CANTON DE GENÈVE
§ l. Situation , Etendue , Armoiries, Climat > Population.
liE canton de Genève est situé dans la partie méridionale et occidentale de la Suisse; il se compose de l'ancien territoire de la république de Genève et de diverses communes détachées de la Savoye et du pays de Gex ; il est borné au nord par le canton de Vaud et par la France, à l'occident par la France, au midi et à l'orient par la Savoye, sa surface est de 12 lieues carrées et 3Go millièmes , et ainsi, à l'exception du canton de Zug , il est le plus petit des cantons de la Suisse; sa pins grande longueur est de 5^ lieues , et sa plus grande largeur de 2~.
Les armoiries de Genève, que la ville possède dès un temps très-réculé , consistent dans une clef et un aigle, avec cette devise: Post tenebras lux ; l'aigle indiquoit que Genève étoit une ville impériale , et l'on croit que la clef lui a été ajoutée par le pape Martin V.
Le climat du canton est sain et tempéré; dans les plus grondes chaleurs le thermomètre monte à 26 ou 27 degrés; dans les plus grands froids il descend a i5 ou même 18 degrés au-dessous de o.
La population de la république de Genève, dans le temps le plus florissant de ce petit état, c'est-àdire en 1789, étoit d'environ 35 mille ames, sur quoi la \ille enlroil pour les trois quarts; maintenant le canton entier, d'après le tableau admis par la Diète helvétique, renferme 44ooo habilans, ce qui fait 35 8 ames par lieue carrée; ainsi de tous les cantons de la Suisse, celui de Genève est celui qui
STATISTIQUE DE LA srissr. ,^
a la plus grande population, proportion gardée b soa eiendue. A u commencement du i5.« .iècle i! ville de Genève reofermoil 1298 fi ui ou I mi Iléon env.ron 10,000 âmes; elle demeura danacetéut jusqi.au moment de la réformaiioo ; mail alors le nombre de ses habiians s'accrut ra pi lem< rit - 1 émigration des prêtres et de leurra voit a 20,000 en .55o, année où I, conseil lut oh! d ouvrir un nouveau temple à l'aflluence du pulilicla peste, qui désola Genève en 1568, h da u I ! années suivantes, le diminua considérablement, et le réduisit à i5,GOO; il étoil de i8,5oo en ru', el dèslors il s'est accru progressivement jusqu'en 1 où il parvint à son maximum, et où il rut de 26,1 io noa compris les étrangers 5 les malheurs, <j: i onl accompagné la révolution Françoise, L, langm ur «lu commerce, et la stagnation de divers genres d'industrie , ont diminue dès-lois la population de la ville qu'on n'évalue plus maintenant qi t 2J
mille aines.
§ 2. Nature du soL
Le canton deGenève est compris en 1 \ sste
bassin, entouré par les derniers chaînons des Alpes et par le Jura ; il constitue l'eilrémil rn< ridionale de ce bassin dont le î.«e de ci pe
le fond; son sol est varié par d< *^ coteaux dont | valion ne surpasse pas 4oo piedfi au dessus «lu h, du lac , et dont la direction est parallèle a I.» chaîne des Alpes; le coteau de Cologni , dont I» point culminant est à Bessinge , prend son origine pr«».i.s villages de Cboulex et de Vesenaz , et , s»« pmlnngeant parallèlement au lac, vient Former ls sur laquelle Genève est construite, puis celle de S. Jean et du bois de la Bâtie, toutes autrefois con« tigues entr'elles , maintenant séparées les ttnei autres par leRboneet parl'Arve, qui roubni «lam un lit profond, au milieu de rochers de poudingue grossier, de sable, et de gravier, don! Des 1 «dîmes sont composées j cette même chaîne de coLuuci
s'avançant vers le sud-ouest, forrae les coteaux de Bernex, de.Confignon, et de Cartigni. Parallèlement au coteau de Cologni, et du côté opposé du lac, s'étend le coteau dePregni ; plus à l'ouest, et toujours dans la même direction, on trouve les coteaux de Peney , de Chouilli, de Russîn, et de Dardagni. La roche, qui forme la base de tous ces coteaux et du sol entier de Genève, est un grès disposé par bancs peu inclinés à l'horison et composé d'un sable gris ou jaunâtre, lié par un ciment calcaire; ce grès, lorsqu'il est tendre, est connu dans le pays sous le nom de molasse, et est employé dans les bâtisses, lorsqu'on manque de grès dur. On a trouvé du charbon de pierre dans les coteaux de Dardagni et de Cologni, mais l'exploitation n'en a jamais été tenîée.
Diverses observations prouvent que le lac de Genève a recouvert autrefois toutes les terres qui l'environnent, et que ses limites, près de sa partie inférieure, ont été d'un côté le Jura, et de l'autre les montagnes de Salève et des Voirons, ainsi que celles de Sion et du Wuache; le passage de l'Ecluse étoit alors fermé, et le Wuache, ainsi que le Jura, ne formoient qu'une seule et même montagne; les eaux, à la suite de quelque grande catastrophe, ouvrirent le passage de l'Ecluse, établirent un courant violent de cécôté, et entraînèrent , pour les déposer ensuite, ces roches, ces blocs, et ces cailloux roulés que l'on retrouve en grande abondance, et souvent en couches de plusieurs toises d'épaisseur, sur les coteaux et dans les plaines du canton.
Le soî des environs de Genève est si bien cultivé, et le nombre de jolies maisons de campagne y a été tellement multiplié que le pays tout entier ressemble â un jardin et à un lieu destiné presque uniquement à la promenade et à l'agrément.
§ 5. Rivières et Lacs.
