‹ Statistique de la SuisseChapitre 12 sur 46 · CANTON DE ZURICH · texte numérisé non relu

CANTON DE ZURICH

§ x. Siluation , Grandeur, Population.

."Le canton de Zurich est borné, au Nord , par le grand duché de Bade et par le canton de Schafiouse , à l'ouest par le canton d'Argovie, au midi par ceux de Zug et de Schwilz , à l'est par ceux de Saint-Gall et de Thurgovie ; sa surface est de 90 lieues carrées et 556 millièmes, et il compte 2o44 individus par lieue carrée. Il est l'un des cantons les plus peuplés de toute la Suisse, comparativement à sa surface, et il ne le cède sous ce' rapport qu'aux seulscantons deGeuève et d'Àppenzell.

On peut se faire une idée approximative de la marche progressive et des variations de la population dans la Suisse, en examinant le tableau suivant , qui fait connoître celte marche et ces variations pour ïe canton de Zurich.

En 1467 , il comptoit, sur une surface à peu près semblable à sa surface actuelle. . 51,892 habitans.

En 1529 76,229

— i538 iio;973

NOMS 11 Etendue ou Surface comparative des vingt-deux Cantons de la Suis. CAnTÔns lignes tracées à côté du nom de chaque Ca,

l48 STATISTIQUE DE LA SUISSE.

En i(>io 143,990 habitans.

— 1748.. 1ÎJÇI3S

On voit, d'après ce tableau, que depuis le 1 5. c siècle les accroisse mens de la population ont été considérables ; mais différentes causes ont influé sur les retards et les variations de ces accroissemens ; la population a deux fois souffert d'une manière extraordinaire dans îe i7«e siècle; de 1610 à i634 elle s'est diminuée de 56 mille ames par un effet de îa guerre de 3o ans9 et des ravages de la peste; la lamine désola le canton de 1688 à 1697, et les prohibitions des puissances voisines ne permirent pas de faire venir des denrées des états d'Allemagne, de France et d'Italie ; une foule de malheureux en furent réduits à se nourrir d'herbes et de racines, d'autres moururent de faim , d'autres émigrèrent en Allemagne et s'engagèrent dans des services étrangers; enfin en 1700 la population du canton, comparée à celle de 1678 , se trouvait réduUe de v.0,000 ames; dès-lors elle s'est accrue progressivement jusque vers 1770, ou une nouvelle famine parcourut et affligea le canton, y fil périr plusieurs personnes et en obligea d'autres à abandonner leur patrie: en 1773, la population avoit diminué de 20,000 ames depuis 1762. Le canton, depuis 45 ans, n'a pas éprouvé des fléaux aussi destructeurs, et déjà en 1793 il avoit acquis une population supérieure à celle d'aucune autre année connue dans son existence précédente.

La ville de Zurich a subi , dans sa population, des révolutions à peu près semblables.

STATISTIQUE DE LA SUISSE. l4g

En

i46y , elle avoit. . .

. . 4,476 habitant.

O £ Al

En 1764, on comptait .dans le canton de Zurféîi, au-dessous de 16 ans. 28,000 homm. 20,000 femm» de 16 à 64 ans. * . . . 46,ooo 44,ooo au-dessus de 64 ans. . i5,ooo 17,000

En 1810, la population se rëparlîssoifc de la manière suivante , entre les 5 districts qui formoieut alors le canton.

District de Zurich . . « 1,-161 maisons. io,6cohabit»

— Horgen. . . 7,44o 5o,3oo

— Uster .... 7,5o4 67,260

Bulach . . . 4,896 36, 180

— Yinterlhour 5, 8o3 £7,760

On comptoit i4o, communes dans le canton , dont onze avoient moins de 5o maisons, quarante -une de 5o à 100, trente-une de 100 à i5o, vingt -trois de 160 à 200, treize de 200 à 260, sept de 25o à £00, six de 3oo à 35o, trois de 35o a 4oo , cinq de 4oo à 45o, quatre de 45o à 5oo , quatre de 5oo à 55o, une au-delà de 1000.

La proportion des divorces à la population est plus considérable dans le canton de Zurich que dan*

aucun autre canton; de 1811 à 1818, on y a compté 385 séparations de corps et 7 1 G divorces.

§ 2. Climat y Nature du sol, Montagnes.

