‹ Statistique des provinces de Savone: d'Oneille, d'Acqui, et de partie de laChapitre 33 sur 88 · CANTON DE FINALE · texte numérisé non relu

CANTON DE FINALE

Le canton de Finale se compose de huit communes divisées en quatorze paroisses; il renferme trois vallées où coulent des torrents, dont deux se réunissent au-dessous de Finale-Bourg; l'autre se jette à la mer, près de Pia.

Le canton est riche en sources que les anciens seigneurs ont ménagées avec soin dans les canaux, soit pour alimenter des papeteries, des fabriques de tabac, et des moulins, soit pour l'irrigation de beaux jardins potagers qui fournissent des légumes à une partie du Piémont et de la rivière de Gênes.

Le canton de Finale est remarquable dans la Ligurie par l'aménité des mœurs et l'instruction de ses habitants, par la perfection de la culture de son territoire, enfin par son commerce et son industrie. On y comptoit, il y a peu de temps, une fabrique de cristaux, vingt fabriques de cartes à jouer, quatre de papiers, des métiers pour les toiles médiocres, un chantier pour les constructions navales; enfin il s'y faisoit un commerce considérable, notamment pour l'entretien-de quatorze forges toutes possédées par les propriétaires du pays.

La jonction des torrents, aux environs de Finale, à lieu dans une plaine divisée en jardins très riants; le reste du pays est montueux, mais l'art a tout fait pour rendre ce terrain fertile; la vigne et l'olivier sont soutenus par des murailles en terrasses dans toutes les collines susceptibles de culture. Les terres sont fertilisées par des engrais abondants et un fréquent travail à la bêche. Le jardinage couvre le sol toute l'année, et, à force de soins, les

diffi^ents fruits se succédant les uns aux antres sans interruption. Les prin^ cipaux produits consistent en huiles, vins, légumes excellents, chanvre et herbages, oranges et fruits de toute espèce. La culture de ce pays est presque parfaite, et l'industrie ajoute encore aux ressources des habitants.

La moitié du territoire environ, située au nord-^est, n est point cultivée, maîsetie est couverte de forêts qui fournissent du bois de construction, du charbon, et deis pâturages. La population du canton est de 9,61 2 individus.

Finale, chef-lieu de ce canton, a été autrefois le siège d'an marquisat considérable, qui comprenoit, outre les communes qui composent aujourd'hui son ressort, quatre communes du canton de la Pietra, trois de celui de Noli; enfin les communes de Carcare, Pallare, Oxiglia, Calliss&no, et Massimino par-delà les Apennins.

La population de Finale monte à i^G^^j individus. La commune est divisée en deux bourgs principaux et quelques hameaux. Les deux bourgs sont séparés par un intervalle d une demi-heue; il règne entre eux une grande rivalité qui se manifeste dans toutes les occa^ons où il s'agit de traiter des intérêts particuKers de chaque bourgade; mais les divisions cessent dès qu'il s'agit d'un intérêt commun.

Les deux bourgs sont environnés de beaux jardins et de belles plantations d'oliviers et d'orangers, qui acquièrent un développement prodigieux; quelques orangers portent jusqu'à huit mille oranges.

Les bourgs de Finale renferment trois paroisses, dont les égUses sont ma«gnîfiques. Le traitement des curés est d'environ 1,000 à 1,200 francs. Les revenus des fabriques montent à 6,000 francs. Il y a en outre deux hosfHCes qui ont un revenu de 10,000 francs, deux collèges rentes de 4,000 francs, deux oraîtoires dotés. En général les bâtiments destinés au public et les di-vers établissements ont de la grandeur. La rivaUté qui existe entre tes deux parties de la commune y a contribué. Les maisons des particuliers sont également vastes et belles. Il existe un grand nombre de personnes riches^ instruites, et qui cultivent avec succès les arts d'agrément.

Finale, eu latin Finarium, est très ancienne, et tire son nom de la bonté de l'air qu'on y respire; elle est bâtie sur les ruines de l'ancienne Palupice; elle passa sifus la domination de la maison de Carretto en 1280. La domina-

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tioD de celte famille qui s'étendoit siir Savone, le marquisat de Finale, et la vallée du Tanaro, dura jusqu'au marquis Alphonse qui fut chassé par ses sujets à cause de sa tyrannie. André Sfbrce, k dernier de cette branche, céda ses droits à Philippe II, roi d'Espagne.

