ANTON D'UN DER VAL D
5 i. Etendue ^ Grandeur , Population , Climat.
Tir canton d'tJndervaîd ou d'Untervald est placé presqu'au centre de la Suisse et est entouré par le lac des Quatre Cantons et par les cantons de Lucerne, d Uri et de Berne ; sa surface est de £7,095 lieues carrées, et sa population, d'après le tableau officiel, de 19,100 aines, ce qui lui donne 5i6 kabhans par lieue carrée. Sur ces 19,100 âmes, n,o5o appartiennent au baut Undcrvald , et 8o5o au bas Undervald ; plusieurs auteurs portent h 21,000 âmes la population de ce canton : en 1743, on n'y coraptoit que 16,7.78 araes. Le climat du pays est sain et tempéré ; il est doux dans le bas Undervald qui produit toutes sortes de fruits : le baut Undervald et la vallée d'Engelberg sont essentiellement des pays alpins; on n'y trouve que des pâturages et des forêts de sapins ou d'autres arbres de montagnes.
§ 2. Nature du sol, Montagnes*
Le canton d'Undervald est fertile et appartient aux plus belles contrées montagneuses de la S tinsse. Ses plus hautes sommités ont leurs flancs recouvert» à excellons pâturages ou d'épaisses forêts : la plus élevée est le Titlis qui a 10,710 pieds au-dessus de la Méd itéra née ; il est situé sur les confins du pays d'Engelberg et des cantons dUri et de Berne ; on jouil sur son sommet d'une vue très-étendue, mais Il esl difficile d'y arriver et peu de personnes ont réussi dans crue entreprise. En suivant les limites du canton de berne, on trouve, dans une liante chaîne de montagnes, le Velleiistock , le Geissberg , le Jucli, et enfin le Brunig entouré des plus riches
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vallées et chargé des plus beaux pâturages. Plus loin on trouve le Nesselstock et une suite d'Alpes fertiles qui séparent le haut Undervald du canton de Lucerne et qui se terminent à l'immense piramiue du mont Pilate. Le Bi unig offre un passage commode pour traverser, soit à pied soit à cheval, de Sarnen au Ilasli , dans le canLon de Berne: au sommet du passage, on trouve une douane où Ton peut passer la nuit.
De l'autre côté du Titlis on trouve la sbmmilé d'Hennenherg , au pied de laquelle est le couvent d'Engelherg , ceiles de Rothstok et de Vallenstoke et enfin le Brisenberg qui , par le moyen de ses diverses ramifications , s'étend jusqu'au lac des Quatre Gantons: ces montagnes sont calcaires, excepté les plus hautes sommités, du côté d'XJri , où l'on voit çà et là du granit \ on y trouve aussi en abondance des schistes argi lieux.
Parmi les montagnes basses du canton, les plus connues sont ceiles de Burgen et de Roztherg : la première sépare la vallée de Stanz du lac des Quatre Cantons et se dirige de Stanstadt à Buochs ; elle est couverte jusqu'à sa sommité d'habitations éparses, d'arbres fruitiers et de forêts. Le Rolzberg s'élève au-dessus du lac entre Alpnach et Stanz; on y voit une charmante cascade et les ruines du château de Voîfenschiess qui fut autrefois en horreur aux fondateurs de la liberté helvétique et qui doit sa principale réputation au rôle qu'il joua à l'époque de l'établissement de cette liberté; une jeune fille en ouvrit feutrée à son amant le premier jour de l'année 1006 x et celui-ci y introduisit à son tour une fouie de conjurés qui s'en emparèrent et eu chassèrent leurs tyrans.
§ 5. Lacs et Rivières.
