‹ Statistique de la Grande-Bretagne et de l'IrlandeChapitre 48 sur 103 · I.ivrfapffanl · texte numérisé non relu

I.ivrfapffanl

Frauea,

iSod. .

iSe^ .

i27,4i5,poo

a33,5i4,ooo

aO COMMERCE.

i834. . • 3ofl,6oi,ooo %'ji,^5î\oqo

i835« . • 333^043,000 iS3,ooo^ooo

i836. . . 369,604^000 3i49Soo,ooo

Ainsi^ en dix ans , la consommation s'est aug^ mentée en quantité de beaucoup plus de moitié en sus; en dix-huit ans elle a triplé, et en ti*entecinq ans sextuplé! Mais la valeur de cette matière première a décliné proportionnellement. La livre de coton coûtait de iÔo<2 à iSoS, 87 sous; en 180995^2; en i8isi9 36;en 1814966; en 1817,40; de 18120 à i8a5, i5; en i83o> i3 sous. Elle s'est relevée à 17 sous depuis 1882.

Les pays de provenance des cotons consommés

étaient en 1 836 ceux ci-après :

Livrcft.

États-Unis 287,346,006

Colonies auglaises et possessions d'Asie. 43,398,ooro

Biésil 96,879,000

Egypte . . . • 5^^77,000

Autres pays 6,701^000

Les États-Unis fournissent à l'Angleterre, les trois quarts de son énorme consommation en coton ; llnde et Maurice un dixième seulement ; le Brésil presque autant ; les colonies d'Amérique un cent-cinquantième, et la Turquie, jointe à l'Egypte, un trois-cent vingtième. On sait que ce sont ces derniers pays qui ont fait connaître à l'Europe cette marchandise et son usage.

COMttERCe. 31

La quantité totale des cotons importés et exportés est ainsi qu'il suit :

Importi» Biportét.

— Vif m, -. Utni p«iMti

i83i 288,674,000 22,3o8,ooo

i833 3o3,656,ooo 17,363,000

Cet immense approvisionnement est estimé^ k raison de 1 7 sous la livre , aux sommes ci-après :

Francs.

i835 35i,3i8,ooo

La France a importé pour ses manufactures , en i835^ 98^646,000 liv. pesant de coton en laine, estimées 84,712,000 fr.

4* Céréales.

Les quantités de froment et autres grains importées dans la Grande-Bretagne, d'Irlande, de Jersey et de l'étranger ou des colonies , sont exprimées par les chiffres suivants :

as

GpM||£BC£.

Froineiii.

Aoirc* «éréalc*.

Toliui-

'■' - beeiol.

— heclol.

lïiaS. .

. '6,2i3,ooo

. :&,o84,ooo

. a,355,ooo

8,93a,ooo

L'Irlande fournit à ce commerce 1 4 à 1 ôoo^ooo hectolitres de froment, et cinq millions et demi d'autres grains. L'étranger et les colonies de l'Amérique septentrionale fournissent 8 à 9 millions d'hectolitres.

Mais , depuis i833, une succession de récoltes productives a fait tomber l'importation, qui s'est trouvée réduite

Heetol. Francs.

En i834. . • à 1,127,000 valant a2,54o,ooo i835. . . 629,800 12,596,000

Une diminution de neuf dixièmes dans le coni-

merce des céréales a causé une forte perturbation dans les transactions de l'Angleterre avec les pays producteurs.

5<> Fins.

L'Angleterre consommait autrefois une très grande quantité de vin.Uae longue.possessionde plusieurs provinces de la France avait donné le

goût et Thabilude de cette boisson à toutes les classes de la population. Sous les Plantagenets , les solennités publiques ét^ent toujoi^r^ accompagnées de distributions de vin y faites profusément A l'entrée de Richard JI à Londres, en i377j ^^* aqueducs de vin coulèrent , pour le peuple, pendant les trois heures et demie que dura le passage du cortège royal. Au couronnement du même roi , upe fontaine donna , pendant tout le jour« quatre sortes de vin à la discrétion des buveurs. Il en fut encore ainsi à l'entrée triomphale d'Henri V à Londres , après la victoire d'Azincourt.

