CANTON DE GLARIS
§ 1. Limites, Etendue, Population , Climat.
Ive canton de Glarïs est entouré par les cantons de Saint-Gall, des Grisons, d'Uri et de Schwitz; il est rempli de hautes montagnes , qui laissent à peine eutr'elles place pour quelques vallées : la principale de ces vallées , appelée aussi vallée de la Linth, s'étend du sud au nord dans une longueur de 8 lieues ; une autre a son origine au sud-est du canton, vers les frontières des Grisons, et se dirige en demi-cercle jusqu'à Schwanden , où elle se réunit à la vallée principale ; elle tire son nom du torrent de la Sernfi, qui la parcourt avec fracas. A l'ouest-, du coté des limites du canton de Schwitz, s'ouvre une troisième petite vallée, appelée vallée de Rlon , qui passe pour l'une des contrées les plus gracieuses des Alpes; elle renferme un joli lac et offre des points de vue tout-à-fait romantiques.
Le canton a i5 lieues dans sa plus grande longueur, et 7 à 8 dans sa plus grande largeur; mais le fond de la vallée principale n'a guère qu'un quart de lieue , ou tout au plus une demi-lieue de largeur*, sa surface est de 3i lieues carrées et 545 millièmes , mais il n'y a que 4 à 5 lieues carrées qui soient eu plaine ou dans la partie basse des vallées, tout le reste est occupé par les pentes ou par les plateaux des montagnes.
1 a population du canton est en tout de 24, i oo anies, ou de 696 individus par lieue carrée; elle a considérablement augmenté depuis un demi siècle, surtout dans les communes protestantes de Schwanden, Glatis, Enneda , Netstall, Linthal, Matt et tliu ; ces deux dernières alternent eutr'elles pour
la ternie des îandsgemeindes de leur vallée. Le rapport des proteslans aux catholiques est à peu près ceJui de 7 à 1 .
Le pays n'est pas si froid qu'on pourroit le croire au premier aspect , en considérant les chaînes de montagnes élevées qui le traversent; l'hiver, à la vérité, il y tombe d'immenses quantités de neiges , mais ces neiges se fondent de bonne heure au printemps, et souvent on cueille dans les vallées des fraises parfaitement mûres vers la fin d'avril, des cerises au mois de mai, et des raisins à la fin d'août.
§ 2. Montagnes.
Les montagnes du canton sont en si grand nombre, qu'il seroit fatigant de les toutes énumérer ; elles sont en général plus élevées que celles des cantons voisins, et ont de 5ooo à 11,037 pieds d'élévation au-dessus de la nier; les couches qui les composent sont calcaires ou de formation secondaire; elles reposent sur le gneiss , et sont recouvertes en plusieurs endroits de glaciers qui ne descendent nulle part jusque dans les vallées habitables. Le Dodi, au midi du canton, vers les frontières d'Uri et des Grisons, se distingue par sa pyramide gigantesque } qu'on aperçoit à une prodigieuse distance , et qui a 1 1 ,0^7 pieds au-dessus de la mer ; il est recouvert de glaces et de neiges éternelles, qui donnent naissance à la rivière de la Linth. Le Gîarnisch , qui a 8900 pieds au-dessus de la mer, appartient aussi aux plus hautes montagnes de la Suisse, et est à peu près sur le même niveau que les pics du Saint- Gothard. Le Xiggis, qui se rapproche du Gîarnisch par sa position , est élevé de 6950 pieds. Le Freyberg (montagne franche) est situé au milieu du canton, et doit son nom à ce qu'il n'est pas permis d'y chasser aux chamois sans une autorisation particulière. Plusieurs passages ont été pratiqués au travers des montagnes du canton de Glaris, pour communiquer avec les cantons voisins; ils sont souvent difficiles et même dangereux , mais ils n'eu sont pas moins utiles et fréquentés.
§ 5. Lacs 9 Rivières.
Lf. lac de Vaîlenstadt borne, sur une lisière de deux lieues, le canton de Claris; cependant il appartient en très-grande partie au canton de Saint- Gall • sa profondeur est au plus de 4 à 5 cents pieds*
Le lac de KJon , dans la charmante vallée du même nom, a une lieue de longueur sur unquavt <ie lieue de largeur ; il se décharge dans le bruyant et sauvaae torrent de la Lontseh : on remarque sur le Vigçis deux petits lacs appelés lac supérieur et lac inférieur; 7 ou 8 autres îacs , aussi petits que ceux là , existent encore dans les plus hautes vallées du canton ; ils sont alimentés par les eaux des glaciers et des neiges qui les emironnent.