Le Rhône sort du lac à Genève et serpente ensuite, daus un cours de quatre lieues, daus Tinté-
rieur et sur les bords du canton ; ses eaux sont pures et transparentes, en sortant du lac, mais elles se troublent par leur mélange avec l'Arve, à un petit quart de lieue au-dessous de Genève; il n'y a dans le canton d'autres ponts sur le Rhône que ceux de Genève 3 mais il existe divers bacs sur lesquels on peut traverser ce fleuve.
L'Arve, ri\ ière considérable , qui prend sa source dans le haut Faucigny, achève son cours dans le canton ; et s'y promène sur une longueur d'une lieue et demie; les autres rivières du canton sont si petites qu'elles ne méritent guères que le titre de ruisseaux; les principales du côté du pays de Gex sont la A7ersoi et la London, et du côté de la Savoye l'Aire, le Laire, le Eoron et l'Ilermance ; ces trois dernières servent de limites au canton dans une grande partie de leur cours. Toutes les eaux du canton se rendent dans la Méditeranée par le Rhône.
Le lac de Genève est le seul lac du canton ; dans la partie, qui lui appartient, il présente une surface d'une lieue carrée et 352 millièmes; il est à peine large de demi lieue près de la ville, et n'a pas une lieue dans sa plus grande largeur mesurée dans le canton.
§ 4. Produits du pays»
Dès long-temps la plupart des bêtes féroces ont été bannies du canton, et rarement voit-on encore quelques loups et quelques sangliers y chercher leur pâture pendant 1 hiver; les renards, les lièvres, et les hérissons sont passablement communs. Le canton réunit une grande partie des oiseaux qui sont disséminés dans le reste de l'Europe ; car outre une grande variété d'espèces propres au climat, son lac est fréquenté par une multitude d'oiseaux aquatiques, et le voisinage des Alpes lui procure des génies d'oiseaux qui appartiennent à des latitudes très-septentrionales; la proximité des Alpes et du Jura fait que l'amateur d'ornithologie peut se procurer au marché de Genève presque tous les oiseaux de la
Suisse qui sont énumérés dans le catalogue de M.
Meissner.
Les plantes du canton ont été étudiées par une foule de botanistes; on les trouve décrites dans les flores de la Suisse et dans la flore françoise de Laniarck et de De Candolie.
Les terres du canton ne sont point naturellement fertiles, mais elles sont cultivées avec soin, et Ton profite pour les améliorer de toutes les ressources qu'offre une grande population -, des jardins fort étendus sont situés vers le confluent du E.hône et de l'Arve ; ce sont les terrains qui ont le plus de valeur dans le pays, et ils s'afferment communément cinq louis la pose ; ils fournissent à la ville une grande partie des légumes qui s'y consomment; ils ne craignent point la sécheresse , parce que leur position facilite en tout temps les arrosemens ; aussi les années de sécheresse sont-elles les années prospères pour les cultivateurs de ces jardins, parce qu'alors leurs légumes se vendent à des prix élevés, et que cependant ils en recueillent à-peu-près autant que dans les années pluvieuses.
On voit peu de prés arrosés dans les environs de Genève, mais beaucoup de prés secs qui s'afferment deux louis la pose, lorsqu'ils sont en bon état, et qu'on a soin de les tenir convenablement clos; le produit moyen d'un pré, qui n'est pas fumé, est au plus de 10 quintaux de foin par pose; celui des prés fumés est de plus du double ; on compte dans le canton 2i,5oo poses de prés ou vergers, chaque pose de 25,f>oo pieds de roi carrés, ce qui a i5 quintaux par pose fait 322, 5oo quintaux par an. Les prairies arificielles sont fort en usage dans le canton , où elles réussissent particulièrement dans les terres légères.
Les labours à la pèle sont usités près de Genève, surtout dans les petits fonds qui ne permettent pas au cultivateur d'entretenir une charrue; la pomme de terre remplace le blé dans un grand nombre de ménages de paysans; on compte dans le canton 4o mille poses de champs qui rendent environ 6o;ooo
STATISTIQUE DE LA M * l S S F. .
r,p,Lî si - 2
La valeur des terres varie Ecoup, suiva r nature, leur position, et la commune p ». u
une fouie de Genevois aisés passent la belle *iJ son a a campagne, en sorte que 1rs bc -II. ts Ouations donnent aux propriétés foncières une valeur qui na aucun rapport a,ec leur revenu; ce revenu est en gênerai lo.ble; ou estime quecelui les près est double de celui des eh des vignes est plus que triple.
En 1799, des moutons mérinos ont , ,!LM|, dans les environs de Genève, et agriculteurs en ont formé des troupeaux, e| même contribué à répandre dans toute précieux animaux.
Le prix moyen du fourage pics de Genève es4 de deux francs le quintal, poids de 18 onc< rii est trop haut pour que le eultivateui < lève lui-n ! me les bestiaux dont il a besoin; mais il II avantageux de les acheter (Unis la foi de les (aire venir des parties voisines d< la Savoy* et de la France , ou de la Suisse. En 1817 dans la partie rurale du canton de Genève a64o propriétaires, i545 bœufs. . > > io37 chevaux, et 83,8o5 poses de terrain en
On compte 46oo poses de vign< hutins dans le canton ; le produit moyen de eee vignes et hutins e*t de 6000 chars de vin par in, soit de 4,4oo,ooo bouteilles ordinaires. Les toina, que les Genevois donnent à la culture de la vigne, ne sont ni si grands ni si bien entendus que dans les vignobles du canton de Vaud; ment les anciennes vignes pour U > repl mlei Contentent presque toujours de les provigner; l< vins sont d'une qualité médiocre* el aussi 1 importation des vins étrangers, et surtout celle des nuis de France, est-elle considérable.