Les lacs d'Àlpnach et de Stanz ne sont que des portions du lac des Quatre Cantons, qui s'avancent dans l'intérieur du pays et qui lui donnent un aspect romantique et pittoresque ; mais les lacs propres au
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canton cil \u(ervald sont ceux de Lungern , de S u ncn, de Trubi et de Melch ; îe premier a une lieue de longueur sur un quart de lieue de largeur m s'étend dans une vallée du haut Undervald , au pied du Bru ni g ; il abonde en truites et en écrevisses. Lé lac de Sarneu a une lieue et demie de longueur sur demi-lieue de largeur j ses boras sont fertiles et peuplés : il y avoit autrefois , entre ce lac et celui de Lungern , uu troisième lac qui tiroît son nom du village de Gisvil , mais il s'est écoulé et séché en 1761 et a disparu , ou plutôt la commune de Gisvil le fit alors saigner et dessécher, de manière qu'il esl converti maintenant en un terrain d'un bon rapport. Eu 1791 , les habitans du village de Lungern formèrent le projet de gagner du t erra in d'une manière semblable et de dessécher le lac qui leur appartient ; ils creusèrent dans ce but un canal qui devoit avoir 212 toises de longueur, mais la direction se trouva manquée , et après 6 années de travaux, ils furent obligés de renoncer à leur entreprise , quoiqu'alors ils ne fussent éloignés du lac que de Si toises. Les lacs de Trubi et de Ml4e.li n'ont guère chacun que demi -lieue de tour; ils doivent leurs eaux aux neiges des hautes montagnes qui les a voisinent.
Le canton d'XJndervaîd n'a que deux rivières d'une certaine importance : l'Aa3 qui traverse les lacs de Lungern et de Sarnen , et qui se jette près d'Alpuacb dans le lac des Quatre Gantons, après s eue réunie à la Mêle h , et une autre Aa qu'on appelle TA a du bas Undervald , qui traverse le pays dT.ngelberg et passe ensuite à Vil , près de la plaine où se rassemble la landsgemeinde de cette partie du canton ; là on la traverse sur un pont couvert ; une lieue plus loin elle se jette dans le lac des Quatre Cantons, auprès de Saint-Antoine : cette A a est un torrent dangereux qui cause souvent de grands ravages sur ses bords.
Le canton esl riche en cascades; la plus connue est ctllede tlôtzloch, entre Alpnàcti et Stanz ; celle de Ttelsch ou de Teutsbach, dans i'Engelberg 7 n'est pas moins remarquable.
§ 4. Produits du pays.
L'agriculture est négligée dans le canton d'XJndervaîd, aiusi que dans celui de SchwHz , et leducaiion des bestiaux est presque la seule industrie du pays , ce qui résulte naturellement de lét t du sel qui est en grande partie recouvert de pâturages. D'après un recensement fait en 1794, on comptoit , dans le bas Undervald seul, près de 5ooo iêies de gros bétail : le fromage du canton passe pour un des meilleurs de la Suisse et se vend de i5 à 16 florins le quintal; il devient excellent en vieillissant et se durcit considérablement avec le temps, ce qui fait qu'on le conserve long-temps sans difficulté et qu'on le recherche pour les voyages de mer de long cours. Une bonne vache rend un intérêt de 5o à 100 florins par année , et cependant les bêtes à corne du canton sont de petite race , aucune ne pèse plus de 4 à 5 quintaux. La seule vallée d'Engelberg gagne, dans les bonnes années, 4o mille florins à la vente de ses fromages.
Il s'en faut de beaucoup que le canton ait suffisamment de bîé pour sa consommation, il s'approvisionne dans le marché de Lucerne et cet approvisionnement lui coûte environ 2000 florins par semaine : il n'a pas non plus de vignes , mais il fait du vin de fruit ; dans le bas Undervald et autour d'Alpnach, les habitans tirent de leurs fruits un de leurs principaux revenus; les forêts donnent aussi un grand produit d'exportation en bois de construction et en bois à brûler : en 1 799 > on fit > dans le bas Undervald \ sans y comprendra la vallée d'Engeîberg , un recensement des arbres qui avoient de 16 pouces à 3 pieds de diamètre , et on en trouva 3 1 56 dans les forêts de l'état, io4,f>24 dans les forêts communales, et 358j dans les forêts particulières. La plus grande partie des forêts sont peuplées de sapins ; les pentes des collines et des montagnes les plus basses sont garnies de hêtres» de chênes, d'ormeaux, d'aulaes; etc.
