‹ Statistique des provinces de Savone: d'Oneille, d'Acqui, et de partie de laChapitre 32 sur 88 · CANTON DE CAIRO · texte numérisé non relu

CANTON DE CAIRO

Le canton de Gairo est situé sur le versant nord des Apennins. Il comprend les sources des deux Bormida, de Carcare, et d'Altare, et celle de FErro. La partie qui est au midi renferme beaucoup de bois et de châtaig^niers ; celle qui est au nord, étant déjà abaissée au-dessous des Apennins, ofire des coteaux g^arnis de vignes, des plaines bien cultivées; mais le canton est généralement pauvre, et Findustrie vient au secours des habitants : cette industrie consiste dans le travail des forges et des verreries. Les principales ressources du canton sont les châtaigniers, le bénéfice des bestiaux, et les produits de la vigne. Le canton est composé de territoires différents, dont les uns dépendoient du gouvernement piémontais, les autres du gouvernement ligurien.

La population est de 7,809 habitants.

Gairo, petite ville, entourée de murailles sans fossés, est située dans le vallon de la Bormida , au pied d un rocher, oh Fon voit les décombres d un ancien château. Un pont de sept arches établit une communication entre les deux rives de la Bormida.

La plupart des maisons sont en briques ; les rues sont étroites, mais il y existe une promenade, plantée d ormeaux, dune grande beauté.

La population est de 3,oio âmes, composant Spo familles.

Une partie des habitants occupe des villages ou hameaux très éloignés. Gelui de Ferania est le plus considérable. Gelui de Montenotte a donné le nom au département; c'est près de ce point que se trouve la redoute de Montenegino, où le géjiéral Rampon prêta un serment célèbre ; c est à Montenotte que se livra la première bataille de la campagne de 1796. On y voit encore les restes des redoutes où une poignée de Français soutint si long-temps Feffort de Fennemi.

i84 CHAPITRE I.

Le territoire de Cairo consiste principalement dans un bassin formé par les versants de la Bormida ; il est environné de quelques coteaux garnis en vignobles, et de montagnes couvertes de bois taillis et de quelques forêts de hêtres. Le climat est assez sain, mais il est exposé aux orages et à la grêle; les neiges y sont quelquefois abondantes, mais elles durent peu, parceque les dégels proviennent toujours des vents de mer.

Faute d argent et dactivité, la culture n a fait jusqu'à présent que peu de progrès. La défense de l'exportation des grains et des bestiaux, renouvelée souvent par lancien gouvernement de Turin, n a pas peu contribué à y ralentir Findustrie agricole ; ces entraves furent levées lors de la réunion de la Ligurie à la France. La route qui vient d'être établie de Savone à Cairo doit encourager au travail les habitants, dont l'existence deviendra beaucoup plus heureuse ; l'industrie saura désormais profiter des eaux de la Bormida pour former des prairies, et nourrir des bestiaux nécessaires à la consommation de Savone; le transport des bois de construction sera facilité; le commerce des forges doit devenir plus actif, et cette commune doit prendre un nouvel essor.

On trouve à Cairo une seule paroisse, deux confréries, vingt chapelles, un hôpital, et un bureau de bienfaisance, doté par M. Scarampi; enfin une école primaire.

La tradition fait remonter très haut la fondation de Cairo. On suppose que cette ville a pris une part considérable dans les guerres des Liguriens et des Insubres contre les Romains; que depuis, les Goths et les Sarrasins s y sont établis, et qu'ils ont construit à Montenotte les châteaux Castelfogorato et Castellazzo, dont on voit encore quelques décombres. Quelques écrivains ont appelé ce point Regia linguarum; ce nom désigne différents villages situés au pied des Apennins, et paroît prouver que Cairo étoit cheflieu de quelques communes des environs.

Ce pays est compris dans la prétendue donation faite à Alérame, premier marquis de Montferrat, par l'empereur Othon, le 23 mars 967. Dans l'an 121.45 1® ^5 juillet, Othon et Hugnon Carretti, seigneurs de Cairo, se donnèrent à Gênes. En 14195 ce pays revint de nouveau aux ducs de Montferrat, qui le perdirent en 1434.

TOPOGRAPHIE. i85

Une partie revint à Victor Amédée par le traité de i^oS. Les ducs de Savoie en restèrent les maîtres par le traité de Vienne de ij3S. Les Carretti avoient cédé l'investiture des droits seigneuriaux au marquis de Saluzzo en i322 j celui-ci les remit aux frères Scarampi en i349- Le marquis d'Aix leur, succéda en 1747-

Les affaires de la commune étoient confiées à un syndic et à douze conseillers : le premier ne restoit en charge qu'un an ; il étoit administrateur des deniers de la commune, et rendoit compte de sa gestion à deux. commissaires du conseil , et ensuite à l'intendant de la province.

