‹ Stanislas Poniatowski et Maurice Glayre; correspondence relative aux partages de la PologneChapitre 5 sur 78 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

Glayre, âgé de vingt et un ans, leur fut présenté et invité par eux à les accompagner à Varsovie * .

« En arrivant auprès du roi, raconte Glayre, je lui dis : « Je ne sais rien de ce qu'il me faudrait savoir, » daignez m'instruire. — Je m'en charge », me répondit-il. Jamais son indulgence ne s*est démentie^. »

Si Stanislas-Auguste eut l'occasion d'êlre indulgent, ce ne fut pas — me semble-t-il — pendant beaucoup de temps. Il put bientôt s'apercevoir, en effet, que Mestral de Saint-Saphorin avait eu la main heureuse en choisissant pour lui le* jeune Vaudois. Je n'en veux pour preuve que la confiance qu'il inspira bientôt à tout le monde dans un pays où l'on était souvent disposé à voir de mauvais œil un étranger possédant un emploi dans le gouvernement. Dans la situation périlleuse et presque désespérée où se trouva bientôt le roi à l'époque des premières discordes politiques, il eut de son côté à se féliciter de posséder auprès de lui un homme qui, n'ayant pas d'idées préconçues et n'étant pas intéressé personnellement dans la lutte des partis, pouvait juger des hommes et des choses en ne faisant appel qu'à la raison et au bon sens.

I. Lettre de Glayre au général de Monet, le 25 novembre 1778. « C'est par lui (de Mestral) que j'ai cto connu du roi et c'est à lui que j'ai l'obligation de le servir. »

a. Lettre de Glayre à l'bistorien suisse Zschokkc, la mars i8o4. Celte lettre a été publiée de môme que deux autres, sous forme de brochure. Le manuscrit original, chargé de nombreuses variantes diffère beaucoup de ce qui a été publié et renferme des données précieuses sur la conduite de Glayre dans la Révolution helvétique.

INTRODrCTION.

Maurice Glayre arriva en Pologne au moment où allaient commencer entre les partis les grandes luttes qui devaient aboutir au premier partage. Stanislas- Auguste avait cependant bien auguré pour Favenir, de Tunanimilé avec laquelle la Diète d'élection l'avait élevé au trône. « Dans toute notre histoire, avait-il écrit le 9 septembre 1764 à madame Geoffrîn, il n'y a point d'exemple d'une élection aussi tranquille et aussi parfaitement unanime. » Cette tranquillité et cette unanimité ne provenaient pas malheureusement d'une pensée nationale, d'un enthousiasme patriotique faisant vibrer en même temps tous les cœurs. Ce n'était pas non plus l'effet de la joie de toute une nation à la pensée d'avoir enfin à sa tcte un Piast, c'est-à-dire un roi choisi dans une famille du pays. C'était bien plutôt le résultat des intrigues étrangères, de la volonté de Catherine II et de la présence des troupes russes.

Stanislas-Auguste et surtout la puissante famille des Czartoryski qui lui était attachée par les liens de la parenté et de la communauté des idées poUtiques, firent décider à cette époque par la Diète de convocation et celle du couronnement, des modifications essentielles à la constitution du pays. Le pouvoir des grands généraux de la Couronne et de Lithuanie, qui était indépendant du gouvernement et qui donnait à ceux qui en étaient revêtus une influence aussi considérable que dangereuse pour la sûreté de l'État, fut amoindri dans une grande masure. Les armées de la République devaient être placées dorénavant sous la direc-

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