‹ Station de carême de 1888Chapitre 10 sur 26 · SERMON PRONONCÉ LE 11 MARS, QUATRIÈME DIMANCHE DU CARÈME · texte numérisé non relu

SERMON PRONONCÉ LE 11 MARS, QUATRIÈME DIMANCHE DU CARÈME

Joseph, virum Mariz.

Joseph, époux de Marie.

Sa Grandeur Mgr Fabre, archevêque de Montréal, était au trône.

Monseigneur,

Tous ces pieux fidèles et tous les prêtres vénérables de votre belle paroisse de Notre-Dame sont heureux et consolés aujourd'hui : ils voient, ils contemplent au milieu d'eux Votre Vénérable Grandeur dans tout l’éclat de sa majesté pontificale, dans le rayonnement de sa grâce et de sa dignité ; ils prient avec Vous, ils appellent sur votre personne auguste et sacrée les faveurs du Ciel et reçoivent en retour, avec complaisance, votre abondante et tendre bénédiction.

Heureux peuple à qui le Ciel a donné un tel pontife, plein de mérites, de sainteté, de bonté touchante, de zèle apostolique et de charité ! Heureux peuple qui sait reconnaître ce don en Vous environnant de respect, en obéissant à vos lois, à vos enseignements, en Vous

nn eus pans alnoeur-me séry mé” go are D Ps ces mg

arte sen A es ner

SR RENE MA DES Dee EE D SR

6e EG

do

témoignant un dévouement sans bornes! Heureux peuple, heureux pontife aussi ! !

En ce jour, ma faible voix voudrait célébrer l'alliance de Joseph et de Marie. Qu’il me soit permis d'exprimer en votre présence, Monseigneur, un vœu cher à mon âme, celui-ci : que pasteur et troupeau vivent aussi toujours unis dans une sainte alliance, ne faisant qu'un cœur et qu’une âme devant les hommes et devant Dieu à jamais ! |

Joseph, virum Mariæ, Joseph, époux de Marie

Mes Frères,

Saint Grégoire de Nazianze, préchant un jour l’oraison funèbre de sainte Grorgonie, sa sœur, faisait un pompeux éloge de celui que le Ciel lui avait donné pour époux ; après avoir raconté la noblesse de sa naissance, la bonté de son caractère, ses qualités, ses vertus, le saint ne savait qu'ajouter à ces louanges et jetait à son auditoire un accent découragé : “Que puis-je dire de plus ?”’—quand soudain, un éclair d’éloquence brilla dans ses yeux—“" Attendez ! ”’—cria-t-il, comme pour se surpasser lui-même, —‘“‘attendez ! un seul mot achève de le peindre : il fut l'époux de Grorgonie, wir udlius, il fut l'époux de Grorgonie ! ”

Dans le dessein, mes Frères, de vous entretenir aujourd’hui de la sainteté du glorieux patriarche dont

nous célébrons la fête par anticipation, n’ai-je pas mille

fois plus de raisons que saint Grégoire de Nazianze de m'attacher à cette qualité d'époux de Marie, de me borner à la contemplation de cette unique prérogative et de vous dire : Attendez ! un seul mot achève de le peindre : il fut l'époux de Marie, Joseph viru:n Mariae.

RACE mule norme RE e

Que d’autres nous vantent la gloire de ses ancêtres, qu'ils rehaussent son éloge des grands noms, d'Abraham et de David, les deux principaux chefs de sa race, qu'ils étalent à l’envi cette longue suite de rois dont le sang coule dans ses veines, cette grandeur doit ici disparaître, et jamais cette origine, quelque brillante qu'elle soit, n’égalera par son éclat la grandeur mystique que contiennent ces trois petits mots : Joseph virum Mariæ, Joseph fut l'époux de Marie !

Toutefois, nous devons en faire l’aveu, nous ignorons absolument par quels moyens le Ciel disposa Joseph à cette virginale alliance : l'Evangile ne nous dit presque rien de lui. Le saint patriarche disparaît de la scène de ce monde, où il a fait si peu de bruit, sans nous laisser même une petite parole tombée de ses lèvres. Tout ce qui le concerne demeure enseveli dans un profond silence; mais pour qui sait l'entendre comme nous, ce silence est éloquent ! En qualifiant Joseph du titre d’époux de Marie, le Saint-Esprit nous en a dit assez pour nous faire comprendre à quel rang Joseph figure auprès de la Reine des anges, et pour que nous puissions affirmer hardiment que Joseph est le plus

saint des hommes. Il devait l'être au moment où Dieu

l'a choisi pour devenir l’époux de Marie. S'il ne l'avait pas été, il le fût promptement devenu dans la société de sa céleste épouse. Mais il l’est, et ses vertus l’attestent. O Joseph ! 6 notre saint, 6 vous que les bienheureux du Ciel célèbrent en ’ejour, vous que les chrétiens sur la terre chantent en chœur, laissez tomber sur nous un de vos regards, et faites-nous connaître votre sainteté, faites-nous sentir votre protection !

