THÉORIE DE LA FORMATION DES GOUTTES
cylindres, doit se borner à rendre les divisions un peu plus longues, sans empêcher la transformation.
Maintenant le bourrelet, en vertu de l'inertie de sa masse totale, ne peut perdre complètement sa vitesse en même temps que la portion de la lame à laquelle il adhère immédiatement; les petites masses dans lesquelles il s'est converti se sépareront donc du contour de la lame, et seront lancées avec leur petit excès de vitesse acquise. En ce moment, la pression capillaire doit reformer rapidement un nouveau bourrelet, qui se résout bientôt, comme le premier, en masses isolées, et ainsi de suite. Telle est, j'en suis convaincu, la véritable théorie de la génération et de la projection des gouttes, et elle s'applique également aux gouttes lancées par le bord des lames ouvertes et sans auréole du premier Mémoire de Savart (§ 230).
Voyons si cette théorie, qui rend ainsi raison des phénomènes généraux , satisfait de même à tous les détails observés par Savart, par M. Hagen et par Magnus.
Dès que les petites masses dans lesquelles se résout l'un des bourrelets successifs se séparent les unes des autres, chacune des portions du bord comprises entre elles n'ayant plus que la petite épaisseur de la lame ellemême, se trouve aussitôt soumise, par suite de sa forte courbure transversale, à une pression capillaire trèsénergique ; cette pression agissant sur des points où le liquide n'a plus qu'une faible vitesse de translation, doit déterminer un retrait vers le centre du disque, et un commencement de bourrelet; mais comme les petites masses sont encore adhérentes au disque par leurs bases et continuent, en vertu de leur inertie, leur mouvement de translation, les portions intermédiaires du bord doivent paraître creusées, et chaque petite masse doit se