‹ Statistique de la SuisseChapitre 27 sur 46 · CANTON DE BAS LE · texte numérisé non relu

CANTON DE BAS LE

§ 1. Situation, Etendue, Climat , Population,

Ije canton de Basle est situé dans la partie septentrionale et occidentale de la Suisse ; il est enveloppé en grande partie par le canton de Soleure, et est aussi borné par les cantons de Berne et d'Argovie, par le grand-duché de Bade et par la France ; sa capitale, dont la grandeur et la population sont considérables relativement au reste du canton, est placée à l'une de ses extrémités, et ainsi le canton ressemble en quelque sorte à une maison de campagne , qui auroit sur ses derrières ses jardins et son parc; sa surface est de 23 lieues carrées et7i3 millièmes, d'où l'on voit qu'il est l'un des plus petits cantons suisses; mais il est peuplé et riche en beautés naturelles; il se compose en grande partie de plaines entrecoupées de collines et garanties des vents du nord , ce qui fait que le climat y est doux et tempéré ; on a remarqué aussi qu'il étoit généralement sain; le sol est propre à toutes sortes de cultures, et le pays abonde en arbres fruitiers.

La population du canton est évaluée , dans le tableau officiel que nous avons donné à la page n.e à 45,900 ames, ce qui donne 1937 habitans par lieue carrée : en 1794, lorsque le district de Birseck n'avoit pas encore été réuni au canton, Normann portoit sa population à 4o;ooo ames, et quelques autres auteurs à 42,ooo.

La ville de Basle n'a point la population que son étendue et le nombre de ses maisons sembleroient comporter, et elle a considérablement déchu de son ancienne population , ce qui tient essentiellement à sa bourgeoisie; qui, pour ne pas voir diuii-

mier l'étendue des privilèges dont elle jouissoil, a constamment repoussé les étrangers qui soîlicitoient l'entrée dans son sein. Basle a une enceinte telle qu'elle devroit naturellement contenir au moins 3ooo maisons ; mais elle n'en a que 2100, et au lieu de 36,000 habitans qu'elle pourroit facilement loger, elle n'en compte que 12 à i3 mille. L'état suivant de la population du canton a été dressé en 1774.

\ille de Basle 16,000 habitans,

District de Liestall. . . . 3,264

de Farnsbourg . . 8,166

de Vaîdenbourg. . 6,3 17

de Hombourg . . . 1,295

- de Munchenslein . 2;857

de Riehen 1,281

du petit Huningue 4o5

Total . . . 38585

On comptoit dans la ville de Basle 168 ménages et 710 habitans pour cent maisons ; la proportion des hommes aux femmes étoit celle de 456 à 544 , ou de 1000 à iiq4; les bourgeois et les personnes de leur dépendance ne fbrmoient guère qu'une moitié de la population de la ville. Dans la portion rurale du canton, on comptoit 687 étrangers.

§ 5. Nature du sol 9 Montagnes*

Les environs de la ville de Basle présentent une plaine riante, qui s'étend jusqu'au Jura, à la Forèt- Noire et à la chaîne des Vosges; les nombreuses collines, qui en rompent l'uniformité, sont partout cultivées, et de jolies habitations ou des forêts en ornent le sommet ; les parties les plus fertiles du canton sont celles qui s'étendent entre Basle, Àugst, Sissacb et Liestall jusqu'au canton de Soleure ; les flancs du Jura sont recouverts de forets de sapin.

La partie du Jura qui sépare Vaîdenbourg, dans le canton de Basle, de Balstall, dans le canton de Soleure, se nomme Ober-Hauenstein } ou Hauenslein supérieur, et est traversée par la grande route

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qui conduit de Basle à Soleure et à Berne ; on appelle Nieder-Hauensiein , ou bas Hauenslein , cette partie du Jura qui sépare Hombourg de Olten ; on donne les noms de Schafmatt et Pf^ a s serf a II aux parties du Jura qui s'étendent à droite et à gaucbe de celles dont nous venons de parler; nulle part ces montagnes n'atteignent à une élévation de plus de 4ooo pieds au-dessus de la Méditerranée. Parmi les sommités du canton on distingue le Rulhenflue . qui se rapproche de la limite du canton d'Argovie, le Schafmatt et le Schauenburgerflue , d'où l'on jouit d'une vue très -étendue , ce qui fait qu'on y a placé des signaux d'avertissement pour les cas d'allarme ; le Fiesenberg y qui s'élève au-dessus de Rumlingen et d'Oilingen , etc.