La résidence des jnarquis de GarreUo étoit située dans le village d'Orco; ils bâtirent le château de Gavone dans le treizième siècle. Cette &mille étoit souvent en guerre avec les Génois, et défendoit Tindépendance des pays qui étoient sons ses ordres. Les Gé&ois s emparèrent dun^ partie du territoire, et s y bâtirent le château de Gastel-Franco, que Ton voit encore. En 1447? Finale-Bourg fîit bloquée par eux; en 1449? le château GavoiOie fui; pris, et la république de Gènes s empara du marquisat. En i45o, Finale-Marine commença à être bâtie.

La famille de Carretto, aidée du secours des marquis de MoiitferTat et du roi de France, reprit ses anciennes pcissessions, fit chassa les Génois en 1^52.

Les macquis continuèrent à posséder tranqwUememt Finale jus<{ui la moitié du seizième siècle. Ge fut à cette époque quA^honse^ donc la tyrannie révolta le peuple, iut chassé, il se ferma après cette révolution une assemblée composée d'un député de chaque commune, sous le nom de députation du marquisat : elle étoit chargée du gouvernement, qui s est soutenu dans les mêmes formes jusqu à ces derniers temps., quoique le marquisat eût passé sous plusieurs dominations difféMntes. La députation déclara Alphonse déchu de tous sesdrmts. Ce seigneur, n ayant pu ri^n obtenir de la cour de Vienne, céda ses prétentions au roi d'Espagne en 1591. Cette puissance trouvoit un grand avantage dans la possession de Finale qui facilitoit ses relations avec le Milanais : elle ia conserva jusqu'au commencement du seizième siècle, ^oque à laquelle ce pays^ déjà réuni au duché de Milan, passa entre les mains de Tempereur.

Enfin, en Tan 171 3, le marquisat fut v^endu par rem^ereur à la république de Gènes; la république en est restée paisible possesseur jusqu'au moment de la réunion , sauf les querelles qui s élevoient de temps à autre entre les Génois et les Finalois , pour la conservation de leurs intérêts et privilèges. La plus considérable date de 1784 ; tout le pays s'insurgea, et la république de Gènes ne put parvenir à y étabhr Tordre. Le procès fut alors

ag^ité au conseil aulique, qui ordonna aux Génois de renoncer aux innovations, et aux Finalois de rentrer dans le devoir.

Les privilèges de ce petit gouvernement consistoient dans la nomination de syndics, qui représentoient toute la province. Un conseil composé des consuls de toutes les communes recevoit leurs comptes à la fin de Tannée, et délibéroit sur les besoins 4^ petit état. Les afiaires d*une grande importance et les contributions extraprdinaires se portoient devant un conseil général composé des chefs de famille, sans distinction de rang et de fortune. Les syndics nommoient leurs successeurs, moyennant une liste double, dont Tune devoit être approuvée par le gouvernement, qui représentoit le souverain depuis Fabsence des marquis. Us nommoient aussi les censeurs chargés de la répartition des impôts. Le souverain exerçoit la pohce, et avoit la surveillance générale, sans toutefois pouvoir destituer ou suspendre les magistrats ; il n avoit aucune autorité sur les finances et l'économie du marquisat ^ la justice criminelle lui appartenoit; un juge envoyé par la république prononçoit sur les matières civiles, excepté dans les procès entre communes qui étoient portés par devant le gouvememenk

Ainsi le système administratif de Finale différoit de tous ceux de la rivière de Gênes, en ce que les représentants des communes fixoient à leur gré les dépenses sans Fintervention de la république.

VaRIGOTTI, situé à une demi-lieue à Fest de Finale, est composé de divers quartiers fbrt éloignés les uns des autres; sa population est de ^yo individus, qui sont pêcheurs ou cultivateurs. Les productions consistent dans Fhuile ; les oliviers sont les plus beaux et les plus fertiles du canton; les jardins produisent des légumes de toute espèce; la pêche forme aussi Fune dps ressources du pays : la principale pêche est celle des anchois. Les habitants sont industrieux ; presque tous vont exercer divers métiers en Espagne , et ils en rapportent beaucoup d argent ; ils entretiennent un assez grand nombre de bestiaux conduits par des bergers qui habitent dans la montagne pendant toute Fan née. Cette commune renferme des particuliers fbrt riches, et qui pourroient tenir rang dans des villes considérables; mais ils sont fbrt attachés à leur pays natal.