La chaux , le sable et l'ardoise abondent dans le canton ; on trouve dans la vallée de Meich et ailleurs diverses espèces de marbres, parmi lesquels le noir traversé par des veines blanches est le plus estimé. Les sources minérales sont nombreuses dans îe pays, mais on en fait peu d'usage ; on trouve une source d'eau sulfureuse au bord du lac de Lungern et il en existe beaucoup de semblables depuis le Brunig à Alpuach ; on en a aussi découvert dans la gorge du lxoizbacb et à Saint - Antoine. Les bains froids de Schwandi , au-dessus de Sarnen , ne sont guère connus que des ha bilans du pays qui les visitent de temps en temps. Aucune mine métallique n'est exploitée dans ie canton ; ni le gouvernement ni les particuliers n'ont de moyens suffisans pour faire des entreprises aussi coûteuses. On découvrit près d'Alp- Oàchj da us le 17.° siècle, quelques filets d'eau salée, et on 'chercha aussitôt à établir une saline dans cet endroit; mais rétablissement n'eut pas lieu, parce les sources se trouvèrent peu abondantes et sujettes à manquer, il existoit autrefois à Humîingen une source d'eaux salées que l'on exploitoit avec succès, mais elle disparut en i3iô, à la suite d'un tremblement de terre qui renversa le village d'Humlingen.
§ 5. Histoire, Mœurs et Caractère des habitans,
Dr.purs Fan iî5o le pays d'Undervald a été divisé en deux districts , qui sont séparés l'un de l'autre par la forêt du Rernvald , et par la chaîne de montagnes qui s'étend du Titîis à la Bloum-Alp ; ie district le plus élevé, situé au sud , se nomme Obvyld ou haut UjwJerval.d ; le plus septentrional, qui s étend an-dés^ . s de la forêt, porle le nom de Nidvald ou de bas Undervald : ces deux districts forment en réalité deux républiques différentes, quoique aux veux du corps helvétique elles ne se présentent que eomraç un seul canton. Les couvens dEngelberg, tic Sa mt- Léger ou de Saiut-Léodegar à Lucerne, de \hiuswi dans le canton de Lucerne,, de Mûri dans celui d'Argovie , l'Autriche et la noblesse
des environ.* , possédoient dans ce pays une multitîtude de droits; mais les habita ns se sont peu-à-|jeu rachetés, et ont été entièrement affranchis dès le i6.e siècle : depuis l'origine de la confédération helvétique, ils n'ont fait d'autre acquisition que celle du territoire d'Alpnach. La population du haut Undervald est plus belle , plus industrieuse et plus riche que celle du bas Undervald Au commencement de l'automne de Tannée 1798, il éclata une insurrection dans le bas Undervald , qui refusoit d'admettre la nouvelle constitution que la France avoit dictée à la confédération helvétique ; plusieurs cantons firent des efforts, niais inutilement, pour appaiser cetle insurrection ; ils ne purent empêcher la discorde civile et la guerre de désoler cette malheureuse contrée. Le 9 septembre, 12,000 hommes de troupes françoises , sous la conduite du général Schaumbourg , attaquèrent le bas Undervald, dont ils s'emparèrent après une longue résistance , et après avoir éprouvé des pertes considérables ; le pays lut livré au pillage, au fer et au feu, excepté Hergisvil , Engel berg et Stanz : les vieillards, les femmes et les en fa os prirent part aux combats, et ne furent point épargnés ; dix- huit jeunes filles combattirent près de la chapelle de Vinkelried, et y trouvèrent la mort; 600 batimens devinrent la proie des flammes; on fit un recensement de ceux des habitans qui avoient péri dans cette journée, et on trouva que leur nombre s'élevoit à 386 ; les pertes occasionnées par l'incendie et le pillage furent évaluées à un million et demi de livres de Suisse; on estima à une somme égale les pertes occasionnées par les réquisitions et les logemens militaires ; le pays se trouva plongé dans un épuisement excessif, et dans une affreuse misère, à laquelle ajoutoit l'abandon des services militaires étrangers. Le bas Undervald eût été, suivant les apparences converti en un désert, sans la générosité des autres Suisses qui eurent piûé de ses malheurs, et qui lui envoyèrent de puissans secours ; on convertit en un hospice une partie du couvent des religieuses de Staoz. Nulle pari la ré-
STATISTIQUE OE LÀ SUISSlt.
