‹ Station poétique à l'abbaye de HauteCombeChapitre 14 sur 43 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

LE VOYAGEUR

Dans le beffroi du monastère Le bourdon gronde sourdement; Que sa voix est triste , ô mon père , Et quel funèbre tintement!

LE MOINE

C'est la voix qui chante et qui pleure L'exilé qui retourne aux deux;

C'est le jour, mou fils, et c'est l'heure Où nous prions pour les aïeux.

LE VOYAGEUR

Ah! laisse-moi fuir, ô mon père, Au plus profond de ce désert — L'on sonnait ainsi pour ma mère , Sainte pitié! j'ai tant souffert!

LE MOINE

N'éloignez pas votre pensée

De la tristesse et de la mort ;

L'une veille à la traversée

Et l'autre, ô mon fils , est le port.

LE VOYAGEUR

Port de malheur et de ténèbres Où la vague pousse et s'enfuit ;

PROLOtiUE.

Qui sait tes abîmes funèbres , Ecueil redouté de la nuit?

LE MOINE

Ah ! si tu veux , âme inquiète , Que les morts parlent devant toi..

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