Les montagnes du canton sont composées d'une pierre calcaire compacte -, on y trouve de la marne et des grès, outre un grand nombre de pétrifications , dont on a fait à Basle de belles collections.

§ 5. Rivières*

Les principales rivières du canton sont le Rhin et la Birse ; le premier sert de limites au canton pendant deux lieues et demie, et le traverse à Basle et aux environs de Basle -, il le quitte tout-à-fait auprès de lluningue, et abandonne en même temps la Suisse pour ne plus la revoir; il est fort large, et partout, navigable dans le canton de Basle. La Birse , torrent large et impétueux, se jette dans le Rhin, à demi-lieue au dessus de Basle ; elle s'enfle quelquefois extraordinairement après les grosses pluies, ou au moment de la fonte des neiges, et est alors dangereuse pour les terres qui l'avoisinent.

Les autres rivières du canton ne sont en quelque sorte que de grands ruisseaux ; ce sont la Birsig , qui traverse le Leimenthal, et qui se jette à Basle dans le Rhin, la Fiesen, qui prend sa source dans la Foi ét-jNoii e ,et qui se réunit au Rhin près du petit Huningue ; VErgelz ovl Ergoltz , qui prend sa source sur le Schafmatl; reçoit un grand nombre de ruis-

seaux, traverse une partie considérable du canton, et vient enfin se jeter à Augst dans le Bhin ; YOrisbach y qui iraverse l'Oristhal et sert dans quelques endroits de limite aux cantons de Soleure et de Basle \ !a Frenhe , etc.

Le canton de Basle ne possède aucun lac.

§ 4. Produits du pays.

Le canton est peu riche en gibier ; les ours , les loups et plusieurs autres espèces d'animaux sauvages qui l'habitoient autrefois , Pool presque complètement abandonné ; en revanche , on y trouve une grande quantité de bétail , dont une partie est engraissée pour êire vendue à l'étranger. 11 existe sur les montagnes des chalets oti Ton Fabrique du beurre et des fromages dont une partie s'exporte dans la Souabe j voici quel étoit en 1774 l'état du bétail du canton :

Taureaux ......... 1922.

Vaches = . 48o8.

Chevaux i658-

Porcs 5.891.

Moutons 5534.

Chèvres 1820.

Le Rhin est riche en saumons, qui sont d'une espèce estimée et d'une grosseur considérable ; c'est surtout auprès du petit Huningue qu'on tend des filets pour les prendre ; cette pêche occupe un grand nombre d'individus. Plusieurs autres espèces de poissons et surtout les truites abondent dans le Rhin , ainsi que dans les autres rivières du canton.

QuoiqiPen général les fabriques nuisent à l'agriculture , et qu'il en existe un grand nombre dans le canton de Basle, on remarque que les terres y sont dès long-temps cultivées avec soin ; ce qu'on peut expliquer par l'aisance des habitans, qui leur permet de faire les dépenses nécessaires à une bonne culture, et par leur goût pour la campagne ; il est peu cPhabitans riches de la ville de Basle qui ne possèdent pas des terres dans le pays.

Dans les années ordinaires, les Baslois n'ont pas

besoin de faire venir de l'étranger des provisions de blé et d'autres graines farineuses, et ils se suffisent à eux-mêmes sous ce rapport; ils ont beaucoup perfectionné depuis un demi-siècle la culture de leurs jardins, et leurs campagnes leur fournissent toutes sortes de bons fruits, comme poires, pommes, cerises, prunes, noix, etc. En 1794, le seul village de Riehen , près de la ville de Basle , gagnoit au - delà de 6000 florins par la vente de ses cerises et de son eau de cerises ; les pommes de terre ont été introduites dans le pavs vers le milieu du i8.e siècle , mais ce n'est qu'en 1770 qu'on a commencé à les cultiver en grande quantité.

Les Baslois, employant aux travaux des fabriques une partie considérable de leur population, sont obligés de faire venir des ouvriers de terre des contrées voisines ; ils les tirent surtout de la Forêt-Noire et des cantons de Berne et de Soleure.