Le climat du canton de Zurich est généralement doux et cependant les changemens de température sont rapides et fréqueus: ce canton n'a ni glacteis ïii neiges éternelles ; son sol est fertile, et cet avantage est dû plus encore à l'activité des habitans, qu'à la nature du terrain. Les terres les plus productives sont celles qui sont comprises entre la Thur et le Rhin : les mieux cultivées sont celles qui s'étendent sur les deux bords du lac de Zurich. En 1779, pendant les plus grands froids y le thermomètre de Réaumur ne descendit pas au-dessous de onze degrés pins bas que le point de congélation, et pendant la plus grande chaleur il ne s'éleva pas au-dessus de vingt-trois degrés et demi plus haut que ce point. Le nombre des jours de pluie fut à toute Tannée comme 100 à 365.

Trois chaînes principales de montagnes traversent le canton ; savoir celle des monts AUtnanns , qui est la plus élevée des trois et qui s'étend le long des cantons de Saint-Gall et de Thurgovie ; on y distingue le Horndli , la plus haute sommité du canton, qui s'élève de 358o, pieds au-dessus çle la Méditerranée ; celle des monts Lager ou Lehger, qui font partie du Jura, qui en constituent la branche la pins orientale et qui se terminent à la petite ville de Regensberg, et enfin la chaîne du Monl-Albis qui est traversée parla grande route qui conduit de Zurich à Lucerne, et qui s'étend dans la même direction que le torrent de la Sihl , sur une longueur de 4 lieues ; on trouve sur l'Albis une auberge commode, dans laquelle un grand nombre de personnes vont passer l'été , pour y l'aire des cures de petit-lait et jouir de Pair pur de la montagne. La plus haute sommité de l'Albis est le mont Uto ou Ilutliherg. Toutes les montagnes du canton de Zurich sont composées de grès ou de marne, excepté

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le Lebgerberg, qui est calcaire, ainsi que le reste du Jura.

§ 3. Rivières et Lacs*

Le Rhin et la Reuss ne font guère que bornet1 le canton ? le premier au nord et la seconde h l'occident : la Thur , la Tons et la Sihl méritent moins le nom de rivières que celui de torrens; elles servent à charrier beaucoup de bois. La Glatb est ordinairement tranquille et limpide, mais quelquefois elle se déborde aussi ; la Liminat est la seule rivière navigable du canton ; elle prend naissance dans le canton de Glaris, sous le nom de Linth, et traverse le lac ainsi que la ville de Zurich ; toutes les rivières dont nous venons de parler sont pois-*sonneuses , mais surtout le Rhin , la Limmat et la Glati. Parmi les curiosités les plus remarquables à observer auprès des rivières du canton ? i! faut compter la chute du Rhin à Laufen, la petite ville et l'antique couvent de Rheinau qui forment une presqu'île au milieu du Rhin , la petite ville d'Eglisau sur le Rhin, malheureusement trop connue par les combats que les Russes, les Autrichiens et les François s'y livrèrent en 1799; le château d'Àndelfingen sur la Thur, les promenades charmantes qui environnent la Sihl , la colline qui s'élève au-dessus de la Tôss? sur laquelle étoit autrefois la demeure des seigneurs de A7 art, célèbre par l'histoire lamentable de Rodolphe de Vart et de son épouse Gertrude de Bal m , histoire qui a servi de texte à un écrit distingué de notre temps.

Toute la partie inférieure du lac de Zurich , a l'exception d'une petite portion qui renferme le» îles d'Ufnau et de Lùzelau, appartient au canton de Zurich; sa plus grande longueur, du pont de Rapperschvil à Zurich, est de 6 fortes lieues ; sa plus grande largeur d'une lieue et demie, sa plus grande profondeur de 100 tôises , auprès de la presqu'île de l'A au. Ce lac est élevé dexi27q pieds au-dessus de la "Méditerranée. La partie supérieure du lac, deSchmerikoo à Rapperschvil , n'a guère que 2 lieues de

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longueur sur une au plus de largeur. Le pont de Rapperschvil qui traverse le lac dans sa parlie Sa plus étroite , entre le lac inférieur et le lac supérieur , a 1800 pas «le longueur. Durant l'été, la fonte des neiges fait quelquefois élever les eaux du lac jusqu'à 3 5 pieds au-dessus de leur niveau ordinaire. Le lai4 supérieur gêîe presque tous les hivers ; le lac inférieur ne gèle que lorsque les froids sont très-rigoureux.