Le juge étoit nommé par le seigneur, et confirmé dans ses fonctions par le sénat; il jugeoit en premier ressort pour le civil. Le roi de Sardaigne entretenoit à Gairo deux compagnies de troupes de ligne et un officier de l'étatmajor avec le titre de commandant. Cette commune faisoit partie de l'intendance d'Acqui. Il existe à Ferania, près de Gairo, une inscription antique. (Voyez histoire et administration, chap. 3.)

Gargare renferme 777 individus composant i55 familles. Ce pays, autrefois ligurien, est traversé par la Bormida. La température est à peu près la même que celle de Gairo; l'exposition est meilleure et plus salubre. Les collines environnantes sont assez bien cultivées, quoique le terrain soit sablonneux et peu fertile. Les productions du pays consistent en froment, en blé de mars, châtaignes, vin, et fourrage. La récolte suffit à peu près pour la consommation. On y cultive le chanvre; les mûriers y sont d'un revenu considérable. Le commerce y est actif et s'accroît journellement depuis l'ouverture de la route de Savone, qui se divise sur ce point, et conduit d'une.part dans le Montferrat, et de l'autre dans le Piémont.

Il existe à Carcare un collège où l'on compte actuellement seize pensionnaires seulement. Il fut fondé en 1621, au moyen d'une donation faite par le sieur Castellani. Six élèves de cette commune dévoient être élevés à Rome, et quatre filles dévoient être dotées sur les revenus de la fondation; mais ces revenus ne rentrent plus depuis que la banque de Rome a suspendu ses paiements, et qu'il n'est plus permis d'envoyer des enfants dans des collèges étrangers. H y a une église, trois chapelles, et un hôpital dont les revenus sont de 240 francs.

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Il est fait mention de ce pays dans un diplôme de Tempereur Othon, en faveur de Tévèque de Savone, en Fan 998. Le marquis Boniface^ petit-fils d'Alérame, marquis de Montferrat, en étoit possesseur, comme om peut le voir par la cession qull fit du pays deBiestro en 1 1 1 1 ; enfin, Carcare, Cofrseria et Millesimo firent partie du patrimoine des frères Garretti, niMnquts de Savoxke, comme il résulte d'iun acte de 1276. L'histoire de Carcare est toujours liée à celle du marquisat de Finale dont il faisoit partie*

Les rois d'Espagne, la maison d'Autricbe, et la république de Gènes., ont été successivement les maîtres de ce pays. Avant la réunion de /la Ligorie, il y avoit un juge dont la juridiction comprenoit les pays d'Qxilia, de Bormida, et de Pallare. Sa compétence n'étoit bornée qu en matière criminelle, et ressortoit du gouvernement de Finale. L'administration de Timérieur appartenoità lan syndic et à un cons^ général.

Carcare a été pendant quelques jours le quartî»*- général de Farmée française d'Italie à l'ouverture de la campagne en 1 796.

Alt ARE, pays piémontais, situé immédiatement au pied des Apennins, à la hauteur de Savone, dans un vallon fort étroit, possède un territoire très borné. Le climat est humide et insalubre, les fiévipes tierces y sont fréquentes.

Les productions consistent principalement ^en châtaignes, en blé, seigle, et légumes; la commune a en onire quelques droits de pâturages contestés sur le territoire de*Cairo et de la Gonsevola.

L'industrie vient au secours des habitants. On compte plusieurs fours à verreries qui fournissent environ 4000 quîntaux de verre. Gent vingt ouvriers s'emploient à cette fabrioadon pendant cinq ou «rx mots de l'année et émigrent ensvite pour aller travailler dans les dîflPérevies partiesxle l'Italie, d'où ils apportent quelque arg^it et une aménité de mœurs très remaiv quable dans un paysisolé, et d'ailleiu*s presque sauvage. Gette manufacture a ^té protégée par les rois de Sardatgue; elle avoit des statuts particuliers qui prescri voient le retour des ouvriers dans une certaine saison, sous peine de confiscation de biens. Les verriers avoient un consulat séparé, etformoient une espèce de noblesse. On traitera plus au long ce sv^et dans le chapitre relatif à l'industrie.

On troiiTe du charbcm fossile dans le territoire de cette comimioe) et il y existe nue source d eau minérale sulfureuse que Ion croit utile dans les ma^ ladies pulmonaires.

Ses établissements consistent dans trois chapelles, une paroisse et une confrérie dont le chapelain a la charge d'apprendre à lire et à écrire aux enfents. Le iMiFeau de bienfaisance administre un leg» chargé de ta dotation de deux filles chaque année* Les fours à verreries sont au nombre de six.