Les ouvriers de terre se rassemblent le dimanche matin dans la place du Molard a Genève; ils J
Tiennent souvent de plusieurs lieues de dislance, et apportent avec eux leurs outils ; c'est dans celte place où ils sont engagés par les propriétaires pour le courant de la semaine; leur salaire se fixe au moment de l'engagement; il varie suivant la presse des travaux et la concurrence des demandes ; il est en moyenne pendant la belle saison d'un franc de Suisse par jour, outre une bouteille de vin et la soupe que l'on trempe le matin et le soir; dans les campagnes éloignées de la ville on nourrit en entier les ouvriers, et alors leur salaire en argent n'est guère que la moitié de ce qu'il est lorsqu'on ne les nourrit pas,
§ 5. Histoire , Antiquités > Mœurs et langage des habitans.
Genève avoît déjà le titre de ville au temps où les Romains pénétrèrent dans la Gaule ; elle demeura soumise à ces conquérans pendant plus de cinq siècles, et fut le centre d'une province considérable ; en 426, elle passa sous la domination des Bourguignons qui en firent une des capitales de leur royaume; elle leur fut enlevée dans le siècle suivant par les Ostrogoths qui ne la possédèrent que i5 ans et qui la cédèrent en i536 aux Francs ou François ; ceux-ci y exercèrent le pouvoir souverain pendant trois siècles et demi jusqu'au temps de la décadence des successeurs de Charîemagne ; ensuite Genève fit successivement partie du royaume d'Arles et du second royaume de Bourgogne ; plus tard elle fut ensanglantée par les longues querelles de ses comtes et de ses évêques, qui se disputèrent la suprématie dans ses murs; dans le i3.e siècle, les comtes de Savoie acquirent de grandes possessions aux en\ ii onsde Genève et devinrent redoutables pour les deux antagonistes dont nous venons de parler ; de là naquirent de nouvelles luttes dont les Genevois profitèrent pour vendre chèrement leurs secours, et pour acquérir des privilèges qui furent ensuite le fondement de leur indépendance : l'évêque Adbémar Fabri confirma en l38y ces privilèges , et en forma un recueil qui devint une espèce de code que les Genevois étudièrent avec
STATISTIQUE DE LA SUISSE. 54û soin. Le comté du Genevois fut réuni en 1 loi à a lui de Savoie , et dès-lors les cormes de Savoie acquit i ni dans Genève une autorité qui fui plus d'une lois mr le point de l'emporter sur les droits de L'évéqué el d« s citoyens; pendant le i5e siècle, eC pendant la pre* niière partie du 16e , ils disposèrent presque toujours du siège épiscopal de Genève, où ils ne cessèrent de placer des princes de leur famille ; le duc de Savoiej Charles 111 , lit surtout de grands efforts pour soumettre Genève à sa domination ; mais les Genevoif trouvèrent des secours dans les cantons de Fribourg et de Berne, qui contractèrent avec eux des alliant -, et dans l'amour ardent de la liberté qui les aiiimoil ; enfin, la réformation acheva ce que le patriotisme avoit commencé ; elle fut admise, en 1 535 ? par tmis les ordres des citoyens , et la république fut proclamée ; pendant près de 80 ans encore Genève lutta péniblement pour sa liberté; mais elle ne calcula aucun sacrifice pour la conservation de ce bien | récieux qu'elle avoit acquis au prix du sang de ses citoyens; elle contracta en 1 58 f une alliance aveÉ les cantons de Zurich et de Berne , et plus tard elle fit des trailés avec Henri III et Henri I V rois de franco; elle termina en 1603 ses longues guerres a?ec le duc de Savoie , et ensuite pendant près de deux siècles; elle jouit d'une paix extérieure, qui facilita dans ses murs les progrès de la civilisation, des arts, des sciences et du commerce ; elle parvint a un ban! degré de prospérité, mais elle troubla son bonheur par des dissentions intestines ; en 1799)8011 g l vernement légitime fut renversé par une faction p h polaire qui éloit enhardie par la protection Ai I }•* cobins françois ; elle tomba, le i5 avril 1798, au pouvoir de la république fraoçoise, el le 3o m cembre i8t3 elle recouvra son indépendance ; en 18 15, elle a été agrégée à la Suisse comme canton ; le congrès de Vienne el les derniers U de Paris et de Turin lui ont assuré un agrandissement de terri oire et une libre communication a* li reste de la fuisse.
Appollon étoit autrefois le dieu le plus rfcrM •
Genève ; il avoit un temple sur le même emplacement où a été construit celui de Saint-Pierre ; le rocher qui porte le nom de pierre de INiton ( du grec Ne/rwv, INeplune) servoit , à ce qu'on croit, d'autel aux pécheurs et étoit dédié à INeptune ; on a trouvé dans le 17e siècle, au pied de ce rocher, deux petites haches et un couteau de cuivre, du genre de ceux qui portoient chez les Romains le nom desecuris on secespita , et qui servoient à égorger les animaux destinés aux sacrifices; ces instrumens sont conseil és parmi les raretés recueillies dans la bibliothèque de la ville.
Les noms de plusieurs villages du canton témoignent en faveur de leur origine romaine; tels sont ceux de Cologni et de Collonge , qui viennent évidemment du latin colonia (colonie); tels sont encore ceux de F -resinge , Puplinge , Cor singe , Bessinge , Méninge et autres semblables qui annoncent d'anciens camps des R.omains, ou d'anciennes enceintes, et qui paroissent dérivés des noms Petricinctus , Publii cincius , Curtii ou Corslcinctus , JBessi cinctus , Merli ou Meruli cincttis. Les rois de Bourgogne de la première race , qui ont habité Genève , avoient leur palais à côté de la porte de la ville qui commuuU quoit au quartier du Bourg-de-Four.
