‹ Statistique des provinces de Savone: d'Oneille, d'Acqui, et de partie de laChapitre 43 sur 88 · CANTON DE SAINT-ÉTIENNE-BELBO · texte numérisé non relu

CANTON DE SAINT-ÉTIENNE-BELBO

Les communes eMiposanl ce canton renferment une partie du cours du Belbo, de la Bormida, et de Finella. Le sol est argileux, pierreux, et dans quelques communes^ assis sur le tuf. La turface est de 8,727 hectares, dont le €{uart environ est en landes, bruyères, et rochers, et le reste en champs, vignes , bois taiUis, et châtaigniers.

Le commerce du canton consiste dans Texportatton de ses vins dont les meilleurs sont le muscat, le malvoisie, et le passeretta, dans celle des cocons, et soies écrues, du bois taillis, des truffes, de la volaille, et dansFimportation des grains.

Les vallées les plus conttdérables sont celles de Belbo et Eiormida : cdle-ci est plus fertile, Fautre est sujette aux attuvîons, et elle est sablonneuse. Le climat y est assez inconstant et exposé à tous les vents; de sorte q«e le pays l»ouflBre à-la-fois en été de la sécheresse et des orages.

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La population du canton est de 9,40^ habitants, presque tous agriculteurs ou muletiers.

Les communes composant le canton de Saint-Etienne ont été le théâtre des guerres du Montferrat, ce qui les a fait souvent changer de maître. Quoique lorigine de ces communes ne soit pas connue^ il en est cependant qui sont fort anciennes, à en juger par les monuments qui existent, et par quelques documents dont il sera fait mention.

Saint-ÉTIENNE-Belbo est situé dans la vallée et sur la rive, droite du tor^ rent. Sa paroisse a un revenu de 1000 francs. Dans le hameau ^e Valdeville il y a un desservant.

L'hospice est en mauvais état de construction et p'a qu yne rente de 166 fr. ; cette somme est employée à dpnner des secours à domicile aux malades indigents.

L'étendue du territoire est de 4>^iQ journaux 4^ P^Y^) don^ So.ejgi friche, 3,240 en vignes et cham]>s, ,100 en prés, et 700 en bois taillis et châtaigniers^ La volaille, les œufs, le fromage, les agneaux^ qxie l'on exporte^lu pays., forment une ressource pour les habitants.

On y exploite descarrières de pierres^ plates qu'on l;ransporte à Asti.

La population est de 2,467 habitants, presque tous agriculteurs.

Des sources d'eaux jaillissent sur plu3ieur$ points de cette commune: le terrain n'est pas toujours spl^de. En 1752, un éboulementde.terre renversa et engloutit une bourgade entière ayec ses habitants.

. L'histoire du pays n'est pas intéressante. Le document le plus ancien que l'on, ait tjrpuvé indique la vente £aijte en 1 196, par le marquis de Bosco, des droits qu'il avoit sur Saint-Stephano-Beibo, au marquis de Montferrat. En 1292, cette commune a passé sous la domination de la ré^M^lique d'Asti. Il y avoit un pqtit château <;lQnt on voit encçre les débris, et qifi a été ruiné dans le quatorzième siècle.

En 1 5 1 5 , la moit\^ du fief de Saint-Étienne a été cédée au marquis d'Incîsa par le marquis de Montferrat. Par le traité de paix dç Turin çn 1708, cette commune a été donnée au roi de Sardaigne qui en a accordé l'investiture à la famille I^ncisa Bevaria.

Castiontinella est située sur une colline assez élevée. Il y a six hameaux

3i56 CHAPITRE I.

dans cette commune, et une seule paroisse dont le revenu est de 63o francs.

Le sol est presque partout de tuf; il a une étendue de â,ooo journaux, dont 3io en friche, et le reste en champs, vignes, prés, bois taillis. Il produit du froment, du maïs, des truffes, etc.

Le village est dépourvu d'eau ; les habitants sont obligés d aller la chercher à mi-côte : on a pratiqué des réservoirs dans le village pour abreuver les bestiaux.

La population est de 985 habitants.

