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éminentes. Et pourquoi cela est-il nécessaire ? Mais parce qu'il faut que les époux se ressemblent! Et certes, tout se faisant ici par une disposition particulière de Dieu, tout y portera l'empreinte de sa sagesse suprême. Et si jamais la loi du Seigneur a dû recevoir son parfait accomplissement, sa parfaite application, c'est bien surtout dans cette alliance de Joseph ct de Marie, la plus célèbre de tous les siècles et le modèle des plus parfaites alliances.
Songeon: d’ailleurs aux prérogatives magnifiques qui doiven: la suite de cette union. L'époux de Marie, mais il «vit porter le beau titre de père de Jésus, de tuteur de son enfance, de gardien de l'honneur et de la virginité de Marie, de chef et de maître de la sainte famiile! Ce grand ministère que celui des patriarches, des prophètes, des apôtres mêmes n’égala pas, ne saurait être confié qu’à un homme plus saint que les saints les plus vantés des deux alliances, à un homme exceptionne]l, unique, comme le sont les fonctions dont il doit s'acquitter, qu'à un homme autant élevé par sa sainteté qu'il doit l'être par son rang.
Quoi ! l'époux de Mürie sera destiné à voir naître le Roi des cieux,à disputer aux anges l'honneur de rendre le premier hommage à son adorable humanité ; le premier il le recevra entre ses mains, entre ses bras, il le pressera sur son cœur, il le baisera de ses lèvres, il l’arrosera des larmes de son amour, il habitera sous le même toit que lui, il mangera le même pain, trempé des mêmes sueurs, il entendra sa bouche lui dire cent fois le jour, mon père ! pater, abba ! père ! père ! Sous ses yeux, sur son cœur, Joseph rendra le dernier soupir, et Joseph ne serait pas le plus saint des hommes ?
Mais quoi ! Seigneur Dieu, tandis que vous le cou-
ronnerez d’une gloire presque divine, que vous l’inonderez de consolations presque infinies, que vous le comblerez de faveurs aussi magnifiques, on pourrait croire qu’il y avait, en quelque petit recoin du monde, de la terre ou du temps, une autre âme plus vertueuse, plus humble, plus généreuse, plus pure, plus sainte, par conséquent plus aimée de vous, à qui vous auriez refusé toutes ces faveurs, quoiqu’elle en fût plus digne! Ah! loin de nous une pareille pensée! elle serait injurieuse à la sagesse du distributeur suprême des biens célestes.
Nous le savons, les grâces extérieures ne sont pas toujours la mesure de la véritable sainteté; et telle grâce particulière sera accordée à une âme moins vertueuse, tandis que cette même grâce sera refusée à une âme plus vertueuse. Mais ce principe, dans son application, doit avoir des bornes ; et, vous conviendrez avec moi, que non pas une grâce particulière, mais cette multitude de grâces, accumulées avec autant de profusion que de magnificence sur la seule et unique tête de Joseph, ne peut être la part d'une âme aussi extraordinairement favorisée, que parce qu'elle est plus digne et plus sainte. Concluons: au moment où Dieu a choisi Joseph pour devenir l'époux de Marie, Joseph devait être le plus saint des hommes. Mais s’il ne l'avait pas été, qu'il le fût promptement devenu dans la société de sa céleste épouse.
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Depuis son alliance avec Marie, Joseph a vécu trente ans dans la familiarité de Jésus. Il a donc pu voir avec cette clairvoyance, cette claire vue dont jouit un cœur
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pur, et étudier tous les actes, toutes les paroles, toutes les pensées de Celui qui est la sainteté même; et toute la vie de Joseph était comme moulée sur la vie de Jésus. Bien plus, tous les actes de la vie de Joseph n’avaient pas d'autre but, d'autre fin immédiate que la personne adorable du Sauveur; privilège que les plus grands saints n’ont pu partager avec lui, privilège qui constitue à lui seul la plus éminente sainteté et qui, rendant ses œuvres célestes, assimilait sa conditon à celle des anges. (Ceci soit dit en passant, pour nous donner une idée de la sublime sainteté à laquelle est monté Joseph, depuis son alliance avec la Vierge. Car il nous plait aujourd’hui de contempler la sainteté de Joseph, puisrnt uniquement sa source dans le cœur de sa céleste épouse.
O divine Marie, vous dont la simple salutation, vous en souvient-il, faisait tressaiilir Jean-Baptiste dans le
sein de sa mère et lui inoculait la pureté, faites-nous donc comprendre maintenant, combien par votre exemple, par votre zèle et par vos prières, vous avez fait grandir la sainteté de votre époux!