Les Genevois placés entre la France et la Savoie, et près de la Suisse allemande, participent à la physionomie et au caractère des habitans de ces diverses contrées; ils sout moins vifs, moins gais, moins légers et moins gracieux que les François, moins flegmatiques, moins penseurs et moins silencieux que les Allemands ; ils ont d'ailleurs les qualités qui caractérisent les Suisses; ils parlent la langue françoise, mais l'accent du bas peuple de la ville de Genève a quelque chose de dur ; les paysans emploient un patois qui ressemble beaucoup aux patois qui sont en usage dans les parties voisines de la Savoie , de la France et du canton de Vaud , mais qui en diffère cependant sous quelques rapports ; ce patois n'est point tout-à-fait le même dans les diverses parties du canton ; deux paysans , l'un de la partie orientale
ST ATISTIQUE DE L V StTIBêB, | etl'auire de la partie occidentale, , commis, leur manière de parler , qu'ils ne sum,, , -villages. 1 " mêmes
§6. Constitution politique, Revenu, de VBtaU
Le pouvoir souverain et |e gouverne,,,, ni ion, confies a un conseil représentatif, a quatre m ndics e . a un conseil d'état. Les membres du conseil
sentatif sont élus par des assemblées électorales nui se composent de tous les bourgeois . à-és de -A ans ou plus qui pavent au moins 20 b ancs de contributions directes, et qui ne sont ni faillis , ni mestiques, ni assistés, ni fléiris par un jugement îniamant; qui sont armés , équipés et habillés d'uniiorme; a moins que leur âge , leur état ou leur* inhrmites ne leur aient obtenu une dispense du « rviee militaire. Les pasteurs, les curés, les pi 1 académie et les membres de divers établ publics sont électeurs de droit.
Le conseil représentatif est composé de a5o députés laïques , âgés au moins de bataires, ou de 27 s'ils sont mars*;, bres du conseil d'état; chaque aum de 3o places; il a le pouvoir législatif impôts et les dépenses du canton , nomme aux principaux emplois, discute les comptef et exerce tous les autres pouvoirs souverains ; il doit nécessairement être convoqué deux luis par année dans les mois de mai et de décembre , el peu! convoqué plus souvent si le conseil d'étal l< convenable. Les députés au conseil représentât il de 35 ans accomplis sont seuls éligtbb fl aui plac< conseillers d'état.
Le conseil d'état a le pouvoir exécutif ci l'initiative des lois ; il est présidé par les quatre svudics, qui sont élus chaque année dans le conseil représentatif | et qui entrent en fonctions le 3i décembre . aniversaire de la restauration de la république.
L'administration <!e la jus tribunaux, savoir, celui de çom celui de l'ois-
552 STATISTTQUE DE LA SUÏSSE.
dlence , la cour suprême et le tribunal de recours ; les juges du tribunal de commerce sont choisis parmi les principaux négocians du canton et par eux ; ils connoissent de toutes les affaires de commerce. Le tribunal de l'audience connoît de toutes les autres affaires en première instance ; ii se divise en deux chambres, qui ont chacune leur président pris dans le conseil d'état, et dont l'une s'occupe des affaires civiles, et décide sur îa mise en accusation pour les affaires correctionnelles et criminelles , et l'autre connoît de toutes les affaires de simple police et correctionnelles; les membres de cette dernière chambre sont en outre chargés de l'instruction des affaires criminel les.
Six auditeurs qui font partie du tribunal de l'audience , remplissent de plus les fonctions qui , en France, sont attribuées aux juges de paix et aux commissaires de police ; ils ont chacun un arrondissement tant de îa ville que de la campagne, où ils sont par ticullèreraent tenus de maintenir le bon ordre et de concilier les difficultés de toute espèce.
La cour suprême a deux présiclens, l'un pour les affaires civiles et l'autre pour les affaires criminelles ; elle se compose en outre de deux juges conseillers d'état qui jugeai seulement au civil, et de six autres juges outre les suppiéans ; elle connoît des appels des autres tribunaux, et même de ceux du conseil d'état en matière de contentieux administratif, et elle juge les procès criminels.
Le tribunal de recours composé de 3g membres , et présidé par un des syndics , lait les fonctions de tribunal de cassation , et est tribunal de grâce pour les affaires criminelles qui emportent une peine infamante et afflictive.
Le ministère public , composé d'un procureurgénéral et de deux substituts, est chargé spécialement de veiller au maintien des lois, à la conservation des propriétés et des droits publics , et en général à tout ce qui intéresse l'ordre public ; il est appelé à donner des conclusions devant les tribunaux.
Les siuclics ont i3oo francs de traitement, les con-
STATISTIQUE 1*8 LA BUU8E ;
juges 800 ; les auditeurs et le Xi, , ,/ , général 4oo ; les membres >h ftg
et de commercent les députes au conseil «S. tatif ne sont point pavés.
Tous les fonctionnaires publies du «îto. ont j
costume UB baba noir ; les conseillers d
sidensdes tnbunau*, le procureur- 1
audîeurs portent l'épee. Les huii
manteaux au, couleurs du canton
rouge et jaune. 1 1
Les revenus de l'état sont de trois à q„ nulle francs ; ,1s se composent surtout d'un impô foncier ,d un impôt personnel appel des droits >d enregistrement . de timb.
thèmes ; de ceux d'octroi et de douan
lettres S"1' Ve"te dU Sd Cl
§ 7. Industrie et Commerce, Poids et Mesures , Monnaies.
