XXXII INTRODUCTION
dans l'empire russe, ou comme prince du sang apanage ou comme grand vassal de la couronne. Sous le premier de ces rapports, il devient une charge inutile ; dans le second, un sujet dangereux.
» Motifs pour la Pologne, — L'état présent des choses subsistant, il faut de nécessité que la Pologne deviennne, à une époque plus ou moins éloignée, une province ou un fief de l'empire de Russie. Qu'on observe les progrès de l'influence de cette puissance en Pologne ; d'abord elle n'agissait que dans les grandes crises ; aujourd'hui elle sanctionne la souveraineté de la nation et la prérogative royale dans leurs actes de tous les jours et de tous les instants ; les traités ont légitimé son immixiondans toutes lesafl*aires. Qu'est-ce que la garantie, sinon un titre déguisé de suzeraineté d'une part et de vasselage de l'autre ?
» Après avoir établi solidement cet ordre de choses et lui avoir donné une base avouée par le consentement des deux grands voisins, cet ordre subsistera quelque temps encore ; mais, comme au fond il n'intéresse la Russie que sous des rapports d'orgueil plus encore que de sûreté, elle ne tardera pas à dédaigner une jouissance stérile et se saisira enfin du domaine réel et utile sur le tout ou, du moins, sur la majeure partie. Tels doivent être les progrès et la fin de l'influence russe en Pologne.
» Dans cet état de choses, la Pologne doit périr ou se conserver par la Russie. On doit donc chercher à présenter à l'impératrice un projet dont le but, loin d'être l'anéantissement de la République, en soit, au