POLYÈDRES LIQUIDES
pour qu elle puisse envelopper la charpente, et l'on y fait pénétrer cette dernière ; s'il le faut, on pousse la masse dans un sens ou dans un autre avec une spatule de verre préalablement bien nettoyée. Cela fait, on enlève de rhuile au moyen de la petite seringue, et l'on voit bientôt la surface de la masse s appuyer à la fois sur toutes les arêtes solides ; toutes les faces de la figure sont alors convexes. En continuant l'action de la seringue, on voit cette convexité diminuer partout en même temps, et, en opérant par degrés convenables, on arrive à rendre toutes les faces exactement planes (M.
Je dois insister à cet égard sur l'ajustement exact des densités : la plus légère diflférence entre elles suffit pour altérer les surfaces d'une manière sensible. En outre, afin d'atteindre une régularité parfaite, il est souvent utile, non seulement dans le cas actuel, mais, en général, dans celui de toute figure un peu volumineuse, d'employer une précaution dont je n'ai pas encore parlé. Il peut arriver, par suite des petites actions dissolvantes résultant des additions d'alcool pur ou de mélange à 16"* toujours nécessaires au commencement d une série d'expériences pour l'ajustement des densités, que l'huile qui constitue la masse perde de son homogénéité ; alors les portions plus chargées d'alcool et conséquemment moins denses, gagnent le haut de la figure et tendent à monter, tandis que les portions plus denses gagnent le bas et tendent à descendre. Dans ce cas, avec la charpente cubique, par exemple, les faces latérales de la
(1) Pour avoir à enlever moins d^huile et abréger ainsi les opérations, on peut encore s^y prendre comme suit : on ne donne à la masse d'huile qu'un volume un peu supérieur à celui du polyèdre qu'elle doit former, puis un l'amène dans la charpente, et, à l'aide d'une spatule de fer qu'on y fait pénétrer, on l'oblige- sans peine à s'attacher successivement à toute la longueur des arêtes solides ; enfin on épuise l'excès d'huile.