Genève est une ville essentiellement industrieuse
et commerçante ; elle ne pourroil subsister sans 1
labnques et son activité merc
sources territoriales ni ,| p;i> \ 5es besoins 1 ;
ses importations de l'étranger sonl 1
181% elle consomma 1592 bœufs, a3o raches, . i,i 6
veaux, 1 7,54 1 moulons, loochèvi
223o chevreaux, 85oolivresde riande d< 1 setiers ide vin , 70,000 coupes de bli cliari ti
de boisa brûler, pris au port du Bois 38 i la nulle mesures de charbon, etc.
De toutes les l'a!» iqucs du canton la plus impôt** tante est celle d'horlogerie et de btjonti i ie , pl\e i m meoça à s'établir à Génère en îS8j ; lej prem régîeinens du conseil d'état sur l'horlogerie ftonl da mois de janvier 1601 ; en 1 (785, on conij>ioii < ., \/ \ r 100 maîtres horlogers ci 3oo ouvriers, qui lah - t ôooo montres par aimée ; outre So maîtres ti 200 ou-
55'fc STATISTIQUE DE LA S^aSE.
vriers orfèvres ou joailliers; en 1690, le gouvernement créa la maîtrise des monteurs de boîtes ; dèslors la fabrique d'borlogerie n'a cessé de faire des progrès jusqu'en 1789 où elle atteignit son plus haut point de prospérité; elle occupoit alors plus de 4 000 individus dans la ville seule, et plus de 2000 dans les fabriques auxiliaires qui s'étoient établies dans les villages voisins de la ville , à Vevey , à Sainte-Croix , dans la vallée de Joux et dans le district de Cluses en Savoie.
L'usage des petites montres pour femmes date d'une vingtaine d'années; il a pris naissance à Genève et a été la principale ressource des horlogers genevois pendant les années malheureuses où la guerre parai vsoit le commerce. La découverte des ressorts timbres date de la même époque ; on la doit à M M . Favre -Salomon de Genève et Isaac- Daniel Piguet de la vallée de Joux ; ces artistes ingénieux ont eu l'idée d'employer des ressorts d'acier, au lieu de flûtes ou de timbres pour produire des sons, d'abord dans des boîtes d'une certaine grandeur , puis dans des machines d'un- très-petit volume ; les ressorts timbres adaptés aux montres à répétition ont permis de changer et de varier à l'infini la forme des boîtes, ce qui ne pouvoit avoir lieu avec les anciens timbres.
Le nombre des individus occupés en ce moment à Genève dans les fabriques réunies d'horlogerie , de bijouterie et d'orfèvrerie ne dépasse pas 2800 ; mais la quantité d'ouvrages fabriqués est plus considérable qu'en 1789 , ce qui est dû aux perfectionnemens de l'art et aux moyens d'exécution plas prompts qui ont été mis en usage; les ouvriers gagnent moins qu'ils ne gagnoient autrefois , ce qui tient à la baisse du prix des montres ; elle est telle que pour plusieurs ouvrages les ouvriers ne reçoivent pas le quart de ce qu'on leur donnoit il y a 3o ans.
IL se fabrique annuellement à Genève 70,000 montres, dont les onze douzièmes en or et le reste en argent ; la moitié des montres d'or sont de petites montres de femmes , un quart sont des montres à répétition, dont une partie à musique, l'autre quart sont des montres simples pour hommes.
PfSTIQUE DE TA BUÏSSBi
Les ouvriers de Genève emploient dam h i l>onn i années 75,000 onces d'or , 5ooo marcs d'argent el pour 24o,ooo francs de pierres précieuses . >! isonl iurveillés avec soin par des inspecteurs et par une commission qui est présidée par un syndic, et qui a le titre de Commission de surveMancé du titre des ouvrages d'or et d'argent; celte surveillance s pour but de procurera la fabrique genevoise un h confiance.
Le canton de Genève possède depuis peu deui fafriques dedrapset dès long- 1 en li ois
iîu factures d'indiennes; il avo tanneries; mais ces branches d'industrie sont en ce moment languissantes, ce qui doit être alti partie à la difficulté d'en faire passer les produits 1 n pays étranger et en partie à la peine qu< l'on à se procurer les matières première saires pour ces fabrications.
Le poids en usage à Genève est îa livre de 18 onces; l'a mesure des graines est la cou de blé
pèseenviron 1 18 livres; elle se divise i n quati et le quart en quatre la mesure des li-
quides est le char , qui se divise en l en 24 quarterons , et le quarteron 1 pot fait une forte bouteille.
La mesure des longueur* M de roi; ta mesure des surface* pote qui C «-
tient 4oo toises ou 255oo pieds cari
Genève a deux, espèces de monnaies qui Im -"U
particulières, le florin, qui se divise eu ta pchi
et la livre courante, qui se divise 1
courant et qui vaut 3 florins et demi, cest 1 djr«i
un peu plus que la livre suisse, puisque celte ■
nière ne vaut que 3 florins et 9 |"
de Suisse équivalent a 5i florins de Genève et à i4
livres 10 sols (> deniers argent courant On i|
à Genève des pistolets et des triples pislolrs en or;
la pislole valoit 35 florins; 00 a frappé en irj ni
des écus de 6 livres de France, des ecus de i livres
argent courant, des demi et de:; Éjnârll i écus
pièces de 10 et de 5 sois argent coortntj et itet oxbcm
de 1 5 petits sols. Les monnoies de billon, frappées à Genève, sont des pièces de 6, de 3, de i^, de i3 de \ et de | petits sols; depuis long -temps on ne frappe plus à Genève de monnoie de cuivre.