On trouve du cbarbon de pierre auprès de Munehenstein , de Liestall et de Sissach, et on en exploite quelques carrières ; la tourbe se rencontre communément dans plusieurs plaines et vallées ; les naturalistes ont trouvé dans le canton 21 espèces de cornes d'ammon , outre diverses espèces de coraux et de coquillages marins. Il existe dans le pays plu*sieurs sources et plusieurs bains d'eaux minérales; les bains de Schauenbourg , près du châieau du même nom , sont froids et d'une eau parfaitement claire ; les bains de Ramser à demi-lieue du cbâteau de Homboui g , ceux d'Oberdorf près de V aldenbourg, ceux de Bubendorf, où l'on trouve aussi des eaux que boivent les malades, et ceux d'Eplinger , sont tous à moins de 6 lieues de Basle et tous plus ou moins visités, quoique aucun ne jouisse d'une grande réputation dans l'étranger.

§ 5. Histoire , Mœurs et Usages des habitans.

Le canton de Basle faisoit du temps des Romains, partie de la Rauracie, dont Augst étoit la capitale; on voyoit alors , dans l'emplacement actuel de la ville de Basle , un château qui n'a acquis quelque

importance que lorsque l'évêque du diocèse y fixa sa résidence après la ruine d'Augst, dans le 5.e siècle; ce château fut entouré de maisons, et peu -à -peu d'une ville , qui dut à sa position favorable pour le commerce des accroissemens considérables; les bourgeois de Basle obtinrent des privilèges qui furent pour la première fois rédigés par écrit, en 1260 ou 1^63, et dès-lors tous les évêques durent en jurer l'observation, au moment où ils prenoient possession de leur souveraineté. Le i4.e siècle fut malheureux pour les Baslois ; en i3i2 , la peste en fit périr i4oo , et en i356, 10 secousses de tremblement de terre renversèrent une grande partie de la ville ; pendant huit jours le feu s'eutretint sous les ruines , et 3oo personnes périrent dans les décombres (1) Cependant au bout de peu d'années Basle sortit de ses ruines, plus peuplée et plus riche que jamais; les pestes de i438 et de i48i , qui lui firent éprouver des pertes cruelles, ne purent arrêter le développement de son industrie ; le concile général qui se tint dans ses murs, de i43i à i448 , et qui réunit l'une des assemblées les plus nombreuses qui aient jamais eu lieu dans l'Église chrétienne , lui procura un accroissement de réputation et de richesses; son université, ses presses typographiques et l'acquisition d'un territoire d'une certaine étendue I'éîevèrent ensuite à un rang honorable parmi les républiques de la Suisse et la firent aggréger en i5oi à la confédération helvétique. En 1795, 2 traités de paix furent signés à

(1) Sébastien Munster ne parle que de 100 morts au moment du tremblement de terre , mais il ajoute , après avoir raconté l'incendie qui dura plusieurs jours , qu'un grand nombre d'hommes et de bestiaux périrent, dans la ville , et que divers châteaux , hors de Basle , tels que ceux de Schowenberg , Vartenberg , Reichenstein , Angenstein , Berenfeïs , Pfeffmgen , Scholberg', Frobourg , Clus , Furstenslein , Landskron, Valdeck, Bietherthal, Landenberg, Blockmund, etc., ainsi que plusieurs autres dans le Frickthal , le Sissgau et la Forêt-Noire , furent renversés par le tremblement de terre ; mais que les pays voisins vinrent au secours des malheureux Baslois et leur fournirent des secours pour rebâtir leur ville détruite.

Basle par la république Françoise , le premier avec la Prusse et le second avec l'Espagne- Le 19 janvier 1798 , l'ancienne constitution baloise fut abolie et les habitans des campagnes qui s'éloieni insurgés et qui avoiênt brûlé les anciens châteaux de Farnsbourg et de Vaîlenbourg , furent mis en possession de tous les droits civils et politiques dont la ville a voit joui exclusivement jusqu'alors. En 1 8 1 3 et en 18 î 5 , Basle a été traversée par les immenses armées des puissances alliées, qui ont envahi la France et qui y ont terminé l'empire de Buonaparte. Le congrès de Vienne a cédé au canton de Basic le district de Birseck , détaché de l'ancien Evéché de Basle.

