I. Ambassadeur do llussic
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Pétersbourg et Berlin, et un autre entre Pétersbourg et Vienne. Dans tous les deux, on stipule une complaisance parfaite de la part des deux Cours allemandes pour la Russie en tout ce qui regarde la Pologne.
A la bataille de Dubienka ^ les Russes n'ont tourné Kosciuszko qu'en passant par la Galicie. Si le roi était allé à rarméc du prince Joseph, et de là dans le Palatinat de Cracovie pour y chercher des postes définitifs, il aurait pu y subsister encore quatre semaines, après quoi, faute de paie, il fallait ix)urlant licencier cette armée, et demander pour la personne du roi quelque asile à l'étranger, en abandonnant Varsovie et tout le reste du pays à l'ennemi, puisque le poste de Brzesc et tous les autres sur le Bug étaient déjà forcés. Pendant ces quatre semaines de délai, le concert des trois Cours ne pouvait que mûrir aux dépens de la Pologne. La résolution de se faire tuer avec toute l'armée était tentante, en offrant une fin militaire, mais cela ne sauvait pas la Constitution du 3 mai, ni la succession au trône, ni les municipalités, et devait accélérer un nouveau partage de la Pologne.
Dans cet état de choses, arrive la réponse de l'impé-
I . La bataille de Dubienka consacra la réputation de Thaddce Kosciuszko et eut lieu dans le même temps où Joseph Poniatowski combattait avec une égale valeur à quelques lieues de distance, à Zielence.
ratrîce, le 22 juillet. On y trouve le refus net de toutes les propositions du roi et même celui d'un armistice, et, de plus, la menace du détrônement si le roi n'accède pas incessamment et sans attendre les extrémités, à la Confédération formée sous les auspices de l'impératrice. Le roi convoque le Primat, neuf de ses ministres présents à Varsovie et les deux maréchaux de la Diète. Il leur lit la lettre. Il leur dit que la perte de sa Couronne et de sa vie ne l'efiTraiera pas, s'il peut faire par là quelque bien à sa patrie. Sur ces douze, la pluralité (y compris le vice-chancelier KoUontay) opinent pour l'acceptation. La minorité n'oppose que le bon droit de la Pologne et le chagrin d'y renoncer. La majorité dit au roi : « A'otre vraie gloire ne doit et ne peut consister que dans votre vrai devoir, qui est de conserver au moins la totalité des domaines de la République qu'on vous offre encore, et de préserver de la destruction totale et cette même brave armée et tout le pays. Il en coûtera sans doute beaucoup à votre amour-propre, mais le devoir doit l'emporter. » Le roi a suivi ce dernier avis. Il a écrit à l'impératrice une seconde lettre; il en attend la réponse. Son contenu rendra le sort de la Pologne plus ou moins mauvais.
Si l'on demande pourquoi la conduite des deux armées a été si peu heureuse, pourquoi l'énergie de la nation a été si peu efficace, pourquoi tout a si mal tourné, voici la réponse :
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Les deux grandes fautes qui ont produit toutes les autres ont été, en premier lieu, le fait qu'après le 3 mai 1791, on n'a fait de la part de la Pologne aucune démarche vers la Russie pendant huit mois, et cela parce que le roi de Prusse s'y est opposé deux fois, lorsque le roi lui a fait représenter que cela était nécessaire pour la Pologne, tandis que le roi de Prusse ne cessait de rechercher son rapprochement avec la Russie. La seconde faute essentielle a été que l'on a trop lâché la bride à toutes les inutiles discussions qui ont fait perdre à la Diète une année entière pour des objets peu importants, et qui auraient pu être terminés beaucoup plus vite, alors qu'il fallait songer principalement et au plus tôt à renforcer le militaire et à se procurer des emprunts au dehors.
Le roi a proposé à plusieurs reprises la création des commandants militaires pour la noblesse dans tous les Palatinats et surtout dans ceux des frontières, et de même l'organisation d'une milice bourgeoise dans toutes les villes. L'enthousiasme était encore dans toute sa force. La générosité nationale qui s'est montrée dans les souscriptions volontaires aurait eu d'abord un objet déterminé et efficace. Mais l'on a objecté au roi des dangers que l'on croyait voir en armant tant de noblesse et tant de bourgeois. On lui objectait l'exemple de la France. Quant aux emprunts, on voulait toujours les différer jusqu'à la décision de la
grande afTaire des starosties, si odieuse par elle-même pour un grand nombre d'individus. Tout cela a fait que l'on n'a eu ni argent ni volontaires, lorsque la déclaration russe vint démentir tout ce que l'on écrivait continuellement de Vienne et de Berlin, que certainement les troupes russes n'entreraient jamais en Pologne. On aima mieux croire ce que l'on écrivait de ces deux villes que ce que Deboli mandait dans chaque dépêche sur les projets hostiles de la Russie.
