‹ Statistique de la Grande-Bretagne et de l'IrlandeChapitre 38 sur 103 · PRODUIT BRUT DU ROYAUME-UNI , EN · texte numérisé non relu

PRODUIT BRUT DU ROYAUME-UNI , EN

a. Produit du sol,

ANGUnBKSB.

Céréales i,rx6,ooo,ooo fr.

Autres cultures.- . . ; ^ 73o,65o,ooo

Produit de la culture. ........ i ,846>65o,ooo

Bois y pîantations communes. . . : . 5o^ooo,ooo Pâturages. . .• i,5i5,ooo,ooo

Pi^odmtdudomain.e agricole ..... 3^4ii,65o^ôoo

Maisons 392,833, 65o

Mines 65o,883,ioo

Produit général du sol 4)4^5,366^750 fr.

EGOSSB.

Céréales. ./....... 3i5,3a5,ooo

Autres cultures. . . . . . 100,375^000

Produit de la culture . . . 4^^97009000 Bois, plantât, communes . 40,920,000 Pâturages 124,000,000

Produit du domaine agric. 680,620,000

Maisons. . . ^ 38, 468,000

Mines 34,619,900

Produit général du sol. . • 653,707,900

Céréales i,iii,25o,ooo

Autres cultures ..... io3,2oo,ooo

Produit de la culture . . 1,2 14,460,000 Bois, plantât, communes . 62,000,000 Pâturages. 467,000,000

Produitdudom. agricole, i ,733,460,000

Biaisons 7^,1 171960

Mines 1,786,000

Produit général du sol. . 1,810,362,960

b. Industrie agricole.

Gft..BlBTAClfE.

3,99^5^70?ooo 43i,3oi,65o 686,6o3,ooo

ROTAUMB-nm.

Travail des chevaux 2,700,000,000 fr.

Bétail. Viande de boucherie 1,468,642,000

— Cuirs et peaux ii7,i3i,ooo

— Suîft et autres produits .... 17496689O00

8l4 RICHESSE PUBUQUB.

BéUil. Beunre et fromage 545,376,000 fr.

"i^rpupeaia. Laines. ........ i66,!45o^ooo

PrpduiU de l'industrie ^agricole . . 5,74Gy866,ooo fr.

c. Industrie manufacturière.

Bière . 4^0^000,000 fr.

fl^prits alcooliques 3oo,ooo,ooo

'JÇjussus 4e cpton et cotons filés 900,000,000

Lair.ages » . 640,000,000

Tbiles. ...:.. w a8a,ooo,ooo

Soieries. 200,000,000

Peaux et cuïfs 387,460,000

Qbtncaiyerie et poterie de fer 45o,ooo,ooo

Verrerie, poterie, porcelaine 175,000,000

Bijouterie, Drfévi*erie. 849000,000

Papier, papier peint, impressions. . . 260,000,000

Autres manu&ctures et fabriques. . . 7iSi,ooo,ooo

PrqduitiS de l'industrie manufactur, 4^720^009,000 fr.

d. Pêches.

600,000 barils de harengs à 16 fr 9,000,000 fr.

870,000 — demOrUeà 12 fr io,44o^ooo

Huile et fanons de baleine. • 16,000,000

Autres pèches •.. • • . v tÇ^56o,ooo

Produits de la pèche 60,000,000 fr.

Récapitulation.

PitMiuit brut de la culture ...... 3,1476,800,000 fr.

— des bob et pâturages . . . a, 248,920,000

hichessf; publique. 3^f 5

Pffod^^ brut des maisons. 606^4199000

— des mioei et houillères. . . . 687,388,000

— de rinduslrie agricole .... 5,7469866,000 .