volution ne noùvoit avoir fl n'a eu de plus funestes influences ; l'esprit vie parti et le fanatisme portèrent la populace aux plus grands excès contre les familles aisées. En 1799, le bas Undervald , sans y comprendre la vallée d'Engelberg , comploit plus de 55o familles pauvres, c'est-à-dire , au moins i5oo individus,, qui, soit à cause de leur âge , soit à cause de leurs maladies, soit par un effet du défaut rToecupation , n'avoient pas les moyens de subvenir à leurs besoins; ainsi (a 6.e partie de la nation se coinposoit de mendians. Au reste, cet état de souffrance cessa au bout de quelques années. Le haut Undervald , qui s'étoit conduit avec plus de prudence, de sagesse et de modération , souffrit beaucoup moins des troubles et de la guerre dont on vient de parler. Les habitans de tout le canton ont la même énergie , le même courage , le même amour de la patrie, le même esprit naturel, et la même simplicité de mœurs, qui distinguent leurs voisins de Schwiù ; il est dommage qu'ils y joignent de l'ignorance , des préjugés, de la superstition , et un trop grand éloiguement pour toute espèce de nouveautés, même pour celles dont l'application ne pourroit qu'être qu'avantageuse à leur pays.
§ 6. Constitution politique , Revenus de VÉtat*
L'acte de médiation de Buonaparte avoit respecté , presque dans son entier, l'ancienne constitution du pays \ seulement il avoit réuni la vallée d'Engelberg au bas îJndervald , et l'avoit associée à tous ses privilèges. Les événemens de 18 15 ont ebangé cette disposition ; la vallée d'Engelberg, ne partageant point les sentimens d'indépendance qui animoient le )>as Undervald contre le reste de la Suisse, demanda et obi i ni d'être réunie au haut Undervald : celle nouvelle division du canton a été confirmée dans la constitution du pays dont nous donnons ici l'abrégé.
Constitution du haut Undervald.
Le canton se compose des sept communes de Sar*
lion, chef-lieu, deKerns, de Sachsien , d'Àlpriach, de Gisvil , de Lungern, et du couvent el de la vallée d'Engelberg.
La religion catholique est la religion du pays.
La souveraineté réside dans l'assemblée générale àes citoyens , âgés au moins de 20 ans. Cette assemblée se réunit le dernier dimanche d'avril. Dans 1rs cas extraordinaires, elle ne délibère que sur les objets pour lesquels elle a été convoquée.
Les chefs du pays sont les quatre landamnianns, le statthalter , le trésorier, l'inspecteur des bâtimens, le hanneret, les deux capitaines , les deux euseignes et les deux inspecteurs de l'arsenal.
Le conseil se compose des chefs du pays, nommés par rassemblée générale, et de 65 membres, nommés par les paroisses; il exerce le pouvoir souverain, exécutif et administratif, ainsi que la police judiciaire ; il a l'initiative des lois dans l'assemblée générale des citoyens; il juge les causes de police judiciaire, ainsi que les causes criminelles non-capitales ) dans les cas de procès criminels qui sont de nature à emporter la peine capitale , il convoque le conseil triple , auquel appartient exclusivement le droit de prononcer la peine de mort.