La Linth est sans contredît la principale rivière du canlon; elle prend source au pied du Ristenberg et du Docii , et va se jeter dans le lac de Zurich, après avoir traversé le canlon de G la ris dans toute sa longueur, et une partie de celui de Saint -Gai!. Les foules de neiges et les pluies, surtout lorsqu'elles sont accompagnées d'un fort vent du sud, enflent quelquefois la Linth , au point de la faire déborder et de la rendre dangereuse dans sa course; souvent elle cause de grands dommages; mais on cite surtout , avec d'amers souvenirs, les effroyables dégâts qu'elle fit en 1762; elle convertit en un lac nue grande partie de la vallée principale qu'elle arrose, ei occasionna des perles dont la valeur s'éleva à 4 ou 5 cent mille florins : les tristes traces de ce désastre n'a voient pas encore disparu en 1764, lorsqu'un malheur semblable se renouvela.
Celle même rivière a formé au nord du canton d'immenses marais, où l'on respire un air malsain, Cl a enlevé à l'agriculture un pays fertile ; de là vient qu'on a entrepris des travaux considérables, pom donner un lit assuré à cette rivière dangereuse. Autrefois el!e. se réunissoit, non loin de Vesen , à la petite rivière de la Mag, qui sortoii du lac de
Vallensladt , el toutes les deux, prenant leur cours vers l'occident , parcouroient , en l'inondant , la plaine , de quatre lieues de longueur sur deux de largeur, qui s'étend entre les deux lacs de Vallensladt et de Zurich ; les \illes de Vesen et de Vallensladt partageoient le sort du sol sur lequel elles sont construites; on pou voit , pendant les mois d'été, en parcourir les rues en bateau ; le teint blême des habilans et leur extérieur languissant annoncoieut 1 influence funeste du mauvais air, produit par les exhalaisons infectes de la vase que les eaux laissoienl après elles en se retirant ; la population t'ai— soit des pas rétrogrades 5 des fièvres intermittentes, putrides et malignes, régnoient périodiquement sur une vaste étendue de terrain. Enfin, en i 8o4 , la Diète de la confédération ordonna l'exécution des travaux nécessaires pour corriger le cours de la Linth, et assigna les fonds dont on avoit besoin sur la bienfaisance des Suisses, en créant des actions, chacune de 200 livres de Suisse, qui ne portaient aucun intérêt, et dont le nombre s'esl élevé successivement jusqu'à 4ooo ; toutes ces actions ont été placées en dix ans. On a creusé un nouveau lit à la Linth», à une lieue de distance de son ancienne jonction avec ta Mag ; on a conduit cette rivière au lac de Yallenstadt, en lui donnant une pente de 42 pieds sur i3,ooo de longueur , ce qui suffit pour lui permettre d'entraîner dans le lac le sable qu'elle charrie et pour l'empêcher d'en former xles attérissemens nuisibles; on lui a creusé un second lit autour du premier, pour obvier aux inconvéniens des grandes crues des eaux au moment des pluies abondantes et des fontes des neiges; on lui a tracé, au sortir du lac de Vallensladt, un lit plus profond que n'étoit l'ancien, afin d'abaisser le niveau du lac, on l'a dirigée en droite ligne, de manière à diminuer la longueur de son cours jusqu'au lac de Zurich , et à réduire cette longueur de 72,000 pieds qu'elle étoit auparavant, à 48,ooo , ce qui a permis de lui donner environ un pied et demi de pente , sur mille de longueur ; ces travaux sont
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maintenant presque achevés, et offrent les plus heureux résultats.
La Semft, la seconde rivière du canton, sort du glacier de Baus-Vichlen et de Kerpfslock , à une lieue et demie au-dessus d'Elm ; elle parcourt un lit étroit et resserré jusqu'au-dessous de Schvvanden où elle se jette dans la Linth ; aussi redoutable que celle-ci , elle inonde ses bords et ravage ses alentours , dans le même temps et dans les mêmes circonstances.
La Lontsch, qui traverse la vallée de Klon et le petit village de Riedern , pour verser ses eaux dans la Lintîi , est aussi un ennemi dangereux pour ses voisins ; elle sert à charrier et a conduire dans la grande vallée de la Linth le bois que l'on coupe dans la vallée de Klon.
