CANTON DE THURGO VIE
§ ie Situation j Etendue, Climat , Population*
Ije canton de Thurgovie est borné à l'est par le lac de Constance, au midi par le canton de Saint-Galî . à l'ouest par celui de Zurich, et au nord par le lac de Constance , le Zellersée, le Rhin , l'Allemagne et le canton de SchafFhouse. L'ancienne Thurgovie étoit beaucoup plus étendue que le canton du même nom ; elle coraprenoit toute la partie orientale et septentrionale de l'Helvétie , jusqu'à la Reuss, ou environ un quart de ce pays; en sorte que la Thurgovie actuelle n'est guères que la sixième partie de l'ancienne. Sa surface est de 4i lieues carrées et 65 1 millièmes ou environ 277,000 arpens du pays ; sa plus grande longueur est de il lieues , et sa plus grande largeur de cinq lieues et demi ; sa température est plus douce que celle du canton de Saiut- Gall, parce qu'elle n'a pas de hautes montagnes ; l'air est sain dans tout le canton excepté dans quelques parties marécageuses qui avoisinent le lac de Constance.
Le canton de Thurgovie est très-peuplé à proportion de sa surface ; en 1792 , le nombre des réformés se montoit à 56,700 ; d'après un recensement fait en 1808 la population s'élevoit à 76,671 ames , dont 59,750 réformés et 16,921 catholiques ; en 1810 elle étoit de 77,628 ames , dont 60,170 réformés, en 181 4 la Diète a estimé la population du canton à 76,000 ames , ce qui porte à 1827 le nombre des habUans dé chaque lieue cariée ; enfin, un recensement lait en 1817 , a montré que la population du
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canton étoit de 78, 533 habitans , dont 61,117 réformés et 17,416 catholiques ; le nombre des naissances avoit été dans l'année de 2,9*0 , celui des morts de 2,458, et celui des mariages de 55<).
§ 2. Nature du sol.
Le canton n'est pas montagneux et cependant il est loin de présenter un aspect uniforme ; partout on rencontre de petites vallées , séparées par des collines qui s'élèvent à mesure que Ton s'avance vers le midi • du coté du Tockembourg ou elles sont îe pius élevées, elles ne dépassent pas 25oo pieds audessus du lac de Couslance ; il résulte de ce grand nombre de collines une foule de vues champêtres et agréables Le sol est fertile et peut être comparé à celui de l'Àrgovie et aux meilleurs terrains de la Suisse; la partie méridionale du canton est riche en bestiaux et en belles forêts ; la vigne croit sur la plupart des collines, et le blé donne des produits abonda ns ; la haute Thurgovie est surtout un pays dîme fertilité extraordinaire , on y fait deux récoltes de lin par année sur un seul et même champ, et après la seconde année , on sème encore du seigle ou quelque autre gramînée ; une forêt de poiriers et de pommiers , la plus magnifique qu'il y ait dans la Suisse , couvre ce beau pays sur une étendue de plusieurs lieues; on y trouve des arbres dont chacun rapporte de 60 à 100 boisseaux de fruits par année*
§ 5. Rivières et Lacs.
Parmi les rivières du canton , la principale est la Thur , qui lui a donné son nom ; elle a sa source dans le canton de Saint -Gail , reçoit la Sitter à Bischoffzell , puis la Murg près de Frauenfeld et se jette enfin dans le Rhin, dans la partie septentrionale du canton de Zurich ; elle s'enfle quelquefois considérablement au moment de la fonte des neiges des montagnes du Tockembourg et d'Appenzell jeu hiver^
44o STATISTIQUE DE LA SUISSE.
au contraire , et pendant les longues sécheresses ses eaux sont basses 9 ensorte qu'alors elle n'est pas navigable.
La Mur g prend sa source près des ruines de l'ancien château de Tockembourg et reçoit plusieurs petites rivières avant de se jeter dans la Thur. La SiUer, après avoir traversé les cantons d'Appenzelî et de Saint- Gall , achève son cours dans celui de Thurgoviea mais elle n'en arrose qu'une très-petite portion. Le Rhin sert de limites au canton pendant cinq ou six lieues -, depuis sa sortie du lac de Constance jusque près de Schaffouse.
Parmi leslaes du canton il faut remarquer, outre celui de Constance , ceux de Bichel , $ Huit vile r , et de Haarviler ou à' } Huttlrnger , qui sont situés vers la frontière du canton de Zurich et tous fort petits , mais poissonneux. INous avons déjà parlé du lac de Constance, dont les bords dans le canton de TfautC govie offrent une variété inépuisable de sites pittoresques : le Zellersée esl la partie de ce lac qui sépare la Thurgovie de la Souabe, elle renferme l'île et le célèbre couvent de Reichenau qui en font le plus tel ornement. Ce couvent a été pendant le moyeu âge l'un des plus riches de l'Allemagne et de l'Europe,
§ 4. Produits du pays.