Le landammann régnant préside les assemblées générales, ainsi que les conseils simple, double et triple ; eii cas d'absence, le statthalter le remplace , et en cas d'absence de celui-ci , .c'est le plus ancien landammann qui préside.
La justice est administrée, en première instance, par les tribunaux des sept, dont il existe un dans chaque paroisse, et qui se renouvellent tous les ans, et en seconde instance par le tribnnai assermenté j qui se compose, outre le président qui est le landammann en charge , de 16 juges, nommés par les sept paroisses et changés chaque année.
Le tribunal du pays est formé par le conseil assemblé en séance publique ; il validé les legs et les ordonnances testamentaires qui lui sont présentés.
Les élections qui se font, tant à l'assemblée générale que dans les paroisses, et au conseil, ont iieu par votalioa distincte et en levant la main.
Pour être électeur el éiigible, il faut, outre l'âge de 20 ans, avoir la réputation de citoyen honnête et lavai ; on exige, dans les assemblées paroissiales , que 1rs votans aient droit aux biens communaux, el qu'ils soient domiciliés dans la commune.
Un père et ses fils, ou deux frères, ne peuvent pas siéger ensemble dans le conseil.
L'ancien droit du pays, tel qu'il existoit avant Tannée 1798, a été rétabli.
Constitution du bas Undervald,
Ce canton professe sans partage la religion catholique. Il se compose de six paroisses qui forment i3 communes , savoir : Slanz ; Ennemoos -, Dallenvil et \isenberg; Slanstadt, Obburgen et Kirsiten ; Oherdorf et -"Valterspërg ; Buren au-dessous du ruisseau; Buoehs; Ennetburgen ; Volfenschiess, Boden, Allzeilen et Oberrikenbacb ; Buren au-dessus du ruisseau 5 Beckenried ; Hergisvil, et Emetten.
L'autorité publique réside dans l'assemblée générale, rassemblée secondaire , Rassemblée du conseil et des citoyens, les conseils du pays triple , double et simple , le conseil hebdomadaire et le conseil extraordinaire , le tribunal de sang pour les crimes capitaux, le tribunal assermenté, les tribunaux des Sept et les justices de paix.
Rassemblée générale est l'autorité souveraine du canton •, elle se compose de tous les citoyens , nomme les \ landammanns , le statthaller, le banneret, le trésorier , le capitaine , le bailli , 1 inspecteur de l'arsenal, l'inspecteur des bâti mens et chemins, l'enseigne, le directeur de la police, les deux secrétaires d'état, les huissiers et le messager d'état Le sta! limiter et le trésorier sont soumis à une con-; firmation annuelle.
Yj assemblée secondaire décrète et modifie les lois ci exerce plusieurs autres attributions. Toute loi qui doit être portée à l'assemblée générale ., est lue publiquement , huil jours d'avance , dans toutes les paroisses, afin que chacun puisse y réfléchir et juger
les avantages ou les inconvéniens qui peuvent ea résulter.
\J assemblée du conseil et des citoyens se compose de tous les citoyens éligibles ; elle donne des instructions aux députés de la Diète, et entend leurs rapports ; c'est à elle qu'il appartient de défendre l'importation du bétail.
Le conseil triple 3 composé du conseil double et d'un homme prudent, par chaque conseiller de commune , s'occupe de tous les objeis qui lui sont renvoyés par les assemblées générale ou secondaire.
Le conseil double , composé du conseil simple et d'un homme prudent, par chaque conseiller de corn* mu ne, nomme tous les sis ans l'administration des sels, et fixe le prix du sel.
Le conseil simple se compose des premiers magistrats et de 58 conseillers des communes; il s'occupe de tous les objets d'administration.
Le conseil hebdomadaire décide sur les objets de moindre importance ; il est composé du la rida mmann en charge et des autres membres du conseil simple qui se trouvent sur les lieux , de manière cependant qu'il y ait, à chaque réunion, au moins un conseiller de chaque commune.
Le conseil extraordinaire se compose de n membres au moins, et peut être convoqué par le landaramann en charge dans les cas urgens.
