AU PREMIER PROCÉDÉ
d'eau suspendues dans un mélange de chloroforme et d'huile; le chloroforme étant plus lourd et l'huile plus légère que l'eau, on arrive sans peine à donner au mélange une densité convenable. M. D'henry, ancien préparateur de Delezenne, m'a proposé, dans une lettre en 1869, un mélange de sulfure de carbone et d'essence de térébenthine , dans lequel on immerge une masse d'eau; ou bien de l'acide sulfurique dilué, avec une masse de sulfure de carbone immergée.
Ces nouveaux systèmes de liquides offriraient, sur le mien, l'avantage d'éviter la petite action dissolvante mutuelle (§5) de l'huile et du liquide alcoolique; mais, d'un autre côté, ils auraient des inconvénients : les vapeurs de chloroforme et de sulfure de carbone sont dangereuses à respirer ; l'acide sulfurique dilué attaquerait les petits appareils en fer,. et, en outre, des gouttelettes de ce liquide corrosif pourraient être projetées sur les vêtements de l'expérimentateur ; enfin je doute beaucoup qu'on obtienne, avec ces liquides, une adhérence aux pièces solides aussi parfaite qu'avec l'huile. Je pense donc que, jusqu'ici, les liquides les meilleurs pour la réalisation de mes expériences sont ceux que j'ai indiqués.
Si M. Dufour s'est servi de chloroforme, c'est que le but de ses expériences exigeait que le liquide immergé fût de leau : il se proposait de chercher comment se comporterait l'eau en dehors de tout contact solide et durant un refroidissement prolongé au-dessous de O; il a vu ainsi les sphères d'eau, quand elles étaient petites, demeurer liquides quelquefois jusqu'à — 18**, et même — 20"* ; le mélange dans lequel elles nageaient se composait d'huile d'amande douce, d'huile de pétrole, et de chloroforme. Disons, en passant, que ces expériences ont