Le nombre des ruisseaux et des sources du canton de Glaris est considérable ; plusieurs de ces ruisseaux forment des cascades d'une rare beauté ; les plus remarquables sont celles du Fetsehbach, du Fismatt, du Schèchen ou Stubi , de l'Obersiaffei et du Rutihach.
§ 4. Produits du pays*
Ïl existe dans le canton plusieurs mines d'argent, de cuivre et de fer ; mais la difficulté et les frais île l'exploitation les ont fait négliger. On trouve dans le pays des marbres noirs, purs ou veinés de blanc , du spath fluor couleur de rose , des cristaux quartzeux d'un bleu améthisie , un grand nombre de pétrifications et des pyrites cuivreuses dont la forme est souvent sphérique, et dont l'intérieur est étoile. Le gypse se fait voir sous des schistes argilîeux dans la vallée de la Sernft , et dans la petite vallée qui y aboutit, appelée Krauchihal : plusieurs sources d'eaux soufrées existent dans la grande vallée de Glaris. On a éprouvé dans le canion de fréquentes secousses de tremblement de terre, et l'on a remarqué qu'elles ont constamment suivi la ligne dans laquelle se rencontrent le gypse et les sources soufrées dont nous venons de parler.
La grande vallée de la Linlh , de Bilten àSchwanden , renfèritfe des terrains marécageux ; mais elle en offre aussi de fertiles et bien cultivés. Depuis Schwanden jusqu'aux sources de la Linth , un paysage charmant, et de gras pâturages se montrent de toutes parts : l'étroite vallée de la Sernft, que l'on nomme aussi la petite vallée, est , dans quelques endroits, occupée en entier par la rivière et parle chemin; mais elle renferme aussi des prairies fertiles, surtout au-dessus du village d'Elm.
Le canton de Glaris possède 88 montagnes, qui nourrissent 10,000 vaches et 5ooo moutons pendant la belle saison : ces montagnes sont la principal* richesse du pays; elles servent de demeure à la plus belle et à la plus forte partie de la population ; aussi le gouvernement prend -il toutes sortes de précautions pour les conserver en bon état: le nombre des bestiaux que Ton peut y conduire chaque année est déterminé, et ceux qui dépassent ce nombre s'exposent à une amende ? qui est de 46 balz pour chaque vache trouvée en contravention.
L'usage est de ne conduire que 70 ou 80 vaches sur une montagne qui pourroit en nourrir cent , et de remplacer les 20 ou 3o autres par des bœufs * des chevaux ou des moutons ; le foin des pâturages peu élevés est fauché au printemps et en automne, et sert à la nourriture des bestiaux pendant l'hiver; celui des plaines est aussi fauché deux fois, et en outre il est pâturé en automne, par les bestiaux ) après leur descente des montagnes.
Le canton est riche en fruits , et surtout en pommes, poires, prunes, pruneaux et cerises; ces dernières se trouvent sur des montagnes déjà passablement élevées : souvent les villages sont presque cachés par des forêts d'arbres fruitiers. L'hiver est froid dans le canton ; mais les vents chauds du printemps amènent de bonne heure, h leur suite, la verdure et les fleurs; les raisins, les pèches, les abricots, et même les amandes, mûrissent dans les plaines; on trouve des cbàtaigners sur les bords du lac de VaUenstadt.
Les pentes des montagnes sont tapissées de forêts de sapins et de hêtres , qui appartiennent pour la plupart aux communes; mais on ne sait guère y ménagerie bois, en sorte qu'il commence à devenir raie, et que le prix en a été sensiblement augmenté depuis une trentaine d'années. L'espèce des vaches t du canton est plus petite que celle du canton de Schwitz, mais elle donne beaucoup de lait, ei est d'ailleurs plus grande que celle des pays de Gaster, d'Ufznach et de Sargans, qui sont placés dans le voisinage: 10.000 vaches peuvent pâturer en été sur les montagnes du pavs , mais les fourrages recueillis pour l'hiver ne suffisent que pour une moitié de ce nombre, et encore tire- 1- on beaucoup de foin des pays de Gaster et de la Marche.
Une bonne vache à lait , crui vient de faire le vpau, donne cinq mesures de lait par jour ; la mesure pèse 6 livres de 18 onces ; mais on ne peut compter en moyenne, en prenant toutes les vaches et toute l'année, que trois mesures par jour, ou 18 livres de lait par vaehex; cela fait que chaque vache donne par année 6670 livres de lait, et tout le canton, en y comptant 6000 vaches pendant toute l'année, 39,420/JOO livres de lait.