Les Baslois ont de grands rapports avec leurs voisins de la Souabe et de la haute Alsace : les femmes de la ville de Basle ont été de tout temps renommées pour leur aimable figure. « N'oublions pas, disoit » Daniel -l'Hermite, il y a plus de deux siècles, la » beauté et les grâces des Basloises ; il est sans )> exemple que sur une population aussi nombreuse » il y ait si peu de femmes laides. » Et plus loin, il ajoute : « Les plus magnifiques des dames suisses » sont les Basloises qui n'ignorent pas combien la » toilette ajoute à leurs grâces naturelles ; à ce » double égard elles ont le pas sur toutes les autres i) femmes de la Suisse (1). »

Les ordonnances somptuaires de Basle, qui étoient encore en vigueur à une époque peu reculée contenoient diverses sanctions assez remarquables ; le dimanche, tout le monde devoit être habillé de noir pour se rendre à l'église. Il n'éloit pas permis aux femmes de se faire coiffer par des hommes. Aucun habitant ne pouvoit faire monter des laquais derrière sa voiture dans l'intérieur de la ville. La danse étoit prohibée dans la ville , et chaque contrevenant à celte prohibition étoit puni par une amende de 10 gouldes 011 florins ; mais elle étoit permise dans 1rs faubourgs En 1 777 , il n'étoil pas encore permis aux voitures de cheminer dans les rues après

(1) Vojez Conservateur suisse , loin. 7.

dix heures du soir, en sorte que les femmes qui s'é lofent fatiguées et échauffées au bal pendant la nuit , dans des maisons souvent très - éloignées de leur domicile, étoient cependant obligées d'en revenir à pied. Personne ne pouvoit atteler quatre chevaux à sa voiture , s'il n'alioit pas à plus de trois lieues de distance de la ville.

Une singularité qui étoit particulière à la ville de Basle, et dont l'origine se perd dans le moyen âge, c'est que les horloges sonnoient les heures une heure plus tôt que dans tout le reste de l'Europe. En 1778, on changea cet usage; mais les habitans témoignèrent tant de mécontentement, que le conseil souverain fut obligé de le rétablir l'année suivante : il l'a aboli de nouveau à la fin du i8.e siècle.

§ 6. Constitution politique , Revenus de VÉtat.

Le canton de Basle se divise en six districts , savoir , la ville de Basle, le district de Valdenbourg , le district de Sissach , le district de Liestall, le district inférieur et le district de Birseck.

Les cinq districts de la campagne sont divisés en 34 tribus et la ville en i5.

La souveraineté du canton réside dans un gfand conseil, qui est composé de i5o membres, et qui s'assemble régulièrement tous les deux mois, le premier lundi du mois. Pour former ce conseil, chaque tribu de la ville en nomme deux membres , appelés membres directs , et chaque tribu de la campagne en nomme un ; les autres membres sont nommés par le grand conseil lui-même, sur une présentation en nombre triple, faite par un collège composé de cinq membres du petit conseil et de dix membres du grand conseil ; les deux tiers de ces membres doivent être pris parmi les bourgeois de la ville et Vautre tiers parmi les bourgeois de la campagne.

Pour être éligible au grand conseil, il faut posséder une bourgeoisie dans le canton, avoir accompli vingt-quatre ans, n'occuper aucune place comptable , et posséder des immeubles ou des créances hypothécaires de la valeur de 5ooo livres au moins.

Un petit conseil } composé de 25 membres du grand conseil, dont quatre au moins sont tirés des districts de la campagne, est chargé du pouvoir exécutif; il propose au grand conseil les lois qu'il juge nécessaires, et décide en dernier ressort sur le contentieux administratif.

Deux bourgmestres, nommés par le grand conseil et choisis parmi les membres du petit conseil, président alternativement pendant une année le grand et le petit conseil.

Un tribunal d'appel , présidé par le bourgmestre qui n'est pas en charge , et se composant en outre de 12 membres nommés par le grand conseil et pris dans son sein, juge en dernière instance les procès civils et criminels.

Les principales sources des revenus publics sont les douanes, le commerce du sel, le produit des domaines, celui de la poste, les impôts sur les denrées, etc. ; les revenus des anciens couvens et des fondations ecclésiastiques ont été affectés pour la plupart aux établissemens de charité et d'instruction publique.

