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Industrie et Commerce s Poids, Mesures et Monnaies

La partie montagneuse du canlon de >« nchfttl 1 ïi'étoit encore au commencement du 1 Psi cl< q espèce de désert, couvert de forêts, de caban< sis< lées et de quelques \illages clairsemés; l'activité cl l'industrie de ses habita ns y ont dès-lors ûpén des prodiges, et ont créé des bourgs, de riches village ), 1 t une immense quantité d'habitations isolées; 1( Loi le et la Chaux-de-L ond, qui nV.toieni que de misérables villages , et qui occupent une des vallées les plus élevées du Jura, à 3ooo pieds au-dessus de la mer, peuvent maintenant passer pour de jolies villes Cl en y arrive de Neuchatel par de supe rbe-, routes. D'après un récenseuient dressé en 1764, il J < 1 déjà dans le comté de Neuchatel tâ borl >gere , i8fondeurs, 55 faiseurs de boucles , 78 febricail pipes, 99 fabricaos de bas , 70 boutonnière, 70 clou« tiers, 42 couteliers. 18 taillandiers . a? g '; IW cuaei le dentelles et 399 ouvriers indienneui s, et ci la roi une population de 32000 aines ; dès-lors l'industrie j la richesse et la population du pays oui pris de nouveaux accroissemeus; en 1781 , sur près de 10 Labitans on n'en comptoit pas LOttt-ll lait ': K)0 qui fussent voués à l'agriculture, preuve évideotC q pavs ne devoit pas produire de* décorées Suffi pour sa consommation ; le nombre des , hommesseievoniu) \ ï, celui des domestiqui muM à 124q, celui des indienneuis à I " ' I 1 < faiseuses de dentelles à 34o4, celui des horlo* 2177 j en 1792; ou comptoit d a us le f*)i t8« m

dienneurs, 385q faiseuses de dentelles, et 3458 horlogers ; en 1796, on comptait 1579 «ndienneurs } 36^8 faiseuses de dentelles, 3357 horlogers, et 492 négocions Eu 181 4, le nombre des indienneurs n'étoit que de 870, mais par contre celui des faiseuses de dentelles étoit de 6628, et celui des horlogers de 37 *4 ; il y avoit dans le pays 1497 domcsiiques femmes. Les vo\ageurs, qui ont parcouru depuis un demi-siècle les hautes vallées neuchateîoises, ont tous été singulièrement frappés du speclacle qu'elles présentent, et tandis qu'ils ne s'attendoient à y trouver que des chalets et des bergers, ils ont été étonnés de les voir tapissées de maisons solidement bâties en pierres, commodément distribuées ; élégamment meublées à l'intérieur, et occupées par des hommes aisés, dont le costume rappelle les habitans des grandes villes.

Le commerce des produits du pays se borne k l'exportation de quelques fromages, d'un petit nombre de bêtes à corne , et surtout d'une certaine quantité de vin; en 1789, l'importation du blé étranger s'élevoit à une valeur de 710,000 francs; les ]Neuchatelois tirent aussi de l'étranger plusieurs autres matières premières, dont ils ont besoin pour leur consommation ou pour leurs fabriques; mais leur industrie compense amplement les pertes qu'ils font de cette manière ; en 1780, ils exportoient déjà plus de 4o,ooo montres par année, et ils fabriquoient 100,000 pièces d'indiennes; leurs dentelles étoient déjà aussi pour eux l'objet de grands bénéfices; ils ont commencé à en fabriquer dès la fin du 17.* siècle; ils les vendent depuis un batz jusqu'à 70 francs l'aune, ou même davantage, et ils en exportent pour environ i,5oo,ooo francs, sur lesquels les ouvrières en reçoivent 800,000 , ce qui ne leur fait en moyenne que la modique somme de 8 sols par journée , la valeur du fil importé pour cette fabrication est d'environ i5o,ooo francs; on le tire de Flandre ; les villages de Fleurier et de Couvet dans le val de Travers sont le centre de cette fabrication.

