I0,OO
. , 1760 . > . . 6^6,000 1801 .• . • . 1,097^000 181 1 • . . • i93o4«ooo 1821 .... i,5*j4iOoo
i836 i,<joOyOoo
Il faut se garder 1 en observant cette diminution 9 de croire qu'elle est celle du nombre des: crimes. C'est uniquement dai^s la nature de leur répression qu'elle a eu lieu. En voyant l'inutilité des gibets , pour arrêter I9 multitude toujouias croissante des criminels , on a compris ^ enfin f qu'il fallait TecdUrii* à un autre système judi-* ciaire, sinon plus efficace , du moins plus huriiàin.
Jusqu'au commencement du xu^ siècle^ les notions statistiques sur les crimes et délits .sont vagues et incertaines, lorsqu'elles s'appliquent iif l'Angleterrei entière, jointe au. Pays de. Galles; mais 9 depuis cette époque, oh possède une suite sans interruption de chiffres ofiiciels. Voici ceux qui font connaître, par sexes, le nombre d'accusés de crimes traduits devant les cours d'assises ,, et ceux des condamnations à mort et des exécutions s
jiccuêési.
BoauDM. FcoMKt. TolMii. fnnii— I à Bori. Biéwii.
95a JUSTICE.
taCion provient en majeure partie de Taccroissement de la quantité des crimes; mais il est aussi fort vraisemblable qu'elle résulte également d'une répression plus exacte et plus rigide qu'autrefois f donnée essentidle qui est presque toujours négligée par les calculateurs, et qui change, par son intervention, leurs spéculations sur les progrès réels de la méchanceté humaine.
Le rapport des exéaitions au nombre des habitants est à peu près comme il suit :
PopalaUoa
i8i3 — 1818 . • . ii«3oo^ooo 1 exécut. sur 20,600
1819 — i8a4 • . • i3,a5o,ooo 1 — a3,ooo
iti5 — i83o . . . i3,4i 2,000 I — 38,ooo
ia3o — i836 . . • i4,i57yOoo 1 — 63,ooo
On voit qu'en une vingtaine d'années, l'Angleterre a réduit à moins du tiers le nombre moyen des exécutions publiques. Elle n'a point encore recueilli le fruit de cette grande et belle amélioration judiciaire ; mais nous ne doutons nullement qu'elle n'en reçoive biehtôt la récompense.
Ifous allons descendre de ces généralités à des détails statistiques spéciaux , pour chacune des principales sortes de crimes. Nous comparerons les, chiffres qui nous sont fournis par lesdocuments officiels anglais, à ceux que rassemble
haque annéç,la statistique judiciaire de la France.
!• Meurtre. — Manslaugter.
C'est l'homicide volontaire sans préméditation. Voici le nombre d'individus déclarés convaincus de ce crime ^ de iSiio à i836 compris:
i8ii. .
Résumé quinquennal.
Tolaax. Moy. aiiii. Bapporl à la population. — — — habiianU.
1820 à 1824 • • • 237 4^ I sur 274*000 1826 — 1829 . . . 335 67 I — 200,000 i83o — 1834 • • • 452 90 I — 160^000
En France, le nombre des meurtres, calculé d'après les convictions , s'est élevé aux chiffres suivants, pendant les huit dernières années.
i832 .... III
Total .... 592
Moyenne annuelle. . 85
làhk JUSTICE.
C'est un crime de cette sorte sur 890^000 habitants, ou moitié moins qu'en Angleterre.
, a* Assassinai et ses tentatives. — Murder.
