B. EXPORTATIONS
L'exportation est divisée en deux sortes de produits, dont l'oiîgine et l'évaluation sont différentes.
I® Les produits du sol et des manufactures, qui sont évalués d'après les déclarations des ex-r péditeurs ;
Q° Les produits étrangers et coloniaux qui sont réexportés, et dont l'évaluation a lieu d'à** près les taux officiels anciens.
Ce double commerce s'est élevé aux sommes suivantes dans les quinze dernières années :
Commerce tpéeial. ComaerM géacnl.
Pro4uiU indigisct. Produiu col. cl clnofcn. Toliui par anove». Viileur déclarée. Valeur officielle. —
— tnncK — Ciraoct. fraMlti
1820. 910,615,000 263,897,000 I,l74,5l2,OPO .
iS%6.
i83ii.
COMMSAC^.
886,4^0,000 969,859,000 971,932,000 788,417)000 929,562^000 920,352,000 895,900,000 966,287,000 929,090,000 91 l,TI2,000 991,682,000 1,041,227,000
i,i84,3o5,ooo
216,097,000 255 I in, 000 229,235,000 ft5i, 905,000 245,767,000 248,(562,000 266,660,000 213,760,000 268,626,000 276,120,000 246,842,000 289,060.000 319,44^9000
1,176,329,000 1,169.014,000 1,111,460,000 1,170,047,000 ^i97>7'5>Poo 1,187,232,000 1,237,624,000 1,330,277,000 1,603,747,000
Ces nombres, les moins inexacts qu'on ait encore publiés sur l'exportation du Royaume-Uni, établissent que la valeur des marchandises vendues par le commerce anglais à toutes les parties du globe 9 s'est élevée annuellement, de iSao à i833, de 1 1 à iqoo millions de francs. Elle a dépassé ce dernier terme de plus de 1 00 millions, en i834; et l'année suivante, elle s'est encore ^augmentée de deux cents millions.
Dans cette somme immense , les produits indigènes des Iles Britanniques , agricoles ou manufacturés , figurent pour 900 millions à 1 milliard. Les produits coloniaux et étrangers excèdent a8o millions^ et forment un cinquième de l'exportation.
COMMERCE. 3g
Il est important de connaître quelle est la part que prend , dans ce vaste commerce, chacun des produits naturels ou fabriqués qu'enfante an* nuellement l'industrie agricole et manufacturière du Royaume-Uni. C'est pour cet objet que nous avons dressé le tableau suivant , qui indique la valeur déclarée de chacune des principales marchandises exportées en 1835, et sa proportion à la valeur totale du commerce spécial.
18IB. Valeur dé«Uré«. Proport, è b
— vaJ. telak.
franc»
1* Tissus et Gis de cotou 553,qoq,ooo moitié
a* — de lÛDC et fils 178,727,000 un 7*
5* — de chaoTre et de Un 78,0741000 an i5«
4* Coutellerie et quincaillerie 4^i^^^>ooo ^^ ^^*
5* Fer et acier bruts et travaillés. . . . 4i'09^<^^^ "" ^9*
6** Cuivre et ouvrages en cuivre Q7, 567. 000 un 4^*
7** Mercerie et modes 35,570^000 un 4?*
8* Tissus de soie 94*342,000. un 49*
9* Sucre raffiné ai,3io,ooo nn 55*
lo* Verrerie et glaces ^ i5 497yOOO ^«* 77*
11* Poterie et porcelaine. i3,5io.ooo un 87*
1 9** Armes et munitions io. 187,000 un 117*
1 30 Étain brut et travaillé.. io,33o,ooo un 118* ,
i4^ Laine brute .... 9t6o7*^^^ ^^ ^^^*
i5* Cuirs bruts et travaillés 9,007^000 ou iSa*
16** Savon et chandelles. . '. 6.900,000 un 170^
17" Papeterie 6,477>ooo un i8i« ,
18° Houille 6,iao,ooo un 193*.