§ 8. Etat de V Eglise et de V Instruction , Etablissemens publics et particuliers , Hommes célèbres*
Les protestans forment à-peu-prçs les deux tiers de la population du canton ; leur clergé jouit , dès le temps de la réformation, d'une réputation méritée de connoissances , de talens, de sagesse, et de zèle; depuis plus d'un siècle et demi , il doit aussi être cité pour sa modération et sa tolérance ; content des fondions modestes et honorables, qui lui sont confiées, il ne cherche point à les étendre en faisant des prosélytes, et son but principal est de faire du bien, en donnant lui-même l'exemple des vertus qu'il recommande. De diverses parties de l'Europe on voit arriver à Genève des candidats au S. Ministère qui viennent puiser des connoissances dans son académie; ces candidats ou étudiansdemeurent quatre ans dans l'auditoire de théologie, et y suivent les leçons de quatre professeurs; lorsqu'ils ont subi leurs derniers examens, ils sont consacrés en qualité de ministres du S. Evangile ; ils ne prennent le titre de pasteurs que lorsqu'ils sont chargés de l'administration d'une paroisse; la réunion des pasteurs forme la vénérable compagnie , qui a inspection sur le culte; elle est présidée alternativement , de semaine en semaine, par chacun des pasteurs de la viiîfe, et ce président temporaire prend le titre de modérateur ; le plus ancien des pasteurs de la ville est doyen de la compagnie. Plusieurs ministres genevois occupent avec honneur des cures en pays étrangers ; on compte en outre quatorze pasteurs dans la ville de Genève, et douze dans la campagne, outre une vingtaine de ministres non encore placés , et une quarantaine d'étudians dans l'auditoire de théologie. Chaque commune catholique du canton a son curé, avec ou sans
vicaire, suivant I étendue cîe la paroisse : tes réf.
les uns et les autres a Genève une éfilist dan I, quelle ils célèbres leur culte en aHemaod ,E 1 glois ont ouss, une église à Genève; les juifto*
synagogue a Carouge; mois leur nombre a 1 coup diminue depuis quelques années.
Si Genève, malgré sa petitesse, a acquis Ouelqua réputation en Europe, elle le doit vJnJuJ .nl a ses etabhssemens d'instruction publique ti hommes distingués qui y ont puiséleur éducation des lannee y,2g, elle eut un
gnou le latin, la grammaire, la logique et le* arts
libéraux, et x3o ans plus tard, Cal nseil
detat fondèrent le collège et l'académie qui Ueu-
rissent encore de nos jour.; chaque année au niili< j
du mois de juin, les écoliers qui
dans les classes, reçoivent publiquement desprii nui
consistent en médailles d'argent,*
drale de S. Pierre; les pr nc, ;
ternativement des d» up les div<
appartiennent aux sciences qu
cérémonie, qui esl une feu- pot iton . est cor
nue sous le nom de /
que ce font les promotions des écoliers
d'une classe dans une autre; le ont reçu divers accroissemens à mesure que les circonstances l'ont exigé ou permis; actuellement In nombre des élèves est d'environ 800 poui U colli ce, et de 100 pour les divers auditoires; le» leçons du collège et de l'académie son! à peu près gi ttuil et les étrangers y sont admis. La bibliothèque publique a suivi les progrès de l'éducation; eue n a ferme de nos jours 4o,000 volumes, la plupart d'un excellent eboix.
L'éducation des Femmes n'est pas moins soigm 1 i Genève que celle des hommes , el 1! n'est sans dou 1 aucun pays où l'on s eu occupe davanl plus de succès.
Divers établtssemens , fondés et alimenlés par la générosité des particuliers; tels que des A (ri ::
matin et des écoles du soir > la société des cathécumènes , celle de musique sacrée et V école du dessin, viennent au secours du gouvernement sous le rapport de l'instruction publique; l'éducation des enfans de la campagne n'a point été négligée, et dans chaque paroisse il existe une ou plusieurs écoles primaires, où les enfans apprennent à lire et à écrire, et sou veut même l'orthographe, la musique sacrée ; et les principes de l'arithmétique.
Plusieurs sociétés savantes ou littéraires, telles que la société pour V avancement et V encouragement des arts , celle des sciences naturelles 3 celles de lecture , et les deux Sociétés de médecine } contribuent aussi aux progrès des sciences et des arts dans le canton, en se rassemblant fréquemment dans le but de propager les découvertes utiles - la société pour l'encouragement des arts distribue des prix à ceux des habitans du pays qui se distinguent dans les différentes branches des arts, elle est divisée en quatre comités, savoir ceux de mécanique, d'agriculture, de dessin, et de commerce; elle a un musée d'antiques.
Plusieurs Genevois, tels que MM. Pictet , Jurine , Boissier, Tingri, De Luc, De Saussure, Bulini, Necker, Gosse, De Candolle, Colladon , Moricand, Lindre, Marin, etc., possèdent des cabinets de physique, de minéralogie, de pétrifications, de coquillages, d'insectoîogie, d'ornithologie, ou de botanique; la bibliothèque publique et plusieurs particuliers ont des médailiersintéressans;on trouve chez un grandnombre d'amateurs éclairés de belles bibliothèques et des collections de tableaux et de gravures ; l'état, aidé par des souscriptions particulières, a établi récemment, sous la direction de M. le professeur De Candolle, un vastç jardin botanique; ce jardin occupe une partie d'une ancienne promenade auprès de la porte neuve, dans la partie méridionale de la ville.