Le prix d'une bonne vache à lait est de 100 à 160 livres de Suisse; on préfère celles qui ont fait trois ou quatre fois le veau.
Les chevaux du canton sont estimés pour leur force et pour la fermeté de leur pas; ceux de deux A trois ans, se vendent de 24o à 3ao livres; on a perfectionné l'espèce des moutons depuis 1802, en faisant venir des mérinos dans le pays : le canton a de i5oo à 2000 cochons et quelques milliers de chèvres ; il n'y a pas de commune qui n'ait de 100 à 4oo de ces dernières.
Le nombre des animaux sauvages qui existoient autrefois dans les montagnes, a beaucoup diminué 5 plusieurs espèces ont totalement disparu r depuis que îa population a augmenté et que la chasse est de- Venue commune : Vt spèce des bouquetins est détruite depuis deux siècies; mais on voit de Lies- grandes
STATISTIQUE DE LA. SUISSE. SïBS
cornes de cet animal dans l'antichambre de l'hôielde-ville de Glaris. Le gouvernement, voulant protéger les chamois contre une entière destruction -, leur .a accordé une espèce d'asile sur la montagne de FYeyberg, où il n'est permis de chasser que de la Saint-Jaques à la Sainl-Marlin.
§ 5. Histoire.
Dans le 5.e siècle, le pays de Glaris relevoit de l'abbaye de Seckingen , située sur le Rhin , entré Laufenbourg et Rheinfc Id \ tous les ha bilans , à l'exception de 4o familles , étoient serfs de cette abbaye , divers membres de la famille Tschudi, l'une des plus illustres du canton de Glaris, administrèrent le pays an nom de l'abbé Dès le î3.e siècle, la maison d'Autriche s'appropria la suzeraineté sur ce pays , et y envoya des baillis dont les exactions excitèrent une foule de mécontentemens. Les confédérés suisses occupèrent le pays de Glaris en î35i, pour prévenir les dangers dont ils étoient menacés sur ce point, et les Glaronois profilèrent de celte circonstance pour se rendre iadépendans ; l'année suivante, ils furent admis dans la confédération; en i388, ils remportèrent la mémorable victoire de Nœfels, et bientôt après ils aeheièrent les droits et* les revenus que l'abbé de Seckingen possédoit dans leur pays ; ils firent aussi leur paix avec l'Autriche , qui les releva de toute redevance : dès-lors ils soutinrent plusieurs guerres, soit au-dedans, soit andehors de la Suisse, et agrandirent leur territoire par diverses acquisitions. Le célèbre réformateur Zvvingle fut curé de Glaris, de ïooS à i5ifî; ses disciples Fridolin Brunmr , Valentin Tschudi et Hans Heer secondèrent ses efforts, et la réformation, introduite d'abord dans la vallée de la Semft , se répandit bientôt dans la plus grande partie du canton : de là naquirent des guerres intestines qui ont troublé l'état jusqu'en 175/ , et qui ont exigé fréquemment l'inlervenliun des autres confédérés ; les catholiques et les prolesians ont formé deux as-
socia lions politiques différentes, qui ne se réunissent que pour les objets de l'intérêt le plus générai. En 1798, le canton de Glaris a perdu ses sujets; et les bailliages de Gasler, d'Ulznach et de Verdenberg, ainsi que le petit pays de Gambs, ont été incorporés au canton de Saint-Gall : les Glaronois ont été même désarmés par les troupes françaises, et en 179g leur pays a été le triste théâtre d'une guerre acharnée entre ces dernières ; et les Autrichiens réunis aux Russes.
§6. Constitution, Revenus de l 'Etat.
Le canton est divisé en i5 communautés ou Tagwen , savoir : Bilten avec Rerenzen , Urnen, Nœfels, Mollis, Netslall , Glaris, Enneda , Mitlodi , Schwanden , Eschen, Bettschwanden , Ruli , Linihal, Malt et El m. Chacune de ces communautés nomme quatre conseillers et pourvoit à son administration intérieure et économique.
]J assemblée générale, qui se compose de 6 à 7 mille citoyens , exerce le pouvoir souverain, nomme aux diverses places de la magistrature, sanctionne les lois et ordonne les contributions ; mais elle ne s'occupe d'aucune proposition qui n'a pas été communiquée au conseil du pays au moins un mois d'avance.