19^ Bière et aie 5, 750, 000 uii 9o8*
a o® Poissons de toute sorte 3,48o,ooo un 55o^
Autres articles 9aio4ifOOo un iS^
.ém
Valeur totale df Texport. i*n i835. . i,i84,3o5,ooo
4o COMMERCE.
En embrassant tout le commerce d'exporta tion dans ses différentes parties , on trouve qu'en 1 834 et iB35 il était composé ainsi qu'il suit:
1834. fr. 1835. fr.
Co«flM*«c apéeiaL Pr«daiis iadigènc» «pwtès. .... l,8it.tn,M8 t,t84,S88,«9
— d'»irep«t. PrMiaiu coL et itraofcn oporté*. . t89yOM.O08 8ltt,||l,88t
— (ioéral, coœprraaM U vak«r «iliéffc ég Taport. fl,SSO«S77,408 fl,508,7i7,88i
Voici les chiffres correspondants, pour la France, en i83ôet i836 :
Cooiaicrec ■pécicL Prodttil» iodifèDe» csporté» S77^lSjOii 9S8,9ft7,i8§
— d'entrepôt, fkvdnii colon, rt Hno§tn exporté*. V7,009J0M SSS,<I7,009
— gcoéral , eomprcnaoi la valeur cotivro de l'ciport. 8S4.4ÎS.808 98i,tt4.88t
Si l'on compare l'exportation générale du Royaume-Uni à celle des autres puissances commerciales , on est conduit aux termes suivants :
Fiwca. Par Wbii.
Hollande i835. i82,8o3,ooo 76
Iles Bn tan niques. { ^^^ \ ^
1 1835. i,5o3)747,ooo 60
États-Unis i834. 450,702,000 32
Wurtemberg. . . 1822. 40,672,000 27
France.. . . • . î «^^ ^ 0/
Portugal i83o. 80,637,000 20
Étatt-Danois.. . . i83i. 32,ooo,ooo t6
Suède ctNorwége. i83i. 45,5oo,ooo i5
Roy. de Naples. . 1828. 3i,ooo,ooo 7 5o
Éutft-Romains.. . i83o. ii,432,ooo 7
Espagne iSag. é5,6o3,ooo 4 ^®
Pologne 1827. 15,760,000 4
Russie i834. i99>8^M<><^ ^ ^^
Autriche 1829» 65^3,ooo 3 5o
Les paragraphes suivants offriront quelques détails sur chacun des principaux produits ex*portés du Royaume-Uni pendant une série d'années récentes.
lo Tissus de coton.
C'est la plus grande et la plus riche exportation du Royaume-Uni. En voici la valeur , d'après les déclarations du commerce; on y a joint celle des cotons filés.
1814. . . 600,827,000 i83a. . . 434,457>ooo
i83i. . . 43i^43o,ooo i836. . . 626,475,000
Nous allons chercher à donner quelque idée de la quantité des produits qui, à deux époques distantes j formaient cette immense richesse.
Yalaat. Fm«.
i8ao. 1 15,682,000 mètr. de tissas de coton unis. i36, 260,000
1349688,000 m. de tissas teints on imprim. 193,662,000
a3,o32, 000 li?. de coton filé 70,666,000
Bonneterie, passementerie, etc 1 a, 3 1 a, 000
Total. .... 412,790,000
1834. 283,960,000 mètr. de tissas de coton nais. 160,862,000
971,766^000 m. de tissas peints oa imprim. 190,327,000
76,478,000 Ut. de coton 6Ié 130,976,000
Bonneterie, passementerie, etc 29,2801000.
Total 610,734,090
4!i COMMEHCE.
En i4 ans, l'exportation des tissus est devenue deux fois et demie ce qu'elle était primitivement, et oeUedes tissus teints ou imprimés a doublé. La quantité de coton filé exporté est trois fois et demie aussi grande, et enfin la bonneterie et la passementerie sont du double au triple en quantité ; mais en valeur, les choses ne sont point ainsi. Au total , l'augmentation n'est que d'un cinquième.