Quand, enfin, on décréta l'emprunt de trente millions, quand on chargea le roi de la défense déjà presque impossible du pays, quand on consentit qu'il nommât des commandants militaires à la noblesse, la déclaration de la Russie était sous presse, et ses armées bordaient les frontières de la Pologne depuis Riga jusqu'auprès de Kaminiec, et sur les soixante-cinq mille hommes qui faisaient le pied supposé de l'armée polonaise, il en manquait à peu près dix mille au compte en hommes, et à peu près autant en chevaux de cavalerie, d'artillerie, chevaux de bât, etc. Plus de la moitié de ces troupes manquait de tentes et de tout ce qu'il faut pour quitter des garnisons et se mettre en campagne.
En vertu du pouvoir confié au roi si tard, il donna tous les ordres nécessaires. Pour bien des articles, il a fourni du sien, mais le temps n'a suffi à rien, et l'insuccès de l'emprunt causé par quelques fausses
démarches financières dont l'abbé Ossowski et la
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Commission du Trésor se rejettent réciproquement la faute, mais surtout Teffroi inspiré par la Russie aux prêteurs, ont bientôt ôté cette ressource à la Pologne. Sur les cinquante-cinq mille hommes effectifs que Ton avait, à peu près la moitié avait plus de cent lieues d'Allemagne à faire pour arriver de Gracovie et de Posen aux frontières qu'il fallait défendre. Voilà à peu près cinquante jours de marche de perdus.
Toute la conduite du prince de Wurtemberg est connue. On a des preuves écrites de sa main, qu'il a feint une maladie par ordre du roi de Prusse, et cette maladie a produit une autre perte de temps et celle de beaucoup de mesures de défense importantes.
Le général ludycki, piqué de ce qu'on l'avait soumis aux ordres du prince de Wurtemberg, moins ancien que lui, a trouvé mille prétextes pour manquer à ce qu'il aurait pu faire ; et quand on lui rendit le conmiandement, les Russes avaient déjà occupé un tiers de la Lithuanie sans défense. Quand ludycki eut repris le commandement, son incapacité totale lui fit manquer deux occasions excellentes pour un avantage certain. Quand, enfin, on lui substitua Michel Zabiello, les Russes étaient déjà maîtres de Vilna et des deux tiers de la Lithuanie. Zabiello eut à recueillir les débris de l'armée battue et se trouvait sans magasins de vivres préparés et sans intendants des vivres.
Des munitionnalres en chef et des quartiers-maîtres
généraux n'ont pas existé dans les deux armées de Pologne pendant toute cette campagne. Le prince Joseph et Zabiello ont été obligés de remplir euxmêmes ces fonctions dont les commandants en chef sont dispensés dans toutes les autres armées de l'Europe.
Cette triple occupation se trouvait au-dessus des moyens de Zabiello lequel, quoique plein de bonne volonté, n'avait jamais commandé, et n'avait enfin qu'environ quinze mille hommes mal pourvus à opposer à plus de trente mille Russes.
Les personnes auxquelles le roi offrait des patentes de commandants de la noblesse volontaire, lui demandaient presque toutes de l'argent pour soudoyer et plusieurs même pour équiper les prétendus volontaires, et le roi n'en avait pas à leur donner. En Lithuanie, plusieurs de ces commandants nommés alléguaient, avec vérité, que leurs propres biens étaient envahis par les Russes dans les deux tiers de la Lithuanie qu'ils occupaient déjà. En Grande Pologne, beaucoup de ceux qui avaient mis leur nom aux souscriptions qu'on a vues dans les gazettes, n'ont pas réalisé leur signature. Les menaces répétés des Prussiens sur les frontières ont beaucoup contribué à refroidir ce zèle. Dans le Palatinat de Cracovie, M. Soltyk (qui avait tant déclamé à Varsovie) a refusé l'emploi de commandant. En somme, il n'y a jamais eu dans le pays quatre cents volontaires effectifs. Pour armer les bourgeois et pour
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compléter même l'armement des troupes de ligne, le roi a fait négocier et chercher des armes de tous côtés dans l'étranger. En Saxe et en Brandebourg, on a refusé d'en vendre. A la douane, les Prussiens arrêtent le passage de quelques armes venues d'Angleterre. En Autriche et dans toute l'Allemagne, les commissionnaires polonais ne trouvent rien à acheter, parce que les puissances et les émigrés français avaient enlevé tout ce qu'il y avait de prêt dans les fabriques, et ce que ces commissionnaires polonais ont commandé ne sera prêt que dans quelques mois. Tout ce que la nouvelle fabrique du roi à Koziénice peut fournir et livrer par mois, a été remis en pur don par le roi à la République; mais dans ces commencements, cela fait à peine mille pièces d'armes par an.
