CANTON DE LA PIETRA
Le canton de la Pietra est situé sur le penchant méridional des Apeniiing. Trois des communes qui le composent se trouvent sur le bord de la mer^ les autres sont situées dans des montagnes escarpées et sauvages* Les vallées de Loano et Pietra sont les plus fertiles du canton* Les montagnes de Saint- Esprit, en s 'inclinant vers la m^r, forment une chaîne de collines très bien cultivées en oliviers et en vignes, au pied de laquelle se trouve Loano , dans une position délicieuse.
Le sol est généralement pierreux et aride dans les montagnes, arigileux et fertile dansja plaine; au nord, il est couvert d arbres de constructî<» navale, Imtérieur du canton est planté d oliviers , de vignes, et orné de champs, prés, et jardins. La culture, qui est soignée vers le Uttoral, rapporte considérablement en huile, vins, et fruits de toute espèce.
Le commerce est très actif en temps de paix maritime-, les communes de Loano et Pietra emploient un grand nombre de bâtiments propres au grand et au petit cabotage. L'industrie consiste en manufactures de savon, et de vermicelle, et en fabriques de dentelles nmres ; on y vend aussi du charbon de bois.
Le climat varie selon les élévations du sol; il est chaud ven la mer; la neige séjourne environ six mois sur le Monte-Calvo, qui est le point le plus élevé.
La population est de 1 1,444 habitants, agrîcditeurs, marins, ou négociants.
L'histoire fournit peu de notions sur les coBMnunes de ce canton ; les dé*» bris des châteaux annoncent quelque antiquité^ mais il n y a rien de positif sur leur construction, que Ion fait remonter au dixième siècle.
Les communes qui composât le canton, ont appartenu à la répubhque de Gènes, aux évéques d'Albenga, à la maison de Savoie, et au marquisat de Finale.
Pietra est située au pied d une montagne, dans une joUe plaine qui s'é*
tend jusqu'à la mer. La paroisse a 5oo francs de revenu; le bureau de bienfaisance 254 francs, et Fhospice 547 fr^^^cs.
Le sol est généralement pierreux ou argileux; sa contenance est de 4^4 hectares, dont 325 en oliviers, vignes, prés, et champs; 27 en bois; 4^ en pâturages; i5 en bruyères; 54 en rochers nus, terres en friche, chemins, maisons, torrents, etc. Il produit de Thuile, du vin, des fruits, du jardinage. Le commerce consiste principalement en blé et vins. La population est de 2, 1 1 1 habitants agriculteurs, négociants , ou marins.
Ce village s'est embelli depuis quelques années; plusieurs bâtiments y ont été construits sur de bons plans, et attestent laisancc des propriétaires.
En 1260, le marquis de Savone vendit la commune de Pietra à Tévêque d'Albenga; mais le pape Urbain VI en dépouilla cet évéché pour la céder à la république de Gènes, avec beaucoup d'autres communes, afin de s'acquitter des dettes qu'il avoit contractées envers cette république. Il n'existe pas d autres notions sur ce pays.
LOANO est situé sur le bord de la mer, dans une belle plaine. Sa paroisse a 1 , 1 1 3 francs de revenu ; un hospice est doté de 8 1 4 francs ; l'œuvre de bienfaisance Richerî a 2 1 8 francs de rente, pour distribution de pain aux pauvres et pour célébration de messes.
Le sol est assez fertile ; les productions sont les mêmes que ci-dessus. Les habitants sont en général très actife ; les hommes s'occupent du com* merce en grand; les femmes, du ménage; elles fabriquent des dentelles noires, que Ton envoie en Espagne ou dans la Romagne. La population est de 2,767 habitants agriculteurs, négociants, marins, ou artisans.
Le village étoit anciennement situé au Poggi ; le commerce maritime excita les habitants à s'établir au bord de la mer. Les bénédictins ont possédé ce pays pendant long-temps ; puis la famille Doria ; ensuite les Fieschi, maîtres de Torriglia et de la Lunigiana, l'eurent en leur pouvoir jusqu'en i547. A cette époque, les seigneurs de Lunigiana ayant été bannis à cause d'une conspiration contre l'empereur et la république de Gênes, l'empereur Charles V donna cette commune à son amiral André Doria, prince de Melfi. En 1786, l'empereur Charles VI, en vertu des préliminaires de paix conclus avec le roi de France, accorda la juridiction de cette commune au roi de Sardaigne,
à titre de fief impérial secondaire. Alors la maison Doria en reçut l'investiture du roi de Sardaigne. En 1770, les constitutions du Piémont y furent publiées, et dès lors les consuls de Loano cessèrent de juger en première, instance dans les procès civils. Ce pays fiit réuni à la France en 1802 ; et depuis 1806, Loano faisoit partie du canton de la Pietra.