L'église paroissiale est bien bâtie, comme celles de tous les villages du littoral. Le curé a un revenu de 1 3oo francs.

CalvisIO et VerzI; le premier, peuplé de 4^0 habitants; le second, de 96 seulement, forment une petite commune située au nord de Finale; elle est fertile en oliviers, en vin , et en légumes. Galvisio possède trois papeteries ; cette commune a deux paroisses; le revenu de chacune est de 5oo francs. Les fabriques ont 3oo francs de rente. La commune renferme 546 habitants.

Orco, commune de 336 habitants, située au nord de Finale, renferme deux quartiers, lun placé sur le sommet dune montagne, lautre au fond d une vallée s le climat est froid et le sol peu fertile. Les productions consistent dans le vin , les légumes , et les châtaignes. Le pays est généralement pauvre, et ses produits ne suffisent pas à la nourriture des habitants. Les femmes sont industrieuses; elles vendent à la ville du bois et du fromage de brebis. Ce petit village a été, ainsi que nous lavons dit, la première résidence des marquis de Finale ; on y voit encore les restes du château. La fabrique de la paroisse n a que 5o francs de r^te; le curé jouit d un revenu fixe de 4oo francs.

Perti, petit village auprès de Finale-Bourg, situé sur le penchant d une colline, contient S28 habitants, tous cultivateurs. Le. territoire de ce village, qui occupe le penchant d une montagne et une partie des deux vallées qui aboutissent à Finale, est très productif en vin, en JFruits, en légumes de toute espèce ; on y voit plusieurs jardins où 1 on récolte beaucoup de chanvre. On y emploie utilement le^ eaux qui arrosent le territoire : elles font mouvoir plusieurs moulins à huile et à blé ; on y remarque les ruines pittoresques du château Gavone. Le revenu du curé n'est que de 100 francs, celui de la fabrique, de 200 francs.

Calice, Montigello, et GarBUTA, forment une seule commune qui contient 1691 habitants, tous cultivateurs; ses productions consistent, pour Galice, en vin, légumes, et sur-tout en pommes dites de Saint-Gharles; pour Monticello, en huile, vin, jardinage, chanvre, et oranges; pour Garbuta, en vin, légumes, et fruits. Il y a, dans cette commune, un bois de chênes qui a été dévasté dans les dernières guerres; on y voit les restes dune ancienne fabrique de poudre à canon : elle est aujourd'hui abandonnée.

Cette commune renferme trois paroisses; le curé de Calice a 2600 francs de rente, et la fabrique 5oo; celui de Carbuta en possède 600, et la &brique 3oo; celui de Moaticello 400, et la &brique 60 francs.

FëGLINO est situié au fond de la vallée quon appelle Lego; son territoire reàferme une petite jJaine et des montagnes dont la [nincipale s'étend au nord jusqu'au col de Saint-Jacques, point militaire important et »çnalé par plusieurs combats. Le territoire est en partie couvert de forêts qui fournissent du bois de chauffîige que les habitants transportent au littoral. Les principales productions de ce pays consistent en vin, blé, légumes, pommes de SaintrCbarles, et fruits de toute espèce. Les oliviers y sont en petit nombre et peu fertiles. On trouve dans ce village un moulin à soie et nombre de bassines à filer les cocons.

La population est de 601 habitants, presque tous cultivateurs. Le curé a 4oo francs de rente, et la fabrique 35o.

VëNE et RiALTO forment une commune de 708 habitants, tous cultivateurs. Ces deux villages sont situés, lun au-Klessms de lautre, sur le penchant des montagnes de Carbuta. On récolte un peu d'huile à Vene; mais généralement ces deux villages, couverts par de hautes montagnes, ne fournissent que du vin, des grains, des légumes, et des pommes de Saint«-Charles. Rialto abonde en châtaignes. Il y existe en outre quelques gros pâturages oà les habitants entretiennent des vaches et des brebis qui donnent de bon lait; cette ressource est assez importante pour le pays. Les femmes sont employées à porter du bois de chauffage quelles vont vendre à la ville; le bénéfice qu elles retirent de cet objet, ainsi que du laitage, leur est très utile pour maintenir leur famille et leur procurer quelques secours. Cette observation peut être généralisée pour toutes les communes de ce canton. Le curé de Rialto a 4oo francs de rente, la fabrique en a i5o. Le curé de Vene ne jouit que de 200 francs, et la fabrique de i$o francs.

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