Les fabriques de toiles peintes datent de l'ai 1735 ; il en existe six en ce moment dans le cantOQ, et elles fabriquent annuellement 130,000 | Cet, chacune d'environ 16 aunes; les oumuts todi enneurs gagnent en moyenne 6 ou 7 bail par i

L'horlogerie neuebateloise date de la fin du \4* siècle; le premier, qui l'ait exercée dans les montagnes, est un habitant dn pays, nommé DanJ «Richard, né à laSagne en i(>G5; depuis i?5o, cette branebe d'industrie a pris un développement tout particulier; le canton exporte annuellement 130,000 mon ^ , dont une neuvième à boëles d'or, et 1000 pendules; le prix des montres varie de 7 Francs ncs; le canton exporte aussi pour 35o,ooo li par an de fournitures et d'outils nécessaires à la ré paration des montres; le moindre gain des enfant horlogers est de 4 à 5 sous par jour ; les ouvrier! habiles gagnent 10 à 12 livres par jour; la moi du gain de tous les ouvriers est de 1 livre \ sous, OU 12 batz , par jour; on fabrique aussi à la Chaux *èi *- Fond des instrumens de mathématiques el de physique.

Le commerce en grand des Neuchatelois me date guère que d'un demi-siècle ; il leur a valu des bénéfices considérable!; la facilite, qu'ils ont à se procurer de l'argent au quatre pour cent, contribue à leurs succès.

La livre employée pour peser toutes sottes de marebandises , est de \j onces poids de marc. Cent quarante-quatre pieds de ISeucbatel équivalent à i3o pieds de Paris; l'aune a 3 pieds g pouo La p0fl€ de vigne renferme 32, 768 pieds carrés; la poee des champs est un peu plus foible ; Voçvri r de vigne est d'un huitième de pose. La toise de bois esl de i5o pieds cubes; celle du foin de ' le p • tient deux pintes de Paris, le moid 19a pots, et la gerle 62. L'émine , pour mesurer les grains, renferme 8 pots; le sac 8 émines, et le moid i4«

Vingt-un batz de Neucbatel foui 20 l>ati du reste de la Suisse; la livre ou le Franc de Neucbatel esl de dix batzj sept de ces livres eu valent du de France.

§ 8. Etat de V Eglise et de V Instruction publique, Etabli ssemens publics et particuliers , Hommes célèb/es.

La réformation s'est établie à Neuchatel contre la volonté des magistrats-, le contingent neuchatelois , qui marcha avec une armée bernoise, en 1629, contre le duc de Savoie, embrassa les principes de la réformation , qui étoient déjà professés par les Bernois ; en rentrant dans ses foyers , il s'empara de force de l'église collégiale de Neuchatel, renversa les autels, brisa les images, et maltraita les chanoines, ainsi que les chapelains , qui essayèrent de mettre une barrière à ses désordres; Guillaume Farel , prédicateur ardent, originaire du Dauphiné, seconda puissamment leurs efforts, et enfin, le 4 novembre i53o, la réformation fut décrétée par les bourgeois à la pluralité de 18 suffrages, en présence et sous l'intervention de trois députés bernois; les seules communes du Landeron et de Cressier demeurèrent attachées à la religion catholique; ellesforment une population d'environ 2000 ames, et relèvent de l'évêché de Lausanne. Les pasteurs réformés ont un traitement qui varie de 700 à 2000 francs; ils sont au nombre de 35 , et desservent les 33 paroisses du canton; celle de Neuchatel a trois pasteurs.

L'éducation primaire est bonne et généralement répandue dans le canton; elle est accessible à toutes les classes des habitans; l'éducation secondaire ou des collèges est suivie dans les collèges de INeuchalel et de la Chaux-de-Fond. Quant à l'éducation supérieure, les Neuchatelois vont ordinairement la puiser, à Genève pour la théologie, et en Allemagne pour ]a médecine. Les jeunes fdles peuvent aussi faire leur éducation dans des écoles publiques , ce qui procure à celles qui n'ont pas de fortune une nouvelle branche de ressources, en leur faisant obtenir en Allemagne, en Hollande et en Angleterre des places de gouvernantes ou de bonnes d'enfans.

La société d? émulation patriotique, fondée en 1791,

se compose de 16 membres; elle propose des questions, distribue des prix, qui sont des médailles d'or du poids de 12 ou de 20 ducats, cl faii impium-rà ses frais les mémoires qu'elle a couronnés; ces mémoires sont déjà au nombre de 22 ; ils roulent tous sur des sujets qui intéressent la principauté.

La chambre d'assurance contre les inci ndh l inatituée en 1810, est une association particulière, qui assure pour la somme de 17,002,100 livres 7288 bâti mens qui ont été évalués 23, 0-0 Fou lixres . deux, impositions, chacune de demi pour mille des sommes assurées, ont plus que suffi pendant B|X ans pour payer les bâti mens incendiés.