A0MMi»a*. Tflnl»l*rtM. ToIms. Gond, ««filai. £sé«.
i8so 14 8 aa aa i3
i8ai • • ^ . . a3 12 35 35 2i5
i8a3 ....'. la 14 a6 a6 16
i8a5 la 17 09 ag 11
i8a6 i3 i4 27 27 II
i8a7 , ^ . . . la 35 47 4? «7
iSaS ao ao Lo 4o ^^
i83a ao 5a 7a 7a 17
i833 9 49 ^8 58 II
i835. . . • . a5 éo 85 84 a3
i836 ao 5i 71 71 9
Résumé quinquennal.
i8a5 — i8'i9 i5i aai 37a 37a 84
i83o — 1835... . . • a39 3ii 540 54o 74
>. < » Il I I •-
Ea 3o aus 478 710 1,177 ï»ï78 a57
Moyennes annuelles . â6 a4 4o 4o 8 à 9
La population moyenne de l'Angleterre ayant
été, de i8aoà i836, de i3,6oOyOOO habitante > ces 4o crimes annuels n'en font qu'un sur 34O9OOO personnes. Mais les résultats sont beaucoup moins avantageux , si l'on compare l'Angleterre à elle-même à des époques différentes , par exemple, en formant deux périodes séparées des 1 7 années énoncées ci-dessus.
AiMwiiMU. T«Dlal. Tolaai. Cood. eapii. £iéevt.
i8so à 1829. 10 ans. ..
aSg
Année moj. i'* période. .
iS
— «• période. .
Accroissement annuel... 16 QO 36 36
Amsi , le nombre annuel de ces crimes s'est augmenté de moitié en sus, pendant ces dernières années compai*ées aux précédentes. Au contraire, les exécutions ont diminué d'un 5 .
Relativement à la population, le terme moyen de chaque période est ainsi qu'il suit :
De i8ao à 1829, popai. moj. i3, 260,000 habit; 64 ass^s.
I sur — 907,000 pers.
De i83o à i836, popnl. moj. i4f98o, 000 habit; 100 assas.
1 snr — 1 43^000 pers.
Ce nombre constitue une proportion très forte , qui excède de près d'un tiers celle des djqc années antérieures. ^
La France , quoique agitée pendant la même péHode par une révolution et des troubles civils ,
a56 jusTioB.
n'offre rien de comparable. On pourra en juger par les détails suivants » tirés de sa statistique judiciaire :
AMstMoau. Parricid. Empoiaooa. T««. TaMative*. Tai
i832 65 6 ta 83 ta gS
i833 98 6 i3 117 9 ia6
Touux 469 46 84 599 56 655
Année moyenne . . 67 6 12 85 8 93
Nous prenons y pour tentatives d'assassinat , les coups et blessures graves avec préméditation. Il est juste de remarquer que l'exaltation produite par les événements politiques , a manifestement influé sur les chiffres de deux ou trois de ces années. Néanmoins , en les acceptant tels qu'ils sont y on est conduit à la proportion suivante :
Habiiaot».
Population en 1828 .... 3 2, 483, 000
Année moyenne 33, 012^000
Assassinats et tentatives 93 ; un sur 355,ooo personnes, ou beaucoup moins de moitié qu'en Angleterre, pendant les mêmes années.
Dans le tableau suivant, nous avons compris
les assassinats de toutes sortes^ ainsi* que leurs tentatives 9 comolis dans les principaux pays de TEiirope.
Assassinats et leurs tentatives en Eutope.
NoinbK»
France i834
Ecosse i835
Graudc-Bi-etagne . . . i835
ADgleterre 18 35
Pays-Bas i8a4
Prusse 1824
Royaume-Uni i835
Autriche 1809
Bohême 1823
Irlaude i835
Russie 1824
Wurtemberg 182^
Suède 1823
Espagne 1826
Naples 1788
Campanic 1784
États romains ^784
Dalmatie .••.... i833
Ainsi, la France et la Dalmatie sont aux deux extrémités de cette échelle , qui peut servir à mesurer le degré de douceur et celui de barbarie des moeurs des principaux États de l'Europe. La Grande-Bretagne y et particulièrement l'Ecosse,
i sur 390,000
L i63,ooo
lia 1
l ^ZjOQO
t 3o,ooo
r 22,5oo
1 4,ii3
i,5oo ]
36o JUSTICS.
le ciel du midi et Tempire des passions désor-> données, qui caractérisent les peuples des bords de la Méditerranée. Il n'en est pourtant point ainsi ; et ses causes paraissent appartenir bien lîïoins à rinflùence du climat et aux difTérences physiologiques des races humaines , qu'à des habittides brutales, telles que l'ivrognerie, la rudesse et la grossièreté des matelots, et l'esprit de débauche qui s'empare d eux après les privations d'une longue^t périlleuse navigation.