La valeur moyenne des tissus unis était , en i8ao,de i fr. ai c. par mètre; en 1834» elle n'était pas de 5'j centimes. La diminution du prix était de bien plus de moitié. La valeur moyenne des tissus teints ou imprimés était , en
iSao, de 1 fi*. 44 <^*» ^11^ n'était plus, en i8349 que de 70 centimes. Le prix avait également baissé de moitié. En 1820 , la livre de coton filé valait 3 francs, terme moyen; en 1834» on l'estimait seulement 1 fr. 76 c.
Par l'effet de cet énorme abaissement de prix , il faudrait, pour obtenir les mêmes bénéfices qu'en i8ao , que l'économie des moyens de fabrication employés maintenant réduisit les dépenses à la moitié de leur somme , il y a i5 ans. C'est ce que permet la diminution de prix de la matière première, jointe à un usage plus étendu, moins dispendieux et plus perfectionné, de toutes les espèces de machines pour filer, tisser , teindre et imprimer.
Les marchés , où l'Angleterre trouve la vente de ses tissus de coton , sont les plus nombreux qu'ait jamais eus aucune marchandise de l'Eu* rope. Nous n'en indiquerons que quelques uns , avec la valeur déclarée des objets qu'ils ont reçus en i83q.
Franc». FrMMS.
Allemagne . . 82,407,000 Brésil.. . . 32,867,000
Indeet Chine. 40,820,000 Russie. . . 3i,5oo,ooo
Italie 38,490,000 États-Unis. 3i, 188,000
Hollande. . . 35,93o,ooo* France. . . 1,657,000
Total. . . . 434,957,000
Ainsi, rAlIemagne achète presqu'un cinquième des tissus de coton de l'Angleterre ; l'Inde et la Chine, qui lui fournissent une partie de leur n^atière première, en prennent le dixième; et l'Italie, la Hollande, le Brésil, la Russie et les États* Unis le quatorzième ou environ. La France ellemême est obligée de recourir , pour plusieurs objets de cette grande fabrication, au commerce de son industrieuse rivale.
!2o Lainages,
L'immense extension des tissus de coton et la concurrence des puissances industrielles de l'Europe ont fait tomber cette exportation, en 35 ans^ de moitié , ou tout au moins d'un tiers* Depuis
i83 1 , les préoccupations politiques de la France lui ont fourni l'occasion de se relever. Voici sa valeur totale déclarée à plusieurs époques :
Francs.
FniMt.
i3o^8oo,ooo
i55,38o,ooo
i39,65a,ooo
ii8,^i5,ooo
L'exportation des draps , qui est l'article principal j a varié , en quantité , ainsi qu'il suit :
Piéeet.
Piccrs.
Toici les pays qui recevaient la plus grande exportation de draps de toute sorte de l'Angleterre en 1834.
Pîéeo.
Etats-Unis 200,oo4
Tnde et Chine 116,390
Canada et Acadie 33^5oi
Amérique espagnole 46, 000
Portugal. 28,610
Brésil 23,862
Allemagne. . . 11,182
Italie 11,895
un
uu
un
un
un
un
COlffMERCE. 4&
Les principales espèces de lainage exportées^ en i834 et i835 , étaient celle-ci :
Draps de toutes espèces.. . . 5 a 1,21 4 pièces. 619,886
Etoftès pour redingote. . . . 22,868 20,o83
Casimirs ^3,891 3^9,^03
Baise ou serge 43,338 479864
ÉtofFes diverses 1,298,775 mètr. 1,673,069
Flanelle 1,821,394 2,067,620
Couvertures 2,537,772 3,i22,34i
Tapis 606,912 938,848
Tissus de laine mêlés de cot. 1,723,069 1977^9389
Bas de laine i73,o63douz. 207,014
Autres menus objets pour. . 1,896,000 fi*. 2,766,000
Au total j dans une seule année , et qui doit n'être pas comptée parmi celles les plus prospères pour ce commerce, les Iles Britanniques ont exporté 61 Q9000 pièces, et plus de 8 millions de mètres de tissus de laine. £n 1 835 , les tissus et les fils de laine exportés sont montés à la valeur de 1 79 millions , d'après les déclarations des expéditeurs. En i836, la France a vendu à l'étranger 4 millions de livres pesant de lainage, qui ne son t estimés officiellement qu'à 5 1 ,6 1 0,000 f r.; mais qui valent probablement beaucoup plus.