§ 7. Industrie , Commerce , Poids et Mesures.

Le nombre des manufacturiers , dans le canton de Basle , s'élevoit en 1790 à près de 4ooo , et l'on comptoitque le salaire payé aux fabricans de rubans par les marchands en gros de la ville de Basle s'élevoit à 5 00,000 florins par année; les principales manufactures du canton étoient et sont encore celles de soieries, et en particulier celles de rubans, dont on exportoit pour plus de 3 millions de florins par année , et celles d'étoffes de coton et de laine, outre un grand nombre de tanneries, de papeteries, d'imprimeries et d'ateliers de teinture , d'orfèvrerie , de gravure , etc ; les papiers fabriqués à Basle sont renommés pour leur blancheur et pour leur force.

Basle étant situé sur le Rhin et vers les frontières de la France , de l'Allemagne et de la Suisse , est devenue l'entrepôt d'un grand commerce de transit et d'expédition; en 1788, on comptait dans la ville

24 maisons de banque , de commission , de spéculation ou d'expédition , 6 maisons qui commercoient en laines , 77 en épiceries et en drogueries, 3o en mouchoirs et en étoffes de laine, 17 en mousselines et en toiles de coton , de chanvre ou de lin , soit de la Suisse, soit des Indes orientales, 10 en instruirons de fer ou de cuivre ou d autres métaux, 1 1 ea objets de modes , soit eu étoffes , soit en ciincaillerie , 6 en fayance et en porcelaine , 8 en parfumerie, 22 en rubans de soie, 6 en soieries proprement dites, 6 en indiennes tirées des manufactures du pays , 8 en librairie et en imprimerie, et tout cela, sans compter les manufactures et fabriques. On peut juger, d'après cet état., de l'importance du commerce de Basle. L'im porta', ion des marchandises étrangères diminue sensiblement les bénéfices que le commerce procure aux Baslois ; cependant la balance de ce commerce est toujours fort à l'avantage de ce peuple actif et industrieux. 11 résulte de ce qu'on vient de lire , que les fortunes des Baslois sont en général considérables; eu 1795 , on comptoit dans la seule ville de Basle plus de 200 maisons qui possédoient chacune un capital d'au moins 100,000 florins ; une demoiselle avec une dot de 20,000 florins ne trouvoit pas facilement à s'y marier. Au commencement du io,.e siècle, on comptoit dans le canton , sur un espace "de 7 milles carrés, plus de 60 paroisses dont le terrain valoit au-delà de 18 millions de francs, et étoit peuplé de 21,000 habitans, dont 1000 avoient plus de 3ooo, et 25 o plus de 10,000 francs de propriétés ; on assignoit ce bien-être à l'industrie qui régnoit dans le pays, et en particulier à la fabrique de rubans de soie, qui occupoit au-delà de s>4oo métiers , et qui répandoit annuellement 800,0000 francs dans la campagne , pour prix du travail des ouvriers.

Les poids de Basle sont les mêmes que ceux de Paris ; la livre est de 16 onces. La mesure des graines est le sac , qui équivaut à 6 quarts et demi de Zurich ; la mesure des vins est le saum ou uiuid, qui se divise en Zclims et l'ohm a 2522 pouces cubes de Paris. Le

pied de Basle est plus polit nue celui de Paris, il en faut 61 pour égaler 56 pieds de Paris. L'auue de Basle a 23o, lignes françoises.

