS
Après le premier moment de surprise, mon maître a envoyé des émissaires de tous côtés ; mais il était déjà tard : les églises et les hôpitaux se fermaient. Il soupçonne beaucoup les PP. Tésuites d’avoir reçu son frère chez eux et de le cacher: il est allé se plaindre, dans la soirée, au ministre de l'empereur : on parle de châtiments exem -
plaires. Les nouvehes les plus contradic
oires nous sont venues de diffé rents quar
tiers. Une vieille mendiante, qui reçoit ses aumônes, prétend avoir rencontré Stanislas dans la rue de la Tour Rouge, sous l’escorte de deux superbes cavaliers. Les sentinelles, à des portes opposées, auraient vu sortir de la ville un jeune homme répondant au signalement de Stanislas. Cependant je crains à chaque instant d'apprendre qu'il à été découvert.
AUGUSTE
Rassure -toi, Boleslas, je crois que ton maitre...