19 L’empire du bon exemple, mes Frères, est toujours doux et puissant ; il éclaire doucement l'esprit, 1l gagne insensiblement les cœurs, et alors même que la parole est sans effet, le bon exemple triomphe de toutes les résistances et opère les plus heureuses transformations, Vous l'avez éprouvé sans doute plus d’une fois ; quand vous vous êtes approchés de la vertu, vous êtes toujours revenus meilleurs. Mais l'exemple de Marie, mes Frères ! à ce seul nom béni, ne vous semble-t-il pas voir se dessiner devant vos yeux la plus ravisante des appaitions, le bel assemblage de beauté, de grâce, de bonté,
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de candeur, de simplicité, de majesté suave, l’image vivante, la personnification même de la vertu ?
“J'ai vu,’ écrivait un jour à l’apôtre saint Pierre, notre grand saint Denis l’aréopagiste,l’apôtre des Gaules, l’apôtre de notre France, en revenant d’Ephèse, où il s'était transporté pour avoir le bonheur de voir Marie une fois avant de mourir, “ j'ai vu la mère de mon Sauveur, la forme, le moule de la divinité, une sorte de divinité elle-même, formam Dei.” Sa seule présence pouvait-elle ne pas inspirer l’amour de la perfection ? Quelle impression ne faisait-elle pas sur Joseph ! chacune de ses démarches, chacun de ses mouvenents, chacune de ses paroles étaient autant de sujets de méditation pour lui. Son silence, repos contemplatif de son âme sainte en Dieu, ravissait l’âme de Joseph, la détachait de plus en plus des créatures et la plongeait elle-même en extase dans le sein de la divinité. Sa prière, son respect devant la face de Celui qui fait trembler les anges, son abandon tendre et confiant, son amour qui venait en traits de feu briller dans ses yeux de vierge, respirer dans le sourire de ses lèvres, rayonner en auréole autour de son front virginal, quel effet cela ne produisait-1il pas sur Joseph! Et quand la Vierge, ouvrant sa bouche sacrée, laissait échapper quelques notions de ses connaissances sublimes, quelque rayon, quelque étincelle de la divine. flamme d'amour qui la consumait ; quand elle faisait jaillir au dehors le trop plein de son âme et redisait, quelquefois, en chantant son Magnificat à Dieu, Magmnificat anima mea, Dominum ; mon âme glorifie le Seigneur, oh ! alors le cœur du saint vieillard frémissait en lui-même, résonnait comme la harpe éolienne sous le souffle sacré, tressaillant d’adoration, d'amour et d’allégresse.
Ah ! mes Frères, Le sage a dit vrai: Bona mulier bonun facit virum, la bonne épouse fait le bon époux. La bonté plus qu'angélique de la plus sainte des épouses aura produit sur Joseph les effets de la plus parfaite sainteté ?
2° Mais la Vierge ne bornait pas à son exemple son influence sur la sainteté de Joseph, elle y joignait son zèle; et quel zèle ? sans doute non pas un zèle d'autorité: Marie ne le connut jamais, Marie ne l’employa jamais vis-à-vis d’un homme qu’elle se faisait un devoir de regarder comme son chef: Caput mulieris vir. Ce zèle n’était pas un zèle d'autorité, mais un zèle de respect, plein d’un charme irrésistible, qui faisait toute sa force. La simplicité, la candeur. la sagesse, la prudence rendaient ce zèle toujours efficace. Zèle de Marie ! zèle incomparable, plus vrai que celui des patriarches, plus ardent que celui des prophètes, plus fécond que celui des fondateurs du christianisme, des apôtres; plus entraînant que celui des martyrs, qui convertissaient, en mourant, leurs bourreaux, plus enflammé que celui des chérubins ; zèle de Marie, zèle incomparable, jamais oisif, toujours en action !
Mais voulez-vous nous dire sur qui s’exerca ce zèle ? Sur un seul cœur, et c'était le cœur d’un époux! cœur chéri, cœur bien digne de l'être, cœur plein de droiture, de loyauté, de sensibilité, de religion, né plus que tout autre pour la vertu, cœur de Joseph! Et l’on pourrait croire qu'un tel zèle, agissant sur un tel cœur, n’a pas produit des effets incomparables de sainteté! Non; le penser, le dire, ferait injure au zèle de Marie et au cœur de Joseph !
8° Mais sdmettons que l'exemple et le zèle de Marie n'ont pas suffi pour élever Joseph au comble de la