3* Sodomie et ses tentatwes.
Crime*. TeoUtitet. ToUni. Cond. capitale*. Eiéc*
Résumé
quinquennal.
i8ao
lOI
En 3o ans. ... 43 366 409 43 25
Ce délit a disparu des lois criminelles de l'Europe. Il est rejeté dans la juridiction de la police correctionnelle, et compris sous le titre général
JUSTICS. a6i
d'oiitrage aiUL mœurs. Nous le retrouvons cependant encore socis son ancienne dénomination-; parmi les crimes énumérés dans la statistique du \yurtemberg. Les poursuites dont il est Tobjet ne laissent pas que d'être fréquentes dans ce pays'; et, dans lè cours dçs quatre années , comprises entre 1824 ^^ iSaS^il y eut onze condamnations annuelles , ou une sur 66,000 hommes dé tout âge. En Angleterre, ce rapport fut:
llo]r«niM MD. Rapport ao nombre d'boinaiM .
iS%o à i3a4* • Y ao I ftur 320,000
^826 — xÇag, ^,23 I 28p,ooo
Ainsi, c^t te turpitude semble presque troiJ fois moiiîs commune en Angleterre qiï'en Alleniagne. Toutefois ce résultat n'est point TefFet da supplice dont ^le eit punie; car, en i833 et 1834 9 lorsqu'on pendait six de ces misérables , on comptait io5 Condamnations, tandis qu'il n'y en a eiî qtteBi en i^36et 1 836 , lorsqu'on leur a fait grâce de Ja vie.'Conséquemment le nombre des crimes a diminué depuis que la peine est moinsi^andej; ce qui est l'inverse de l'opinion commune y qui attràbue aux châtiments une efficacité proportionhelle à leur cruauté.
L'horreur qu'excite la seule idée de ce crime , et la facilité des preuves qui doivent en appuyer
96s JUSTICE.
raccusatioui donnent les moyens de perdre un innocent, et suggèrent asse^ souvent la menace d'une dénonciation , afin d'arracher de l'argent à de^rich^ particuliers» Dans ce cas, la loi punit avec la plus grande sévérité les délits qu'elle a tsiît naître; et , en i763, 1776 et i8o3, il j eut des exemples d'hommes exécutés pour de pareil* les pratiques.
La haine du peuple contre les favoris des rois ne leur a pas épargné l'imputation de ce crime ; et l'histoire, malgré la réserve de son langage, insinue que l'ascendant de Pierre Oaveston sur Edouard II , et de Rochester sur Jacques I** , n'était pas étranger à ces odieuses turpitudes. Elle les a flétris de ce nom de mîgnoiis, qu'elle donnait en même temps eu Fmnoe aux objets des amitiés suspectes de Henri IIL
Un philosophe du dernier siècle > de Pauw, exphquait cette dépravation si fréquente chez les Grecs, parla difformité $^cr<1^ de leurs femmes^ et par leur défaut de i>eaiité. Rien de sem* blable ne saurait être dit de l'Angleterre; il y a peu de pays dont les femmes soient aussi parfaites à tous égards; et c'est plutôt à Ja privation que les hommes en éprouvent pendant de ilongs voyages de mer , qu'il faut attribuer ces goûts corrompus. I^a preuve qu'ils résultent de cette cause I se trouve dans l'absenoe totale de délits
de cette espèce en Ecosse et en Iriande, où la population est bien moins adonnée à la vie maritime.
Noos sommes convaincus que ce crime cessera pbur ainsi dire d'exister, dès qu'il aura étéexpub6 du livre des Statuts^ et relégué obscurément' parmi les actes dont la police doit connaître $ car sa cause propagatrice est dans sa publicité judiciaire, dans les révélations qu'exige laprocéduve, et peut-être même dans ee supplice qui apptlte sur une infamie cachée Fattention et la curiosité populaires.
