IMITÉ D'ISAIE
MALÉDICTIONS SUR L UNIVERS
Le courroux du Seigneur dissipera la terre ;
Il en dévoilera toute l'iniquité ;
Et le souffle divin , de sa surface entière ,
Par le sang et la guerre , Poussera les mortels devant l'éternité.
Les prêtres et le peuple , aux portes de la tombe , L'esclave et son seigneur , les sujets et le roi , Le riche et l'indigent , alors que tout succombe , Nivelés par la mort sont égaux devant moi.
La force de mon bras dissipera la terre, Je livrerai ses fruits à mon glaive vengeur, Nul pardon n'éteindra les feux de mon tonnerre ; C'est la parole du Seigneur.
L'univers a pleure sur ses propres ruines , La terre s'est émue , et le monde ébranlé A vu pâlir , au son des paroles divines , Des peuples orgueilleux le pouvoir écroulé
Les crimes des humains débordent la mesure ; La justice et la foi dans leur sein criminel Ont rencontré partout la fraude et l'imposture; Et sous les tentes d'Israël,
MALÉDICTIONS SUR L'UNIVERS
Aux portes de Sion, dans toute la nature, Sa colère n'a vu chez cette race impure , Que l'oubli dédaigneux d'un serment éternel.
Sa malédiction descendra sur la terre ; Et dévorant l'orgueil de cette race altière ,
Ses anathèmes absolus Livreront ses enfants à leur propre folie , Et rendront l'univers que son bras humilie
Au petit nombre des élus î
Le vendangeur assis au penchant des collines , En tournant sur les ceps son regard attristé , À pleuré sur leurs fruits qui tombaient en ruines
Frappés de stérilité!
Et ceux à qui le vin , dans la coupe d'ivresse , Répandait à grands flots la vie et l'allégresse , N'ont cessé de gémir sur leur adversité!
Us ne sont plus ces jours où les sons de la lyre Par des accords trompeurs excitaient le délire
Des jeunes voluptueux; L'allégresse n'a plus d'écho dans leur pensée ; La harpe du bonheur entre leurs mains brisée Ne rend plus qu'un son douloureux !
Et les accords bruyants d\'une ardente jeunesse Ne retentiront plus dans le lieu du festin ; L'amertume et le fiel dans la coupe d'ivresse Mêleront leurs poisons aux parfums du raisin.
La fille des cités , de la terre exilée , Pleure sur les débris de leurs murs abattus !
Et sa douleur inconsolée S'échappe sur leur tombe en regrets superflus !
La solitude et le silence Régnent au loin sur la cité
MALÉDICTIONS SDR i/uNIVERS
Où s'agitait un peuple immense , Dans sa bruyante oisiveté :
Et maintenant , sur ces décombres , L'étranger invoque les ombres D'un peuple évanoui qui dort! . . .
Son cœur , frappé de leur silence , Au milieu d'une ville immense, S'est trouvé seul avec la mort!
La tempête et la foudre écraseront la terre , Les peuples pâliront aux éclats du tonnerre.
De ses fondements ébranlés La terre avec effort , émue et chancelante , Ivre d'iniquités , semblable à la bacchante ,
Toute en débris accumulés , Tombera sans espoir par son crime accablée ; Ainsi qu'un pavillon qu'on enlève au matin, Elle disparaîtra, par la mort désolée.
Au souffle du courroux divin !
La lune brillera d'une clarté sanglante, Le soleil disparu laissera l'épouvante Sur l'univers entier effrayé de son sort; Et porté sur les vents ^ des voûtes éternelles Dieu descendra juger les races criminelles , Par le feu , le sang et la mort!