Lorsqu'il s'agit de nommer aux places et emplois, et de traiter divers autres objets dont les concordats ont remis la délibération aux deux partis religionnaires, ceux-ci se forment en assemblée générale particulière de chaque culte; l'assemblée des réformés se tient à Schwanden , celle des catholiques à Nœfels; les réformés nomment d'abord le landammann pour trois ans, et les catholiques le nomment ensuite pour deux ans ; le slatthaJter est toujours nommé par le parti qui n'a pas nommé le landammann.
Le conseil du pays règle ce qui es! relatif à l'administration , soigne les relations fédérales, exerce la police et projette les lois-, il se compose de 60 conseillers, dont 45 sont réformés et i5 catholiques,
STATISTIQUE DE LA. SUISSE. 285 du landamniann , du statthalter , des anciens landammanns et de onze à douze autres fonctionnaires publics.
Le conseil particulier de chaque parti religionnaire se compose des membres du conseil du pays et de ceux des tribunaux de chaque culte. Ce sont ces conseils particuliers qui jugent en matière criminelle. L'administration de la justice civile est partagée entre 4 tribunaux ; celui des experts ou d'inspection qui juge les causes qui ont pour objet des immeubles ; celui des Cinq qui juge les questions relatives aux achats et aux ventes, aux créances, aux hypothèques, etc.-, celui des Weuf quî juge les causes qui touchent l'honneur , celles qui regardent les communes et corporations , les héritages , les faillites, etc; enfin le tribunal d'appel } composé de 7 membres, qui juge en dernier ressort les causes dont l'objet a une valeur de plus de 5o florins.
Si un différent existe entre des personnes des deux cultes, le tribunal doit être composé de juges pris dans les deux communions , en nombre égal de part et d'autre , il est présidé par le landammann ou par le statthalter , qui est de la religion de l'accusé ou du défendeur.
La partie réformée du canton a un tribunal matrimonial qui se compose de 10 membres, dont 2 sont ecclésiastiques.
Tous les tribunaux sont présidés parle landammann ou par le statlhaïler.
La chambre des finances, le conseil de guerre, le couseil de santé et la commission des pauvres, sont établis et nommés par le conseil du pays.
Les fonctions des conseillers sont gratuites; le landammann e n ch a rge reçoit u ne i ndem n i té d e 3 20 fra ncs par an ; les juges et les membres des commités reçoivent de 16 à 25 baiz par session.
Le synode réformé se compose des 18 pasteurs du santon et des candidats au saint ministère ; le gouvernement y assiste par une députation. Le. clergé catholique se compose de 3 curés, de 4 à 5 chapelains et des pères capucins de Nœfels.
Les revenus de l'étal sont petits et souvent insuffisans pour payer ies dépenses ; ils se composent des amendes, d'un droit de douane , d'un droit sur le\ in et les liqueurs, du produit de la poste et de celui dés biens situés dans l'ancienne seigneuriede Verdenberg; on pourvoit au surplus des dépenses par des impôts votés par la landsgemeinde ou assemblée générale.
§ 7. Industrie et Commerce*
Les habitans du canton de Glaris sont singulière ment industrieux ; ils commencèrent dans le 1 7. e siècle à établir des manufactures dans leur pays; d'abord ils travaillèrent pour les négocions du canton de Zurich, mais bientôt ils en vinrent à se passer de ces négocions et à travailler pour eux-mêmes; ils ont maintenant des fabriques de coton , de mousselines et d'indiennes , qui pondant long-temps ont répandu l'aisance parmi eux. Une fabrique presque particulière aux Glaronois est celle du schabsigre , ou fromage vert ? dont ils exportent considérablement ; ils descendent des Alpes le céret , ou coagulum du lait restant après la fabrication du beurre ; ils le broyent dans des pressoirs faits exprès , avec du sel et avec le mélilot bleu ( U ifolium melilot. cœrul.) qu'ils cultivent dans ce but; ils le mettent ensuite dans des formes et le font sécher à l'air. Le village de Glaris et surtout celui de Mollis préparent chaque année une grande quantité de pareils fromages.