Verzi, petite commune composée de plusieurs bourgades, a une paroisse dotée de 676 francs de revenu. La population est de 366 habitants agriculteurs , ou pasteurs.
BOISSANO est situé dans la plaine; sa paroisse a 480 francs de revenus. Ses productions consistent en huile, vin, blé, châtaignes, légumes, fruits, fourrages, etc.; ses pâturages sont très abondants. La population est de 432 habitants agriculteurs ou pasteurs.
TOIRANO se trouve dans une belle plaine, environnée de hautes montagnes. Sa paroisse a 291 francs de revenu ; son hospice 1,067 francs ; l'instruction publique y possède un revenu de 284 francs; et son bureau de bienfaisance est doté de 763 francs.
Le sol est fertile; il produit de l'huile, du vin, du blé, des fruits, du jardinage; c est le meilleur pays du canton.
Il s y fait un commerce de transport qui emploie cent mulets.
La population est de 1,1 65 habitants.
BaleSTRINO et Carpe composent une commune. Le pays est très froid en hiver à cause de la neige qui couvre Montecalvo pendant six mois de Tannée. La paroisse de Balestrino a 4oo francs de revenu, celle de Carpe 260 francs, n y a un hospice doté de 200 francs de rente, et un bureau de bienfaisance de 1 20 francs.
Le sol n'est pas fertile, néanmoins il produit de l'huile, du vin; il abonde en bois de chauffage, et de construction, qu'on transporte à la Pietra, et à Loano. La population est de 696 habitants, presque tous occupés de l'agriculture, de la coupe ou du transport des bois.
Ranzi estsitué sur le penchant d'une colline. Sa cure est dotée de 285 francs; le bureau de bienfaisance n'a que 20 francs de revenu pour secours à domicile ; il existe aussi un legs de a5o francs pour l'instruction publique, et pour
célébration de messes.
2oii CHAPITRE L
Le sol est ingrat et stérile. La population est de 233 habitants, la plupart agriculteurs:
GlUSTENIGE est composé de différent» hameaux, épars sur des rochers, et dans des collines. La paroisse a 38o francs de revenu. Le sol est maigre et pierreux* Une partie est couverte de pâturages, l'autre est couverte de bois. Le bétail est abondant, et fournit dexcdllent laitage. La population est de 660 habitants, partie agriculteurs ou pasteurs, partie employés à la coupe et au transport du bois.
TOVO est composée de deux bourgades, dont lune se trouve en plaine , l'autre sur le penchant d'une montagne. Sa paroisse a 400 francs de revenu. Le bureau de bienfaisance n'a que 16 francs de rente.
Le sol est médiocrement fertile en oliviers. Sa population est de 710 habitants, presque tous agriculteurs, ou pasteurs.
BarDINO-VECGHIO est composé de quatre bourgades. La paroisse a 270 fr. de revenu. Le sol est pierreux, mais très bien cultivé. On y voit de tous côtés des murailles qui soutiennent des vignobles, des oliviers, et des terres labourables. Le bétail est abondant, et le laitage sufRt aux besoins du pays. La population est de 320 habitants, tous agriculteurs.
Bardino-Ndovo a une paroisse qui a 208 francs de revenu. Le sol est pierreux -, mais il est aussi bien cultivé , et produit fes mêmes denrée» que Bardino- Vecchio. La population est de 44 1 habitants, presque tousr agriculteurs.
MAGLIOLOauneparoisse dotée de ï66 francs de revenu. Le sol, queiquemon^ tagneux, produit du blé, du vin, des châtaignes; Je» pâturages y sont abondants , ainsi que le bois, dont une partie est mise en charbon , tandis que l'autre sert aux constructions navales. Il y a une forge dans le pays. La population est de 45o habitants, tous industrieux: il s'occupent de l'agriculture, de la coupe du bois, et de la fabrication ducharbo».
BORGIO, situé au pied' d'une montagne, vers la mer, a une paroisse èemt le revenu est de 320 francs. Son soî en plaine est bien abrité et fenile : il fwoduit beaucoup dTiuîfe, devin, et de jaixfinage. Lapopulationesldte 30i habitants, tous agriculteurs.
