LP
séductions Vous vous Ôtes caché sous la
peau de la brebis; mais ne craignez- vous
pas que’lle vous soit arrachée bientôt ? Le denier qu’on vous jette chaque mois pour acheter votre complaisance, êtes-vous sûr de le conserver longtemps ?
BILINSKI.
Je comprends: je ne suis qu'un vil mer cenaire, un loup ravisseur. Mais, vous verrez, seigneur Auguste, combien ces insultes serviront, à votre ami. Il ne peut échapper. Dans la ville, nous le faisons chercher partout. Défense a été faite aux couvents, sous les peines les plus sévères, de lui donner asile. Je vais moi-même interro ger le P. Provincial des Jésuites, qu'il à dû consulter, car on les a vus ensemble.
Si, par hasard, Stanislas s'est éloigné de Vienne, comme quelques-uns en sont per suadés, le seigneur Paul, qui est à sa pour suite, le retrouvera certainement. Nous lui ferons expier la double désohéissance qu’il vient de commettre contre nous. Vous pourrez le consoler ensuite.
AUGUSTE
Bilinski, je vous plains: bientôt peut-
être, vous aurez, vous-même, besoin consolations. Adieu.
DIALOGUE IIL.
BILINSKI ET LE PÈRE MAGIUS.
BILINSKI (seul).
Je ane ris de tes menaces. Je suis assuré de toute la pr-tection de Paul Il 2
besoin de moi ‘ais, s’il le faut, je me rendrai encore plus nécessaire. Pourtant
… Bon! voici le Provincial ... Mon Père, Stanislas a disparu, où est-il? Vous seul le savez; dites-le-moi. Les subterfuges seraient inutiles. Il n’y a pas de retraite si cachée, de prison si obscure qui puisse le dérober à nos recherches.
LE PÈRE MAGIUS.
Stanislas est parfaitement libre.
BILINSKI.
Vous triomphez, vos perfides conseils ont réussi ; mais, sachez-le, la colère de la
és, puissante famille de Kostka va retoraber sur votre tête.
LE PÈRE MAGIUS.
Bien des orages ont déjà menacé cette tête blanchie par les ans: je n'ai jamais redouté que la colère du ciel.
BILINSKI.
Que répondrez-vous à une mère en pleurs qui vous demandera son enfant ? Pourrez-
aré vous calmer un père outragé ?
me : LE PÈRE MAGIUS.
ant #4 .. | 0 | Re re. Je serais inconsolable si ] avais mérité Cl leur colère ou leurs reproches, si j'avais ges poussé Stanislas dans une fausse voie. Mais MESA vous, comment soutiendrez-vous, un jour, HS les terribies reproches du souverain juge ?
BILINSKI.
Ces menaces ne sauraient m'effrayer. Si vous ‘croyez pouvoir retenir Stanislas dans vos monastères, détrompez-vous : nous saurons bien l'en arracher. Rendez-le à sa
ont famille : c'est ce que vous conseillent votre la ntérèt et la justice.
LE PÈRE MAGIUS.
La justice, c'est de protéger, contre la
violence et contre les pièges de la malice, ( celui dont l’âge encore tendre a été confié à Ù votre sollicitude. La justice, c'est de prendre C
la part de Dieu.
BILINSKI.
TR me mon
Dieu! Toujours le nom de Dieu pour couvrir vos perfidies les plus noires. C’est
au nom de Dieu que vous êtes venus à 4 Vienne, pour tourmenter les consciences, di jeter le trouble dans Les familles, sous pré - tà texte de réformer je ne sais quels abus. l'e LE PÈRE MAGIUS. ü
au
Oui, c'est au nom An Très - Haut que nous fai nous sommes efforcés de rendre à la foi m
catholique son ancienne splendeur, et que nous avons pu la réveiller au fond des cons ciences, où elle achevait de s'étendre.
Quand la peste est venue exercer ici les né cruels ravages dont vous fütes témoin c'est au nom de Dieu que nous Pavons - affrontée, pour secourir ceux que la peur abandonnait lâchement. jeu
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BILINSKI,
Par un motif aussi noble, sans doute, vous tâchez d'attirer dans vos rangs ceux que dis tinguent la naissauce, le talent et Ia ri chesse,
LE PÈRE MAGIUS.
Dieu ne repousse personne.
BILINSKI,
Pas même les plus grands seigneurs de la cour de Charles-Quint. Qu'avez-vous fait du duc de Candie, également distingué sur le champ de bataille et aux conseils de l’'ernpereur, dont il était le parent et l’ami ? Ce François de Borgia, auquel ne manquait aucun genre de gloire, qu'en avez-vous fait ? un obscur missionnaire envoyé aux mendiants et aux vagabonds,
LE PÈRE MAGIUS.
François de Borgia est aujourd'hui général de la Compagnie de Jésus.
BILINSKI.
N’avez- vous pas aussi voulu accaparer le jeune et brillant cardinal Borromée, neveu