Parmi les établissemens de bienfaisance du canton on distingue la direction de M hôpital général , qui existe depuis près de trois siècles, et qui assiste les anciens Genevois qui sont dans le besoin, le bureau de bienfaisance de Genève, qui assiste tous les pauvres-
STATISTIQt'K DB LA. SVIS<r.
«le la ville indistinctement , ej surtout Ceui «ai „'o t
par des relug.es proiesians fr,nc„iS) a|l.-i,,a..,|, ,, italiens en aveur de ceux de ,,s même, rëfogié. ou de leurs c escendans, qui ,ero« „,,!., la chambre des tutelles et curatelles, qai exerce .m
surveillance «cuve su, les .,r,.t,eli„s duc
que sur leurs tuteurs, le oom fe.t appre„dre des m(,tiers 8„ 0 M'n)i ' .a maison deeorphefine», c,.,, recuit et qui &»« de munes orphelines indigentes juWay m. , , , elle les a m,ses en état de gagner leur vie, etc. Il Ml sans doute peu .le villes où les souros <l, soient aussi multipliées et aussi abondant! i qu'a Genève ; les aumônes particulières s'élèreul chaque année a des sommes considérables.
Dès le temps de la réformation Genève » donnA naissance à de savans théologiens en étal de lutter, sansdésavaniagecohtrelescatholiquesqui attaquoii ni de toutes paris les protestons; I ti.lesTrooehin, les Turrelini , les Pictet, les Veroet, el plusieurs autres encore, se sont dwtii ans ceno carrière. Isaac Casauhon , dit mille Le Clerc , J. J. Rousse i fille M.ede Staël, I histoi ieri Maliet , et 1 éei ittin politique du même nom sont du nombre <: on littérateurs des Irois derniers sii cles; Ja< quel 1 1 1 '■ Dfnjrl et Jacques Godefroi, J.J. Burl I I Dclo!me se sont fait un nom par leui jurisprudence; Turque! de Materne , noi Henri IV. et ensuite du mai h- un m I mier, Jean et Théophile Bonnet, Doi J.J. Manget, et plus tard Théodore Tronchit? Bu ti ni ? et Odier se sont distingués dans ta les mathématiques réclament GabricH I I Calandrini , ainsi que Le S sique et l'histoire naturelle ont été i par Jallabert, Fatio de Duilier, Micheli Ai Croit Abraham Trembler* Charles Bonnei » d • s Senebier, et plusieurs autres saVADJ eo< I
56g statistique de la suisse.
Jean Petitot , Jean Dassier, et son fils J. Antoine, Jaq. Anl. Arlaud , S. Ours, et De la Rive se sont fait un nom dans la peinture ou la gravure, et de nos jours Genève possède encore plusieurs artistes distingués dans les mêmes genres.
Le mélange d'éducation publique et particulière contribue essentiellement aux succès des jeunes Genevois dans la carrière des lettres; ils savent que dans leur patrie les hommes instruits marchent de pair avec les citoyens les plus distingués par leurs places ou par leur fortune , que leurs concitoyens ont les yeux fixés sur eux, et que l'opinion publique se forme à leur égard dès leur enfance , d'après leur mérite et leurs efforts ; ils se livrent dans cette persuasion à une louable émulation, et font de grands efforts pour ne pas rester dans leurs études en arrière de leurs camarades ; les prix solennels, qui se distribuent à la fin de l'année académique , sont sans cesse l'objet de leur ambition et le but ou tendeni leurs travaux P et qui empêche leur zèle de se ralentir»
§ 9. Cartes géographiques ^ Ouvrages à consulter.
Les meilleures cartes du canton sont celle de PAlmanach helvétique de 1817, qu* a été dressée en 1816 par feu M. D'Escher de Zurich, et celle de l'ingénieur Mallet de Genève , qui remonte à l'année 1776, mais qui a été coloriée suivant les limites actuelles du canton ; le célèbre naturaliste De Saussure a fait connoître l'état physique et l'histoire naturelle des environs de Genève; plusieurs auteurs ont écrit l'histoire de cette petite république.
§ 10. Description particulière du Canton*
Le canton de Genève se compose de deux villes y Genève et Garouge, et de 35 communes rurales; la population de la ville de Genève égale presque
STATISTIQUE DE LA BUIftg* |
celle (le tout le reste do canton; sa lurfaee n'est que la i6o.e partie de la surface totale du \
Le canton se trouve partn-,: par le RbOm l'Arft etjle lac en trois portions à-peu-prèi égales, et uni correspondent aux. trois portes àé I » ville. ^ Genève, >ille la plus peuplée île la Soi - | située au 4b\e degré 12' de la lit ode ieptentrional( elle occupe une colline d'où Ion domine d'an une partie du lac et de ses bords, et de Pantre li pays qui s'étend entre les monts de Salève, de Sk>U , et du Jura; elle est fortifiée, et ses rempai II <>< cujm ut une place considérable; ses maisons, bâtie* I» plupart avec des pierres tirées des rochers de Mi îlfc i ie, sont très-élevées , plusieurs à cinq ou six étages, ce qui tient à ce que les fortifications ne permctloieoi pas d'en multiplier le nombre ou l'étendue latérale: aussi toute la population de la ville SSi-eTte logiè dans un espace qui ailleurs en renfermerait à peine la moitié; de là \ient encore que les loyers dei appartemens sont élevés, le Rhône divise h rtlle en deux parties inégales, dont la plus petite p<e, te l« nom de quartier de S. Gervais ; il fournit de l'eau à un grand nombre de fontaines par le moyen d une machine hydraulique qui a été construite au nom mencement du sieei» < ces les pic
quables de Genève sont l'église cathédrale de S. Pierre, bâtie il y a environ huit siècles, et dont la façade a été refaite au milieu du 18/ su rie sur le modèle du Panthéon de Home, l'hôtel - de - ville , ju qu 1 1 sommet duquel on monte par une pente i!«>u< • - t sans escalier, les casernes, l'hôpital, les maisons qui dominent la place et la porte neuve, ste.