Ce sont les longues guerres du dernier siècle qui, en suspendant tout commerce entre lu France et l'Angleterre, ont fait substituer dans ce dernier pays l'usage exclusif de la bière et des liqueurs fortes, à l'usage préférable du vin. Il est à désirer, dans l'intérêt bien entendu des deux pays, qu'on puisse boire du vin en Angleterre aux mêmes prix qu'en France, et que dans nos seize départements du littoral de la Maqche et^ de l'Océan, on puisse consommer de la houille anglaise au même prix qu'à Londres.

Voici la consommation de vin du Royaume- Uni à diverses époques du demi-siècle qui achève de s'écouler :

a4 COMMERCE.

QmaoL B«t«ol.

1810. . 296,186 i834* . • 255, io3

On voit que la consommation est maintenant presqu'au même terme qu'il y a Ôo ans; mais alors la population des Trois-Royaumes n'était que de 1 3 millions d'habitants , et aujourd'hui elle en compte 2Ô , d'où il suit que la consommation du vin a en réalité diminué de près de moitié dans les Iles Britanniques. Au Ueu d'un hectolitre pour 5o personnes , on n'en consomme guère que cette quantité par chaque centaine d'habitants.

L'importation générale et la réexportation ont été ainsi qu'il suit pendant une série d'années récentes.

Imporiés. Bxportéi-

— hmoL — bectoL

COMMERCK. QÔ

A i5o fr. rhectolitre, par un terme moyen enlre les (liflFérentes espèces et qualités, c'est pour l'importation totale de 1 836 une valeur de 53;i347000 fr., et pour la réexportation 9,6 i4>ooo. A ce prix, la consommation de i836 vaut tout près de 4o millions de francs.

La récolte des vins, en i833 et i834, a été estimée en France par Tadministration des contributions indirectes à 4o millions d'hectolitres , qui, à 20 francs chacun, font une richesse de 800 millions. Il en est exporté i3 à i4oo,ooo hectolitres de qualités supérieures , et qui , estimés à 3o francs, valent ensemble 70 millions. D'après les états des douanes françaises^ la part de la Grande-Bretagne, dans cette exportation, se borne aux quantités ci-après :

Ilectol.

B«etoL

îï3,494

A cent francs l'hectolitre , c'est une exportation de deux millions et demi seulement, et qui, depuis i8â5, a diminué de moitié.

Voici l'importation des vins, dans le Royaume- Uni, en i835^ divisée par provenances :

q6 . CQMMERCE.

Iniportét CoDMBaoïif.

— hectol. — bectoU

Yios du cap de Boiuie-Espérance. 2a,a4o iQyJ^^

— de France. i4>oi4 ,10,234

— de Portugal 161,660 io5,2i8

— d'Espâ'^e io3|4oo 84,4o5

En i836, ces quantités ont été ainsi qu'il suit :

Vins du cap de Boane-Espérauce.. 19,070 ao,5oo

— de France 19,900 i4,i3o

Autres 3o8,6oo 231,920

Totaux 347,5^0 266,55o

Ainsi le vin de France , qui se récolte presqu'en vue de TAugleterre , n'entre que pour un 17^ dans les importations de vin^e ce pays, et pour moins d'un ^4* dans sa consommation ^ tant le cours naturel des choses et Futilité des hommes sont entravés par les vues fausses et pernicieuses de la politique.

6* Esprits alcooliques.

Ceux importés sont principalement du rhum, qui vient des Antilles anglaises, de l'eau-de-vie expédiée des ports de France, et du genièvre de Hollande. En voici les quantités totales :

Inpori&ft.

Eipoclé*.

CooMounéa.

— bec1*l.

i8ao. .

i54,ia4

36,io3

5B,3ao

ii3>55o

On voit que la consommation des esprits étrangers a quintuplé en 16 ans. En 1 834» Je rhum formait cinq huitièmes de cette importation j et l'eau-de-vie trois huitièmes. Le surplus était du genièvre, liqueur dont l'usage pernicieux est confiné aux dernières classes du peuple. La part de l'eau-de-vie a été comme suit pendant les deux dernières années :

Inportatioo.

bact.

CoMoaaoulioo.

•" bout.

Suivant les douanes françaises, l'exportation des eaux-de-vie dans le Royaume-Uni a été ainsi qu'il suit

Heci.

io5,o34

io5,i54 90,339

U«ct.

q8 commerce.