— , de Tindustrie manufacturière. 4,720.000,000 ' — ' de la pèche 5o,ooo,obo

Valeurtot. du prod. brut du Roy .-Uni. 17,386,293,000 fr. H ^"^^

Articles. omis, par opproximation. . . 613,707,000

. Total général^ 18 milliards . de fn

•Il est essentiel de/remarquer qu'il y a dans ce tableau des doubles emplois , qui accroissent dé beaucoup la totalisation de ces articles. Les pâturages, dont les produits sont estimés à plus ^ . - / de 200 millions, sembleraient devoir être défalqués de la valeur prodigieuse qu'atteignent les produits du bétail et des troupeaux; car lés causes et les effets se confondent pour ainsi dire. A plus forte raison, le prix des matières premières paraîtrait devoir être diminué du montant de chaque production industrielle; car, pBx exemple, la valeur de Torge figure d'abord parmi les céréales, et ensuite dans la fabrication de la bière; le fer est énuméré premièrement au nombre des produits des mines, et il reparaît en second lieu trailsformé' en poterie de fer et en eouteilerie. Maïs , outre qu'il serait fort difficile de séparer la valeur des fabrications de celle de leurs matières premièrea , les métaihorphosés qu eproqn^nt ces objets, les rendent si différents

3 16 BICMESSE PUBLIQUE.

de ce qu'ils étaient primitivement, qu'on peut bien les considérer comme tout autres et entièrement nouveaux C'est ainsi que les publicistes en ont agi, et nous ne nous écartons pas de leur exemple.

' Une autre cause qui accroît l'expression numérique de la valeur du produit brut des Iles Britanniques, est le prix élevé des céréales , comparativement aux autres pays de l'Europe. Les 1Ô6 millions d'hectolitres de grains divers que donne la culture du Royaume-Uni , et qui y sont estiniés à leur minimum actuel a, 5412,000,000 de francs, ne valent, d'après les prix courants en France, que 1,367,086,000 francs. C'est une plus-value de 11 75 millions qui augmente d'un l5* la somme totale du produit brut. Voici les éléments de cette différence énorme :

QuMrtitéf.

Yat. en Angl.

Val. M Franc*.

DiffémiM.

Frmatni. ■

à» fr.

99S.S004XIOi»fr.

mn,imMoo

ati.400,000

8«igle..

Org« . .

877,SÔO,000 8

a08,OM,0QO

Avoine .

^8at,tM

mmm •

440,tll0,OOO

vWfOOO^OO

Taïau.. «Bi.9ie.M0 t^.535J0O 14t7,«M,t0t t,t75,5M,000

Mais il est évident qu'on ne peut réduire le produit brut anglais de cette différence, car l'a* gricnlture du Royaume-Uni reçoit bien réelle-^ ment a milliards et demi de francs de la vente de ses céréales , qui ne vaudraient en^ France que i3j67 millions. Ses capitaux > le prûx de son

RICHESSE PUBLIQVB. 3l7

travail et ses bénéfices sont proportionnés à la valeur des grains qu'elle produit.

Ces différentes causes accroissent énormément la valeur de la production des Iles Britanniques, et la mettent hors de toute com« paraison avec celle des États du continent. Cependant les chiffres par lesquels nous l'expri* mons sont encore au-dessous de la vérité, et devraient s'augmenter de plusieurs sortes de produits dont nous n'avons pu tenir compte» attendu qu'on manque entièrement de données pour en fixer l'estimation. Ce sont principalement :

La volaille, Le gibier, Les abeilles.

Les œuft , Le poisson de rivière,

Ces objets et ceux qui nous sont échappés , peuvent élever la somme totale qui représente la valeur vénale de la production annuelle dans les Iles Britanniques, à 18 milliards de francs.

C'est assurément la plus grande richesse qu'ait jamais produite aucune nation du globe, pendant les quarante siècles compris dans l'histoire des sociétés, civilisées. Elle donne, pour s4 ™i^ lions d'habitants, une production brute annuelle de 7Ô0 fr. par personne. Les seuls produits du sol, c'est-i-dire ceux des cultures^ joints aux pâtu* rages et aux bois, s*élevant à 0,795,790,000 fr.,

3l8 RICHESSE PDBLIQUK.

forment les contingents ci*après pour chaque partie du Royaume-Uni :

Par becian. Par bafaiiant.

Angleteri-e 227 fr. ft45 fr. ^

Ecosse. 76 »46

Irlande 207 223

ToUux 184 A*. a38 fr.

Ces différences s'expliquent ainsi qu'il suit :

L'Angleterre a un produit brut triple par bec* tare de celui de l'Ecosse^ attendu sa culture , riche en capitaux « habile et soignée.