^Incendie, — Arson.
CoovietioiM.
if
Coodamn. a uorl.
IQ
ll«CU(.
Résumé quinquennal.
i8îiS — 1829 a3 23
i83o — i834* lia io5
Eo i5 ans 17a
a64 jQSTicii.
Le nombre des inœncliaires a triplé pendant la période la plus récente , qùoicpie celui des exécutions soit devenu sept fois plus grand , ce qui. ne prouve pas en faveur de l'efficacité des ^ill^ets. La fréné^e de ce crime a diminué de mpitîé en iS35 et i836 , quoiqu'il n'y ait eu qnt 8 condamnés exécutés j aui lieu de ai , comme, par la moyenne de la période quinquennale pré«^ çédentfi. .Voici le tableau com jparatif des convieliiH»s,\dan$. les. principaux pays de l'Europe r '
Angleterre ....
Irlande
Royauinc-Uni . .
France
Pays-Bas ...'..
Éoosse
Berne. Suisse : ■ . .
Stpagne
Bide
Autriche
Prusse
Dalmatie
Ifonab- d« eoodamB.
6* Fausse -monnaie. Fabricat connexes.
B«pp. I la population.
. — .:iaki«a*«b.
sur 1,4417000 \ >,^tô^o,ooo
Iy020,000
■ 400)OOO
35o,ooo
i5o,ooo
on et crimes
CflDtaiocut. Coodamo. i mort.
Eaceui.
Résumé quinquennal.-
i8ao à i8a4. ...... qSq 9 3
iS3o — i835. ...... 1,499 *4 "
£n 3o ans 3,5dB 78 10
Ce crime se multiplie comme les facilités que lui procurent les arts et l'industrie; il s'est auigmenté de moitié en sus, pendant le cours de la dernière période , comparée à la première ; et l'abolition d? la peine de mort semble l'avoir encouragé. '
Le nombre de crimes commis pendant chaque période quinquennale , comparé à la population moyenne , donne les «l^ifïr^ mivanls :
B«bilani».
\f période i sur i3,5oo
a — 1 " i3,3oo
3* — - I 9>5oo
La fabrication de la fausse-monnaie est ainsi qu'il suit, relativement à la population , dans les palys énoncée ci-après : "
Sdë JUSTICE.
CoDfîctioM
>- fiabilaola.
IHaode i835 5 i sur 1,600,000
Espagne i8a6 10 i i,aoo,ooo
France i834 4o i 810,000
Pays-Bas i8a6 11 i 55o,ooo
Angleterre ...... i835 940 .1 60,000
Bade • 1827 18 I 56,oQO
Wurtemberg 1827 5^ i a6,ooo
6* Faux en écritures publiques . Faux biUeis de la Banque d Angleterre.
Fans. Faaz billtU da 1md4|««.
Cmwaiiwui» Bsteof^ CteTaiaéOi. 8i4nMé«.
Résumé quinquennal.
Faux. fiiéealéa.
i8ao à i8a4 168 4?
En 3oans 546 en 10 ans 64
A nn^e moyenne i8a 6 à 7
Le crime de faux est en progrès , et la peine qu'on lui inflige, sévère ou indulgente, semble n'avoir aucune influence sur lui.
JUtiTfCE. 067
En créant des billets de banque , on a créé une multitude de crimes et de criminels. On peut en juger par les chiffres suivants, qui expriment le nombre d'individus traduits en cour d'assises pendant chaque période quinquennale , pour avoir contrefait des billets de la Banque d'Angleterre seulement.
CMivioii«M. Cmdmmm. à
à r8oî. ....
les 2/3
i8oa
M)îtié
En 3o ans . . . .
ti8
moitié.
Année moyenne .
un 5*
7* f^of de personnes sur les grands chemins et ailleurs. — Robbery.
Goatained».
GoodraiD. à BMt.
'béeutifl.
Le nombre des vols se résume ainsi qu'il suit :
aod
JDflTICB.
Cao vainr ut eo 5 mm
. Moj. anr..
Ivpp. a la popvlal .
- habtt.