La caisse d'épargnes , fondée en 1812, reçoit depuis 5 balz jusqu'à 168 livres par année , et en donne 3~ pour cent d'intérêt; les dépôts s'élevoient au >i décembre 1816 à 90,000 livres de Suisse, qui appartenoient à plus de 5oo domestiques ou artisan*,

Il s'est formé, en 18 15, une société biblique à l'imitation de celle d'Angleterre; elle possède quelques fonds.

Le canton possède à peine les deux cinquièmes des grains qui lui sont nécessaires; mais il a des greoi( ri publies a Neucha tel, au Locle, à la Chaux-de-l ood, à Fleurier, et aux Ponts; ces greniers se remplis» Ut ordinairement dans les temps d abondance, 1 1 foui Dissent dans^ les temps de disette du blé à un prix modéré.

L'hôpital cie la ville de Neudbatel possède des rentes considérables; il a été reconstruit , en ij ;), aux frais du généreux David de Purv ; ce bienfait! HT de sa patrie laissa à sa niorl deux OU trois millions à la ville et à la bourgeoisie de Neucha tel, m exigeant que cet argent fut employé à des autres de piété, de charité, ou d'utilité publique.

La maison des orphelins, qui contient habituelle* ment 3o ou 4o enfans des deux sexes , esl due k un marchand épicier et qnincaiHér, mort en 1 7^3 . qui légua 200,000 livres du pays pour ce( objeli on; élève les enfans jusqu'à leur communion, qui se hit à l'âge de 17 ans, et à leur sortie on leur paye un apprentissage pour une profession utUéj depuis 16

ans environ les garçons travaillent avec succès à défricher et à cultiver des terres ; dont les productions servent à leur nourriture.

L'hôpital Pourtalès est dû à la générosité de Jaques L. de Pourtalès, qui donna en 1808, et peu de temps après , 700,000 francs pour le construire; il est desservi par des dames hospitalières de Besançon, et possède 3o ou 4o lits de malades. D'autres établissemens de charité distribuent des secours aux pauvres du pays; mais à INeuchatel, comme ailleurs, l'expérience a montré que plus les secours étoient abonda ns, plus il y a voit de pauvres.

La ville de Neuchatel possède un cabinet d'histoire naturelle qui lui a été donné par le général C. Dan. de Meuron, et qui renferme une belle suite de coquillages de la mer des Indes. Le canton s'honore d'avoir fourni à la république des savans et des littérateurs des Ostervald , un Bourguet, un Boy ve , un Hory , un de Montmollin, et quelques autres hommes distingués qui ont suivi avec succès la carrière littéraire.

§ 9. Cartes géographiques 9 Ouvrages à consulter*

Il existe plusieurs bonnes cartes du pays de Neu> cnatel; la plus ancienne est celle du Docteur Merveilleux qui remonte à plus d'un siècle; celle qui est comprise dans la carte du Pays-de*-Vaud , par Mallet, et celle de l'Almanach helvétique de 1818, méritent aussi d'être distinguées ; mais la meilleure de toutes est celle de M. J. Fr. Ostervald qui a été levée de 1801 à 1806, et qui a été gravée par Barrière ; elle est d'une rare exactitude et contient de très-grands détails.

On peut sur la statistique du canton consulter l'Almanach helvétique pour l'année 1818, et l'ouvrage de M. Ostervald, intitulé: Description des montagnes de la principauté de INeuchatel et Vallengin; imprimé à JSeuchatel en 1766.

§ 10. Description particulière du Canton.

La ville de Neuchatel sur le Seyon a »5oo babt* tans; elle est bien bâtie et s'embellit chaque année par de nouveaux bâtimens construits avec élég me elle renferme plusieurs édifices remarquable*, et entr'aulres le château où résidoient les anci< ri! pi de Neuchatel, l'église cathédrale qui a été bâtie dans le i2.e siècle par Bertbe , épouse d'un comte de Neuchatel, la maison de ville, l'hôpital, et la bi bliolhéque.

S. Biaise est un grand et beau >illage, situé il l'extrémité orientale du lac de Neuchatel; la route, qui conduit delà à Neuchatel, est d'une lieue; elle est renfermée par de hautes murailles blanches , ce qui la rend très chaude et fatigante en été.

Le val de Ruz a quatre lieues de longueur, lui un quarl-de-lieue de largeur, il est arrosé par le Seyon , et compte rï$ villages; au î.V siècle, des Genevois , que les guerres des évéques de Genève et des comtes de Savoye et du Genevois chassèrent de leur patrie, vinrent sV établir, et v fondèrent les villages de Coffra ne , de Haut-Geneveys, et de Fontaine; le petit bourg de \ allengin est celte vallée, qui est riche en champs, en piairies, et en arbres fruitiers, et dont les ha bilans son! fort industrieux; le nom de Vallengia (Vallij sngina) lui vient de sa situation dans une vallée trés-éti

La vallée de la Sagne a la même élévation <jiucelle du Locle , et 4 lieues de longueur j rih M divise en deux parties, dont Tune porta le nom de vallée de la Sagne proprement dite, et L-autre de vallée des Ponts ; toutes les deux sont lrès*peuplées et industrieuses ; on trouve dans la dernière une source d'eaux minérales.