L'Ecosse , dont toute la partie septentrionale est une maigre pâture à moutons 9 ne donné qu'un faible produit agricole^ et dont l'origine est très récente.

L'Irlande fournit un produit considérable attendu la beauté de ses pâturages et les immenses troupeaux de bétail qu'ils nourrissent , et qui servent à la consommation de l'Angleterre.

Le produit brut agricole , réparti par habitant^ n'of&e pas de si grandes différences ; plusieurs causes diverses concourent à ce résultat. En An* gleterre, malgré sa masse colossale, il n'excedë pas celui de l'Ecosse 9 parce que la. population est considérable et fort condensée ^ tandis qu'au nord d'Edimbourg elle est faible et éparae.» ce qui augmente la quote-part de. chaque personne. Si 9 au lieu de calculer la production de l'An«

RICHESSE PUBLIQUE. 3l9

gleterre, d'après Li totalité des habHaDts, on réduisait ceux-ci de toute la population industrielle, la valeur du produit serait de ôoo francs par agriculteur, au lieu de figurer pour la moitié seulement de cette somme* En Irlande, au contraire , où l'industrie n'a pas encore un grand développement 9 le contingent de ^^3 francs par personne représente à peu près celui de la population agricole 9 et lui donne conséquemment une part qui, comparée à celle obtenue réellement en Angleterre par la même classe, en diffère de beaucoup plus de moitié. C'est la mesure de la supériorité agronomique de l'un de ces pays sur l'autre.

Recherchons maintenant quels bénéfices donnent annuellement tous ces produits à ceux qui , à force d'expérience , de génie et de travail ^ parviennent à les obtenir.

PRODUIT JUKI DU ROTAUME-UNI , EU l836.

i" Propriété foncière.

a. Soi.

HcetarM. Francs.

Angleterre. 16,000,000 â 63 f« » c. 1,0^6,000,000

Ecosse. . . 7,575,000 la 5o 170,000,000

Irlande. . . 7,900,000 64 75 43o,ooo,ooo

Totaux.. 31,675,000 à 5i 33 i,6s5,ooo,ooo

. b. Bfaifont.

Angleterre. 3,618,891 à i5o fr. 39^,833,650

Ecosse. . . 384,680 100 38,468,000

Irlande. . . i,5o2,3Ô9 5o 75,117,960

Touuz. . 4^505,930 à iia 606,4199600

c. Miaes.

Angleterre à 10 pour cent. 65,o88,ooo

Ecosse. iVf. 3,462,000

Irlande . id. 178,600

Total 68,728,600

Récapitulation du revenu de la propriété Jonc.

Soi. MaitoiM. Mines. Totaux.

Anglet. l/>9»,000,000 589,8SS,61I0 611,088,000 1,489,981,680

Ecosse. 170,000,000 58,468,000 8,468,000 811,850,000

Irlande. 430,000,000 78,117,880 178,800 808,898,980

>V ToUux. 1,688,000,000 806,418,600 68,798,800 9,900,148,600

^ 7^ f '<^ t* Prodait de l'industrie agricole , à 10 pour 100. . 878,000.000

' ^V 3* ^ de rindnstrie manufacturière , id 479,000,000

^' 4* — de la pèche 8.000,008

8* — des canaux, docks, et chemins de fer • • 180,000,000

6* — ducoinm. intër.àB,surl8mîlliardsdeTaI. 780,000,000 7* — de la narigation, pour 90,000 navires et