Les Thurgoviens s'occupent plus d'agriculture que du soin des troupeaux ; leurs bêtes à corne sont d'une petite espèce ; ils élèvent peu d'autres bestiaux. Au milieu de 1 7 -e siècle ? on trouvoit encore dans la Thurgovie des loups, de^s ours et des sangliers, mais depuis long-temps ces animaux ont disparu du pays. La Thur abonde en poissons et surtout en saumons qui se jettent dans cette rivière parce qu'ils ne peuvent pas remonter dans le lac de Constance à cause de la chute du Rhin près de Schaffouse.
Le blé, l'avoine, le vin , les fruits, le chanvre et le lin , sont les principaux objets de la culture du canton; le lin et le chanvre sont mis en oeuvre dans le pays même. Divers particuliers et le couven
de Kreuzlingen s'occupent depuis une douzaine d'années à introduire dans leurs domaines les améliorations que l'agriculture doit à M. de Fellenberg.
Le canton est situé presque en entier dans la formation de grès et de marne ; on y a trouvé près de Frauenfeld une mine de charbon de pierre , dont le Filon a demi-pied d'épaisseur ; il existe des tourbières dans plusieurs parties du canton.
§ 5. Histoire*
Dès le 5.e siècle la Thurgovie, appelée aussi le Thurgau,aeu des comtes particuliers, qui relevoient des ducsd'AlIemanie; elle passa ensuite dans la maison de Zœringen, puis dans celle des comtes de Ky bourg ; en 1264, elle tomba entre les mains des comtes de Hapsbourg ; en i46o , les anciens cantons en firent la conquête sur les ducs d'Autriche , et l'empereur Maximilien leur en abandonna la souveraineté en a^99 il) '•> dès-lors, elle a été gouvernée par des baillis , tirés alternativement des cantons ses souverains , jusqu'en 1798, où elle a été érigée en un canton particulier. Le sort des Thurgoviens éloitfort triste sous ces baillis , qui les gouvernoient pour la plupart arbitrairement et avec une extrême rapacité ; plusieurs de ces baillis payoient jusqu'à dix mille florins pour acheter leur préfecture, qui ne duroit que deux ans , et ils cherchoient à se dédommager de cette dépense par toutes sortes de vexations ; il faut remarquer cependant que l'abus de la vénalité des bailliages n'avoit pas lieu dans les cantons aristocratiques, et aussi les habitansdu pays se, félicitoientils d'avance quand c'éloit le tour à l'un de ces cantons de leur envoyer un bailli. Les seigneurs du pays qui avoient un grand nombre de serfs et de mainmortables, et qui exerçoient leurs droits, soit par eux-mêmes, soit par leur intendans , se permetloient
(1) Depuis 1712 les sept plus anciens cantons admirent Beivne au parla&e de leur souveraineté.
de leur côté une foule de vexations. Les réformés , qui forment maintenant près des quatre cinquièmes delà population , ont eu pendant long - temps à souffrir de la part des baillis catholiques et des couvens du pavs , et ce système d'oppression n'a cessé que depuis la guerre civile de 1712, dans laquelle les cantons protestans eurent le dessus ; dès lors la concorde et ia tolérance ont reparu et Ton trouve beaucoup de villages dans le canton où les cultes protestant et catholique se célèbrent tour-à-tour dans une seuls et même église*
§ 6, Constitution politique , Revenus de VÊtat*
Le canton est divisé en 8 districts et en 32 cercles; les cercles se divisent en communes \ la ville de Frauenfeld est le chef-lieu du canton.
Tous les bourgeois du canton sont admis à exercer leurs droits politiques dans les assemblées coraîtittmaîes et de cercle s'ils ont atteint l'âge de majorité , s'ils paient l'impôt d'une propriété valant au moins soo florins et s'ils ne sont ni flétris par un jugement , ni faillis, ni interdits, ni assistés.
On acquiert le droit de cité cantonal par un décret du grand conseil, mais il faut en même temps avon: une bourgeoisie dans le canton.
Un grand conseil de cent membres exerce le pou«* voir souverain , il s'assemble ordinairement deux fois par an , dans les mois de janvier et de juin ; la durée de ses séances est de i5 jours ; le petit conseil peut les prolonger , ou en ordonner d'extraordinaires; dans les cas urgens, le grand conseil exerce le droit de grâce j il est présidé parle landamann en charge; il se compose : i.° de 32 membres nommés directement par les 32 cercles ; 2.0 de 32 autres membres nommés par un collège électoral , composé des membres du petit conseil, de neuf membres du tribunal d'appel, de neuf membres du grand conseil désignés par le sort , et de 16 des plus riches propriétaires non ecclésiastiques du canton; 3.° enfin 5 de 36 membres nommés par le grand conseil lui-
STATISTIQUE DE LA SUISSE. 445 même et dont 24 doivent être pris parmi des candidats élus par les cercles.