3^ Toiles.
La fabrication des toiles est très ancienne dan»! les Iles Britanniques y et principalement m Xf}?|.
46 COMMCRCe.
lande , dont elle a été long-temps la seule industrie. Presque toutes les toiles à voile de la marine des Trois-Royaumes sont faites en Iriande. Ce pays exportait :
£a 1800. 31,978,000 en Angleterre. 18 17, 5o,a88,ooo 2,585,000 à l'étran^r. 5,9419000
Totaux 34)^63,000 56,229,000
Cette exportation était estimée comme il suit :
FraMft FnM».
iSii, . . 63,45o,ooo 1823. . . 6o,45o,ooo
La quantité de toiles exportées de la Grande- Bretagne et d'Irlande est exprimée ci-après :
Toile aBflua». Toila iriaodaiM. T«ta«z. T«ik à T«ilt.
— MètrM. — Mèlrc*. — MètrM. En pana.
1825. . 33,643,000 16,033,000 49)666,000 i,9So,ooo i83o. . 46«333,ooo i3,244fOOo 59,476,000 i, 954*000 i833. , 51,393,000 9,561,000 60, 954*000 3,378,000
On voit que ce commerce est en progrès , et qu'il a gagné moitié en i3 ans. On pouvait croire cependant que l'usage des cotons et l'occupation des anciens marchés par de nouveaux fournisseurs devaient empêcher son extension ; mais ces obstacles ont été vaincus par la diminution des prix produits par l'emploi des machines dans la fabrication des toiles.
COMMBBCE. 4?
Les quantités et valeurs des toiles de lin exportées dans les années les plus récentes sont ainsi qu'il suit :
Frmi«.
i832 49,^3 i,ooo mètres vaL 42^,900,000
i833 63,a32,ooo 52,4^5,000
i835 77»977fOOo 72,327,000
i836 — go,i5o,ooo
Les fils et autres menus objets ne sont point compris dans ces nombres. Voici comment se distribue cette exportation :
Franet.
États-Unis. . . . 37,978,000 mctres val, 37,648,000
Antilles aogl. . . 11,676,000 9,070,000
Brésil 5,279,000 3,887,000
Espagne 3,391,000 3,017,000
Haïti 494119000 2,963,000
4» Soieries,
La concurrence de la fabrication française et de mauvaises mesures de douanes ont empêché long-temps cette industrie de se développer en Angleterre , et ses progrès ne datent que de 4 ou 5 ans. Voici la valeur des soieries anglaises exportées pendant une période récente :
. ii;7
48 COMMKRCE
Fnac*.
Francs.
9,aga,ooo
. i3,a47,ooo
7,4i7>ooo
i3,oa5,ooo
Les pays où les soieries anglaises trouvent des débouchés sont principalement les colonies de l'Amérique septentrionale, les Antilles et les États-Unis. D'après les déclarations des exportateurs, la France en aurait reçu, en i83«2, pour 1,4^5,000 fr. ; en 1 833 , pour 1,912,000 fr.; et en i834j pour i5oo,ooo fr.
L'exportation des soieries comprend des étoffes de diverses origines. Dans ces dernières années^ l'Inde lui fournissait près de 200,000 pièces; les tissus d'Europe forment une masse de 1^ à 1 7,000 livres pesant. C'est peu de choses comparativement à la France, dont les soieries exportées en i835 pesaient 3,187,000 demi-kilogrammes, ou 200 fois autant.
6® Houille.
