‹ Statistique des provinces de Savone: d'Oneille, d'Acqui, et de partie de laChapitre 40 sur 88 · CANTON DE DEGO · texte numérisé non relu

CANTON DE DEGO

Le canton de Dego renferme une partie du cours de la Bormida. Les montagnes y sont très élevées, et sont en grande partie couvertes de bois forestiers et de châtaigniers. Quelques unes n offrent que des broussailles et des pâturages. Les collines y sont cultivées en labours ou plantées en vignes. La vallée la plus fertile est celle de la Bormida. Le canton produit du froment, du maïs, des châtaignes, du vin, et quelque jardinage. On y trouve des champignons et des truffes.

Le climat est généralement froid : le printemps est retardé à cause du voisinage des montagnes. En été la chaleur ne s y fait sentir que pendant deux mois, et alors on est exposé à la sécheresse, sur-tout depuis que 1 on a coupé les forêts immenses de Monte-Ursale, de Montenotte, Monte-Acuto, etc. Les vents du sud, depuis cette époque, se font sentir avec violence en été, et endommagent considérablement les campagnes.

L'air est vif et sain, et les habitants sont vigoureux et actifs, quoique les aliments dont ils se servent soient grossiers et peu nourrissants.

La population est de 5,o46 habitants. Le territoire est de io,5i8 arpents métriques.

Le commerce consiste dans l'exportation du charbon, du vin, des châtaignes, des cocons, et dans l'importation de l'huile d'olive, des cuirs, du riz, et de quelques marchandises du Piémont.

Dego, chef-lieu du canton, est divisé en dix-huit hameaux. Le village est sur un rocher escarpé, au-dessus de la Bormida. A peu de distance de l'ancien château qui est ruiné est l'église paroissiale dont le curé a 676 francs de revenu. La cure d'Urmenano rapporte 3o5 francs. Le territoire de cette com-

mune est de 3,4oo arpents métrique^) dont les deux tiers consistent en forêts, terres incultes, et rochers. 11 produit du froment, du maïs, des^faâtaignes, des trufifes, et des champignons.

La population de cette commune est de i ,77 1 habitants, presque tous agrir culteurs, pasteurs, ou charbonniers.

Il est question de Dego dans le diplôme d'Othon, en date de 967 , et dans celui de 991, lors de Férection de labbaye de Saint-Quentin de Spigno. A la mort d'Anselme, fils dAlérame, la commune de Dego passa sous la domination du marquis de Savone.

En 121 4? ^11^ ^^ cédée aux Génois : ceux-ci renoncèrent à leurs droits en faveur de Tempereur Charles IV, qui réunit cette commune au marquisat de Montferrat, en 1419- Le ^5 juin 1625, les Français et les Piémontais réunis, commandés par le maréchal de Gréqui, se portèrent sur Dego, et prirent le fort de Cairo.

En 174s 9 larmée française et espagnole, sous les ordres de don PhiK[^ d'Espagne, séjourna à Dego, du 6 au 10 juillet ; en 17949 1^ Autrichiens retranchés à Dego furent battus le 21 septembre par les Français. En 1796, le général autrichien. Devins, sy établit, et fît tracer des routes militaires, pour se rendre maître de la Ligurie. Il y repassa dans le mois de décembre de la même année, en se retirant sur Acqui. En 1796, après la bataille de MontenOtte, les Autrichiens repoussés prirent position à Dego, furent battus le i4 avril par les Français, reprirent 1 offensive, et repoussèrent leurs vainqueurs le 1 5. Le général en chef de larmée française les attaqua de nouveau en personne, et les mit en déroute après un combat sauvant, dans lequel périrent le général Causse et plusieurs officiers de grade supérieur.

Le 18 mai 1799, le général Victor (i) fut envoyé contre une horde de brigands qui s^étoient établis sur ce territoire. Le 1 5 juin suivant, miHe Austro-Russes vinrent camper à Dego, et s y arrêtèrent un mois, pendant lequel ils vécurent aux dépens du pays.

Au commencement daoût un corps français de i5,ooo hommes, sous les ordres du général en chef Joubert, arriva dans cette commune, et s'y arrêta

(1) Depuis marëcbal de France, et duc de BeUune.

quelques jours avant de se rendre à la bataille de Novi; il fallut encore les pourvoir de subsistances. Le 9 septembre un autre oorps de six mille Frai^çais vint à Dego, et il y resta pendant deux mois ; un autre corps de trois mille Français, en se retirant d'Acqui, y passa le 10 décembre, et sy arrêta six jours. Au mois daoût 1800, le général Mêlas vint avec une armée de trente mille Autrichiens, et campa sur ce territoire pendant deux jours.

Le passage des troupes autrichiennes dura jusqu'à la moitié de juin sui* vaut. Après la capitulation de Gènes, le général Masséna vint camper à Dego, doit il ne partit avec son armée que lorsqu'il apprit la nouvelle de la bataille de Marengo : ces détails prouvent toute Fimportance de la position militaire de Dego*

Les habitants de ce pays ont soufifert, pendant les années 1799 et i8oO| toutes les calamités de la guerre. Restés sans subsistances et sans maisons, ils ont vu diminuer considérablement leur population. Plus de quatre cents personnes furent victimes de la faim ou des maladies pendant Fan 1800.

ParetO est situé sur une colline assez élevée. Le climat est très froid, à cause de la neige qui s^oume sur les montagnes voisines. Il y a une paroisse et deux succursales dans cette commune. La paroisse a un revenu de 700 fr. *, la succursale de Robouro rapporte 4^5 francs; celle de Pontinvrea est dotée de 3oo francs. Le territoire de Pareto a 1 2,797 journées, dont 3,734 en terres cultivées, et 9,o63 en rochers, landes, et broussailles. On a tiré partie des bois et des eaux pour établir trois forges et un martinet dans le hameau de Pontinvrea. Le minerai est tiré de l-île d'Elbe, et le fer febriqué et renvoyé en Ugurie.

La population est de a, 1 6ohabitants, agriculteurs^ pasteur6,ou charbonniers.

Le hameau de Pontinvrea ayant été vendu par la cx>mmune de Pareto à la famille Invrea^ de Gènes, cdUe^ci concéda presque toutes les terres en emphytéose à des particuliers qui vinrent s y établir; et ensuite elle fit bâtir des usines et des moulins.

MiOGLiA. Le territoire de cette oommune est de 6,33o journaux, dont 1,583 en terrain cultivé, et le reste en rochers, landes, et pâturages.

La population est de i , 1 1 5 habitants, agriculteurs, ou pasteurs. La paroisse est dotée de 55o francs.

jU chapitre l

• En 1223, ce pays fut cédé à la république de Gênes. Eu 14199 il fut réuni au Montferrat; et en 1 736, j>ar le traité de paix entre la France et lempereur d'Allemagne, cette commune a été cédée au roi de Sardaigne, en qualité de fief impérial des langhes. Dans le diplôme de lempereur Othon, il est fait mention de Mioglia.

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