‹ Statistique de la Grande-Bretagne et de l'IrlandeChapitre 39 sur 103 · OR · texte numérisé non relu

OR

Charles n. 1649a i6R5 iS8,ios,ooo

Jacques n. 1686 1688 68,440,000

Guilt. IIL 1689 170s 262,725,000

Anne. 1705 1714 67,390,000

Georges I. 1715 1727218,152,000

— 1771 1780 57,800,000 Totanx.

— 1780 1789 356,587,000 Atfent. Franc*.

— 1790 1799450,869,000 i3,oi5,625 4^0,882,636

— 1820 1829 927,430,345 76,701,006 i,oo4»i3i,3j»o

Totaux en i85 tfns. 3,594,747,871 24o,543,i85 3,835, 291,056

On voit que de 1890 à 1829^ en Fespace de neuf années, l'Angleterre fabriqua pour un milliard de pièces nouvelles. Nous admettons qu*elle atteignit^ dans cette opération , la moitié du numéraire du pays.

Il n'est pas sans intérêt de comparer avec le Royaume-Uni chacune des puissances principales de l'Europe dont le numéraire a été évalué par des publicistes dignes de foi. Nous commencerons par la France. Voici les quantités de mon-

niCHESSB PUBLIQUE. 333

naies différentes qui ont été frappées, dans ce pays, pendant une période de 108 ans, commençant en 1726 et finissant en i834. Ces chiffres sont relevés des documents officiels.

Or. Argent. Totaui.

Totaux 3,oa5,774,66o 4,713,903,483 6,738,677,143

Monnaie de caWre et de billon 53,590/>oo

On voit qu'il a été frappé en France, en 108 «nus, presque moitié plus de monnaie A^ov et d'argent, qu'eu Angleterre en 1 85; mais un tiers à peine est en or , tandis que dans le Royaume- Uni , ce métal est la matière dont toutes les fabri* cations ont été formées , sauf seulement un 1 5' en argent. On ne connaît point le montant des refontes de l'Angleterre ; quant à celles de la France, elles ont compris, à peu de chose près, toutes les espèces duodécimales fabriquées antérieurement à la Révolution. £n les défalquant des totaux ci-dessus, on obtient la quantité de monnaies décimales qui forment la masse du numé^ raire en circulation :

Pièces d'or. . . . 1,089,1 3 1,000 fr. plus d'un 4« — d'argent. . 2,776,364,000 près des 3/4

Total . . 3,814,396,000 fr.

Mais cette masse est-elle atténuée, comme en

Angleterre, par une exportation considérable? Les tableaux d'importation et dexporiatiou que nous avons dressés pour le gouverneroent , d*après les chiffres officiels, répondent ainsi cpi'il suit à cette importante question.

InpofftatioM. Eiporutioa». DiffilmiM ni ploiL

i7g7ài8io. 6i4,834,ooo i49,534,ooo 465,3oo,ooo i8i5ài834« 3,074,893,000 1,811,910,000 1,262,983,000

Touux.. 3,689,727,000 1,961,444,000 1,718,283,000

Ainsi , nos transactions commerciales avec l'étranger , loin d'avoir diminué la masse de notre numéraire, l'ont augmentée, en 32 ans, de 17128 millions. Si Ton ajoute cette somme à celle de 21,300,000,000, à laquelle Necker estimait, en 1784, la circulation de la France, on trouve un total de 3,900,000,000, qui est précisément celui de la monnaie décimale, frappée de i8o3 à i834- Cette coïncidence donne tout lieu de croire que la fabrication de cette monnaie a eu pour matière première la refonte de l'ancien numéraire appartenant au pays avant la révolution , augmentée et presque doublée par l'iropprtation des monnaies étrangères et des lingots d'argent ou d'or.

Mais lorsqu'on embrasse, dans ses calculssur le numéraire , des périodes étendues , il importe de tenir compte de deux autres causes qui en atté-

RICHESSE PUBUQUE. 335

nuent la quantité : ce sont sa détérioration par Tusure et sa destruction , pour servir à diverses industries. Necker a fait entrer l'action de ces causes dans ses supputations, puisqu'il n'a évalué la monnaie en circulation , en 17849 qu'à 2,^00^000,0009 quoiqu'il ne pût ignorer que la fabrication s'élevait à 2,926,000,000; il a donc admis que cette diminution était d'un quart en Go ans. Si nous adoptons la même proportion pour les 4û années écoulées, de 1794 à 1834) période remplie de bien plus de perturbations, nous trouvons qu'en supposant un quart de la monnaie décimale détruite par toute espèce de causes, il en reste encore en circulation, 2,860,000,000 , qui forment la masse du numéraire de la France.

C'est pour chaque habitant environ 86 francs ; somme singulièrement approchée de celle que nous avons assignée k chaque habitant du Royaume-Uni.

Nous ferons connaître dans le tableau suivant la valeur totale, en francs, du numéraire attribué à chacun des principaux États de TEurope.