anî/°nM>êire aU §,and conseil il fa«t avoir
atteint lage de 25 ans et payer l'impôt d'une propriété valant au moins 3o«o florins , ou même 5ooo lorsqu il sagu d'être nommé candidat par les cercles
Les membres du grand conseil restent huit ans en charge et sont renouvelés par moitié tous les quatre SisSel UOnS S°ntS-tuiles; sont toujours
Un petit conseil de 9 membres est la première autorité executive et administrative du canton ; il a l'initiative des lois, et propose les décrets d'impôts; il est nomme par le grand conseil, dont il fait partie, et il est pris dans son sein : ses membres sont élus pour neuf ans; leur renouvellement se fait par tiers tous les trois ans ; ils sont toujours rééligibles.
Deux landammanns président alternativement de six en six mois le petit et le grand conseil ; à leur défaut, estatthalter les remplace : toîis les trois sont élus, par le grand conseil , parmi les membres du petit conseil • le renouvellement de ces élections a lieu chaque année. *
Chaque commune a un conseil de commune, compose dun syndic et de quatre conseillers au moins, qui sont nommés, par l'assemblée des citoyens actifs, parmi ceux de ses membres qui paient l'impôt d'une" propriété d'au moins 5 00 florins; ces conseillers restent trois ans en charge , et sont renouvelés par tiers chaque année. 1
Un bailli est l'agent du gouvernement dans chaque cercle; il est choisi parmi les citoyens du cercle qui paient l'impôt d'une propriété d'au moins 1000 florins. Un tribunal, appelé tribunal de cercle , juge les causes civiles les moins importantes et les causes de police.
Un grand bailli, ou préfet, est l'agent du gouvernement dans chaque district; il doit avoir vingt-cinq ans au moins , et payer l'impôt d'une propriété de 2000 florins. Un tribunal de district, compose du préfet et de six juges, qui sont nommés par le petit conseil sur une triple proposition du tribunal (ftp-
pel , juge en première instance les affaires civiles et correctionnelles ; les juges du tribunal de district doivent payer l'impôt d'une propriété d'au moins i5oo florins.
La justice criminelle est confiée en première instance à un tribunal criminel. Toutes les couses civiles el criminelles sont jugées en dernière instance par un tribunal d'appel, qui est nommé par le grand conseil. Pour être éligible à ce tribunal , il faut avoir atteint l'âge de vingt-cinq ans, payer l'impôt d'une propriété d'au moins 3ooo florins, et avoir rempli antérieurement une place judiciaire , ou avoir été membre d une autorité supérieure ou être jurisconsulte.
Le libre exercice des cultes réformé et catholique est garanti par la constitution. Vingt-cinq au moins des membres du grand conseil doivent être catholiques ; les deux tiers des membres du petit conseil doivent être réformés . et un tiers catholiques ; le président alterne entre les membres des deux confessions.
Les revenus de l'état proviennent de la vente du sel,' de quelques impôts indirects et d'une taxe sur
les fortunes.
§ 7. Industrie , Commerce , Poids et Mesures»
L? agriculture forme la principale industrie du canton; cependant les manufactures occupent aussi beaucoup de bras : on fabrique des toiles de lin et de coton, et des mousselines. Les fabriques de toiles commencèrent à s'introduire dans le canton dès la fini du i3.e siècle , et elles en sont venues à fournir au commerce des toiles d'une finesse et d'une beauté remarquables; elles ont beaucoup souffert, dans ces dernières années, par les mêmes causes qui ont influé sur le sort des fabriques des cantons voisins. Frauenfeld possède une manufacture de soieries : les principales places de fabriques du canton sont Bi~ schofzell, Hauptvil , Islikon et Arbon.
On emploie dans le canton deux espèces de poids ?
STATISTIQUE DE TA 8XJT8SE. 445 savoir la livre de 20 onces et la livre de 1^ mices. Quant aux mesures, elles varient beaucoup solvant les villes et les districts.
§ 8- État de VEgliseetde V Instruction publique } Hommes célèbres.
Les catholiques du canton relèvent sous le rapport spirituel du vicaire général apostolique de Munster; ils ont des chapitres, des abbayes ou des couverts , à Bischofszell , à Fiscbingen , à Kreuzlingen, à htingen, àFrauenfeïd, àDaniken, à Kalchern, à Feldbach, à Munsterlingen, à Gatharinethal et à Pa radies.
Le clergé réformé est divisé en trois chapitres, savoir, ceux de Stekborn , de Frauenfeld et tlu haut Thurgau, qui ont chacun leur doyen. Le président du clergé réformé du canton a le litre à'antisL $i et celui du clergé catholique est appelé commissaire» Un seul consistoire régit tout le canton ; iî se compose de deux membres du gouvernement, l'un protestant et l'autre catholique , qui alternent annuellement dans la présidence, de six laïques et de six ecclésiastiques réformés, et d'autant de laïques et d'ecclésiastiques catholiques.