Et vous, 6 divine Marie, vous l’unique fondement l'unique source, après Dieu, de la sainteté de Joseph,

5 RE ARGENT ET TR RITES DOS Gt PAM ET BE NS rte 4 D mr SRE as ge Me # : $

intéressez-vous à votre propre gloire, en m'aidant à célébrer celle de l'époux qui vous fut si cher.

Xp

Il était écoulé, mes Frères, le temps que la très pure Marie devait passer dans le temple de Jérusalem parrni les vierges de Juda. Le lys odoriférant devait sortir de l’ombre du sanctuaire, pour aller dans le monde répandre son deux éclat et son parfum. La plénitude de: temps était accomplie, et le Ciel, qui voulait enfin donder à la terre le baiser de réconciliation et de paix, le Ciel préparait l’incarnation du Verbe et la naissance prochaine du Sauveur!

Néanmoins, pour en voiler encore un peu de temps le chaste mystère aux yeux des hommes, mais surtout aux regards perfides du démon, le Ciel veut donner un époux à Marie. Ce qu'était en ce moment la Vierge, 0e qu'elle était, dans les desseins du Très-Haut, sur le point de devenir, qui pourrait le dire ? Sa vertu répondait à sa dignité future et faisait le ravissement des anges. Pleine de grâce, incomparable, elle était le miroir fidèle des adorables perfections ; et, il y avait une ineffable

ressemblance entre le sein de l'Eternel qui engendre

le Verbe et le sein virginal de Marie qui bientôt allait le concevoir.

Or le Ciel veut donner un époux à cette Vierge auguste et vénérable! quel sera cet époux? où le chercherons-nous ? où le trouverons-nous ? sur un trône ? le plus grand, le plus noble, le plus puissant monarque de l'univers? Oui! voilà bien != brillant

DR. nd

NE NE is SSSR ERRRENERERE V ms re

A ee

fantôme qui s'offre tout d’abord à notre humaine pensée. Mais c'est Dieu qui choisit ici, c'est Dieu qui choisit pour elle. Et qu'est-ce qu’un sceptre à ses yeux ? Il le donne quelquefois à des pécheurs qui n'ont pas même l’honneur d’appartenir à son Eglise. Il le laisse quelquefois entre les mains de véritables tyrans et d’indignes bourreaux. Qu'est-ce qu’un sceptre à ses yeux ?

Seule, la sainteté pèse dans sa balance éternelle : seule, elle détermine les affections et les choix de son cœur, avec d'autant plus de force et de puissance qu'elle est plus pure et plus parfaite. Quel sera donc l'époux de Marie? Dites, dites, ne craignez pas de vous tromper ?—C'est le plus saint des hommes !

D'ailleurs, pour donner quelques développements à cette pensée, remontons, si vous le voulez bien, à la loi fondamentale, primordiale des saintes alliances dont Dieu lui-même est l’auteur. ‘ Faisons à l’homme, a dit Dieu, quand il s’est agi de donner une compagne à Adam, faisons à l’homme une aide, un complément qui lui ressemble : Faciamus ei adjutorium simile sibi.”

D’après cette parole, il paraît que les époux doivent se ressembler, qu'ils doivent être faits l’un pour l’autre : inclinations, penchants, qualités, vertus, tout doit avoir entr'eux de la convenance ; et plus cette convenance sera parfaite, plus l'alliance sera selon l’ordre divin.

Telle est la loi, tel est le principe. Appliquez à Joseph ce principe, appliquez à Joseph cette loi, que ne devez-vous pas en conclure ? Ceci : Puisque Marie est un abîime de grâces et de sainteté, si elle doit avoir un époux, il est absolument nécessaire que cet époux

soit lui-même comblé des dons célestes les plus précieux et doué des vertus les plus rares et les plus

a rat * à a 7-4 At

SEE nat aff A of

Page 1