Quand le prince Joseph est arrivé en Ukraine, au mois de mai (lorsque les Russes étaient déjà en Pologne par trois endroits: du côté de Kiew, de Kaminiec et de Balta), il n'a pas trouvé deux mille hommes de rassemblés. L'étendue des limites qu'il devait défendre était d'environ cent lieues d'Allemagne, et pour cela, il avait environ vingt mille hommes répartis sur toute la surface des Palatinats de Kiew et de Bractaw et qui se trouvaient à quarante et cinquante lieues les uns des autres, tandis qu'environ soixante mille Russes venaient l'entourer. Il ne pouvait donc ni rassembler ses troupes avant qu'il s'écoulât plusieurs semaines, ni les exposer séparément à chaque corps
ennemi sans une certitude inévitable de les perdre ou d'avoir sa communication avec Varsovie coupée.
Le premier endroit où il put rassembler ses vingt mille hommes était dans le voisinage de Lubar, à rentrée du Palatinat de Volhynie, et ce fut là que se passa la première affaire sérieuse, le i4 de juin, à la digue de Boruszkow^ie, qui coûta cher aux Russes, mais qui coûta cher aussi aux Polonais en hommes et dans la perte du magasin de Polonne ; c'était le premier que le prince Joseph trouva formé. Quatre jours après, le i8 juin, il livra bataille à Zielence, près Zastow. Quatre mille Russes tués, un étendard de pris, le champ de bataille conservé après huit heures de combat sont les preuves de sa victoire qui eût été bien plus complète sans la fuite de trois des bataillons de renfort que le prince Michel Lubomirski lui avait amenés et sans le manque d'exécution de l'ordre donné au général Czapski de soutenir, avec ses bataillons, l'avantage important que le brigadier Mokronow^ski avait remporté sur la cavalerie ennemie. Le prince Joseph comptait trouver à Ostrog en vivres et en munitions de guerre, et surtout d'artillerie, ce qu'il fallaitpour pouvoir se maintenir dans cette excellente position. Son armée y fut deux jours sans manger et il n'avait plus, après la bataille de Zielence, que douze coups à tirer pour ses pièces de douze et de six, les seules qui fussent propres à répondre à l'artillerie du même calibre des Russes, plus nombreuse du triple.
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Le prince Joseph n'avaît que trente pièces de ce calibre. Il a essuyé la canonnade russe pendant deux jours entiers à Ostrog, au bout desquels le défaut total de vivres et de munitions le força de quitter cette excellente position pour aller à Dubno afin de ne pas mourir de faim.
A Dubno, le prince Michel Lubomirski, propriétaire de cet endroit et chargé depuis longtemps de pourvoir à l'approvisionnement de l'armée du prince Joseph, ne lui a fourni que pour quelques jours de subsistances, ce qui a obligé le prince Joseph à quitter toute la Volhynie, pour ne plus s'occuper que de la défense de la rivière du Bug depuis Dubienka jusqu'à Wlodawa, dans l'idée que l'armée de Zabiello suffirait à la garde de la même rivière depuis Brzesc, voisin de Wlodawa jusqu'à l'embouchure du Bug, dans la Vistule, pour couvrir ensemble Varsovie.
Il serait superflu de détailler comment et pourquoi les Russes ont trouvé à Dubno trois fois plus de vivres que l'armée du prince Joseph, à laquelle le prince Michel assurait n'avoir plus de quoi en donner et fournir aucun supplément après un séjour de quelques jours.
Il serait également superflu de détailler d'autres faits du prince Michel qui ont forcé enfin le roi à lui ôter le commandement de cinq mille hommes qui étaient sous ses ordres et qu'il n'employait jamais exactement de la manière convenue avec le prince
Joseph, qui ne pouvait y remédier, puisque le prince Michel était son ancien.
Le 18 juillet, à Dubienka, quinze mille Russes ont attaqué cinq mille Polonais commandés par le général Kosciuszko, tandis que d'autres corps, à deux, trois et quatre lieues plus bas que Dubienka, défendaient les autres gués du Bug contre d'autres corps russes. Le poste de Dubienka ne fut forcé, après cinq heures de combat, que lorsque les Russes eurent passé sur le terrain de la Galicie (qui devait rester intacte pour les deux armées) pour prendre Kosciuszko à dos. Alors le prince Joseph n'eut plus autre chose à faire que de se retirer vers la Vistule, à Kurow. Dans les mêmes jours, le poste de Brzesc fut forcé par les Russes après une défense courageuse, mais à nombre trop inférieur, du général Simon Zabiello, frère du commandant général de l'armée de Lithuanie.