VïaiREZZt, situé sur la montagne du Caprozoppa, a une paroisseqm a'324 frde revenu, et un établissement de bienfaisance doté de 1,0 1 1 francs de rente
TOPOGRAPHIE. ao3
pour des secours à domicile. Le sol est pierreux et stérile; néanmoins les habitants y cultivent les oliviers, la vigne, et y sèment aussi des grains. Les pâturages y sont fort bons, et servent à lentretien.de beaucoup de vaelies et de brebis, qui fournissent du lait et du fromage que l'on vend à la Pietra et à Loano. La population est de r^9>babitants, agriculteurs ou pasteurs.
GOBAA se compose de trois^ bourgades, situées sur des collines.: La paroisse Sai»t^Barthélemy a 33â: francs de reV'Onu, celle de SaîntJeanr^Baptiste en a 14.0. Le bureau de bienfaisance na que 83 francs derente.
Le sol est entrecoupé de rochers; de hautes montagnes lui dérobent Finfluence de la chaleur du midi , et cependant le terrain est un dest plus fertiles du canton. C est à Findustrie des habitants quest due la fertilité de cette commune, qui produit du vin excellent, de Thuile, du blé, et des fruits de toute espèce, etc. Les pâturages y sont abondants, et nourrissent une quantité de bétail qui fournit d excellent laitage, et beaucoup d engrais.
La population est de 6o4 habitants, presque tous agriculteurs*
CANTON DE QUIGLIANO.
Le canton de Quig^iano s'appuie à la crête des Apennins, depuis Montealto^ jusquau*delà du col d'Altare. Il renferme les versants de deux torrents, de Zinola et de Vado, et longe kr joter dans la partie la plus abritée de la rade. Ces torrents ne se dessèchent jamais, et donnent des moyens d'arrosages , SHfisi que la fecilité d'établir des mouMns et des usines. Le sol est généralement argileux, mais les petites |^nes quefbrsMnt les torrents à leurs débouchés vers la mer sont composées d'alluvions, et de bonne terre vé«gétale.
Les productions consistent dans le vin, llimle, le blé, les légumes, le jar^ dinage, et quantité de bois à brûler, ou propre à la construction.
La population est de 49674 habitants : ^e se compose d agriculteurs, dé filenrs, de tisserands pour la fabrication de toiles à voile; enfin de pêcheurs et de marins. Il se fait en outre un commerce assez considérable de chaux et de bois que Ion transporte par le cabotage aux di£férents points de la ri-
2o4 CHAPITRE I.
yière. Le climat du canton est très yariable; la plaine est généralement tem^ pérée, la gelée ne s'y fait presque jamais sentir, parceque les montagnes qui Fentourent sont élevées, et la garantissent. des vents du nord; mais les villages placés sur des hauteurs éprouvent une température différente à raison de leur élévation , et des vents violents auxquels ils sont exposés. Les pluies sont abondantes dans le printemps et dans Fautomne, et causent quelquefois des débordements. Les vents les plus communs sont ceux de lest et du sud ; ils occasionent des fluxions rhumatismales, qui entraînent fréquemment la perte des dents : ils amènent aussi des fièvres intermittentes pendant Fhiver et le printemps.
QuiGLIANO , chef-lieu de canton , est bâti au confluent dés deux torrents Roverossa et Gadibona ; le bourg est environné de collines plantées d'oliviers ; il est mal bâti ; ses rues sont étroites et incommodes.
La plus grande portion de son territoire est montueux. La partie la plus fertile est située dans une plaine très riante, mais qui, malheureusement est sujette aux débordements du torrent. Ses principales productions consistent dans le vin, le blé, les légumes, les châtaignes, Fhuile et le bois, qui dans cette commune est à-la-fois un objet d'industrie et de commerce.
La quantité d'eau qui arrose le territoire, a permis d'établir dix-sept moulins à eau, une papeterie grossière, et un martinet ou chaufferie; et enfin des blanchisseries de toiles à voiles qui se fabriquent dans les environs.
La population est de 2,595 habitants, formant cinq cent soixante-dix familles. Les habitants, quoique industrieux, n'ont point porté la culture au point de perfection qu'elle pourroit atteindre. La manière dont ils jouissoient de leurs bois leur procuroit des ressources plus faciles : chaque habitant avoit le droit d'y couper sans aucune règle; cet abus a été réprimé.
Les contrats de i449 ^^ ^^ '4^6 annoncent qu'on y a exploité une mine de plomb mêlée d'une légère quantité d'argent.