De 1811 à
I sur a»o,ooo
aM>—
i8ao.
i8ax —
I loa^ooo
iS3o.
I 8a^ooo
I 63yOoo
En 26 ans 3,499
Ce crime, pris d'une manière absolue, a quadruplé depuis la paix; et proportionnellement à la • population 9 il a triplé. Il est du nombre de oêUx qui étaient fort rares pendant la guerre; ée t^ui fait croire qu'il est commis priucipalemeiit par les hommes hardis, aventureux , qui trouvaient alors de Foccupation dans la marine et dans l'armée. ïl faut bien qu'il en soit ainsi, puisque, de i8i5à 1816, les vols de personnes sur les grands chemin^ furent triplés.en Angleterre. Cette remarque montre la nécessité de chercher des débouchés à l'extérieur, pour débairasser la société de cette classe dangereuse, qui, dans les Iles Britanniques , est plus considérable et plus audacieuse qu^ailleurs.
8* yol de nuit avec effraction. — Burglarjr. Nombre d individus convaincus.
1832 ki8 i835 194
JUSTICE. a6^
Les a6 dernières années , divisées par périodes quinquennales, offrent les totaux et moyennes ci-après: ***^
Sam. MoyenDauio. Esè«tit. eo Sam.
i8ii à i8i5 543 iio
1816 — i8-2o 1,556 3ii
i8ii — i8i5 1,455 «91 88
i8a6 — i83o 1,062 aia 29
Toi. et moy 5,259 20a 124
CoDvielioB*. Tarmw mojcnt.
— — HabitanU.
1820 à 1829. , , . 2,696 269 1 sur 5o,ooo
Ainsi , ce crime a diminué de moitié , proportionnellement à la population, depuis i83o, et en comparant celte période récente aux dix années précédentes.
9* Vol simple. — Larceny. Nombre d*indi^ vidus convaincus.
Les 26 dernières années, divisées par périodes quinquennales, offrent les totaux et les moyennes ci-après , qui expriment le nombre dHndividus convaincus:
5 «Df. Moy. ano. B apport i la popolal.
— -. — habii
181 1 à i8i5. . i4«45i 2,890 I sur 3,5oo
i8ai — 1825. . 3a,28!i 6,467 I a,ooo
1 o* Fol de bétail j de moutons et de chevaux. Convictions.
iSaa 177 i83o 369
On voit que ce délit s'est augmenté , comme la plupart des autres. Il y a maintenant chaque année 3o à l\0 vols de bétail , i5o de chevaux, et 3oo de moutons.
1 1* Vols de toute espèce. Convictions devant les cours d'assises.
Toit •?•« Tiolmce. Vob mm videne». TotaM.
i835 934 1 1,37a ia,3o6
i836 911 iit709 12,620
Totaux .... 2,872 35,258 38,i3o
Moy. annuelle 957 11,756 i2,i3o
Rapport à la pop. i 8ur i5,ooo hab. 1 sur 1 ,aao h. 1 sur 1, i85 h.
Conséquemment les vols avec violence forment plus d'un i3® du nombre total de ces délits.
Nous mettons ici en regard des chiffres analogues pour la France. Il ne s'agit également ici que des convictions devant les cours d'assises.
T«b «fec cireonM aggratanlM. Ssnt ■||gr«vaiion. Totaus.
Totaux 4,437 4,aa4 8,661
Moj. anauellc i*479 i,4o8 2,887
Rapport à la pop. 1 sur 33,ooohab. isura3,oooh. isarii,i5oh.
Il manque , au nombre des vols commis en Angleterre, ceux punis sommairement par jugement des magistrats ^ns l'intervention du jury. On estime qu'ils le quintuplent, et le portent conséquemment à 60,000 , ou un délit de ce genre sur 1240 habitants.
