AU BORD DE CERTAINES LAMES
montrer au sommet d'un angle saillant. Or c'est précisément l'aspect que décrit Savart dans son premier Mémoire, à l'égard des lames ouvertes et sans auréole,
« dont le contour libre, léghrem&nt dentelé, lance
un grand nombre de gouttelettes, qui partent des angles saillants des dentelures. »
Savart ne fait pas la même description du contour des lames de son second Mémoire ; il dit seulement (§ 232) que « les nappes sont constamment entourées d'un petit bourrelet arrondi d'où s'échappent une multitude de gouttelettes » ; mais M. Hagen avance que les gouttes étirent fortement la lame ; or c'est là précisément l'apparence qui doit résulter de l'ensemble de leur petit mouvement en avant et du petit retrait des portions intermédiaires.
A l'instant où une série de gouttes quitte complètement le disque, les angles saillants dont je viens de parler doivent s'effacer brusquement et se convertir en des portions de bourrelet ; celles-ci constituent alors, avec les portions précédemment formées, un bourrelet continu, qui poursuit son mouvement de retrait jusqu'à ce que, grossissant toujours et diminuant ainsi de courbure méridienne, sa pression capillaire cesse de l'emporter sur le reste de force qui pousse en avant la portion de la lame à laquelle il adhère; alors il recommence à marcher lui-même en avant pendant qu'il effectue sa transformation en masses isolées ; puis les phénomènes précédents se reproduisent, et ainsi de suite ; le diamètre du disque doit donc manifester une succession rapide d'accroissements et de diminutions, comme l'a observé M. Hagen. Ajoutons que tous ces phénomènes ne peuvent s'accomplir avec une parfaite uniformité tout le long du contour : le bourrelet, on le comprend, n'a pas.