Cette commune est aijcienne à en juger par les débris du château et par les monnoies qu on a retrouvées dans une de ses tours en 1 791 . Dans les jardins des particuliers on trouve aussi des monnoies antiques. En i5i5, la moitié de ce pays fut accordée par échange au marquis dlncisa par le marquis de Montferrat; mais en i536, lempereur Charles V ayant remis en possession les marquis dlncisa de toutes les terres dont ils avoient été dépouillés par les marquis de Montferrat, cette commune est retournée sous la domination de ces derniers, puis de ceux de Mantoue, enfin du roi de Sar^ daigne.

ManGO est situé sur une colline très élevée. La paroisse a un revenu de 400 francs.

L'étendue du territoire est de 5,254 journaux, dont 2,609 en friche, et les autres en champs, vignes, prés, bois, et châtaigniers. Depuis quelque temps où fabrique dans cette commune de la liqueur qui ne le cède en rien à celle de Turin.

La population est de i,634 habitants, dont la plupart sont agriculteurs ou muletiers.

ROGHETTA Belbo est située sur un rocher qui forme un petit plateau à la droite du torrent Belbo. Elle a une seule paroisse dont le revenu est de 25o fr.; le sol contient 5oo journaux, dont 1 70 en friche, le reste en vignes, champs, prés, et bois taillis, ou châtaigniers.

La population est de 3o3 habitants, presque tous agriculteurs.

En' 1 196, le marquis de Busca vendit. ses droits sur Rochetta Belbo au marquis de Montferrat. Ce pays a passé ensuite sous la domination des ducs de Mantoue et du roi de Sardaigne.

TOPOGRAPHIE. aSy

COSSANO est situé sur un rocher, sur la rive droite du Belbo. Il y a cinq hameaux dans cette commune, et une seule paroisse, dont le curé a un revenu de i,5oo francs.

L'étendue du territoire est de 5,8 1 3 journaux, dont i,8oo en friche, le reste en champs, vignes, châtaigneraies, prés, bois taillis, La population est de 1,468 habitants.

En 1 196, Cossano a été cédé au marquis de Montferrat par le marquis de Brusca. En 12849 la république d'Asti envoya des troupes, qui après avoir été d abord repoussées, finirent par expulser les anciens feudataires.

VesIME est situé dans la plaine et sur la rive gauche de la Bormida à lest. Le curé de la paroisse a un revenu de 3,ooo francs, mais il est obligé d'entretenir le desservant et la succursale de la Piève. Le territoire est de 3, 600 journaux, dont 1,800 en friche, et les autres en champs, vignes, prés, bois, et châtaigneraies. Les cocons y forment une ressource considérable.

La population est de 873 habitants. L'hospice a un revenu de 35o francs.

Vesime possède un monument qui passe pour le plus ancien du canton. C'est une inscription sur un pilier de l'ancien pont de la Bormida, qu'on voit encore, et qui atteste que les Romains y ont passé, en venant des thermes d'Acqui pour se* rendre à la colonie de Catonio (Cairo). On voit aussi les débris d'un vieux château qui a été détruit en i644«

En 978 et 996, les empereurs Othon II et Othon III accordèrent le tiers de cette commune à l'évêque d'Acqui. En 1099, Boniiace, marquis de Montferrat, en donna l'investiture à son fils.

En 1 3 1 3, ce pays passa sous la domination de la république d'Asti, puis sous les marquis et ducs de Montferrat, de Maiitoue, et de Savoie.

Saint-Georges SgaraMPI, situé sur la rive droite de la Bormida, a une paroisse dont le revenu est de 800 francs. Le sol est de l'étendue de i ,600 journaux, dont le quart est en fiîche, et 1« reste en champs, vignes, prés, bois, et châtaigneraies.

La population est de 335 habitants.

BUBBIO est situé sur le penchant d'une colline, sur la rive gauche delà Bormida. Sa paroisse jouit de 5oo francs de revenu.

Le territoire est de 480 journaux, dont 200 en friche, et les autres en

champ», yi^ea, prés, et bois. On fait dans cette commune quantité de planches de sapins.

La population est de i,34o habitants.

En i3i3, la république d'Asti donna cette commune au marquis.de Montferrat.

CANTON DE SPIGNO.