Il manque pareillement au nombre de vols commis en France , ceux qui ressortent de la police correctionnelle, et qui se sont élevés aux nombres suivants pendant trois années récentes :
Total 37,083
Année moyenne. . • ii,36i
Ce nombre , joint à celui de 2,887 ^^'^ dont la conviction est acquise annuellement devant les Cours d'assises, forme un total général de i5,a48 délits de ce genre , commis en France , année moyenne. C'est un vol sur a,i5o habitants. II. 18
Ainsi , ce délit est presque dix fois aussi conl-' mon dans un pays que dans Tautre, proportionnellement à la population; et pris d'une manière absolue , il n'y a guère moins de quatre fois autant de vols en Angleterre qu'en France.
On conçoit qu'il s'agit ici du nombre des délits, et que celui des délinquants est moins considérable , parce que plusieurs récidives ayant lien dans le cours d'une année, le même individu peut être convaincu de plusieurs vols, et subir plusieurs condamnations.
Le tableau suivant indique quelle est la fréquence de ce crime dans les divers pays de l'Europe. On en a exclu les simples vols.
ffiili de fot». Bapp. i b popalat.
- — toMi
Ecosse ....
France ....
Efpagne. . . .
Pay»-Bas . . .
Autriche . . .
Irlande. . . • Belgique . . .
Rovauine«Vui Angleterre . .
Prusse ....
Wurtemberg .
Dauemarck . .
iB34 à i836 i834 à i836 i834 à i836
sur i3,ood
ii,i5o
Il est essentiel de remarquer que TEspagne
tient uit rang beaucoup plus élevé que celui auquel elle a droit , parce que les vols énumérés sont uniquement ceux accompagnés de circonstances très aggravantes.il est vraisemblable que, parmi les vols attribués à chacun de ces pays, il en est quelques uns qui comprennent des espèces inférieures de ce délit: les escroqueries, par exemple. Quoi qu'il en soit , il est certain qu'excepté la Prusse, le Danemarck et l'Allemagne méridionale, il n'y a probablement pas de pays en Europe où il y ait plus de voleurs qu'en Angleterre. Il y en a deux fois et demi autant qu'en Irlande, où la misère est si grande ; et , chose remarquable , à côté de ces deux pays, où le vol est si multiplié, gît rÉcosse , qui est, de toutes les contrées connues , celle où ce crime est le plus rare.
3* NOMBRE DES CRIMES EN éCOSSE.
L'Ecosse, quoique unie à l'Angleterre physi* quement et politiquement , est cependant un pays à part, dont la population diffère par son origine , son culte y son langage , ses habitudes et son caractère. Sans doute ces diversités ten** dent à s'effacer de plus en plus; et déjà la capitale et les grandes villes manufacturières ressem-* blent presque entièrement aux cités anglaises , qu'elles imitent dans leurs travaux. Mais , dans
l'intérieur du pays , et surtout vers le nord , le type de l'ancienne Ecosse s*est conservé; et l'on retrouve dans les mœurs, cette rigidité puritaine, cette probité Scandinave, dont la Norvège ofFre encore en Europe l'exemple et le modèle.
Le petit nombre d'actions coupables commises en Ecosse porte le témoignage le plus favorable à la moralité des ;habitants][de [ce pays. Ce n'est point un don de la civilisation; car des chiffres qui remontent à 68 ans^ temps où la population était encore bien peu avancée ,^font connaître que les crimes étaient alors aussi peu multipliés. Howard rapporte qu'en t4 ans, de 1768a 1782, il y eut en Ecosse seulement 76 condamnations à iiiort , dont 54 furent exécutés. La poptilation s'éevant à t,36o,ooo habitants, une moyenne de cinq crimes capitaux annuels donne le rapport d'un sur 262,000 habitants. Maintenant cette proportion est d'un sur 36o,ooo. Ainsi, l'Ecosse actuelle n'a pas dégénéré. Il y avait jadis 4 exécutions par an , ou une sur 34o,ooo habitants; aujourd'hui il y en a une sur 600,000. Consé^ quemment la justice est. devenue presque moitié moins rigide; et cependant le nombre des crimes a encore diminué. '
1 " Crimes contfe les personnes en Ecosse.
AiMMiMU. Maimrtii YMtctiMilatI?. Infanli*. Emruln. — — •! groM. cachée. —
io34 ■ «J • • • .
AnDée{moyenne. .
