‹ Stanislas Poniatowski et Maurice Glayre; correspondence relative aux partages de la PologneChapitre 76 sur 78 · Lettre par laquelle le roi demandait un armistice · texte numérisé non relu

Lettre par laquelle le roi demandait un armistice

2. On remarquera que cette lettre, de même que les suivantes, est écrite sous forme de bulletin, où le roi ne parle de lui qu'à la troisième personne. Il avait annoncé à Glayre vouloir se servir de cette forme afin que Ton ne pût pas le rendre responsable de toutes les réflexions qui se trouvaient dans sa correspondance si celle-ci était lue en Allemagne4

peut pas marcher, parce que, dis-je, cette loi n'a été révoquée que dans les derniers jours de la Diète par l'établissement d'un nouvel état militaire. Avant donc que cette troupe pût marcher, le roi ne pouvait pas marcher lui-même, et lorsqu'elle fut prête, quatre ou cinq jours avant l'arrivée de la réponse de Russie, tous ceux qui avaient différé d'opinion pendant toute la Diète, se sont réunis à dire que si le roi abandonnait la capitale avant de recevoir la réponse de l'impératrice, il gâterait tout. MM. de Bulhakow et Luchcsini le disaient également. On le mandait aussi de Vienne par une voie très instruite des idées du prince de Kaunitz.

En attendant, le concours des circonstances ou des fautes ramenait déjà l'armée de Lithuanie sur les bords du Bug, à quinze lieues d'ici, et celle de la Couronne sur les bords de la même rivière, à trentesix lieues d'ici.

Celle-ci n'a pas fait de fautes militaires, niais elle a été affamée par celui-là même qui devait et pouvait la nourrir le mieux. Tout ce que le roi a pu encore fournir en munitions, en canons, en chirurgiens, en bottes, habits, tentes, etc., était tellement épuisé que ni en fournitures, ni en argent, il n'était plus au pouvoir du roi d'envoyer aucun supplément d'aucune espèce aux deux armées.

L'emprunt de Hollande et tous les autres avaient manqué complètement, il n'y avait plus au Trésor de

l'Etat qu'à peu près la moitié de ce qu'il faut pour payer à l'armée la paie ordinaire de paix au trimestre prochain du i®' septembre; pas un sol pour les dépenses ordinaires de guerre (lesquelles, comme on sait, se montent au triple de la paie ordinaire); pas un sol pour payer aucune dépense civile, môme au roi, lequel a rendu au Trésor public les seuls cinq cent mille francs qu'il en avait pris à compte des deux millions qu'on lui avait assignés pour la dépense de la campagne. Les troupes prussiennes postées sur les frontières des Palatinats de Posen et de Plock annonçaient hautement leur entrée en Pologne. Un général prussien venait de faire une reconnaissance jusqu'à Mtawa (?), ville nous appartenant, dans le Palatinat de Plock ; en retournant chez lui, il a ordonné dans notre dernier village la construction d'un pont qui devait être en état de porter du canon. Il a appuyé sur cette expression.

M. de Luchesini, à la vérité, contredisait ces apparences, mais M. de Bulhakow * disait : « C'est nous qui avons empêché jusqu'ici les Prussiens d'entrer ; mais du moment que nous voudrons, ils entreront, et, une fois entrés, je ne réponds plus quand et à quel prix ils sortiront. » On comprend assez ce que cela signifie.

Aujourd'hui, il se fait un traité d'alliance entre

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