ConliDfWii Bp«^tfl. Nnoiénirt. p«rp«noan«. AiMorilé».

Angleterre seule. 171 1. 3oo,ooo,ooo 55 Daveoant.

176a. 400,000,000 57 AndersoD.

1786. 5oo,ooo,ooo 62 Cbilmen.

336 nicnEss£ publique.

Royaume-Uni . . 1800. 916,000,000 63 Tegg.

1802. 1,100,000,000 76 Rose (a).

i836. 2,000,000,000 85 M. de J.

France. . *. ... i683, 999,000,000 55 Forbono.

17 16. 1,200,000,000 84 Laws.

1754. 1,620,000,000 70 Forbonn.

1784. 2.200,000,000 89 Ncckcr.

1791. 2,000,000,000 75 Arnould.

1801. 2,290,000,000 84 Deaiotours.

i8o5. i,85o,ooo,ooo 64 Peuchct.

i836. 2,860^000,000 86 M. de J.

Pajs-Bas 1823. 642,000^000 107 DeClouët.

Espagne 1724 400,000,000 5i Ustariz.

1782. 460,000,000 5o Musquiz.

Roy. de Naples. 1780. 176,000,000 5o GalJani.

Portugal 1788. 160,000,000 5o. Aiidefson.

Italie 1788. 260,000,000 20 ûi.

Puisse i8o5. 218,760,000 22 Krug.

ADemag. , Suisse. 1820. 76,000,000 18 Auderson. Suède, Norw.,D. 1800. 226,000,000 20 îd,

Autriche 1807. 276,000,000 11 Hassel.

Russie 18 16. 181,260,000 4 Storch.

' En admettant, qu'attendu Tépoque déjà tant soit peu ancienne de quelques chiffres , et les progrès de la richesse dans^lusieurs des États de TEurope, on doive élever à 8 milliards la masse totale du numéraire en circulation , c'est seulement, pour environ a3o millions d'habitants, un contingent de 35 francs. Ainsi , telle est , à Tégard de la richesse numéraire, la supériorité des Iles Britanniques et de la France, que chaque individu

(a) Or. i«o^.750|OOo fr. Argent, ^i»i5o,ooo.

RICHESSE l^DBLIQUB. 337

db ces deux pays possède deux fois et demie autant d'argent qu'il en doit revenir par un terme moyen à chaque habitant de TEurope. Il est vrai que cette supériorité n'agit que bien faiblement sur la situation des masses dans une société où , comme en Angleterre^ quelques personnes ont jusquà 3,600,000 francs de rente ,^ ce qui équivaut à la participation de 4^,000 individus dans la richesse numéraire en circulation.

Mais il est essentiel de remarquer que le mouvement rapide des transactions fait représenter successivement à la même monnaie une foule de valeurs différentes. Il faut bien qu'il en soit ainsi, puisque les impôts prélevant chaque année dans les Iles Britanniques , au moins i5oo millions de francs, ils absorberaient les trois quarts du numéraire. D'ailleurs la production territoriale et industrielle formant une valeur de près de 1 o milliards , et les signes qui la représentent , n'en dépassant pas deux , il est de toute nécessité que l'activité de la circulation monétaire quintuple sa valeur intrinsèque. En France, la production étant moins considérable et le numéraire étant plus abondant, il suffit d'une activité qui triple la valeur du signe représentatif pour lui faire atteindre le niveau de la richesse des produits.

Pour arriver phis facilement à ce résultat et

diminuer les graves inconvénients d'une circulation monétaire disproportionnée aux besoins auxquels elle doit satisfaire, le Royaume-Uni emploie, sur une vaste échelle, les banques et leur papier-monnaie. Ce secours, qui n'est pas sans danger, donnait à la circulation :

En 1807. . < 1,100,000,000 fr,

1819 i,o5o,ooo,ooo

Ainsi, les billets de banque ajoutent plus d'un tiers à la valeur du numéraire actuellement circulant; et joints aux autres papiers d'échange, ils élèvent à plus de 3 milliards, la monnaie de toute espèce en usage dans les Iles Britanniques.

C'est précisément, comme en France, le tiers de la valeur totale de la production^ et dans l'un et l'autre pays la richesse réelle n'est représentée que pour 33 pour cent de sa valeur annuelle et totale.

Il est évident que la France n'éprouve pas au même degré que l'Angleterre, le besoin des banques et de leur papier-monnaie , et c'est ce qui explique la différence ,de prospérité de ces établissements dans l'un de ces pays comparé à l'ai'tre.

Le système des banques et de leurs effets au porteur facilite les transactions comitierciales et seconde merveilleusement leur rapidité ; mais il propage des notions exagérées sur la richesse publique et particulière; il contribue à l'exhaussement du prix des choses , surtout à celui des salaires ; et il ne peut être étendu , comme en Angleterre , à de vastes dimensions sans entraîner à sa suite des banqueroutes, des fraudes, des contrefaçons, des procès criminels multipliés, et de nombreux arrêts de mort qui se renouvellent chaque année, sans prévenir aucun crime.

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