Les lacs de Greiffen et de Pfeffikon sont tous les deux situés à Test de Zurich , le premier à 2 et Je second à 4 lieues de cette ville; le lac de Greiffen a une lieue et demie, et celui de Pfeffikon une forte lieue de longueur; ils sont peu un portail s pour îe commerce, parce que les petites rivières qui s y jettent, et la Glatt elle-même qui les réunit au Rhin , ne sont point navigables: ils nourrissent une grande quanlké de poissons et surtout de grosses et excellentes anguilles, des carpes et des brochets. Le lac de Dur 1er ou de Turler , au pied de l'Ai bis, et plusieurs attires très-petits lacs qui se trouvent dans diverses par très du canton, méritent à peine d'être cités; celui de Hur occupe un terrain qui demeure souvent à sec et ou l'on cultive alors de l'orge ou de l'avoine , après quoi il se remplit d'eau en une seule nuit; le lac d'Œrlingen et quelques autres nourrisse ut des îortue6.

§ 4. État du pays , Agriculture > Industrie x Manufactures.

Les bords du lac de Zurich , dans la partie qui appartient au canton de ce nom , offrent de ( .-barmans points de vue; ou trouve plus de 00.000 babitans dans tes 1 9 communes dont ils se composent; les bourgs de Vaedenschvil et de Ilorgen sont embellis par de vastes églises, bâties aux frais de leurs riches habilans : Meilen, sur la côte orientale du lac, a les meilleures vignes du canton ; Slaïfa, silué du même côte, se fait aussi remarquer par sa bonne agriculture, par ses fabriques et par ses beaux biu-

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tîmens; partout, sur les bords tle ee lac , on admire de jolies maisons de campagne, Faisance des paysans et l'activité du commerce et de l'agriculture. Le reste du canton offre plusieurs- points de vue intéressans, un grand nombre d'anciens châteaux, des restes d'antiquités romaines et des manufactures. Zurich se dislingue sous toutes sortes de rapports, nonseulement entre les communes de son canton , mai* entre celles de toute la Suisse. La ville étant fort ancienne , a un grand nombre de rues étroites et tortueuses ; mais elle a aussi plusieurs quartiers^ neufs , de belles maisons et des promenades agréables : elle est l'une des villes les plus commerçantes de la Suisse ; "Vinterthour qui est située dans un pays fertile se dislingue également par son industrie.

Les districts de H orge n et de Metlmenslett fournissent les plus belles bêtes à corne du canton \ le croisement des vaches de ce premier district avec celles du pays de Sclrwitz a produit une race d'une taille remarquable. Le canton de Zurich est de toute la Suisse celui où l'on entend le mieux l'art des engrais et où l'on en tire le meilleur parti sur les bords du lac de Zurich , on nourrit presque toujours les bestiaux dans les étables ; on cultive dans le canton une immense quantité d'arbres fruitiers , sur* tout près du lac de Zurich et dans les environs de Knouau et de Ribourg , où les pommes et les poires servent à faire du cidre et où Fou distille de l'eau de cerises. La cultnre de la vigne est généralement répandue; il y avoit des vignesà Zollikon dès l'an i ié5 1 le meilleur vin du canton croît aux environs de Viuterthour et sur la rive droite du lac de Zurich \ le prix de l'arpent de vigne , de 36,ooo pieds carrés, varie communément entre 1280 et 320O livres de Suisse. Un état du bétail du canton 3 dressé en i8ag; donne 3092 chevaux , 11,896 taureaux ou boeufs-, 28,65i vaches, 9712 veaux, 4g25 moutons , 2704 chèvres , 22,062 cochons. D'après ce tableau , le nombre des hèles à corne étoit de 60,269 ; il avoit considérablement augmenté depuis Pannée ijZa , où l'on avoit déjà dressé un état du grand et du petit

bétail; état qui ne comprenoit que 3693û6 individus; les chevaux s'étoient multipliés dans la proportion de