9,319,000 tonneaux 41,600,000

cl 8* — ducommerceextérieur, àlOsur9miUianU

de transactions 900,000,000

9* Dividende des compagnies d'assurances, et autres. 69,800,000

10* Intérêts des fonds publics, 1854 684,880,000

11* Placement dans l'Inde 87,800,000

19* Revenu des fonds placés à Tétraiiger 190,000,000

13* Bénéfices des banquiers 998,000,000

14* Artides omis 466,709,009

D^io

Total général dû produit net du Royaume-Uni. . . • 6^000,900,000

RICHESSE PUBLIQUE. 3:ii

L'obscurité dont ies sources de la richesse sont enveloppées par les intérêts patticuliers ne permet pas de présenter comme certains et complètement exacts les chiffres de ce tableau. Ce sont seulement des nombres très vraisemblables déduits de faits généraux ^ reconnus vrais et adoptés comme bases par les publicistes anglais. Il faut dire cependant que quelques termes de détails sont purement hypothétiques , et telle est principalement l'évaluation des maisons. On a supposé^ pour arriver au total général qui attribue à chacune un produit annuel de loo fr., que celles d'Angleterre en rapportent i5o, celles d'Ecosse 100, et celles d'Irlande, de Jersey et Guernesey ôo seulement. On ne peut assurer qu'il en soit absolument ainsi ; mais pourtant, des observations locales assez étendues donnent tout lieu de croire que ces chiffres sont fort rapprochés de la vérité. Voici néanmoins les résultats de ce tableau.

On admet, par un aperçu général, que les 1 8 milliards de produits bruts des Iles Britanniques forment une valeur répartie ainsi qu'il suit :

9 milliards de matériaux du pays ou importés. 3 — de salaires.

6 — de bénéfices.

Les salaires se distribuent approximativement comme il suit :

ai

3ad RICHESSE PUBLIQUE.

Laboureurs. 993,7 5o,ooo fr.

Domestiques i68,75o,ooo

Artisans , ouvriers 4^0,000,000

Ouvriers des fabriques et mauu^act. i, 387,600,000

On compte 16 millions d'individus, ou 66 sur cent, voués à ragriculture et à Tindustric; cVst seulement pour chacun d'eux 188 fr. par an, ou 982 fr. par famille de cinq personnes.

Les bénéfices ou revenus, donnés par la production de toute espèce, se répartissent approximativement ainsi qu'il suit :

Prodoil brui. Produit n«t. Proportions.

Propriété fonc. .. . 6,919,427*000 2,900,148,000 29 p. 100 — - industrielle. 11, 080,573,000 3,779,852,000 34

Tofanx. . . . 18,000,000,000 6,000,000,000 33 p. loo

Ces revenus sont énormes, mais ils sont atténués considérablement par les charges de Timpot qui surpassent tout ce qu^a jamais payé aucun autre peuple. Le revenu de la propriété foncière est diminué directement :

Par la dlme ecdésiastique • estimée à 100,000,000 fr.

— les taxes des paroisses, 7 compris celles des

paaTres , ao8,45o,ooo

— > les contribationB foncières 100,000,000 (a)

Total 408,450,000

(a) SaToir, en 1889 : Impôt territorial. --Land t^toe. 29,052,000 fr.

— sur les maisons habitées. 33,99ss,000

— sar les fenêtres 99,480,000

ToUl 99,407,000

RICHESSR PUBLIQUE. 3^3

Par le prélèvement de cette somme, le revenu de la propriété foncière, qui est de Q,âoo^ooo,ooo^ se trouve réduit à 1^791 9660^000 francs, et doit payer de plus le contingent de chaque propriétaire et de sa tamiile aux impôts indirects.

Au total, les 6 milliards de revenu du Royaume- Uni supportent le poids des taxes ci -après énumérées :

Taxes pour le clergé et pour les pauvres. 808,4^0,000 — pour l'État, i834 1,310,947,000

Total annuel des charges publiques . . 1,629,397,000

Ces i63o millions prélevés annuellement réduisent le revenu net du pays à 4,370,000^000 ; ils en enlèvent plus de 24 pour cent, ou environ un quart.

En ne tenant point compte des impôts, le produit net du sol partagé par hectare et par habitant, sans distinction, donne les termes moyens ci-après :

ReT«na par bectart», non RcTtnu par penoane», «tm In

coosprii lei maiMOt. nwiaona et Ica mHtfV.

Angleterre 63 fr. c. 100 fr.

Ecosse aa 5o 90 •

Irlande 54 75 65

— I ^ Il II.

Totaux. . . 5i 33 91

Les causes de ces différences sont les mêmes qui font varier si considérablement le produit

3a.^t RICHESSE PDBLIQUF.

brut de chacune des parties du Royaume-Uni : nous les avons énoncées.

Du temps de Smith , la rente s'élevait , en Angleterre, au tiers du produit Lrut et total de^ terres; mais le prix du travail s'étant augmenté, on ne l'estime guère aujourd'hui qu'au quart du produit des cultures. La rente des mines est fort considérable, et celle des houillères sur*passe de beaucoup le 5* du produit total. C'est le double de celles de Prusse, d'après l'estimation de Krug, en i8oô.