$ 8. Etat des arts et des sciences , de V instruction publique et de l'Eglise*

L'akciennje réputation de Basle , sous le rapport des lettres et des sciences, subsiste encore en partie, mais elle n'est plus soutenue , comme elle devroit l'être > par les travaux des Baslois modernes ; les beaux éiablissemens d'éducation fondés par leurs ancêtres ont disparu ou ne sont plus entretenus comme ils l'étaient jadis, cependant on trouve encore , dans un grand nombre de maisons, de belles bibliothèques et des amateurs des sciences. L'université , qui existe encore, fut fondée en i45[), à la demande des magistrats, par le pape Pie H; Tévèque de Basle en fit l'année suivante la consécration et l'ouverture ; après la réformation , on lui donna des professeurs protestant , et on nomma trois membres du petit conseil , sous le nom de députés, pour l'inspecter; ces députés ne siègent point dans le conseil académique, mais ils participent a l'élection des professeurs et du recteur. Celui-ci est renouvelé chaque année, et est choisi parmi les professeurs des 4 facultés. La bibliothèque de l'université est pauvre en livres nouveaux , mais riche en anciennes éditions et en manuscrits grecs ; on y remarque 12 volumes originaux des actes du célèbre concile de Basle , quelques volumes de lettres des premiers réformateurs et des sa v a ns des i5.e, i6.e et i7-e siècles, et entr'autres d'Erasme , une collection de 12,000 monnoies romaines, d'autres monnoies et médailles anciennes et d'antiquités , surtout de celles qui ont été découvertes à Augst, un cabinet d'histoire naturelle, plusieurs gravures des meilleurs artistes , les tableaux les plus remarquables de Holbein , et entr'autres l'histoire de la passion de Jésus-Christ , en 8 tableaux sur bois , etc.

STATISTIQUE DE LA. SUISSE. 55g

Le jardin botanique occupe une place assez considérable , el est accompagné d'une riche bibliothèque botanique.

Basle connoissoit l'imprimerie avant i48o, mais les beaux temps de son université sont un peu postérieurs, et appartiennent au moment où les Erasme, les Holbein, les Yerenfels, les Zuiuger , les Fia ter , les Vursteisen , les Oporin, les Zazius , les Bauhin , les Buxtorf, les Vettslein , les Faesch , et pius tard, les Iselin , les Stelieiin , les Jacob , Jean et Daniel Bernouilli et les Euler illustrèrent leur patrie dans toute l'Europe. En i46o , l'université comptoit 220 étudia ns ; dès-lors ce nombre s'est réduit de plus des quaire cinquièmes. Basle possède plusieurs écoles inférieures et un collège composé de 6 classes , dont l'on sort pour entrer dans l'académie si Ton se voue à la carrière des études.

Outre la bibliothèque publique , on compte dans Basle plusieurs bibliothèques particulières et de beaux cabinets d'antiquités, de monnoies, d'histoire naturelle, de gravures et de tableaux ; le goût baslois pour cette dernière partie est surtout dominant.

J^a réformation fut introduite à Basle par Œcolampade , et fut admise en 1627 dans tout le canton ; le chef du clergé porte le titre iïantistes et est en même-temps premier prédicateur de l'église cathédrale de Basle; le clergé des campagnes est partagé en 3 chapitres qui se réunissent rarement , mais il se fait toutes les années des réunions de chaque chapitre en particulier.

Les anabaptistes élevèrent dans le i6.e siècle de sérieuses discussions dans le canton , et y occasionnèrent des troubles qui firent répandre beaucoup de sang, mais enfin ils furent domptés; les hernhutes ont suivi de toutaulres principes et se sont mu hi plies ; leur conduite est modérée, douce et tranquille ; ils ont leur culte , leurs assemblées et leurs chefs particuliers, mais ils ne négligent point pour cela le culte réformé, et ils sont protégés par l'état; leur manière d'être simple et modeste iuilue sur l'extérieur général de la bourgeoisie.

§ 9. Cartes de géograph ie > Ouvrages à consulter.

Une bonne carie du canton de Basle est celle de Daniel Bruckner , publiée en 1 766 ; dès-lors il en a paru quelques autres ; celle qui est jointe à l'aimanach helvétique pour l'année i8i3 , mérite d'èLre distinguée. On peut consulter les ouvrages suivans sur l'histoire et la statistique du canton:

Ocks , G esc hic h te , etc., ou Histoire de la ville et du

canton de Basle.

Bern. Herzog , professeur de théologie, JtJienœ rauricœ , sive catalogus projessorum academiœ basileensis ab a.° i46o ad 1778 , cum brevi singulorum biograpliiâ ; Basle 1778, 2 vol. 8.Q.

Jselin, J. Veber die entvolkerung , etc., ou Essai sur

la dépopulation de la ville de Basic, 8.°, 1767. Bauhin , Gasp Catalogus plantarum circa Basileam

sponte nascentium ; Basileœ , 1622.

Brachner's Merhw , etc. , ou curiosités de la ville

et du canton de Basle , par Bruckner.