Le canton de Spigno est arrosé par la Bormida et la Valla.

Son territoire est généralement montagneux et stérile. Les montagnes les plus hautes sont couvertes de bois de haute futaie, et plus particulièrement de chênes, de hêtres, ou de châtaigniers. Les collines ont des pâturages, des vignes, et des labours. Les mûriers formoient autrefois un revenu considérable dans les vallées-, mais on en a coupé une grande partie loiis de la dernière guerre.

Les productions du pays ne suffisent pas aux besoins des habitants qui y suppléent par le commerce de transport, et par l'industrie, qui consiste dans les filatures de soie et de laines grossières.

La chasse en automne et en hiver forme une ressource pour quelques familles : les lièvres, perdrix, grives, et bécasses y sont abondantes.

Le climat est très variable dans ce canton. La sécheresse s y fait sentir dans les mois de juin, juillet, et août : elle est fatale au maïs et aux Légumes : il n y a que les orages qui la tempèrent, mais ils sont souvent accompagnés de grêle qui dévaste les campagnes.

La population du canton est de 6,712 habitants.

Le territoire est de 40,700 journaux du pays.

L'histoire de Spigno remonte au dixième siècle. Presque toutes les archives des communes ont été dispersées ou brûlées lors de l'invasion des armées.

Les Sarrasins s'étant établis , au commencement du dixième siéde, dans les montagnes de la Ligurie, on fait remonter à cette époque la construction dés châteaux et des tours élevées quon voit dans tout le pays; elles servoient à éclairer la marche des. barbares.

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Vers le milieu de ce siècle, Alérame, prince saxon, chassa les Sarrasins, et reçut en récompense l'investiture de sept marquisats en faveur de ses enfants; savoir : de Montferrat, de Savone, Saluce, Ceva, Incisa, Bosco et Pon- . zone. Le diplôme de Fempereur Othon, qui les lui accorda, est de 967. La seigneurie de Spigno ëtoit comprise dans le marquisat de Ponzone.

Anselme, filsd'Alérame, fonda labbaye de Saint-Quentin de Spigno, par acte du 4 niai 991. Les bénédictins, en faveur de qui elle avoit été fondée. Font occupée jusqu'à Fan i49^- Labbaye fut alors sécularisée, et ses biens accordés à Augustin Spinola, évêque de Savone.

En 1 290 , la seigneurie de Spigno fut cédée par le marquis de Ponzone à la république de Gênes; celle-ci en accorda les deux tiers à titre de fief à Albert Carretto, en Fan i3oo, et l'autre tiers en i335; mais elle se réserva la souveraineté qu'elle céda en 1419 ^ Charles IV, qui la réunit au marquisat de Montferrat.

En 1 533, après l'extinction de la famille des Paléologues, le Montferrat fut dévolu à Fempereur Charles V, qui, en 1 536, en investit Frédéric Gonzaguè, duc de Mantoue. Cette branche s'étant éteinte en 1627, le duc de Savoie s'empara du Montferrat; mais l'empereur d'Allemagne en accorda l'investiture à l'autre branche Gonzague, duc de Nevers, de Rethel , et de Mantoue.

Cependant, comme le duc de Savoie mettoit en avant ses prétentions sur le Montferrat, il lui fut accordé soixante-quinze villages, par un traité de Querasque, fait le 6 avril i63i. Le traité de Turin, de 1703, lui accorda à titre de fief impérial une autre portion du Montferrat, dont il reçut Finvestiture en 1708.^

C'est dans cette partie tlu Montferrat que la seigneurie de Spigno a été comprise.

Spigno est situé au confluent de la Valla et de la Bormida, sur un rocher escarpé. On y voit les masures d'un vieux château.

On prétend que le pont de Spigno, sur la Bormida, fut construit pour là voie émilienne qui traversoit la commune; la route nouvelle passe au milieu du village.

La population est de 2,242 habitants, dont 1,066 dans le village.

Il y a quatre paroisses; celle du village a 5oo francs de revenu; celle de

26o CHAPITRE I.

Montaldo 200 ; celle de Torpino 3oo ; celle de Rochetta 200. L'hospice nest doté que de 126 francs; on y reçoit les malades les plus indigents du pays.