Dans le tableau suivant, on trouvera la valeur attribuée par les documents officiels ou par des publicistes, aux produits territoriaux brut et net des principales puissances de l'Europe.

** Produit ùrat territorial.

Prad. par habit.

l*ar brcl.

6,3 1 5,000,000 fr.

200 fr.

122 fr.

Rov.-Uni . .

Autriche. . .

Angleiene. .

3,4ii,65o,ooo

Espagne. . .

Irlande . . .

Prusse. . . .

Pavs-Bas. . .

Hollande . .

Ecosse. . . .

Pologne . • .

Wurtenil>erg.

i8ao.

Danemarck. .

2» Produit net territoriaL

l«f. par babil.

Par btet.

Roy.-Uiii .

1,625,000,000 fr.

68 fr.

Silfr.

France. . ,

Angleterre

Autriche.

ag

Espagne.

Prusse. . .

Irlande . .

Pays-Bas. .

Hollande. .

Ecosse. . ,

Pologne . .

Bade. . . .

Wuitembe

rg. 1819.

ôo,ôo5,ooo

3" Produit brut industriel.

Iles Britanniques.

Philips.

. i,4i6,ôoo,ooo

Anderson.

F. Eden.

D. pub.

Golquhouo.

D. pub.

M. de J.

France . .

Délai d*Agier.

. 1 ,3oo,ooo,ooo

Montalivet.

Chaptal.

M. de Yillèle.

Autriche. .

Ganabicb.

Prusse. . .

^Ij^lZjWiO

Krug.

Pays-Bas . i83o. . 676,000,000 Doc. ofF.

Elspagne. . i8o3. . 284,626,000 id,

i833. . 4o3,ooo,ooo id,

Bohême. . 1801. 176,000,000 id»

SECTION III

Richesse numéraire.

L'Angleterre est, après la France^ celui de tous les États de TEurope qui possède la plus grande richesse numéraire; et, cependant, par lut contraste remarquable, c'est presque le seul pays qui n'ait ni iqines d'or, ni mines d'argent.

Les journaux authentiques de ses hôtels des monnaies font connaître la quantité de pièces d'or frappées depuis le règne de Charles II jus* qu'à ce jour ; leur valeur s'élève à 3,594,747>ooo francs. En y joignant celle des pièces d'argent fabriquées depuis 1790, et qui montent à ^4^ millions et demi, on trouve qu'en l'espace de cent quatre-vingt-cinq ans, la fabrication monétaire a été appliquée, dans le Royaume-Uni, à 3,835,000,000 de francs. Cette somme prodigieuse sera portée à 4 milliards, si l'on admet qu'avant la restauration la circulation était seulement de i35 millions.

RICUESSE PUBLIQUE. 327

Ce chiffre n'est encore qu'un rnininium, puisqu'on ignore quelle a été, pendant cent cinquante ans, rémission des monnaies d'argent et de cuivre. Toutefois , rétendue de cette lacune ne doit pas être jugée d'après nos idées sur la proportion des différentes espèces de monnaie ; car il parait que l'Angleterre n'a jamais eu que fort peu de pièces d'argent, et encore moins de monnaie de cuivre. L'or, qui y est beaucoup plus abondant que partout ailleurs, a même été érigé en type monétaire par les lois. Il est difficile de deviner les motifs de cette préférence. Quant à ses inconvénients, ils sont évidents. En choisissant l'or pour le signe représentatif et légal des valeurs, on a soumis celles-ci a une fâcheuse mobilité. Le prix de l'or varie, en effet, bien plus que celui de l'argent^ il change inopinément selon la quantité qui en est exportée ou produite. Les mines qui fournissent ce métal donnent fort inégalement à la circulation les quantités qui doivent l'entretenir , et il suffît de quelques événements politiques pour arrêter leur production. La facilité d'exporter les monnaies d'or agit encore plus éventuellement sur leur abondance. On sait avec quel succès , malgré la rigueur des lois anglaises , l'empereur Napoléon faisait enlever, par les contrebandiers, les guinées de la Grande-Bretagne; et il ne paraît pas douteux qu'une grande partie des 1 600 millions de nu-

3a8 RICHESSE PUBLIQUE.

niéraire qui existent, dit-on , aux États-Unis^ ne proviennent de l'Angleterre.