Michel Zabiello n'eut plus autre chose à faire non plus que de passer le Bug à Granice pour n'être pas coupé par l'ennemi. Il défendit ce poste avec courage, quoique sans succès. Toute l'armée de Zabiello ne contenait plus que dix mille combattants effectifs. Celle du prince Joseph n'en contenait pas quinze mille. Le corps formé par le roi était de cinq mille hommes. Le total des forces polonaises réelles, en décomptant les malades, les blessés, les déserteurs, les prisonniers et les tués pendant cette campagne, les garnisons de Kaminiec, Cracovie, Czenstokowa, etc., ne faisait donc
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plus que trente mille hommes avec lesquels on eût pu risquer encore une bataille générale, si Ton avait pu les réunir. Mais trois colonnes russes, chacune presque aussi forte que toute Tarmée de Zabiello, désolée par la famine, menaçaient déjà ses flancs, et ne lui auraient pas permis d'aller joindre le prince Joseph, et d'autant moins que cela aurait ouvertement Uvré Varsovie aux Russes.
Le prince Joseph fortifiait son poste de Kurow de son mieux pour y combattre le général Kochowski qui le suivait de près avec 4o ooo hommes. Ce fut à Kurow que le prince Joseph reçut le courrier qui portait la nouvelle de Taccès du roi à la Confédération et la lettre de M. de Bulhakow au général Kochowski qui le lui annonçait pour arrêter les hostilités. D n'en arriva pas moins que dans l'escarmouche que les Russes occasionnèrent aux Polonais, le prince Joseph lui-même fut en très grand danger d'être pris ou tué, ainsi que le furent plusieurs personnes de sa suite. Dans une tournée qu'il fit ensuite pour reconnaître ses avant-postes, il rencontra le général Kochowski qui en faisait autant de son côté. Ils se reconnurent, se saluèrent et se parlèrent très poliment. Le lendemain ils eurent encore une conférence formelle à Markuszow où ils convinrent que l'armée polonaise s'établirait à Kozienice, sur la rive gauche de la Vistule, à huit lieues de Kurow, jusqu'à nouvel ordre.
En conséquence de ce qui fut convenu à Varsovie
avec M. de Bulhakow, l'armée du prince Joseph se sépara au bout de quelques jours en quatre divisions dont la première occupe le Palatinat de Posen, la quatrième celui de Cracovie et les deux autres les Palatinats intermédiaires. Selon les mêmes conventions, l'armée de Zabiello est répartie en deçà de la Vistule dans les Palatinats de Mazovie et de Plock, tandis que les armées de Kochowski et de Krevutnikow s'approchent de Varsovie des deux côtés. Elles y seraient même déjà toutes deux dès les premiers jours d'août si M. de Bulhakow n'avait mandé aux généraux russes respectifs que le peuple de Varsovie a cessé d'être turbulent, après les premiers indices d'ejffervescence à cause desquels M. de Bulhakow avait cru que la présence seule des troupes russes pouvait mettre les habitants de Varsovie en paix. Celle-ci est entièrement assurée depuis le retour des régiments de gardes, et cela malgré la grande cherté que le voisinage de tant de troupes y occasionne.
Du roi à Maurice Glayre.
Varsovie, i®' septembre 179*3.
Depuis le 22 août il est survenu ce qui suit : L'impératrice a répondu le 3/i4 août au roi par une lettre dont le style, un peu moins dur que celui de la précédente, contient pourtant vers la fin des
expressions qui se rapportent aux instructions données en même temps à M. de Bulhakow, et dont le contenu est plus dur que tout ce qui a précédé.
Il y est dit que si le roi change un seul mot à la formule d'accession qui lui est proposée par le maréchal de la Confédération, Potocki, elle abandonnera le roi à toute la plus mauvaise volonté des Confédérés. Cette même menace est attachée à plusieurs autres articles qu'elle exige et qui tous sont fort durs; entre autres elle veut que la Diète et le séjour du roi soient transférés à Brzesc en Lithuanie. Cela provient de ce que les Confédérés ont mis en fait devant elle que les bourgeois de Varsovie sont des Jacobins. Actuellement le maréchal même de la Confédération, Potocki, reconnaît que cette pauvre ville de Brzesc, toujours petite, et ruinée par deux incendies, ne peut pas suffire à ces objets, et qu'il faudra que la Diète se tienne à Varsovie ou à Grodno. La Confédération a exigé que les quatre régiments de garde du roi prêtassent serment de fidélité comme le reste de l'armée à la Confédération et au roi, et d'obéissance aux hetmans dont cependant le pouvoir doit être considérablement circonscrit par la Diète future; peut-être qu'alors on rendra les gardes au roi.