En 1687, larmée d'Espagne, commandée par don Martin d'Aragon, fut complètement battue dans la plaine de Spigno, par Victor Amédée, duc de Savoie. Les Espagnols se réfugièrent dans le château de Spigno, qui fut détruit de fond en comble par les Piémontais.

Le feudataire Frédéric Carretto voulut le rétablir à l'aide de corvées, et révolta contre lui ses vassaux qui le chassèrent.

Le territoire de la commune de Spîgno a i2,5o'o journaux du pays, dont 6,000 en vignes, prés et champs, le reste en châtaigneraies, bois de haute futaie ou taillis, broussailles, landes, etc. Les habitants de cette commune sont la plupart agriculteurs.

GlUSVALA, en latin Visiovalla, est fort ancienne. Il y avoit une abbaye de bénédictins qui fut détruite par les Sarrasins, comme il résulte de l'acte d'érection de l'abbaye de Saint-Quentin de Spigno, où il est dit : Et res illas (jjiiœfueruntjuris abbaticœ DeiSalvatoris, quœfUitconstructa in loco et/bndo Fisiovallis, sed a perfida Saracenorum gente destructa. Il y avoit aussi un château dont on voit encore les vestiges.

Le territoire abonde en châtaignes et bons pâturages; mais il manque de vin, le sol étant très élevé, et couvert presque partout de bois de haute futaie, et de châtaigniers.

L'étendue du territoire est de 4)500 journaux.

La population est de i ,064 habitants, presqiie tous agriculteurs ou pasteurs.

La paroisse est dotée de 25o francs.

Pi AN A, anciennement Plana, est partagée en sept bourgades. La Bormida sépare en deux le territoire de cette commune. On y voit les ruines d'un vieux château, bâti sur un roc de poudingue. On remarque sur le penchant de la montagne un gros rocher soutenu par une colonne de [poudingue fort mince, que le temps n'a pu détruire. Les habitants l'appellent Rocca del coUo.

Dans la vallée de l'Odisio, on trouve les ruines d'un pont antique et de beaucoup de maisons, sans qu'on puisse attribuer un nom à. ces ruines.

La paroisse n'a que 100 francs de rente.

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Le territoire contient 4^000 journaux environ, dont moitié en plaine ou colline, un quart en bois et châtaigneraies, et le reste en tuf et rochers couverts de broussailles.

La nouvelle route d'Alexandrie traverse toute la plaine de Piana, à gauche de la Bormida.

La population est de 687 habitants, presque tous agriculteurs.

Gagna est exposée aux vents, et le climat est froid. On y voit encore les masures dun vieux château, à proximité de l'église paroissiale. Le curé a 160 francs de revenu.

Le sol de cette commune contient i,5oo journaux.

Il résulte des chartres d'Acqui que cette commune a été donnée aux enfants d'Othon de Garretto, en i3i3, par la république d'Asti.

La population est de 236 habitants fort misérables.

MeRANA a sept hameaux et un vieux château. Le sol est presque partout • en tuf ou en rochers, excepté dans les petites vallées, où les habitants récoltent un peu de froment, du maïs, et des châtaignes.

La paroisse a i55 francs de rente.

La population est de 234 habitants.

SerOLE, placé sur une montagne, a une paroisse dont le revenu est de 160 francs. On y voit un vieux château en ruine.

Le territoire contient 49^9^ arpents ou journaux dont le tiers est cultivé, un autre tiers est en châtaigneraies ou bois forestiers, et le reste inculte. 11 y a de bons pâturages.

On se sert dans ce pays des arbustes de genévriers ou des sapins sauvages pour brûler les terrains défrichés ; les terres fumées de la sorte rapportent, pendant quatre ans consécutifs, de douze à quinze pour un. Dans cet intervalle on laisse pousser les plantes pour renouveler l'opération la cinquième année.

La population est de 462 habitants, agriculteurs ou pasteurs. On trouve des carrières d'ardoise sur le territoire de Serole.