La vallée du Locle a 'i lieues de longueur , l'hiver y dure sept mois , et les terres u\ produisenl presque que de l'herbe, en sorte qu'on esl oblige d'y ti.msporter la plupart des objets m cessai, t s a la %ie, malgré la cherté excessive des denréasetdei la) et

54o STATISTIQUE DE LA SUISSE.

on ne trouve nulle port à acheter à si bas prix les ouvrages de l'horlogerie. Les moulins souterrains des Roches près du Locle sont dignes de remarque ; le Bied , dont les eaux se perdent en cet endroit dans des fentes de rochers, y a creusé de grandes cavernes, et les deux frères Robert ont eu la hardiesse et le talent d'y pratiquer trois moulins qui sont situés verticalement les uns au-dessus des autres; il existe dans le canton plusieurs moulins extraordinaires du même genre.

La vallée de la Chaux-de-Fond a aussi i lieues de longueur ; elle est dépourvue d'arbres , mais parsemée d'habitations et remarquable, comme celle du Locle, par la grande industrie de ses ha bilans; elle est la patrie des célèbres mécaniciens Droz, père et fils.

La vallée des Brenets est parcourue par le Doubs qui y formoit autrefois un lac, avant de s'être frayé un passage pour en sortir; on remarque près du village des Brenets la caverne de Tofière dans laquelle la nature a pratiqué des tables et des bancs, et où Ton entend un écho extraordinaire; à une lieue delà, on trouve dans une situation infiniment sauvage le Saut du Doubs , ainsi appelé parce que cette rivière tombe en cet endroit d'une hauteur de 80 pieds; elle fait jouer dans sa chute douze moulins, ainsi qu'une forge où l'on fabrique des enclumes.

La vallée de la Brévine, qui a 2 lieues de longueur, est la plus élevée de toutes les vallées du canton; elle renferme le lac d'Etalières qui s'écoule de la même manière que celui de Joux, et dont les eaux, après avoir coulé sous terre l'espace de plusieurs lieues, vont former la source de la Reuse à S. Sulpice; on a pratiqué des moulins souterrains dans les cnfoncemens des rochers qui servent d'écoulement au lac; à peu de distance du village de la Brévine on exploite une mine de charbon de terre végétal, qui pro\ient, à ce qu'on croit, de forêts qui furent englouties en io56 par le tremblement de terre qui renversa la ville de Basle, et qui ravagea une grande psrlie de la chaîne du Jura,

STATfSTTQUË DE IA SUISSE. 54l La vallée des Verrières renferme la commune île la Côte-aux-Fées qui possède plusieurs grottes, dont la plus fameuse est connue sous le nom de temple des fées ; l'entrée de cette dernière est très-étroite, et on trouve dans l'intérieur trois galeries, dont celle du milieu aboutit à une ouverture d'où l'on découvre la * ailée de S. Croix , située dans le district d'Yverdun; à une lieue du village des Verrières, et sur le territoire françois, on trouve le château de Joux , forteresse qui a été construite à une petite distance de la rivière du Doubs.

Le val de Travers, qui est parcouru par la Reuse, a 3 lieues de longueur; il renferme plusieurs beaux villages, tels que S. Snlpice , Fleurier , Motiers, Travers, et Couvet, lieu natal du célèbre horloger Ferdinand Berthoud, qui est mort en 1806, et qui a inventé d'excellentes montres marines, propres à déterminer les longitudes en mer; ()n trouve dans cette vallée de riches mines d'asphalte. Le village de Motiers a été habité par J. Jaques Rousseau qui y a écrit ses Lettres de la montagne j il y fut insulté par les habitans , ce qui l'obligea à se retirer dans l'île de Bienne; près delà, dans une caverne vaste et profoude, on trouve une glacière naturelle ; on y descend au moyen d'une échelle ; le soi est couvert d'une couche épaisse de glace, au-dessus de laquelle on voit s'élever cinq ou six belles colonnes qui sont aussi de glace; cette caverne et celle de 8. George, au-dessus de Rolle, sont du très-petit nombre des glacières naturelles du Jura.

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