80,000 hectol. d'eau-de-vie k 1^0 fr. font une importation de 9^600,000 fr. C'est le tiers de la valeur des esprits étrangers introduits dans le Royaume-Uni , et qu*on estime à environ 84 millions.

Les eaux-de-vie exportées de France font, par une moyenne de quatre années, une quantité de Qao,ooo hectol. La Grande-Bretagne en prend près d'un tiers.

Un document parlementaire fait connaître quels ont été^ en i836, la quantité des esprits alcooliques distillés dans le Royaume-Uni, ou importés des colonies et de l'étranger, et le montant des droits qu'ils ont payés au 6sc.

E^riu dwtUU*. Droi u payés.

— h«et. — ftnnc».

En Angleterre et Ecosse. 679,535 73,833,000

— Irlande 45o,2oo 35,7a5,ooo

Totaux ........ 1,029,730 109,557,000

Etpriu importé».

D'Ecosse en Angleterre. . 93,870 a3,25a,ooo

D'Irlande en Angleterre . 11,617 2,877,000

Totaux 105,487 26,129,000

D'Ecosse en Irlande. . . . 34,4^2 2,667,000

Esprits importés des colonies ou de Tétranger pour la consommation.

Touux i74>ai5 73,696,000

COMMERCB. 9^

Toul des etpriti consomma. i303,»4ii beetol. I pour 90 liahitant. — des droils payé». . . 1 83, iM|00O francs, ma fr. par hectolitre.

f Café.

Importé.

liT.

i8ao.

48^84i»ooo 51,597,000 4o^95a,ooo 43,007,000 5o,aa5,ooo

EipoHé^

26,719,000 i5,349,ooo 1 5, 260^000 13,346,000 10,573,000

Coimooibm.

~ Nt.

7,io3,ooo ii,o8a,oOo 22,691,000 22,740,000 22,962,000 22^74^9000 ii3,83o,noo 23,686)000' 24,983,000

Sur 4o à 5o millions de livres importées, la moitié vient des Antilles et de la Guyane anglaise, II millions ou Un cinquième de llnde ou de Maurice, et i4 à i5 millions, ou un tiers, du Brésil, Cuba, Porto-Rico et autres pay$ étrangers.

Cette importation forme, à !20 sous la livre, une valeur de 4o millions de francs.

En i83a, les pays de provenance ont été ainsi qu'il suit :

Liv. Va,

Berbice . . . 2,291,000

Démérari. , 1,200,000

Dominique. . i,35o,doô

Java 1,1 36,000

Etats-Unis.. i,iao,ood

Autres pays. 3^070^000

Jamaïque . . 19,406,000 Singapoore . 3^6 11,000 Ceyian. * . . Indes Bri tan.

Brésil. . . .

Cuba ....

COMMERCP..

Poivre.

■■ipovM*

Bxpwié.

Cmum^Êà.

— lif.

— liT.

i8ao.

i,85o,ooo

, i8!li.

a,o5o,ooo

5,997»ooo

4>i5i,ooo

. 2)8oOjOO0

La presque totalité de cette importation pro<*

vient du territoire de la compagnie des Indes et

' de Çeylan ; 4^0,000 livres sont fournie^ par

Java.^t Sumatra y et ^8. milliers par les Antilles

ou la Guyane anglaise.

De toutes les épices qui étaient estimées à l'égal des métaux précieux lors des premières na« vigations dans les Indes, le poivre est la seule dont la consommation éteqdue forme un cornmerce considérable , quoique soii prix soit tombé extraordinairement Las. Il n^est pas moins singidier que ce produit soit échu en partage au peuple de l'Europe le pluà étranger aux transactions^, qui en introduisirent l'usage parmi nous ^ et que maintenant ce soit communément TAngleterre qui en approvisionne les pays à qui l'on doit d'en avoir fait une nécessité de notre régime alimentaire.

COMMERCR.

La consommation de poivre du Royaume-Uni s'élève à un dixième de livre par habitant. En France, elle a été, en i83Ô , de 3,3 16^000 livres, ce qui fait pour chaque personne une consommation pareille à celle des Iles Britanniques.

1 o* Indigo,

Cette substance tinctoriale forme une importation dont les progrès sont immenses.

Lî?. pCMOt.

Li*. peiaot.

1795 . . a^86a,ooo

V^oici l'importation et V

exportation récentes

Imporlaii«o.

