‹ Station poétique à l'abbaye de HauteCombeChapitre 43 sur 43 · L'HEURE DU DÉPART · texte numérisé non relu

L'HEURE DU DÉPART

Ohî cache-moi tes pleurs, Blanche , ma hien aimée Vois , le ciel me sourit, et la mer est calmée ; — Empêche donc aussi le vent de murmurer , Le cygne de gémir à son heure suprême, Oh ! quelle femme a pu voir partir ce qu'elle aime Et se contenir de pleurer?

— Oh î cache-moi tes pleurs , si tu crois à mon âme , Oh! sèche tes beaux yeux, contiens-toi, pauvre femme, Dieu qui voit dans nos cœurs , veille sur notre amour.

— Oh ! va donc , pirisqu ainsi le veut la destinée ! Pars, mais au moins dis-moi quelle heureuse journée

Sonnera l'heure du retour?

— Je serai de retour avec la violette ,

Avec les premiers chants de la jeune alouetle , Avant que l'amandier dans la vigne ait fleuri , Avec les premiers jours du printemps qui va naître , Au moment où l'oiseau qui niche à la fenêtre Reviendra chercher son abri.

Un long soupir suivit ces dernières paroles , Et la voile s'ouvrit avec ses banderolles , Et le navire au loin disparut sur les flots; Et Blanche jusqu'au soir resta sur le rivage , Et, le hibou chantant, regagna son village Le cœur étouffé de sanglots.

l'heure do départ.

L'Espérance soutint la pâle fiancée , Elle comptait les jours dans sa triste pensée, De l'aiguille au cadran épiait chaque pas , Et disait chaque jour: ce soir! demain peut-être, Mais l'hirondelle vint nicher à sa fenêtre Et l'étranger ne revint pas.

Et Blanche lui manda : — J'ai vu la violette Paraître et refleurir aux chants de l'alouette ; Ami, qu'avez- vous fait de votre jeune amour? L'amandier est en fleurs, le printemps va renaître, L'hirondelle a deux fois niché sur ma fenêtre El vous n'êtes pas de retour î

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