‹ Stanislas Poniatowski et Maurice Glayre; correspondence relative aux partages de la PologneChapitre 63 sur 78 · MISSION DE GLAYRE EN FRANCE. I · texte numérisé non relu

MISSION DE GLAYRE EN FRANCE. I

rance d'amitié constante de S, M. Prussienne ; sur quoi j'observai que dans les circonstances actuelles il s'était répandu, il est vrai, trop de bruits qui avaient dû causer de Finquiétude, même avec la forte conscience que le roi et le gouvernement de Pologne mettaient dans le sentiment religieux de S. M. le roi de Prusse, mais que les assurances données ne laissaient plus aucun doute sur la continuation de ces sentiments et de cette amitié. »

Ceci nous rassure donc de ce côté-là. Cela peut-être l'effet de la probité personnelle du roi de Prusse ou de la manière dont la Prusse lui a fait entendre qu'elle ne serait nullement indifférente à toute usurpation sur la Pologne. J'y répondrai de la manière la plus honnête ; mais cela ne m'empêchera pas de travailler à la Diète prochaine à mettre la Pologne sur un pied plus respectable. Stackelberg m'a donné encore hier les assurances que ce qui a tardé jusqu'ici de la part de sa Cour relativement à cet objet arrivera finalement.

... Jean Potocki continue son rôle bizarre. J'ai fait dire à sa mère à Vienne de l'engager à quitter Varsovie afin qu'il ne s'y fasse pas à la fin de mauvaises affaires.

Barnewall à Maurice Glayre.

Varsovie, 17 mai 1788.

On parle de la Diète; selon les apparences, elle sera

difficile. Il y a beaucoup de fermentation. Vous serez sans doute étonné d'apprendre que Potocki s*est proposé pour maréchal. Vous connaissez combien il est antiroyaliste. On parle pour cette place du référendaire Malachowski. Séverin Potocki compte sur celle de maréchal du Conseil. Je verrai toujours avec peine des Potocki dans les principaux emplois. Son frère, le chevalier, gendre de la Princesse maréchale * vient de s'habiller, non pas tout à fait à la polonaise, mais presque à la circassienne. Il a fait précéder son changement de costume d'une lettre au roi et d'un écrit qui est un vrai tocsin pour engager la nation à prendre les armes pour la défense de la patrie contre le roi de Prusse qu'il prétend travailler à mettre à profit les occupations de l'empereur et de l'impératrice contre les Turcs pour s'emparer de la Grande Pologne. Il vient de publier un nouveau manifeste dans lequel il dit que la Pologne doit être l'alliée de la Russie et même sa protégée, mais que cette puissance n'a pas besoin pour cela d'entretenir un ambassadeur dont le luxe et l'éclat offusquent tous les ordres de l'État. Je ne sais comment celui-ci prendra la chose. Au surplus, le chevalier Potocki affecte un grand dévouement au roi, recherche toutes les occasions d'en approcher, de le louer, de l'exalter, et fréquente de préférence ce qui

I . n s'agît là de Jean Potocki dont il a été question plusieurs fois dans les lettres précédentes.

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