Dès le i3.e siècle, il exisioit à Zurich des fabriques d'étoffes de laine et de soie , de toiles et de cuirs; dons Je temps de la réformation , elles s'étendirent au point «renvoyer leurs produits dans les paysles pluséloignés; les fabriques de soieries de Tours et de Ljon leur perlèrent préjudice dans le i6.c siècle j mais les Zurichois trouvèrent un ample dédommagement dans leurs manufactures de colon , qui finirent par occuper une grande partie des habita ns de leur territoire : cette branche d'industrie atteignit en 1790 son plus haut degré de splendeur, et fit de Zurich une des places les plus commerçantes de la Suisse ; on comptotL alorsdans le canton près de 5o,ooo ouvriers employés au service des manufactures \ plusieurs d'entr'eux étoienl pris dans la classe des cultivateurs et suivoient à la fois leurs travaux rustiques et leitys occupations manufacturières. On comptoità Zurich, en 1817, 7 pharmaciens ou droguistes, 12 maisons de banque, 24 fabriques de mousseline et d'étoffes de coton , 25 fabriques de soieries et de gazes, 2 tafieîaliers, une fabrique de vinaigre, 7 maisons d'expédition et de commission, 4 marchands de fer et de cuivre, 11 marchands d'étoffes de laine , de soieries, de rubans ou démodes, 7 maisons d'expédition et de commission , 4 librairies, 5 imprimeries, etc. Le nombre des maisons de fabrique et de commerce, dans tout le canton, s'élevoit à 38a.

Les principaux articles d'importation du canton, outre le coton et la soie, sont le sel, le blé , quoique le canton ait 1 35, 000 journaux de terres arables , les drogues, les couleurs, la potasse , le bois et le linge; les articles d'exportation, outre les produits manufacturés dans le pays, sont le bétail , les fruits , l'eau de cerises ou kirch-vasser , Peau-de-vie et le vin ; le canton a i5,froo journaux de > ignés. Depuis quelques années les manufactures de coton ont beaucoup souffert dans le canton de Zurich ; celles de soieries continuent à travailler avec activité*

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§ 5. Histoire.

Zurich, en latin Thuricum , existoit déjà du temps des Romains; elle embrassa lechristianismeau 7.esiècle; la cathédrale , Gross- Munster , fut bâtie en 697 , par un seigneur Franc , nommé Robert , qui étoit alors très-puissant ; la position de Zurich , sur le grand chemin , par lequel passoient toutes les marchandises que l'Allemagne fournissoit à l'Italie et à la Bourgogne, étoil fort avantageuse \ la ville en profita pour s'agrandir et s'enrichir; en 1218, elle fut déclarée ville libre et impériale ; bientôt après elle divisa ses habitans en plusieurs tribus , secoua le joug de la noblesse qui la gouvernoit , et se donna une constitution démocratique : obligée de lutter contre les dues d'Autriche, elle rechercha l'alliance des cantons d'Uri , de Schwitz, d'Undervald et de Lucerne, et fut reçue dans leur confédération , en i35i ; elle ne possédoit alors, hors de l'enceinte de ses niurs7 qu'une forêt au bord de la Sihl et quelques domaines sur les bords du lac. De l'an i38i, à la fin du i5.e siècle ,elle se forma , soit par des achats , soit par des conquêtes , le territoire qui de nos jours compose le canton de Zurich ; elle fut la première des villes de la Suisse , et l'une des premières de l'Europe qui embrassèrent la réformation , et elle seconda puissamment les efforts de son célèbre réformateur , Ulrich Zwingle ; son exemple entraîna plusieurs autres villes , car dès un temps très reculé elle jouoit en Suisse un rôle important ; Daniel i'Hermijte remarquoit , il y a plus de 2 siècles „ qu'elle étoit grande, peuplée, bien bâtie , très-commerçante, toujours remplie d'une afïluence d'étrangers , et qu'on pouvoit la considérer comme la première des cités helvétiques A la fin du i8.e siècle, elle a été exposée aux dangers les plus éminens et il n'est aucune autre partie de la Suisse qui ait été constamment cornue «lie le centre de position des armées eu 1 me., et le théâtre des batailles les plus sanglantes ) elle fut occupée par des troupes françoises

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le 27 avril 179$ par les Autrichiens le 6 juin 1799, et par les Russes le 18 août de la même année; les François la reprirent le 26 septembre, sous la conduite du général Massena ; en 1802, elle fut assiégée par les troupes du gouvernement helvétique, auquel elle refusoît de se soumettre , mais quoiqu'on dirigeât eontr'elle une grande quantité de coups de canon et d'obus , elle eut peu de mal , et bientôt après , le parti des mécontens ayant pris de nouvelles forces, elle fut libérée du siège ; enîin , une proclamation de Buonaparte termina cette guerre civile.