Lulz , pasteur à Laufeifingen , Neue Merktviirdigkeiten etc. , ou INouveau Mémoire sur le canton de Basle ; Basle i8o5 , 2 vol. 8.g. Almanach helvétique pour l'année 1 8 1 3. Morel , Ch. - Ferd. Abrégé de l'histoire et de la statistique de l'Evêché de Basle j Strasbourg , 18 13, 1 vol. 8.°

§ 10. Description particulière de quelcpies parties du Canton,

Lt: canton de Basle renferme plusieurs vallées et plusieurs sites intéressaus , ou peut tous les parcourir à pied en une dizaine de jours ; l'antiquaire n'oubliera pas surtout les ruines de l'ancienne capitale du p. >s, de cette ylugusta Rauracorum , dont on retrouve les traces à Augst, village situé à 2 lieues de Basle, sur les bords du Rhin; l'enceinte de cette ville éioit d'une forte lieue , et son théâtre pouvoit

contenir 12,000 spectateurs; ries la fin du 4.e siècle ? la ville de Basle qui prenoitde rapides accroissemens, commença à être sa rivale et à nuire à sa réputation; elle fut détruite par les Huns , dans le 5.° siècle. En i58o , on y voyoit encore beaucoup de ruines qui ont été décrites par Amerbacli ; mais dès-lors elles ont en partie disparu ; nous en avons parlé à la 117/' page de cet ouvrage.

Basle est situé au 470, 33' , 36" de latitude septentrionale; son église cathédrale, dont le clocher a 25o pieds de hauteur, a été bâtie en 1019 ; on voit dans l'intérieur des peintures de Holhein. Outre les divers étabîissemens qui existent à Basle et dont nous avons déjà parlé, on doit remarquer l'Hôtel- de- "Ville ,. dans la cour duquel existe une statue de Munatius Plancus , fondateur tV ' Augusta Raiiracorum , l'arsenal où l'on trouve une armure de Charles-le- Téméraire , etc. Une danse des morts, peinture faite par J. Klauher , d'après les ordres du concile de Basle , au mo. tient de la peste qui ravageoit celle ville, jouissoit autrefois d'une assez grande réputation ; elle étoit sur les murs du cimetière des dominicains qui ont été détruits en i8o5; on a gravé sur ce même sujet 44 dessins à la plume , qui sont dus au célèbre Holhein. Les promenades de Basle sont la place de Saint-Pierre , celle delà cathédrale, les remparts et le pont du Rhin, qui a 280 pieds de longueur. Il existe dans les environs de la ville de belles positions et de charmans points de vue. Riehen , village grand et bien bâti , près des frontières du granù-duché de Bade, est connu parla fertilité de ses campagnes ; le petit Huningue , village placé vis-à-vis l'ancienne forteresse de ce nom , a beaucoup souffert dans la guerre de 1 8 1 5. Arlesheim , cheflieu du district de Birseck , est un petit bourg placé dans un beau paysage et au centre d'une riche vallée; il sèrvoit autrefois de résidence au haut chapitre de l'Evèehé de Basle ; la petite ville de Liestall, sur FErgellz , est située à l'entrée de plusieurs belles vallées ; ses habilans sont industrieux et ont des fabriques de fer, de laiton, de papier et de gants )

"Valdenbourg , petite ville , dans une position sauvage , au pied de l'Oberhauenstein sur la Frenke , est élevée de 223o pieds, au-dessus de la mer; Sissach, qui a donné autrefois son nom à la petite province du Sissgau est un bourg bien bâti , environné d'un district fertile et enrichi par trois grandes foires annuelles. St. -Jacob, au bord de la Birse, à demi-lieue de Basle , rappelle le sanglant combat de l'année i444 , qui se livra dans cet endroit entre les confédérés suisses et une armée françoise, combat dans lequel presque tous les Suisses succombèrent après s'être battus comme des héros. La vallée de l'Ergeltz ou Ergoltz , a 4 à 5 lieues de longueur , elle s'ouvre vers Liestall et se termine au Mont-Schafmalt que l'on traverse lorsqu'on veut se rendre à Arau , et du sommet duquel on jouit d'une vue très-étendue -, cette vallée est belle et peuplée , ricbe en prairies et eu arbres fruitiers; on y voit sur une bauteur qui domine tous les alentours , le vaste château de Farnsbourg , qui est bien connu dans l'histoire de la Suisse et qui fut brûlé par les paysans du canton de Basle , en 1798.

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