Le roi avait proposé une autre formule d'accession dont même le ministre de Russie s'était pleinement contenté avant l'arrivée de cette instruction.
Dans un autre écrit déjà dressé, le roi, passant sous
sîlence tout ce qui lui est personnel, intercédait seulement pour les quatre cités, Malachowski et Sapiéha, maréchaux de la dernière Diète, Potocki, maréchal de Lithuanie, et KoUontay, vice-chancelier de la Couronne. Il lui fut répondu : « Au lieu d'aider ces gens-là, vous leur nuisez, parce que Ton vous fait le plus grand crime de votre attachement à eux et à leurs conseils. Commencez par vous rétablir vous-même dans Tesprit de Timpératrice ; ce n'est qu'alors que vous pourrez secourir les autres et obtenir la conservation du moins de quelques-unes des lois de la dernière Diète qui vous tiennent le plus au cœur. »
Ceci a forcé le roi à signer le nouvel acte d'accession dans lequel les deux articles les plus pénibles pour le roi sont : i^ celui où l'on veut qu'il rejette en quelque façon la cause de ce qui s'est fait le 3 de mai ; 2° celui où on lui fait dire qu'il renonce au système monarchico-démocratique.
Le roi a eu beau protester qu'il n'a jamais eu l'intention d'introduire en Pologne ni despotisme ni démocratie, et qu'il regarde la réunion de ces deux buts comme une chose impossible, et qu'il craint que dans ces expressions on ne lui prépare des pièges contre lui-même, il a fallu en passer par là et signer cet acte mal écrit, peu clair et bien peu conforme à la vérité.
Depuis que le roi a signé, on commence à lui dire que les trois maréchaux Malachowski, Sapiéha et
Ignace Potocki seront peu ou point maltraités, mais que le vice-chancelier Kollontay perdra absolument sa place.
Ignace Potocki a résigné sa charge de grand maréchal de Lithuanie entre les mains du roi avant son départ de Varsovie.
On fait espérer au roi en même temps qu'on conservera plusieurs des lois de la dernière Diète, mais point de succession au trône ; la municipalité fort rabaissée, mais néanmoins pas entièrement détruite ; la forme des Diétines, les formes judiciaires et la loi de délimitation des terres conservées, mais avec quelques changements ; le pied de soixante-cinq mille hommes conservé à Tarmée ; les pouvoirs royaux fort restreints. Tout cela cependant d'une manière encore très vague et incertaine.
Il a été signifié au roi, et de la part de l'impératrice et de celle des Confédérés, de ne point distribuer de vacances jusqu'à la Diète et de rester inactif dans cet intervalle. En conséquence, le roi se tient tranquille et ne s'occupe que de soulager sans bruit les malheureux que la guerre et la paix même ont faits, et cela dans la mesure où la petitesse de ses moyens actuels le lui permet.
Simon Kossakowski, lieutenant général russe en fonction actuelle ici, a publié que la nation lithuanienne l'a proclamé hetman de Lithuanie, et il agit comme tel.
Un chancelllste d'Osterman * est venu lire à Deboli ^ une intimation du ministère de Russie, de partir au plus tôt de Pétersbourg, « à cause que ses principes connus lui feront certainement mal interpréter les bonnes intentions de l'impératrice pour la Pologne, et le rendent peu propre au ministère de Pologne en Russie ; que cependant l'impératrice sera bien aise de voir un autre ministre du roi et de la République de Pologne à sa Cour. »
Ce chancelliste a refusé de donner copie de cette intimation, mais il a dit à Deboli que ses passeports étaient prêts. Cette intimation n*a pas été faite pendant la durée de la guerre, mais depuis que Ton sait qu'elle a cessé.
Aucune demande du rappel de Deboli n'a été faite au roi.
Un secrétaire de Rickman, ministre de Russie à Mittau, est venu faire pareillement lecture, sans copie, au chevalier Batowski, commissaire de Pologne auprès du duc de Courlande, d'une injonction de l'impératrice de quitter la Courlande au plus tôt avec menaces de mauvais traitements s'il n'obtempérait pas à cette injonction, parce que l'impératrice ne veut point souffrir de commissaire polonais dans ses États. Comme ce secrétaire n'a pas même laissé lire cet