Malgré l'exploitation des houillères de tous les pays manufacturiers de l'Europe, cet objet devient de jour en jour un produit plus important pour le commerce Britannique. Les chiffres suivants montrent les progrès de son exportation.
COMMERCB.
*~ TOBBMNII.
Vatenra.
a,a33,ooo
2,85o,ooo
3,68'i;Ooo
5,5oo,ooo
On voit que la tonne, qui pèse 1,000 kil., ne vaut que 8 à 1 o f r. dans les ports anglais d'exportation , qui sont pour ainsi dire attenant au carreau des mines, le fret en triple la valeur $ur le marché de Londres , où la houille vaut 26 à ù'j fr.
L'exportation de la houille anglaise était répartie ainsi qu'il suit en i835 :
i8ao.
5lT,OO0
Tonneaux.
Hollaude. . 11 5, 000 France, • . 104,000
Tooneatoi.
Danemark.. . 83, 000 Allemagne. . 66,000
Voici la quantité de houille importée annuellement dans le port de Londres :
FraDttb
i832. 7,628 nav. charb. 2,139,000 tonn. val. 54,825,000 i833. 7,077 2,010,409 50,260,000
6* Fer brut et traînaillé.
Cette belle industrie donne à l'exportation y la quantité de produits ci-après :
Fer co karrM.
EagoBiiMs.
bfcMe.
— tooDcaus.
•— lonnfffl
2,8lô
ia,od6
Les fers et aciers exportés ont été ainsi qu'il suit , en quantité et valeurs, pendant les neuf dernières années :
1828 ioo,4o3
Pr 30,390,000
3o,665,ooo 29,072,000 26,662,000 28,082,000 »9»7^7»ooo 35,125,000 35,170,000 41,092,000 68,520,000
COMMERCE. 5l
Cette exportation a doublé en 4 ^PS » et ne peut manquer de s'accroître encore rapidement.
7* Cuwre.
C'est l'Angleterre qui fournit au commerce la plus grande partie du cuivre mis en vente sur les marchés de l'Europe. Voici les chiffres qui expriment la quantité et la valeur déclarée de cette exportation : ,
Qyiaunx. Fmet.
i8o5 85,ooo 10,000,000
i8ao 145,000 18,4^9000
x83o. ....... 189,000 SI, 680,000
i83a 2i3,ooo 22,912,000
i834 2o5,ooo 24,045,000
iB3ô 142,000 27,363,000
Ainsi l'exportation du cuivre anglais a doublé en i5 ans et triplé en 3o ans. Elle est distribuée de la manière ci-après, d'après i833 :
Francs. Franc».
Inde et Chine. . 9,226,000 France. . 3,792,000
états-Unis. . . . 3,960,000
ôa
COMME RCC.
8* Êtain.
Éteitt anglaM.
J>« Baoca.
Toiaoï.
— quiui, —
— quini
io,4a6
Outi-e cette exportation d'étain brut ^ il y en a une autre d'étain travaillé. En voici la valeur :
FraWea.
Fr«nca.
9^525,QOO
La France entre pour une grande part dans cette exportation ; elle prend à l'Angleterre pour plus de 5oo,ooo fr. d'étain travaillé.
9^ Plomb.
La valeur de cette exportation était plus considérable de 1 8 1 4 à 1 824.La voici pendant dix années récentes :
ToBDMui* .Fnne».
1827 i3,2oo 6^410,000
COMMBRGS. 53
1829 6,Soo 9i,86a,oQo
i832 12,000 3,6i5,ooo
iR33 9iO0o 3,000,000
Les principaux pays de destination sont la Russie , la France , la Belgique et l'Inde.
1 o* Coutellerie et quincaillerie.
Il n'y a point d'endroit dans le monde entier où la coutellerie anglaise ne soit en usage, ou tout au moins en réputation. Le couteau à scalper du sauvage des Florides, la hache des sacrifices à la Nouvelle-Zélande , les hameçons des Esquimaux polaires, les ciseaux damasquinés des harems de l'Orient , les aiguilles de la grisette parisienne sont l'œuvre de Sheffield et de Birmingham.