D'antres causes se joignent à cette exportation pour rendre incertaine la valeur totale du capital numéraire , possédé maintenant par le Royaume-Uni. On ignore si , dans les 4 milliards de la fabrication monétaire , il n'existe pas de doubles emplois considérables, causés par des refontes, qui ont peut-être reproduit plusieurs fois le même métal et la même valeur^ sous des types différents.

Les publicistes, qui ont cherché à fixer la valeur du numéraire de l'Angleterre, ont du prendre en considération ces causes , qui tendent à l'affisiiblir. Anssi^ lorsqu'en 1802 Rose crut pouvoir le porter à 1100 millions, il s'arrêta précisément à la moitié de la valeur des espèces monnoyées depuis Charles II» et qui était alors de 2,226,000,000 fr.

Depuis cette époque, il a été fabriqué pour 1,663,277,000 fr. de monnaie d'or et d'argent ; et la masse entière du numéraire, en partant du chiffre de Rose ^ devrait être aujourd'hui d'environ trois milliards. Mais il s'en Ëiut sans doute de beaucoup qu'il en soit ainsi ^ et probablement une partie de cette richesse a été absorbée par les États-Unis et prar le commerce de la Chine. La France en aurait même eu quelque chose , si l'on se confiait aux documents de ses douanes;

RICUKSSE PUBLIQUE. 39g

car ils coiistateut que de i8q5 à i8349 ii ny a eu, en dix ans, que 357 niillions en monnaie ou en lingots importés de France en Angleterre, tandis que , pendant la même période, 743 millions ont été exportés d'Angleterre en France ; ce qui laisse près de 386 millions en perte pour Icf premier de ces deux pays. Mais nous ne pouvons admettre la réalité de ce résultat, parce que nous savons qu'une partie des retours ont lieu par les Pays-Bas, et que ce sont les transactions attribuées à la Belgique qui rétablissent l'équilibre entre l'Angleterre et la France.

En l'absence de tout moyen de connaître avec certitude de quelle quantité le numéraire est diminué, dans le Royaume-Uni, par l'exportation , et quelle défalcation il faut opérer pour les refontes, sur la masse entière des espèces fabriquées , nous adopterons la proportion admise par Rose, et nous considérerons comme vraisemblable que la circulation est formée d'environ la moitié de toute la monnaie fabriquée.

La quantité des espèces d'or et d'argent frap.pées depuis le protectorat de Cromwell étant au moins de 4 milliards, nous croyons ne pas être très loin de la vérité en évaluant à deux milliards le numéraire des Iles Britanniques. C'est un contingent de 85 fr. par habitant. Il semblerait qu'en iSoi cette somme ne dépassait guère 75 fr. ; mais alors il n'y avait que fort

33o RICHESSE PUBLIQUE.

peu de numéraire en Ecosse et en Irlande , tandis qu'à présent les progrès de ces deux contrées ont réparti moins inégalement qu'autrefois la richesse publique.

Le tableau suivant , qui montre la valeur des monnaies frappées par le gouvernement anglais, pendant i83ans, indique, par la différence d'une époque à l'autre , le degré de prospérité accordé par la fortune au Royaume-Uni pendant leurs intervalles. Ainsi , de i 8qo à 1 852g , plus d'un milliard de pièces d'or et d'argent ont été mises en circulation, tandis que de 1800 à 1809, pendant la guerre contre la France, il n'en fut frappé que pour 88 millions ou seulement un onzième.

Or.

Arg^tAm

Tolaui.

66,5i3,oa5fr.

66,5i3,o25 fr.

6ijJi^iyï5o

. ii,256,o5o

i,3oo

• ia,993,o5o

. io6,883,4a5

ai,i9*,9î»^

Le maximum de la fobrication des monnaies

33'i RICHESSE PUBLIQUE.

eut lieu en i8qi et iSsiq; l'émission des pièces nouvelles se rapprocha alors de 4oo millions.

Tableau par règnes ou périodes, de la valeur des monnaies

jrappées en Angleterre,

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