§ 6» Constitution politique.

Les lia hi tans du canton de Zurich ont élé jusqu'en 1798 , soumis au gouvernement de la ville qui esercoit les droits de la souveraineté , par l'intermédiaire de 32 baillis; leurs droits ont été augmentés dana les constitutions subséquentes , et en particulier dans la constitution actuellement en vigueur. La religion réformée est la religion dominante du pays; l'égalité des droits civils est reconnue dans ce sens, que tous les citoyens du canton doivent jouir de la même liberté d'industrie et de commerce et se trouver soumis aux mêmes lois.

Les citoyens du canton sont partagés pour l'exercice ôe leurs droits politiques, en 65 assemblées électorales^ soit tribus; la ville de Zurich en a i3 et le reste clti canton 52: les domestiques , les pauvres assistés par les bourses de charité, les faillis et les criminels sont privés du droit de voter dans les assemblés des tribus» L'autorité suprême du canton est confiée à un grand conseil composé de 212 membres ; c'est ïni qui établit les impôts, qui nomme à toutes les places principales de l'état ; il s'assemble deux fois par an, dans les mois de juin et de décembre, et peut être eomoqué extraordinairement par le petit conseil. Il se forme de la manière suivante : chacune des i3 tribus de la ville de Zurich en nomme deux membres, la tribut de Vinlerthour en nomme cinq, et chacune des5i autres tribus du canton en nomme un;

la nomination des i3o autres membres appartient au grand conseil. Pourèlre éligihle au grand conseil , il faut être membre d'une des tribus, avoir atteint l'âge de 3o ans, et payer l'impôt d'une propriété valant au moins 10 mille francs. Les membres du grand conseil sont renouvelés de 6 eu 6 ans, mais ilssont toujours rééligibîes.

Un petit conseil , composé de 25 membres pris dans le grand conseil , est charge de l'administration ; il propose les lois et les arrêtes au grand conseil et en soigne l'exécution ; il surveille toutes les parties du pouvoir judiciaire, juge en dernier ressort le contcnlieux de l'administration, et nomme à la plupart des places dont la nomination n'est pas réservée au grand conseil.

Deux bourgmestres président alternativement , d'année en année , le grand et le petit conseil ; ils sont nommés , ainsi que les membres du petit conseil , par le grand conseil. Les membres du petit conseil doivent è re âgés de 36 ans au moins; ilssont renouvelés tous les 6 ans mais toujours rééligibîes. Les affaires diplomatiques sont sous la direction d'un conseil d'état composé des deux bourgmestres et de cinq autres membres du petit conseil.

Tout objet litigieux doit être soumis d'abord aux juges de paix ; il passe ensuite aux tribunaux de première instance, dont il y a un dans chacun des onze districts du canton. Ces tribunaux sont présidés par un préfet , qui remplit aussi les fonctions de lieutenant du gouvernement dans son district. Un tribunal spécial , composé de membres civils et ecclésiastiques, juge les causes matrimoniales. Un tribunal d'appel , présidé par uu des bourgmestres et composé en outre de i3 membres, juge en dernière instance toutes les causes civiles et criminelles, à l'exception de celles qui pourroient emporter la peine de mort *y dans ce dernier cas, quatre membres du petit couseil , désignés par le sort, se réunissent au tribunal d'appel. ]l faut avoir 36 ans au moins pour être éligible à ce tribunal.

Les onze districts (jui ont chacun leur tribunal de

niëre Instance, sont ceux de Zurich, Knonatt, \ aedenschvil , Meîlen, Gruningen, Kibourg, Greifi risée, Vinlerthour, Andelfingen, Embrach et tïegi nsberg.

§ 7. Constitution ecclésiastique*

Tout le canton suit la religion réformée , excepté une partie de la paroisse de Dietikon et la pelite ville de Uheinau. Le clergé réformé du canton se divise en dix chapitres , savoir :

i.° Celui de la ville de Zurich avec 16 cures et S diaconats ;

2 Celui du lac de Zurich avec 22 cureset 1 diaconat; 3. Celui des bailliages libres ou de Ruonau f avec

l5 eures;

% Celai de Slein avec 9 cures et 1 diaconat;

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