Le consêil de guerre est formé par les chefs du pays , les officiers de l'état-major et les officiers du piquet ; il s'assemble dans les cas ou la patrie est en danger, et prend alors les mesures militaires qu'il }uge convenables.
Le conseil sanitaire y composé des landamraanns, du statthalter, de 2 médecins et de 2 cbirnrgiens, s'assemble dans les cas de maladies contagieuses, soit pour les hommes, soit pour le bétail ; il prend alors tontes les mesures nécessaires pour en arrêter les progrès.
Le tribunal d? sang , qui prononce la peine capitale, se compose du conseil simple et de tous les citoyens qui ont atteint l'âge de 3o ans.
l e tribunal assermenté se compose du landammanu en charge et tie 1 1 juge* assesseurs; il juge fca-ns appel les procès qui regardent l'honneur et Ja propriété 5 il juge aussi les contraventions qui se punissent par des amendes; il nomme les tuteurs et confirme les actes testamentaires.
Les tribunaux des sept des communes de Slanz . de Btiochs et de Volfënsçhiess , se composent de 7 membres et jugent sans appel les causes civiles dont la valeur est au-dessus de 3o florins.
Chaque paroisse a une justice de paix , composée de 3 membres qui doivent employer leurs bons offices pour prévenir les procès , et qui jugent sans appel les causes dont Vobjet n'excède pas 10 florins.
Les revenus de l'état sont peu considérables, soit dans le haut soit dans le bas Undervald ; ils se composent des amendes prononcées par les tribunaux , de quelques droits de douane , de quelques dîmes, de la ferme d'un certain nombre de biens communaux; de la vente doà sel et d'un droit sur le vin.
§ 7« Industrie et Commerce.
On n'a pas établi de comparaisons exactes entre les exportations et les importations du canton; on remarque seulement que ces dernières sont considérables. Les habilans ne tirent point tout le parti qu'ils pounoient des productions de leur pays ; ils achètent a haut prix des objets manufacturés qu'ils pourraient facilement fabriquer eux-mêmes, ayant sous la main les matières premières nécessaires pour cette fabrication.
Les communes voisines du lac des Quatre Cantons vivent en partie de la pêche et de la navigation; la vallée d'Lngelberg est la partie du pays où il règne Le plus d'industrie et par conséquent le plus (1 aisance ; diverses sortes de manufactures y ont été introduites dans le 18. e siècle; cependant ùé peut appliquer au canton d'Undervald la remarque générale qu'un grand nombre de voyageurs et d'écri-
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vains ont finie sur loute la Suisse : c'est que les cantons catholiques sont moins industrieux que les cantons protestans , ce qui tient essentiellement à une éducation moins soignée et à un temps plus considérable , perdu en jours de fêtes et en exercices religieux.
§ 8. Etat de V éducation et de l- Eglise t Hommes célèbres.
Les écoles sont négligées dans le canton d'Unrlervald , ce qu'on doit attribuer à diverses causes ; et eu particulier au défaut d'aisance , soit de l'état , soit des particuliers; à Sarnen , chef-lieu du haut TJndervald, on trouve un gymnase, mais il ne sert que pour les études idéologiques. On avoit converti , en 1799 , une partie du couvent des femmes de Stanz en une maison d'éducation, et on avoit établi un hospice pour les enfans pauvres v qui , par une suitn de la révolution de Tannée précédente., avoîent été abandonnés par leurs familles : le célèbre Henri Pestalozzi, l'auteur de 'Léonard et Gertruch , fui !e premier directeur de cette maison ,qui avoit recueilli plus de 80 enfans des deux sexes ; il y fit l'essai de sa nouvelle méthode, maintenant si connue dans toute l'Europe; mais la guerre qui éclata en 1 800 , et qui se fit arec acharnement dans les petits cantons, entre les François d'un côté, et les Autrichiens réuuis aux Russes de l'autre, le força d'abandonner Stanz ; il transporta son institut à Berlhoud ou Burgdorf , dans le canton de Berne : l'hospice fut converti en un lazaret, et bientôt après complètement abandonné.
