LEÇON IV
LE CORYPHÉE
Le vent glacé des nuits est plein de bruits funèbres. L'oiseau n'a pas cherché son nid pour se coucher , Les chiens hurlent au loin , et pendant les ténèbres Des feux luisent sur le rocher.
Dans les entrailles de la terre On entend comme un sourd tonnerre ,
Le glaive du guerrier brûle comme du feu.
Les arbres ont gémi sur la haute montagne , Et l'époux en pleurant embrasse sa compagne , Comme au jour du dernier adieu.
LE CHOEUR
Quand le jour paraîtra, que verrons-nous, grand Dieu?. . .
LE CORYPHÉE
L'étoile du matin s'éloigne avec tristesse ,
Comme une vierge en pleurs... L'aube blanchit dans l'air,
Voici le jour!... il vient avec trop de vitesse...
Que de fer, mon Dieu, que de fer!
Sur les montagnes escarpées
D'où viennent ces forêts d'épées , Ces lances et ces dards et ce peuple en courroux? Les vallons en sont pleins , la montagne en est pleine; Ils montent des coursiers dont la foudre est l'haleine ,
Ils ont du sang jusqu'aux genoux !
l'hymne des aïeux.
LE CHOEUR
Monte vers Dieu, Prophète, et parle-lui pour nousl...