B4«iportatiMi.

- liT.

— Ht.

3,o85,ooo

. . 4,i55»ooo

» . 4>i69,ooo

La presque totalité de cette importation provient de llnde Britannique. aoo,ooo livres tout au plus sont fournies par les Antilles.

n" Tabac.

Le thé et le tabac, qui n'ont d'usage que pour satisfaire à des besoins pour ainsi dire artificiels , forment néanmoins d^mmenses consommations et des branches de commerce fort riches. Voici celle qu'offre le tabac.

Importé.

Bxporié.

CoOMBBlé.

— Ii«.

— Ht

iSao.

i5,4a6,ooo

i6,o58,ooi»

!io,3i8,ooo

39»477tOoo

a5,8i3,ooo

44|26i,ooo

On voit que la consommation est de près d'une livre de tabac par habitant de tout sexe et de tout âge. Ce sont les États-Unis qui fournissent la presque totalité de cette masse de produits. Cuba j la Hollande et la Belgique n'ont qu'une faible part (Uns ce commerce. Il est digne de remarque que tandis que la France et le midi de l'Europe emjHHintaieut l'usage du tabac des compagnons de Colomb , et adoptaient l'espèce des Antilles transplantée, en Espagne» DraJke rapportait ce produit c|e la Virginie, et en introduisait l'habitude en Angleterre en 1 585. Les historiens

contemporains rapportent que le tabac quM apporta obtint de suite une grande favétir populaire, et qu'il fut vendu à très haut prix. Quoique la valeur de cette marchandise ait diminué de beaucoiip , elle forme encore aujourd'hui , pour le Royaume-Uni, une importation de près : de 4o millions de francs. On consommait , en 1788^, 6,877,000 liv. de tabac. ^6 ans après, en i836y cette quantité était de û<2,5oo,ooo liv.

1 a» Thé.

La première mention de Tintroduction du tfaé, dans le commerce anglais , se trouve dans un acte du Parlement, daté de 1660, qui établit un droit de huit pences par gallon de thé.En 1664 , la compagnie des Indes , voulant offrii' âû roi un présent de quelques objets rares et curieut , acheta deux livres et deux onces de thé, qui lui coûtèrent 4o schillings ou j5o fi'ancs la livre; elle ne put s'en procurer davantage. En 1666, elle en réunit, dans le mériie but , vingt -deux livres et trois quarts, qui coûtèrent 5o schill. la livre, ou 6a fr. chacune.

L'importation s'accrut progressivement ainsi qu'il suit :

Uf . péMM. U*. p«âattt

1678. . 49713 1721. lyOOO^OOO

1697. . ao,ooo 1783. 4>^^<>o^ 1706. . 60,000 1788. i3,ooOyOoo

Voici le mouvement de ce commerce pendant dix années récentes :

■ lBp«fft4. Biporié.

— liv. liv.

iSn'j 39,746,000 255,000

'1829. 30,5449000 25l^OOO

i833 ,. 32,o57,ooo 254,000

i835 44,360,000 2,i58,ooo

Le thé est importé presque exclusivement par la compagnie des Indes, qui en retire un bénéfice énorme, égal aux revenus des états de l'Europe du second ordre. Le thé Bou ou Bohea^ qui vaut à Canton 1 8 sous la livre, se vendait en Angleterre, il y a peu de temps, 5a à Ô4f non compris les droits. Le thé Congou vaut un peu moins , ce qui n'empêche pas qu'il ne revienne à environ 6 francs aux consommateurs. On assure qu'il rapportait seul 48 raillions nets à la compagnie; mais la liberté donnée à ce commerce , par la cessation du privilège exclusif qu'elle tenait de sa charte , a réduit considéi*ablement les profits de l'importation du thé et les prix de cette marchandise. Le Bohea vaut main-

tenant 3 francs 6 sous, et ne paie que 5 sous de droit. Le Cougou est coté de 4^ à ^6 sous ; et par les importations du commerce libre , Tune et l'autre espèces sont d'un prix plus bas de 4 à 5 sous.

La France n'a importé , en i83ô ^ que 36o,ooo liv. de thé , estimées i ,060^000 fr. En 1 836 , le Royaume-Uni en a importé 47?OQO,ooo liv. qui, à 2 fr. chacune seulement , font une branche de commerce de près de cent millions de francs.

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