C'est vers le dixième siècle que l'on trouve quelques notions historiques relatives à Quigliano. A cette époque elle formoit une des châtellenies de la maison Carretto : elle resta assujettie jusqu'en ni^ij et depuis fit partie du territoire de Savone jusqu'en i45o. Elle forma alors une commune séparée^ mais elle fut divisée en deux sections, l'une sous le pouvoir de Gênes, Fautre
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sous celui de Savoue, Un tiers de la population étoit régi suivant les statuts de Gênes; les deux autres tiers, suivant ceux de la ville de Savone. Au moment de la révolution ligurienne, ces deux portions de communes furent réunies, mais le quartier de Vado fit une commune séparée.
Quigliano a été le théâtre de deux combats lors de la dernière guerre. Dans le premier , qui eut lieu près de Viola , douze cents Français , sous le commandement du général La Harpe, tinrent en échec, pendant quatre jours, une division autrichienne. Le second combat eut lieu à Cadibona en 1800; à la suite de cette affaire les Français furent obligés de se retirer dans le fort de Savone. On trouve encore les traces des redoutes qui furent construites à cette époque par les deux armées.
Il y a dans la commune de Quigliano cinq paroisses; celle du bourg jouit d'un revenu de 800 francs; celle de Valleggia, de 700 francs; celle de Cadibona, de 5oo francs; celle de Montagna, de 600 francs; et celle de Roverossa, de 4oo francs.
Vado, dans une plaine belle et fertile, est situé au bord de la mer. Devant le village se trouve la belle rade de ce nom, où trente vaisseaux de ligne peuvent trouver un asile par tous les vents et dans toutes les saisons. Cette rade est cependant foraine, mais la nature de son sol d'argile en rend le mouillage excellent; elle est abritée de tous les vents dangereux. Le sol du territoire de la commune est argileux. Les produits consistent principalement dans les grains, les fruits et l'huile. La pêche est d'une très grande ressource pour les habitants. Le poisson est presque entièrement exporté en Piémont.
L'industrie consiste dans le petit cabotage, employé au transport des légumes et des fruits, mais principalement des bois pour les manufactures de Savone, enfin dans une fabrique de cotonnines pour les toiles à voile.
La population se compose de 220 familles, forni^^nt i,3i2 individus, qui sont agriculteurs, pêcheurs, marins et tisserands.
Le climat de Vado est le même que celui de Quigliano; il est seulement un peu plus sujet aux vents de mer; mais l'air y est malsain pendant l'automne et l'été, à cause d'une grande étendue de marais, que forme la rivière de Segno en se jetant dans la mer.
On pourroit établir dans cette commune, avec beaucoup de succès, des
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mîmes pour l'usage dtt pays, le climat étant en général fort sec entre la^fin de juin et le liiilieu de septembre.
Yado est désigné dans les auteurs anciens sous le nom de Vada-Sabaiâa , soit que Sabazia y ait été coûstruite, comme Vassurent les habitants, soit que cette belle rade eût été considérée comme partie de Sabazia, que Fon croit être Vanciéftne Sarone. Ony trouve des médaille» romaikies : j'en ai tu plusieurs portait Feffigie de César-Auguste.
Il y a à Vado une seule paroisse dont le curé possède un revenu de r,oo6 francs. La febrique jouit dun certain droit sur la pèche. Il y a dans la commune de Vado un hospice de dix-huit lits avec des revenus assez considérables.
'SeGNO, bâti sur le penchant d une cc^line, dans les versants du torrent de Vado, renferme i6o familles qui composent 767 iMibitants. Ses principaux moyens de subsistance consistent dans Fagriculture, le produit des bestiaux, la manufacture de toiles et cotonnades, le débit de la chaux, et la vente du bois à brûler.
Les prckluctions de Fagriculture aont principalement les grains, le vin^ f huile, et les châtaignes.
Le territoire est susceptible d'arrosage.
On y trouve des carrières coilsidérables de pierres cataires. La commune renferme six fours à ehaux qui sont dune ressource avantageuse aux habitants.
Le curé dé Segno jouit d'tin revenu d'environ 700 fî^ncs, y coÉ^pris le produit des quêtes.
CANTON DE SASSELLO.
Le Canton de Sasséllo est situé par-delà les Apennins, et comprend dans son territoire les sources de FOrba, et deux affluents de FErro.Son sol, entièrement montagneux," se compose dune quantité de petits vallons arrosés par des sources qui tarissent pour la plupart pendant Fêté, ce qui le rend peu fertile.
PUBLIC UiîKAK'l