Cette commune faisoit partie du patrimmne des marquis de Garretto. On prétend que le village a été bâti vers Tan 1000 de Tère chrétienne, et que les manufectures de verreries sy établirent vers ta même époque. U existoit jadis un château bâti par les marquis de Garretto, et qui a été démoli récemment.

Âltare appartenoit au roi de Sardaigne, qui y entretenoit un juge qui décidoit en premier ressort, pour le civil, et sans appel pour la police correc*tionndle. L'administration intérieure étoit gérée par un syndic, cinq conseillers, et un secrétaire. La population consiste en 1^162 habitants formant deux cent vingt-quatre familles.

Mallâre, petite commune, est placée à la chute des Apennins, dans une vallée froide et sombre*, son territoire est étendu , mais peu fertile, et susceptible d'une meilleure culture : f air y est peu salubre. Le principal produit consiste dans les châtaignes^ le blé, les légumes, et particulièrement le chanvre. On augmenteroit ainguHèrement les ressources du pays en grefësint les châtaigniers sauvages qui couvrent les sommités, et qui sont d'un très petit produit. L'industrie vient au secours des habimnts. U existe trois forges dans ce territoire.

On n'a point de données certaines sur lliisloire de œ pays. Il faisoit partie du patrimoine des marquis de Garretto, qui le tenoient de l'empire. Un d'eux en fut dépossédé par jugement, et le fief passa ensuite entre les mains des Marini Gavotti et Gataneo, nobles Génois. Il revint ensuite à la maison de Sardaigne qui en céda les droits seigneuriaux à la maison Donandi de Turin.

De cette commune dépend le hameau de Formelli, où l'on voit une église érigée ei^prieuré en 1179, par Henri de Garetto, marquis de Savone. Il

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y existoi t un hôpital où dévoient être nourris , traités, et habillés douze pauvres malades. Les revenus de cet hôpital étoient assez considérables. Le prieuré ayant été réduit à une abbaye simple, Fhôpital ne subsista plus, mais on songe à le rétablir.^ Il y a aussi une petite école et un legs pour les filles à marier. Sa population est de i , 1 5 1 individus formant deux cent huit familles.

BORMIDA, pays agricole , dans une vallée profonde, au pied de la montagne de Settepani, point élevé de la chaîne des Apennins, est partagée en quatre bourgades, dont la paroisse, placée sur une petite éminence, forme le centre. Le territoire est étendu, mais peu fertile; il abonde en pâturages et en bois. Le climat y est rude; mais lair y est salubre. Le principal produit consiste dans les châtaignes; on récolte aussi des légumes et du blé. Cette commune est une des mieux cultivées.

Bormida' n'étoit autrefdis quun hameau d'Oxiglia; ce nest que depuis peu qu'elle s est accrue au point de former une commune séparée. Ses eaux abondantes y ont fait établir trois forges qui- maintiennent lactivité des habitants. Les propriétaires y résident eux-mêmes, et jouissent de beaucoup d aisance. Le pays j^articipoit des privilèges du marquisat de Finale dont il faisoit partie, et payoit peu d'impôts : ce sont probablement les causes de son accroissement.

Il existe dans la commune une petite école primaire, soutenue par un ancien legs, une confrérie, trois chapelles, et une paroisse. Le bureau de bienfaisance administre un legs pour les filles à marier.

La route que fit tracer Philippe V, roi d'Espagne, pour aller de Finale dans le Montferrat passoit par cette commune.

Sa population est de 703 individus formant i53 familles.

Pallare est divisé en neuf petits hameaux. La principale production du territoire consiste dans les châtaignes. Les bois communaux sont vastes, mais ils ont été ruinés dans ces dernières guerres; ils fournissoient avant des bois de construction. Le climat est moins rude que celui de Bormida, mais également sombre. Son territoire en plaine seroit assez fertile, s'il n'étoit dévasté par les inondations de la Bormida, qui roule sur ce point beaucoup de sables et de graviers. Ce qu'épargne le torrent est le terrain le mieux cultivé du canton, il produit du blé e^ des légumes. Une forge l^oute aux

ressources des habitants, qui sont en général peu industrieux, et peu travailleurs.

Pallare feisoit partie du patrimoine des Carretti et du marquisat de Finale. L'administration y étoit la même qu'à Carcare, dont cette commune dépendoit pour la justice. Il existe une paroisse, une confrérie, et une chapelle. Les habitants avoient le droit de placer leurs malades à Thôpital de Formelli; ils avoient aussi quelques droits sur les établissements de Garcare.

La population est de 5o6 individus composant cent neuf familles.

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