PROLOGUE
LE VOYAGEUR
Dans le beffroi du monastère Le bourdon gronde sourdement; Que sa voix est triste , ô mon père , Et quel funèbre tintement!
LE MOINE
C'est la voix qui chante et qui pleure L'exilé qui retourne aux deux;
C'est le jour, mou fils, et c'est l'heure Où nous prions pour les aïeux.
LE VOYAGEUR
Ah! laisse-moi fuir, ô mon père, Au plus profond de ce désert — L'on sonnait ainsi pour ma mère , Sainte pitié! j'ai tant souffert!
LE MOINE
N'éloignez pas votre pensée
De la tristesse et de la mort ;
L'une veille à la traversée
Et l'autre, ô mon fils , est le port.
LE VOYAGEUR
Port de malheur et de ténèbres Où la vague pousse et s'enfuit ;
PROLOtiUE.
Qui sait tes abîmes funèbres , Ecueil redouté de la nuit?
LE MOINE
Ah ! si tu veux , âme inquiète , Que les morts parlent devant toi..