La vallée d'Engelberg se souviendra éternellement de son Bienfaiteur l'abbé Léger ou Leodegar Sàltz^ manu , qui lui procura plusieurs avantages , et entre autres un collège, qui subsiste encore, et dont profilent les cantons voisins : ce collège reçoit des éièves catholiques qui se destinent à l état ecclésiastique; il est joint au couvent d'Engelberg , qui possède une bibliothèque de 8 à 10 mille volumes, la
seule qui existe dans le canton. Cette bibliothèque se Fait remarquer par quelques centaines d'ouvrages lires, imprimés dans le i5.e siècle; mais elle est pauvre eu ouvrages nouveaux ; elle a souffert , pendant les guerres de la fin du i8.e siècle; les troupes françoîses lui ont enlevé quelques ouvrages important.
Le canton a cinq couvens , de l'ordre de S. Benoît ou de celui des capucins, deux à Saruen, deux à Stanz et un à Engolberg ; ce dernier est habité par des moines bénédictins ; sa fondation remonte au j 1 .e siècle.
Le clergé d'Undervald relevoit autrefois de l'évêqne de Constance, dont un commissaire résidant à Lucerne exerçoil les droits; maintenant il est sons la surveillance du vicaire général apostolique de Munster. Le canton ne compte que 12 églises paroissiales ;
il a en outre plusieurs chapelles isolées, qui sont desservies par leurs propres chapelains : en 1800, le nombre des ecclésiastiques du canton s'éîe- "voit à près de 100. La plus belle et la plus célèbre des églises du pays est celle de Sachslen , à une lieue de Saruen ; elle est ornée par un grand nombre de colonnes de marbre, dont huit sont d'une seule pièce : c'est là où reposent les os de Nicolas deFlue, dont la maie éloquence réunit en i48i les cantons de la Suisse divisés, et empêcha une guerre civile. Le tombeau de ce vertueux citoyen dans l'église de Sachslen, s<\ chaumière à Flueli, et la chapelle qui lui a été élevée près de I ancien hennit âge où il vivoit, dans la vallée de Melch , sont encore à présent l'objet de nombreux pèlerinages : sa famille a joui depuis sa mort d'une grande considération ; elle a fréquemment occupé les principales charges de l état, et est encore nombreuse de nos jours : on conserve deux épées , deux cueillers de bois et un gobelet d'argent, dont Nicolas de Flue se servoit avant sa retraite. Arnold de Melchthal et Arnold de Vinkelried, dont les noms brillent dans l'histoire de l'établissement de la confédération suisse, partagent ■vec lui l'admiration et le respect de leurs concitOl en s.
§ g. Cartes géographiques r, Ouvrages à consulter.
Les meilleures cartes du canton sont celles de l'atlas de Meyer d'Arau , ainsi que celle qui est jointe à l'Almanach helvétique pour l'année i8o5; cet altnanach doit être consulté pour la statistique du canton. On a une histoire particulière d Undervald, publiée en 1789 et 1791, par Joseph Businger et Félix Zelger*
§ 10. Description particulière de quelques portions du canton.
Sarnen , chef- lieu du haut Undervald , est un bourg situé dans la principale et la plus riche vallée du canton, vallée qui s'élend d'un coté jusqu'au Brunig, et de l'autre jusqu'au lac de Lucerne, et qui est recouverte de gras pâturages, et parsemée de charmantes habitations isolées. On doit visiter à Sarnen la maison de ville, où sont les portraits de tous les landammanns du pays depuis Tan i38+~? celui de INicolas de Flue et un tableau qui représente l'action cruelle du gouverneur autrichien Landenberg , qui fit crever les yeux au père d'Arnold de Melchthal : on admire sur la place publique un grand bassin de fontaine, formé d'un seul morceau de granit. La landsgemeinde , ou assemblée générale du pays , se réunit tout auprès de Sarnen-, sur la place où s'élevoit autrefois le château du gouverneur Landenberg. Tous les ans les habitans du haut Undervald célèbrent des jeux à Sachslen et à Kerns, non loin de Sarnen , et s'y livrent à divers exercices gymnastiques.