Dès le milieu du 17. 6 siècle, on tiroit des carrières placées dans le voisinage des villages de Matt et cTËngi, des plateaux en ardoise, servant de tables, de bancs , de tuiles et de pavés , et plusieurs menuisiers de Schwanden éloient occupés à faire des cadres et des caisses pour l'expédition de ces plateaux; maintenant ce genre d'industrie est assez négligé ; mais il n'en est pas moins intéressant pour les Glaronois , parce que c'est par là que leur industrie commerciale a commencé à se développer; à la fin du même siècle, ils établirent dans leur pays la première fabrique de toiles et de demi-draps; en 17 i4, ils se mirent à filer
le coton , et en i?55 à faire de la mousseline j dèslors ils ont eu de grandes manufactures et de grands étabiissemens de commerce.
Les menuisiers de Schwanden ne se bornoient pas aux cadres et aux caisses pour les ardoises ; ils préparaient aussi des feuilles minces en noyer, en cerisier ou en érable , connues sous le nom de feuilles de violon, et d'autres feuii les en bois de diverses sortes pour les ouvrages en marqueterie. Depuis que l'Amérique envoie à l'Europe ses bois précieux, ce genre de travail a beaucoup diminué ; 8 à 9 barques cbargées d'ardoises, d'ouvrages en bois, de schabsigres , de fromages et de fruits secs descendoient chaque année la LJiiih , l'Aar et le Rhin, pour aller jusqu'en Hollande , mais ce nombre de barques est réduit maintenant à 3 ou i. Chaque année les Gîaronois vendent hors de leur canton environ 2000 têtes de gros bétail , et 2 ou 3 cents chevaux; ils exportent aussi des fromages , mais surtout les produits de leurs manufactures. PiusieursGlaronois achètentdans l'étranger, des soieries, des mousselines et d'autres étoffes qu'ils vont vendre dans les marchés et dans les foires de l'Italie , de la France, de l'Allemagne et de tout le nord de l'Europe ; quelques-uns d'entr'eux font un trafic considérable avec des marchandises de Lyon et des chapeaux fins de paille et d'écorce ; on compte qu'il y a habituellement hors du pays un trentième de ses habitans; plusieurs négocians Gîaronois sont établis clans les grandes villes de commerce , telles que Vienne, Pétersbourg ; Hambourg, Riga , Bologne , Ancône , Triesle , et ils conservent avec leur canton d'activés correspondances commerciales.
Glaris , Mollis, Enneda et Schwanden, sont les principaux centres des fabriques et du commerce du canton ; Enneda, qui n'étoit composé en 1780 que d'un petit nombre de maisons, est devenu de nos jours un joli bourg Les importations en blé , vin , sel , métaux, objets de luxe, tabac, café , sucre, thé, épiceries , remèdes , verreries , cuir , porcelaines , faïence , papiers , couleurs , cotons , laines , etc. , sont considérables , surtout depuis que les richesses
se sont accrues et que le luxe , qui marche presque toujours a leur suite , a fait de grands progrès ; au reste , il faut remarquer que depuis 2 ou 3 ans le commerce du canton deGlaris, ainsi que celui des cantons d'Appenzell , de Saint-Gall, de Thnrgovie, etc., a éprouvé des pertes et des entraves cruelles, eu sorte qu'en ce moment un grand nombre de ceux qu'il entretenoit sont réduits à la misère , ou au moins à un état de gène infiniment pénible.
§ 8. Etat de V Eglise et de V éducation , Ho mines célèbres.
Les pasteurs réformés du canton de Glaris forment un svnode qui se réunit sous la présidence d'un doyen^ le clergé catholique relève en ce moment du vicairegénéral apostolique de Munster. Quant à des étabhsseinens littéraires ou scientifiques , le canton n'en possède d'autres que les écoles des villages , excepté cependant une bibliothèque publique, qui a été formée en i?58, par une société de protestans, avec l'aide du gouvernement; cette bibliothèque renferme plusieurs ouvrages intéressans , surtout relativement à Fhistoire ; les jeunes gens aisés ont des précepteurs particuliers ou font leurs études dans l'étranger ; parmi ceux qui se destinent au commerce , plusieurs vont dans le pays de Yaud, afin d'y apprendre la langue Françoise; les ecclésiastiques réformés se forment pour la plupart à Zurich ou à Berne , les étudions en théologie catholiques , commencent leurs études, soit dans les couvens de Pfeffers ou d'Einsiedlen /soit à Lucerne, et les achèvent a Milan ou à Turin , villes dans lesquelles ils jouissent de bonnes pensions.