Il y a peu d'années, des navigateurs anglais abordent dans une île de la mer orageuse qui baigne les côtes orientales de la Chine. Les habitants, qui n'avaient jamais vu d'Européens, prétendent les connaître, et même savoir leur nom. On s'en étonne d'abord ; puis on imagina que le bruit des triomphes des armées anglaises
54 COMMBRCE.
dans rindoustan est parvenu jusque sur ees bords écartés. On interroge les insulaires. Us ignoraient tous ces succès; mais ils savaient que les Anglais étaient des marchands de couteaux^ et c'était le seul nom par lequel ils les connaissaient.
Voici sur quoi se fonde cette renommée , qui ^ comme on le voit, s'étend jusqu'aux dernières limites de TAsie-Orientale. L'exportation de la coutellerie et de la quincaillerie est indiquée ciaprès en tonneaux de i o 1 5 kil.
ToDoeaui. Frane».
i8ia , . . . . 5,854
i8ao 69697 13,7^5,000
iÔ3i. >6>799 4o,5i5,ooo
ï833 16)497 36,d57,ooo
«634 16,175 37,i3i,ooo
Cette masse immense d'objets, d'une nature et d'une destination si variées , se distribue ainsi qu'il suit :
TOBMWII.
Etats Unis 11,061
Colonies anglaises de l'Amérique septentrionale. 1,101
Brésil i,i43
Antilles anglaises i,i34
Amérique septientrionale 8i6
Allemagne 670
Afnque 383
Iulie 37s
1 1* Poterie et Porcelaine.
Ce produit a reçu dès long-temps , en Angleterre, un haut degré de perfection par l'application des connaissances scientifiques aux opérations des fabriques. Aussi la faïence anglaise était-elle un objet de commerce considérable quand la France , qui produisait les splendides porcelaines de Sèvres, n'avait encore que des terrailles grossières pour les usages domestiques de sa population.
Voici la valeur déclarée des poteries exportées de 1814 à 1834.
Ttwom.
Pn««»
i8so. . .
. i6,585,ooo
iSai. . .
. is,oo5,ooo
On voit qu'an rétaUisseroent de, la paix ^' la
poterie anglaise a trouvé de vastes débouchés sur le continent ; mais au bout de 4 à 5 ans elle a été imitée dans beaucoup dé pays, et son exportation a diminué d'autant. Alors elle a redoublé d'efforts , et elle est parvenue à reprendre ses avantages eu abaissant ses prix et en diversifiant ses fabrications.
PiècM. Valeun.
1828 38,136,000 i2,55o,ooa
iSag 36,794,000 11,592,000
i83o 34,733,000 io,55o,ooo
i835 45,893,000 i3,5io,ooo
Cette multitude d'objets a été distribuée de là manière suivante en i83Ô.
Pièce*. FnBctk
États-Unis ..... 17,527,000 6,i55,ooo
Brésil. 5,369,000 i,o52,ooo
Hollande 2,842,000 690,000
Antilles anglaises . . 2,35o^ooo 670,000
Allemagne 2,080,000 4^^>ooo
Le Royaume-Uni , qui n'avait exporté en 1 834 que 44 millions de pièces de poterie valant ia^33a,ooo fr., a porté, en 1 836^ la valeur de
sa vente à 20,950,000 fr. C'est deux fois et demie le commerce de la France dans cette sorte de produits. Eli i835, 3,617,000 kil. de poterie n'ont été estimés, par nos douanes, qu'à
8,627,000 fr.
1 2* Verrerie et glaces.
▼•Ifurs.
Vateun.
— FraDCt.
— Franr».
. io,o5o,ooo
. iî,35o,ooo
Les pays qui reçoivent ces objets sont principalement les États-Unis, l'Inde et les colonies de l'Amérique septentrionale.
