I. Voir la note au bas de la lettre précédente
a. Jean Potocki appartenait à la famille du Palatin de Russie et était le plus actif de ceux qui cherchaient à entretenir l'agitation patriotique dans la Grande Pologne.
MISSION DE 6LAYRE EN FRANCE. igS
qu'elle fera bientôt tout ce qu'il nous faut. Mais ce bientôt dure depuis longtemps et n'a point encore de terme fixe. En attendant, elle me demande toujours de contenir ma nation en tranquillité jusqu'à la Diète, et elle attache à cela l'efifet de ses promesses. Or plus la Russie diffère, et plus il m'est difficile d'empêcher que ma nation (qui commence déjà à m'accuser d'inertie) ne fasse quelque explosion précoce, ou ne prenne parti dans un sens bien contraire à la Russie.
Du roi à Maurice Glayre,
Varsovie, lo mai 1788.
... Voici ce que Zabtocki, mon résident à Rerlin, m'écrit :
« Berlin, ce 3 mai 1788.
» Mercredi le 29 avril, S. E. M. le comte de Tinkenstein, m'ayant fait venir chez lui m'a parlé en ces propres termes : a Je puis supposer que vous savez )) tout ce qui a été ébruité tant à l'égard de la marche » des troupes du roi pour s'emparer d'une partie de la )) Grande Pologne avec désignation même des Palati- » nats et districts qui devaient faire partie de ce dé- » membrement, comme aussi à l'égard de la formation )) d'un cordon sur les frontières, Dieu sait sous quelle » raison et prétexte. Quoique nous soyons persuadés » que ces bruits ce sont pas accrédités dans votre pays
igG STANISLAS PONIATOWSKI ET MAURICE GLATRE.
» auprès des personnes bien intentionnées, surtout » parce que nous n'avons pas hésité à diverses reprises » de donner des assurances d'amitié envers la Pologne, » et de faire évidemment connaître que nous n'avons » d'autre intention que d'observer les traités qui subsis- » tent entre les deux États, cependant comme S. M. » le roi mon maître a appris avec beaucoup de sur- » prise qu'indépendamment de tout cela il ne manque » pas de personnes préposées au gouvernement de » Pologne qui ont ajouté foi à ces bruits sans fonde- » ment, j'ai eu ordre en conséquence du roi mon » maître de vous parler à ce sujet pour que vous fassiez » de nouveau connaître les constants sentiments de » S. M. Prussienne, de son amitié envers le roi et la » République de Pologne, mais que vous fassiez en » même temps mention de la surprise que le roi mon » maître a manifestée dans cette occasion, tout cela » dans la pleine confiance que S. M. le roi et la Répu- » blique de Pologne seront disposés à se laisser per- » suader enfin de ces mêmes sentiments et que vous, » monsieur, demeurant ici, in loco même, êtes obligé » de constater par expérience. »
» Comme la façon avec laquelle S. E. M. le comte de Tinkenstein m'avait dit ceci, était telle qu'elle démontrait la vérité de ce qu'il avait témoigné, je ne pouvais que le remercier pour une pareille communication, et lui exprimer de mon côté la satisfaction que S. M. le Roi et son Conseil ressentiraient à cette assu-