Le bourg de Stanz , capitale du bas Undervald ou du INidvald, est aussi situé dans un riant vallon couvert de beaux pâturages , entre la montagne de Stanz et le Burgenstock , à une lieue des deux golfes de Bupctis et de Stansladt ; on conserve dans l'hôtel- de- ville les portraits des anciens lan-
dammanns; l'église esl ornée de colonnes de marbre; brës île là on voil sur une autre colonne une statue d'Arnold de Vïnkclried ': à une îieue de Stanz est |e Rolzherg, montagne sur laquelle on aperçoit les ruines du château de Volfenschiess , ruines qui Servent de demeure à un hermile. Du côté do Buochs on trouve une place ornée de grands tilleuls vi garnie ile bancs; c'est là où se rassemblent les l.m l^uH iodes du bas Undervald. Le Burgenstock préserve la vallée de Stanz des vents du nord, et fui procure un climat plus doux que celui des autres vallées du pays. Le village de Stanstadt, au bord du lac de Lucerne , souifrit plus qu'aucun autre de l'insurrection et de la guerre de 1798 ; il fut réduit en cendres le 9 septembre de celte année.
La vallée de Melchthctl , qui fait partie du haut Undervald , s'étend dans une longueur de trois lieues entre des montagnes qui ont 6 à 8 mille pieds d'élévation ; elle esl fertile" en pâturages, arrosée par le Melcb et recouverte d'un nombre prodigieux de cabanes; c'est la patrie d'Arnold de Melchtbal, l'un des trois fondateurs de la liberté suisse, et du célèbre hèrmite INicolas de Flue , dont nous avons déjà parié. Les montagnes de cette vallée sont calcaires et reposent sur des schistes argilleux ; on y exploite des carrières de marbre, et on y aperçoit un banc de mine de fer qui traverse la montagne^ el qui s'exploite dans le Muhtïthaiy de l'autre côté de celle montagne.
Avant la fin du 18. e siècle, l'abbé du couvent A'ïlngelberg étoit souverain de la vallée de ce nom , qui est maintenant réunie au haut Undervald. Un piètre du village de Buochs avoit fondé en 1197 un couvent de religieuses à l'extrémité orientale de cette vallée; mais ce couvent brûla en 1479, et les religieuses qui fbabitoient furent ensuite transportées à Sarnen. INous avons parlé du collège dont l'abbé Léger Sallzmann a fait présent à la vallée d'Engel- ; g, niais il reste à dire quelques mots des autres bienfaits dout il l'a enrichie dans le 18.^ siècle; il J a établi des manufactures et des filaiures de scia
et de laine, et par là il a chassé et détruit la men~ dieilé ; il a fait placer dans le couvent même des ateliers, des magasins et des comptoirs; il a fondé un séminaire pour l'éducation des prêtres, et un greffe pour l'inscription des créances hypothécaires; et, en un mot , il a procuré des avantages immenses à ses sujets. L'église du couvent est à 3 180 pieds audessus de la mer. La vallée a deux lieues de longueur sur i5 à 20 minutes de largeur ; elle est parcourue par l'Aa qui se jette à Buochs dans le lac des Quatre Cantons; de hautes sommités l'entourent de tous les côtés , et la séparent du reste du monde; elles ont de 7 à 10 mille pieds d'élévation. Dans la petite vallée latérale de Horben , est une source périodique qui ne coule que depuis le mois de mai à celui d'octobre ; un autre ruisseau de la vallée d'Engeîberg charrie des paillettes d'or : quelques ouvriers de cette vallée s'occupent à faire des reliefs de diverses parties de la Suisse.