La France a exporté en 1 835 pour 1 0,2108,000 f. de verrerie , ou les deux tiers de la valeur de l'exportation Britannique en i835.
1 3* Habillements.
Cette exportation de vêtements tout faits s'élève , comme on va le voir , à des sommes considérables. Elle prouve le succès qui accompagne le commerce dont les articles sont préparés pour satisfaire le goût et les habitudes des consommateurs.
58 COMMBRCE.
Valeur déebr4«. Takor àà^uU,
— francs. — firai
1827. . . . aa^a3,ooo i83i. . . . 19,750,000
iSftS. . . . aa,7So,ooo i83a. . . . 17,800,000
Les pays où se placent les plus nombreux objets de cette nature sont ceux-ci :
FraBC»«
Antilles 5,o5o,ooo
Colonies de TAmérique septentrionale. 3,45o,ooo
Australasie 3,090,000
États-Unis 2,65o,ooo
i4* Cuirs bruts et préparés.
Cette exportation a diminué considérablement depuis 181 4*
Quantité*. Valenr dinbrte.
— li». — Hnm.
1828 i,32i,5oo 6,847,000
i83i 1,314,900 6,i5o,ooo
i832 1,407,700 6yioo,ooo
i833 i,65a,5oo 6,987,000
i835 avec Ja sellerie 9,007,000
En 18349 elle était dirigée sur les pays ciaprès:
Fram
Antilles anglaises i,oi5,ooo
GOMMERCB. Sg
FfBMS.
Colonies de rAmérique septentrion. i,3oOy0O0
ÉUU-Unis 45o,ooo
Portugal ^ . . 365,000
La valeur déclarée de toute l'exportation des cuirs a été, en 1834^ ^^ 8487 «ooo fr., et en i835 de neuf millions. La Russie obtient de la sienne 1 5 à 1 6 millions y et la France le double , quand on y comprend les gants de peau.
1 6* Sucre raffiné.
L'exportation de ce produit n'est pasj à beaucoup près , aussi grande que le feraient supposer les facilités que possède l'Angleterred'en accroître l'extension. En voici la quantité en quintaux, et la valeur déclarée.
Quinuus.
1788 85,4oo
1810. l^xZyQOO
Qaanlhi*. Taltnn.
— — frtM*.
1817 4o9»ooo quiut. a4f09a^ooo
i8a8 4M»8oo 25,959,000
1819 475,500 a4,6oo,ooo
i83o 607,500 3a,aoo,oo4
i83i 58i,8oo 30)95o,oaé •
6o COMM£&C£.
i835 — 2i,3io,ooo
En 1834 9 cette exportation était reçue principalement par les États suivants :
Frwn.
Turquie et Grèce 3,287,000
Italie ii^i5o,ooo
Colooies de l'Amérique septentrionale. 960,000
L'exportation de 1 836 est estimée 1 7 millions et demi. Celle de 1 835 n'a été en France que de 7,017,000 fr.
1 6* Livres.
Le commerce des livres, qui devrait être favorisé par tous les gouvernements éclairés^ est restreint par des droits élevés qu'on ne saurait assez tôt abolir. Voici sa quantité et sa valeur à l'égard des livres exportés des Iles Britanniques.
Qoanliiét. Valeur déclar4««
— — Drane».
1827 4^8,832 liv. pesant. 2,676,000
■ 833 6o4»8oo 3,100,000
i8S4 ^99y6^8 3,o5o,ooo
On voit que depuis la révolution de juillet le nombre des livres anglais exportés s'est augmenté d'un tiers. Voici quelle fut, en i834, la distribution de cette valeur :
Franot. FraMi.
Inde. . . . 65o,uoo Aliemague , 32o,ooo
Etats-Unis. 5i5,ooo Frauce a57,ooo
CoLderAïuér. sept. . '157,000
L'exportation de la France est presque trois fois aussi grande. Elle a été de 1 ,702,000 livres pesant en i83â , estimée seulement 4^300,000 fr. valeur officielle, atténuée considérablement.
SECTION IL