Mollis a douné naissance à Henri Lorit , surnommé G lare anus , poète, qui vi voit dans le temps de la réformation et qui reçut une couronne des mains de l'empereur Maximilien; l'historien Egide Tschudi , mort en 1^72, étoit né h Glaris ; sa famille a encore fourni au canton plusieurs hommes distingués, et en- Er'autres J. H. Tschudi, qui vivoit dans le i8.e siècle \
on doit aussi mentionner ici l'historien Trumpî qui éloit contemporain de J. H. Tschudi.
§9. Cartes géographiques , Ouvrages à consulter.
Les meilleures cartes du canton de Claris sont celle
de l'atlas de Mejer, et celle qui a été jointe a. l'aima*
nacli helvétique , pour l'année 1809.
Ou peut consulter sur la statistique du canton lefc
ouvrages suivans :
Altnanach helvétique pour 1809.
Neusre Glarner-Chronih , etc., ou Nouvelle chronique de Claris , par Christ Truinpi ; Yinterthur , 17/4, 8.°.
Ehel , J. C. Schilderung , etc. , ou Tableau du peuple des montagnes de Claris , 8.°; Leipsick, 1802.
Dan Landbuch des Kantons Glarus, Drei tkeile, Clarus, 1807 à 1808 , 8.°
Steimnulier J. R. Die Alpen und Landvirtfischaft } etc. , ou de l'économie alpestre et rurale du canton de Claris; Vinterthour, 1802.
§ 10. Description particulière de quelques communes du canton.
La. première commune du canton de Claris qui s'oiTre aux voyageurs, lorsqu'ils arrivent de la Marche dans le canton de Schwitz , est celle de Bilten , qui a 6 à 7 cents habitons ; on trouve ensuite le haut et le bas Urnen, puis Noefels , chef-lieu de la partie catholique du canton ; le couvent des capucins de Marienbourg est bâti sur la hauteur qui domine le bourg et qu'occupoit jadis le château des bai! Us autrichiens ; on arrive ensuite à Netstall , village qui a 2 églises , l'une pour les protestans et l'autre pour les catholiques, et duquel on se rend dans la vallée romantique de Rlon , où Ton a élevé un monument à la mémoire de Salomon Cessner; Claris, que l'on rencontre après INetsIaJl , a donné son nom à tout le pays; ce n'est qu'un petit bourg , mais il s'est rendu intéressant par son industrie et par les res-
sources de tout genre qu'il s'est procurées ; on y voit une bibliothèque publique , fondée eu 1708 , de belles maisons , des blanchisseries et des moulins pour la fabrication du schabsigre; Mitlodi , commune adonnée au commerce et à l'éducation des bestiaux, renferme une brasserie de bière ; Schwanden , bourg le plus grand et le plus peuplé du canton, compte au-delà de 4ooo habitons et a de charmans environs ; Luchsingen, Betschwanden et Linthal sont encore situés dans la vallée de la Linth ; on trouve, dans l'étroite vallée de la Sernft , les villages d'Engi , de IVIatt et tTElm ? ainsi que les bains sulfureux et ferrugineux de Vichlen, autrefois assez fréquentés et maintenant presque abandonnés; deiax routes conduisent depuis Elm aux Grisons ; pendant 6* semaines de l'hiver , £!m ne voit point le soleil; au-dessus et à l'est de ce village, dans l'aiguille de Segnes, 0 8870 pieds audessus de la mer, on aperçoit un grand trou, nommé le Marbis- Loch ; il traverse la montagne, et pendant 5 jours de Tannée , savoir , les 3 3 4 et 5 mars , et 1 4 et i5 septembre de l'ancien calendrier , il est luimême traversé par les rayons du soleil qui vont éclairer le clocher d'Eim.
En redescendant de Schwanden par la route qui est à l'orient delà Linth, on arrive au bourg charmant d'Enneda, dont les habitans sont aisés et industrieux , puis à celui de Mollis situé presqu'en face delNoefels, dans nue position délicieuse avec une ceinture de beaux vergers ; puis enfin , en passant par Beglingen on descend sur les bords du lac de Vallenstadt vers les communes intéressantes de Kerenzen et de Mullihorn.
Depuis le sommet de plusieurs montagnes du canton et entr'autres depuis le Scheye , le Neuenkam et le $chilt , on jouit de vues magnifiques sur les parties voisines de la Suisse.