ASTOR, L^-VX A
Le^^terrkoîpe est couvert, du côté du midi, de bois sauvages, et de châtaig>Dwaies; on trouve versJle levait, outre les bois, quelques prairies et des terras à grains; vers le nord, de petites vallées, des prés, et des collines garnies de vignes» Au cducbant les montagnes sont toutes stériles et dépouillées. Le terrain est en général pierreux et froid : il exige une grande quantité deiumiw pour donner une récolte abondante. Les neiges et les brouilkurds fréquents contribuent au^ peu de fertilité da sol ; sa stérilité s'accroît par les sécheresses qui commencent vers le milieu de l^été. On ne peut suppléer au délîiut de pluie quen se servant des torrents pour larrosage; mais ils sont en général profbndétnent encaissés et présentent pendant iFété^i peu de ressources que les^hàbitants sont c^ligés denvoyer moudre leurs grcûnsdaa&les communal voisines.
Le climat de ce canton, envivonné de hautes montagnes, est sujet à des vents fort irréguliers. Les orages y sont fréquent» en été, et y amén^eoit la gréle. Dès les premiers jours d'automne il y-géle et lesci>iK>uiUaixis sonb épw. Les productions du sol, et les bois»euK*»mémes, soiifficent beaucoup» de llintempérie des saisons.
Le canton se compose de quatre communes: Sassello, Oiba, Martina, et Santa Maria di Tiglietto. Sa population. totale est de 6,284 habitants, composant 1,236 femilles. La principale ressource consiste dans les chiLtaignes et le produit des bois de construction. On récolte en outre des grains^ des légumes, du froment, du fourrage, du- vin, et on élève desbestiaujK en assez grande quantité.
L'industrie consiste dans le travail du fer, il exdste neuf forges dans le canton. On prépare en outre quantité de cercles, d'échalats, de planches, et autres bois de construction que l'on vend à Varrazee.
SaSSBLLO, chefJieu de canton, est divisé en deux paaxûsses^ et renferme 3,8o5 habitants. Il est bâti entre les deux petits torrents de TErro et Brugia, et dominé par le mont Armetto, qui forme une des sommités les plus élevées des Apennins. Cette ville a éprouvé beaucoup de vicissitudes, à raisoa de sa situation qui en feit une position militaire :^Ue a été brûlée trois fois dans les guerres des seizième et dixrseptième siècles»
Les bois de châtaigniers, qui font le principal produit de^^n terriijoire.
2o8 CHAPITRE I.
parsemés de petites habitations, servant d abri aux cultivateurs pendant leurs récoltes, décorent les montagnes qui environnent la commune, et rendent son aspect agréable et pittoresque.
Les bois communaux composés de hêtres, de chênes, et autres arbres de futaie, ofFrent des 'pacages assez vastes pour contenir un grand nombre de bestiaux. Cependant ce nombre n est point suffisant pour lengrais des terrains semés en blés ou en légumes: aussi les habitants se livrent-ils particulièrement à divers genres d'industrie. Outre ceux qui sont employés à foire et à transporter du charbon pour quatre forges qui existent dans le territoire de la commune, un grand nombre s'occupe à foire des cercles, à préparer des bois de construction, enfin à transporter à dos de mulet des grains et du riz pour lapprovisionnement du littoral, et à en rapporter, pour l'intérieur du Piémont, de l'huile et des denrées coloniales. On ignore absolument dans le pays l'usage des prairies artificielles, et ce défout de culture, joint à l'état afiFi:eux des chemins soit du côté du littoral, soit du côté du Montferrat, nuit beaucoup à l'aisance de cette commune, qui, étant bien placée pour le commerce, ayant un territoire étendu et une population industrieuse, devroit être dans l'abondance^
Le bourg de Sassello possède deux églises principales : celle de la Trinité, celle de Saint -Jean Baptiste; la première paroisse renferme quatre cent vinglKleux familles, formant 2,356 individus; le revenu fixe de la cure est de 986 francs: il y a en outre un desservant dans le vallon avec un revenu de 180 francs. La paroisse de Saint-Jean-Baptiste renferme trois cent trois fomilles, et i,449 habitants. Les revenus de la cure sont de 716 francs; à cette cure sont attachés deux desservants, dont l'un demeure dans le village Fallo, et l'autre dans celui de Champane. Us ont chacun 25o francs de rente.
On trouve à Sassello un mont-de-piété établi en 1600 par une bulle du pape Paul Y ; un hôpital , qui a une rente de i ,000 francs ; enfin un bureau de bienfaisance administrant quelques oeuvres pies, etc.
Voici quelques détails historiques sur la ville de Sassello, et suf les privilèges que ses habitants ont conservés jusqu'à ces derhiers temps.
Les incendies qui, dans le cours des derniers siècles, détruisirent les archives de %tôsello, ne nous ont point permis de trouver l'époque de sa
fondation. On sait seulement qu elle remonte à une haute antiquité. Les documents les plus anciens qui existent encore sont du douzième et du treizième siècles.
On y voit que ce bourg ainsi qu Orba et Dego furent assignés à un marquis Henri de Carretto , fils de Boniface. Un second titre annonce que les marquis firent l'échange dune portion de cette propriété en laSy. On ignore comment ce pays passa ensuite entre les mains des princes Doria. Ils le possédèrent pendant un siècle.