Q* Crimes contre les propriétés.
loccBdiM. Yob Yob Yob
— 4* panooo. atM cffracl. aimpics.
Tola
deeheTaui.
tt MiaU.
Année moyenne. . 2 25 164 734
186 vols.
Ces nombres^ rapprochés de la population moyenne . qui montait pendant cette période à 3^00,000 habitants, fournissent, pour chaque espèce de crime, les rapports suivants:
HabitanU.
Assassinats i sur 4oo,ooo
Meurtres 1 266*000
Viols I 3oOyOoo
Iniktiticides . . .
Émeutes
Iflcendies
Vols de persouues
— avec efFraction Vols simples . . .
— de chev, , bétail -— de toute sorte.
i,aoo,ooo
i5,ooo
3,3oo
Si Ton se reporte ailx résultats relatifs à TAn* gieterre, consignés précédemment, on trouve les différences suivantes.
L'assassinat est trois fois moins commun en Ecosse qu'en Angleterre, comparativement à la population ; le meurtre presque moitié moins ; le viol dix fois moins; l'incendie à peti près égal ; le vol de personnes, plus rare, d'un sur 3; celui avec effraction , au contraire , 7 à 8 fois plus multiplié ; et le vol simple moins fréquent , de moitié ou davantage.
Ainsi, tous les crimes sont incomparablement moins nombreux en Ecosse , sauf le vol avec effraction , dont l'existence doit tenir à quelque usage local qui le provoque en le facilitant.
Il est essentiel de remarquer que dans le nombre des délits commis en Ecosse, sont compris des actes sans doute répréhensibles , mais qui cependant seraient à peine comptés ailleurs parmi les délits correctionnels, tels, par exemple,
JUSTICB. ^79
que des contraventions aux lois du revenu ,\des pratiques libidineuses, des parjures , la bestialité, cacher une grossesse, faire galoper des chevaux
outrement, etc.
Il est h peine croyable qu'une pareille confusion ait lieu dans un pays , qui est en possession de donner à l'Europe des leçons de haute philosophie et d'économie sociale. C'est apparemment que ce ne sont pas les philosophes qui font , en Ecosse, ces classifications, et que les gens de loi y continuent, comme jadis , de ranger les péchés parmi les crimes. Il en résulte un grave inconvénient , celui de faire paraître la population bien plus féconde en criminels , qu'elle ne l'est réellement, et de lui ôterle mérite qu'elle possède véritablement, d'être, avec la Norvège, la moins vicieuse de toutes les sociétés de l'Europe.
4*" NOMBRE DE CRIMES EN IRLA.NDE.
L'Irlande , cette île féconde , habitée par une population active , intelligente , intrépide , est , malgré tous ces avantages , une terre malheureuse où pullulent les crimes. Elle a toujours eu , depuis plusieurs centaines d'an nées, à résister à l'oppression civile et religieuse , à la combattre', à la maudire et à s'en venger. La misère et la haine lui conseillent sans cesse de mauvaises actions , qui se multiplient à mesure que la ré*
a8o jnsTiCE.
pression donne une extension plus grande à leur origine; et l'expérience a prouvé complètement que les supplices sont impuissants pour tarir cette source de calamités. Des moyens plus rationnels et plus humains ont été employés, dans ces derniers temps , pour arriver à ce but si désirable ; mais des habitudes enracinées dans la génération actuelle, et réveillées perpétuellement par l'incertitude du présent et la crainte de l'avenir, ne permettent pas de compter sur un succès prochain. On doit cependant n'en point désespérer, quand on voit la Vendée pacifiée et prospère , après tant de désastres, ne différer en rien du reste de la France , sinon par les accomplissements que la nature lui a départis.
1* Crimes contre les personnes en Irlande.
HcarlrM. AaMMoau. Tentati?. Tounx. Viob«c — teotatÎT.
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a* Crimes contre les propriétés.
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3,026 vols.
En rapprochant les moyennes des cinq dernières années du chiffre de la population pendant cette période , on est conduit aux proportions suivantes:
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Meurtres
Assassinats et tentatives Viols et tentatives . . .