La ville de Carouge n'est ni à une peUlC demi îieue de Genève; elle a 3oO0 babitana, et poorroil en loger le double ; eu I780, elle neunt SMOM qu'un chétif \illage , lorsque le EU»! de SardaigM BO fit la capitale d'une nouvelle province «ju il nomma provincede Cunntgc, et entreprit de la rendre le : • • <
de Genève; on y remarque une grande manof ptnw
de coton, deux belles fabriques de poterie < t plusieun tanneries, elle communique avec PieinpalaiseiG< nex
par un pont en pierre surl'Arve qui a été récemment construit et qui peut passer pour l'un des plus beaux ponts cle la Suisse.
Dans la partie septentrionale et occidentale t!u canton de Genève on trouve les communes du petit Sacconex , de Pregny , de Collex-Bossi , de Genlhod , de Versol, et de Céligni, qui toutes bordent le beau lac de Genève, et sont en quelque sorte tapissées de jolies maisons de campagne. Versoi a quelques fabriques intéressantes, et laisse voir des traces des plans de Louis XV. et du duc de Choiseul qui essayèrent d'y construire un port et une ville pour enlever à Genève le lustre et le commerce dont elle jouisscit de leur temps ; on traça des rues , mais on n'éleva qu'un petit nombre de maisons , ce qui fit dire h "Voltaire qui habitoit alors dans le voisinage '«
A Versoi nous avons cïes rues , Ivlais nous n'avons point de maisons.
La commune de Céligni est enclavée dans le canton de Va ml ; les communes du grand Sacconex , de Verni, de Meyrin , de Satigni , de Russin , et de Dardagni , qui sont situées dans la même portion du canton, sont cultivées avec soin, et renferment une grande variété de terrains.
La première commune que Ton rencontre en sortant de Genève par la porte neuve, est celle de Pleinpalais ; on la considère comme un faubourg de Genève, et la prairie qu'elle renferme dans son centre sert de promenade habituelle aux Genevois, et de champ d'exercice à leurs militaires; plus loin, on trouve le village de Lanci qui est situé sur une éminence d'où l'on jouit d'une vue charmante sur un vaste pays; puis la grande commune de Bernex qui renferme plusieurs villages; puis celle d'Aire-la- Ville qui s'avance en forme de-presqu'île sur les bords du Rhône; puis enfin celles de Cartigni , d'Avulli, et de Chanci, qui sont connues sous le nom de la Champagne j et qui se composent d'un sol léger ;
STATISTIQUE DE T. A SUT5SF. 563 dont la culture est facile; en se rappnubaut <]•• !.i montagne de Salcve, ou arrive au \ commn m id A m. si, de Compesieres, deïroinex, et de Vciii. qui nnferment d'assez bonnes terres à blé, el dt > plaines étendues et bien cultivées ; Veiri et le ri llagi Sierne, qui en dépend, ont des mus <•!. > au-dessus de l'Arve et des pap arrosés par cette rivière.
Les bords du lac, dans la porlioQ orientale du canton, ne sont ni moins beaux, ni moins verts qup sur la rive opposée, et cependant ilssonl moins habitée et moins bien cultivés, excepté dans les commun»-* di ; Eaux vives el de Cologni qui se rappra h< ni lool fait de Genève; celle différence tient eîsciiiielb-::. à ce que le roi de Sardaigne, souverain autni<n\ de ces bords, ne permeltoit pas aux étrangi : el surtout aux protestans, d'acheter des lerret près des frontières de ses états, el à ce qu'il De M Irouvoil point d'ba bilans aisés dans lé pays; on doit espérer que les obstacles qui s'opposoteot à la prospérité de ce côté du lac, vont être Ie\es. et que Its tn-rc» qui s'étendent de Cologni a llcrmauce, se couvriront peu-à-peu de jolies habitai :..
Les communes de Metni et de Choulex renfej ment des marais assez considérables; on y voit h ; ni de l'ancien cbâteau de Roillebeaa dool l'origine remonte au temps des premiers n.is de lt«im ^"uur, Jussi PÉvêque doit son nom au château qu v pussédoit autrefois l'é\éque de (on lie commune
est la plus riche eu bois du canton , on v mnaiqu< le cbâteau du Grcst qui a long-teiDpfl lp| no-uu a Tbéodore Agrippa d'Aubigné , l'ami et \r eompa ;n< . de Henri quatre. Chesne Tbonex , <jni iousl< gouvernement françois étoil le chef- lieu d OU graodcMton, ressemble plutôt à un bourg qu'à on villaffl ses terres sont fertiles et sont arrosée! pai li Setme et par le Foron qui lui proeurent de h»au\ *>mbrages et de jolies promenades, recbercbëes par les piétons genevois; la route qui traverse ( hetOC itl très- fréquentée ; elle conduit de Genève dam le I 1 cigni, dans l'ancien canton de ftegni ; dans le haut
56i STATISTIQUE DE LA SUISSE»
Cliabîaîs, et dans les communes qui se rapprochent des Voirons et du coteau de Mont baux. Chesne-les- Bougerieset Vandœuvre ne le cèdent point en bonne culture aux autres communes que nous avons déjà passées en revue, et renferment aussi un grand aaomfor© de jolies maisons de campagne.
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