Une commission, créée en 1869, s'occupe du ; fectionnement de l'agriculture. Les écoles el les autres établissemens d'instruction publique sont sous la surveillance d'une commission dont les membres sont en partie réformés et en partie catholiques. On ne s'occupe guères dans le canton que de l'éducation primaire.
Melchior Goldast de Haimenfeld, célèbre jurisconsulte du 17.3 siècle, étoit né à Bischoi'/.el I ; pu B plusieurs éditions de sou grand ouvrage intitulé i lemannicarum rerum scriptores. Ulrich Hugvalcl Mutl {Mucius), né en i4cjf5 près de Bischofa il ; prof ssq avec distinction la philosophie à Basle, ou il mourut en 1571 s il est auteur d'un ouvrage estimé sur i origine des mœurs, des institutions, des lois et des révolutions de rAllemague.
§ 9. Cartes géographiques , Ouvrages à consulter.
La carte la plus complète du canton a été dressée par les frères iNoetzlin, à Zurich ; on en a des copies à Zurich et à Frauenfeld. L alraanach helvétique de l'année 1811 contient une statistique abrégée el une bonne carte de ce même canton.
$ 10. Description particulière du Canton.
Le canton de Thurgovie se distingue par le grand nombre de ses couvens et par celui de ses châteaux seigneuriaux , dont on compte 72 \ cette singularité tient au nombre presque prodigieux de moines et de seigneurs qui hahitoient autrefois le pays.
Frauenfeld, chef-iien du canton, est une petite ville située sur une hauteur auprès de la M tir g; elle doit à deux incendies, qui ont eu lieu en 1771 et 1788, d'avoir été rebâtie à neuf presque en entier : la plupart de ses habitans s'occupent d'agriculture. C'étoit dans cette ville que se réunîssoit autrefois la Diète de la confédération.
Les huit districts du canton sont ceux dWrbon, de Gottlieben , de Stekborn , de Diessenhofen , de Frauenfeld , de Veinfeld , de Tobel et de Bischofzell,
Arbon ( Arboffelix , du temps des Romains), esfc une petite ville industrieuse et commerçante, située au bord du lac de Constance : on y remarque des ruines romaines, et ses environs sont couverts d'une foret d'arbres fruitiers.
Komis horn , placé sur un promontoire entre Arbon et Constance, tire son nom d'un camp fortifié que les Romains avoient en cet endroit dans le 2. e siècle de l ère chrétienne ; on l'appeloit Cornu romanorum.
fjrotblîebeh est un petit bourg, à une lieue de Constance, avec un château bâti flans le moven âge par lVvcque de celle dernière ville.
Stekborn > petite ville située au bord du lac d'Un-
ST^TTSTIQVE DE Là ST ISSr. L t
tersée ou de Zellersée, appartenait autrefois i anc famille noble du même nom; elle n'est pas él du couvent de Feldbacb. On trouve clans le dis! ri- t de Stekborn Pfyn, l'ancien Castrum ad fines Rh<*. torum des Romains ; ce village est situé au bord de la Thur, à une lieue et quart de Frauenfeld : on y trouve des restes de mon u mens romains.
Diessenhofen passe pour la principale ville du canton; elle est bien bâtie au bord du Rhin ; elle n'a qu'une seule église pour les catholiques et 1rs réformés] les couvens de Paradies et de Catlierinelbal sont si tués dans ses environs.
Tslikon , place de manufacture, est située dans le district et dans le cercle de Frauenfeld.
Feinfeld est un bourg avec un château ; il renferme beaucoup d'agriculteurs et de vignerons, et en outre des artisans et des négocians.
Tobel est un village catholique avec une coranianderie de l'ordre de St. Jean, qui fut fondée en 1228, et qui devint ensuite la commander te la [dus riche de la Suisse.
Bischofzell est une ville de fabriques. On y voit sur la Thur un pont solidement construit en pierres de taille, qui a huit arches et5 to pas de longueur ; l'origine de ce pont mérite d'être rapporter. Une dame noble, qui vivoit dans le moyen âge, et dont le nom est perdu, avoit deux Gis, les derniers de leur race, qui se noyèrent en cet endroit en voulant traverser la rivière; elle fut inconsolable de leur perle, et lit construire ce pont, afin, dit-elle, qu'aucune autre mère n'eût à l'avenir une affliction semblable n la sienne. On trouve dans le district de Bischofzell Hauptvil, bourg situé vers les frontières du canton de Saint-Gall; il appartient tout entier à la famille Gonzenbach; qui y a établi des manufactures considérables.