Incendies. .......
Vols de personnes . . .
— avec effraction . . .
— simples
— de l>étail ......
— de toute sorte. . . .
sur 469O00
L'Irlande, comparée à l'Ecosse, offre les différences ci- après : le meurtre y est six fois plus commun ; l'assassinat l'est quatre fois ; le viol dans une proportion un peu plus forte; et l'incendie dans une proportion moindre. Le vol des personnes est en égal nombre dans les deux pays; celui avec effraction est dix fois moins commun en Irlande; mais le vol simple est seulement un peu plus fréquent. Le vol de bétail , troupeaux et chevaux , est six fois aussi nombreux qu'en Ecosse. Il est proportionnel à la misère de cette population affamée;
Les délits contre l'ordre public sont si multipliés en Irlande , qu'il faut en faire un article à part.
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IMS. fS94. *9»
Homicides et tentatives. . . .
Coups de fen siir des person.
Incendies
Destraclion de maison ....
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AUaque» lur les maisons. .. a, 199 if44^ 9^^ ^1^ ^1^
Demandcft J*armc8 673 537 ^4? ^^4 ^47
Serments illégaux 317 906 1 59 101 70
AtU illégaux *»i49 i>i3i 701 755 593
ToUux 6>574 4)û9o 3,091 ^>94^ 9,i85
Ces nombres sont augmentés par des délits de contrebande, commis de vive force; mais leur masse est formée surtout de ces actes spontanés ou préparés, qui résultent de l'état social du pays. Leur principal objet est de résistera Texac-» tion des dîmes, et d'empêcher la saisie et la vente des bestiaux enlevés dans les campagnes , pour satisfaire à leur paiemeii t. Ces occurrences se sont renouvelées si fréquemment pendan t ces dernières années, que ce genre de délit a doublé de nombre , et qu'à une époque récente , il y en avait un sur 4)000 habitants de tout sexe et de tout âge.
Les délits politiques ont diminué cependant en cinq années du nombre effrayant de 6^374 & a,i85: c'est une réduction des deux tiers. Il faut rendre grâce de ce beau résultat à lord Miilgrave^ qui dirige l'administration de llrlande. Rien, selon nous , ne saurait surpasser un si grand bienfait et l'illustration qui en est la juste récompense.
5o NOMBRE DES CRIMES DANS LE ROTAUME-DITI.
I* Meurtres.
Angictenrt.
es
ii6
MOMC.
a* Assassinats et tentatives.
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3* Viols et tentatives.
4* Incendies.
5* Fols de personnes, i83i 397 i4
IrUod*.
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Total.
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lift 1 10
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i83a. ..... aa3
i835 aoa
JOSTICC.
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3o6 36a agi
a8d 35îr
7** Fols simples.
io,i3o 9,818 8,()59 8,309
ia,383 «3,169 ia,837 ia,6o8 ta, 544
8' Fols de bétail j de moutons et de cheifaux.
i63 i35 la'i ^73
La moyenne annuelle de ces cinq années , comparée à ia population pendant cette période^ donne , pour chaque espèce de crimes, les proportions suivantes , qui sont communes à tout le Royaume-Uni :
5o NOMBRE DES CRIMES DAA'S LE ROTAUME-UITI.
I* Meurtres.
Angictenrt.
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a* Assassinats et tentatives.
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3* Fiols et tentatives.
4* Incendies,
5* Fols de personnes, i83i a97 i4
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8* Fols de bétail^ de moutons et de chenaux.
La moyenne annuelle de ces cinq années , comparée à la population pendant cette période^ donne , pour chaque espèce de crimes, les proportions suivantes , qui sont communes à tout le Royaume-Uni :
^'pr?^^ 1896
BfTÎère i8a8
Oatiemarck iSvS
Écotse i83i i83S
Bade . • . • 1827
Abgloterrc i83i i835
ProTin.. Rhénaoes. Prusse. 1817
Saie • 1817
Irlande i83i i835
Pras9e 1818 1837
Wvrtepibcrg 1827
1 i»4oS
ai,oi3 J
SECTION IIL