On trouve en i362 une convention passée entre eux et les représentants de la commune, qui limite l'autorité des premiers, et règle les obligations réciproques des seigneurs et des vassaux. Quelques différents s'élevoient encore sur ce point, ce qui donna lieu à diverses conventions, en i35i, i458 et i564. Les princes Doria obtinrent de l'empereur Ferdinand l'investiture de cette terre, sous le titre de seigneurie féodale; ils en furent dépouillés par l'empereur Rodolphe, pour abus d'autorité, d'après les plaintes des habitants. Les deux tiers du territoire devinrent alors libres, et appartinrent h la chambre impériale.
Ce fut à cette époque que le gouvernement génois chercha à en faire l'acquisition, afin d'éloigner de ses confins le duc de Savoie, et pour éviter sur-tout que, des sommités qui dépendent de ce territoire, on pût apercevoir journelle^ ment les mouvements qui se faisoient dans le port de Gênes. Elle obtint cette investiture à condition de débourser quinze mille florins de cinquante en cinquante ans. Le diplôme date de l'an 161 1. La république reçut le territoire à titre d'inféodation , suivant la nature des biens allodiaux., mais avec la conservation des privilèges dont le peuple avoit joui jusque-là; et notamment sous la condition de ne pouvoir imposer aucune charge publique sans le consentement de l'universalité des habitants. La commune jusqu'à ces derniers temps a toujours conservé ses privilèges avec beaucoup de soin; elle a eu à lutter à plusieurs reprises contre le gouvernement de Gênes, qui cherchoit à imposer des droits nuisibles à son commerce, particulièrement après 161 3, époque à laquelle la république acquit le tiers de la seigneurie de Sassello, qui !ippartenoit encore à un Doria.
Le juge étoit anciennement nommé par les seigneurs; il étoit tenu de
prêter le serment de conserver les privilèges et les droits du pays, suivant les lois municipales, et pouvoit même être rejeté par les habitants. Il rendoit la justice tant au civil quau criminel, quelque considérable& que fussent les intérêts à traiter, et les délits à punir. La république de Gênes envoya depuis un juge choisi parmi les nobles, avec Tordre de conserver les privi* léges locaux; et de juger suivant les lois de la république, les seuls cas qui ne seroient point prévus par les statuts municipaux.
La commune payoit le juge à raison de 600 francs; les dépenses locales étoient prélevées sur le produit dun léger <lroit imposé aux familles : aucun autre impôt ne pouvoit être établi. Ainsi Sassello.avoit conservé tous ses privilèges en passant sous le gouvernement génois, qui navoit pu même y feire admettre Tusage du papier timbré.
Olba San-PiëTRO, situé 6ur les versants des sources de FOrba, renferme quatre-vingts familles, et 397 individus. Le site est encore plus sauvage que celui de Sassello ; la vigne n y est point cultivée, et Fagriculture y rapporte peu. Les châtaignes et la vente des bestiaux sont les seules ressources du paysan; Findustrie supplée à la stérilité du sol. Les habitants sont tous scieurs de long, et charpentiers pour les bois de construction. Ils émigrent pendant lliiver, et vont chercher de louvrage, soit dans la Romagne, soit dans les pays voisins. Au retour de la belle saison, ils rapportent dans leur pays des bénéfices sans lesquels ils ne pourroient y subsister.
Une forge, située dans le fond de la vallée de l'Orba, occupe les habitants qui séjournent dans le pays. Les femmes sont employées au transport du charbon.
La rivière de FOrba, extrêmement sinueuse, roule des eaux très vives, et fournit de très bonnes truites. Le curé d'Olba jouit d'un revenu de 3oo francs.
Martina, entre Orba et Tiglietto , est placée dans les montagnes également sauvages; ses ressources agricoles consistent dans la vente des châtaignes, et dans un peu de culture. Il existe à Martina une forge qui envoie ses produits à Vc4tri par Rossiglione, et tire du même côté la mine de fer. Les habitants sont pour la plupart scieiurs de long : ils émigrent pendant Fhiver. La population de la commune se compose de i,i4i individus for-
TOPOGRAPHIE. 2n
mant deux cents Bamilles. Le curé de Martina a un revenu de jSg francs.
Sainte-Marie DEL TigLïETTO, dans le vallon de l'Orba, au nord de Martina, a un pont de pierre sur cette rivière. Placée dans une vallée profonde, entourée de hautes montagnes, cette commune est peu salubre ; la plaine assez bien cultivée produit des grains, du froment, et des légumes. La grande ressource des habitants consiste dans les châtaignes, et dans les produits de Findustrie. On y voit trcHS forges qui oecupent beaucoup de bras. Les habitants, qui sont en outre pour la plupart charpentiers et scieurs de long, émigrent ainsi que ceux dont nous avons parlé, et rapportent quelque argent à leur retour.
TiGLIETTO renferme g^i habitants, qui composent cent quatre -vingt treize familles. Le curé n a aucun revenu.
Les eaux de TOrba fournissent aux habitants des truites,, des brochets, et autres poÎMOBs.
Les produits des bestiaux, des châtaignes, et des bois aident à soutenir cette population, d'aillexurs fort misérable.