PONTI est partagé du sud au nord par la Bormida. Il y a sept hameaux dans Cette commune, et une paroisse dont le curé a 3oo francs de revenu. Le château quoique ancien est encore habitable. y

On rencontre plusieurs monuments d antiquité ; près de la paroisse est un morceau d une grosse colonne de pierre oii on lit : Antonius plus imp. poni constituit. Dans la montagne près du village, on a trouvé il y a environ vingtcinq ans des monnoies de cuivre avec Finscription et la tête de César- Auguste. Dans lancienne route aquilienne, on a trouvé les débris d'un temple, et des tombeaux avec quelques lampes sépulcrales.

L'étendue du territoire est de 3,200 journaux, dont la moitié est en champs, vignes, et pré§, un quart en châtaigneraies, en bois taillis; et le reste en rochers et broussailles.

La population est de 677 habitants. On trouve à Ponti de superbes carrières de pierre de taille.

CastÊLLO-D'Ero est situé sur le sommet d une colline. Le château est ruiné. Sa paroisse a aoo francs de rente. L'étendue du territoire est de 2,000 journaux , dont la moitié en champs et vignes , le reste en bois de châtaigniers, rochers, et broussailles. Le pays est très exposé aux vents.

La population est de 266 habitants.

MONTEGHIARO, situé sur une colline de grès très haute et aride, a six hameaux ; le château auprès du village est ruiné. En 1 284, cette commune étoit indépendante, comme on le voit par lacté de convention passé avec le marquis de Carretto, et inséré dans les Monuments d'antiquité d'Acqui par l'abbé Moriando.

La meilleure partie du territoire se trouve di^ns la vallée de la Bormida , à côté de la voie émilienne, et de l'église dite de la Piéve, qu'on suppose avoir été bâtie par l'apôtre saint Barnabas. On y voit encore un grand vase en pierre qui servôit à baptiser par immersion.

Le territoire a 5,ooo journaux , dont 2,000 en champs , vignes , et prés; i,5oo en bois ou en châtaigneraies; et le reste en tuf, grès, rochers, etc.

La paroisse a 5oo francs de revenu.

La population est de 572 habitants.

MalviginO est situé sur le penchant d'une montagne à gauche de YEro.

La paroisse est dotée de 100 francs.

Près de l'Ero, dans la région de Valonetto, on voit un effleurement de char-

TOPOGRAPHIE. ii6Z

bon de terre qui n est pas exploité. Le territoire est de 2^,000 journaux , . dont 800 en champs, vignes, et prësj 700 en châtaigneraies ou boistailUs^ 5oo en rochers couverts de broussailles.

La population est de 822 habitants, presque tous agriculteurs.

CANTON DE VlSONE.

Le canton de Visone est cerné au sud-est et au nord^-ouest par la Bormida, et les torrents d'Ero et d'Orba, qui coulent dans la direction du sud au nord. Différents ruisseaux, tels que le Visone et le Garamagna, larrosent dans tous les sens.

Son étendue est de 65, 1 12 journaux, ou 24^900 hectares partagés en dix* sept communes.

Le sol offre presque partout des collines de tuf ou de pierres calcaires; les châtaigniers y prospèrent. Dans les vallées, et sur quelques collines moins élevées, le terrain est argileux, et, dans quelques endroits , sablonneux. La vigne est cultivée avec avantage dans presque toutes les communes du canton, et forme la principale ressource. Les vallées les plus fertiles sont celles de la Bormida et celle d^ FÉro près de son embouchure. Les productions territoriales sont insuffisantes pour la nourriture des habitants. Une partie se rend en Piémont pour moissonner le blé et le riz, et une autre en Ligurie pour récolter les olives. Après une absence de quelques mois de l'année, ils retournent dans leur pays pour y cultiver leurs petites propriétés ; c est par ce moyen qu ils parviennent k nourrir leurs malheureuses familles.

11 n'y a point de commerce dans le canton. L'industrie se borne à la fabri« cation du charbon de bois qui se débite à Acqui et à Alexandrie. L air y est généralement sain , et les hommes y vivent long-temps.

On voit des goitreux dans les petites* vallées renfermées de toutes parts par de hautes montagnes. L'espèce y est plus petite et plus mal conformée quailleurs.

Le climat est assez variable en été; Ton y souffre de la sécheresse, et d une chaleur vive, si des orages ne viennent pas la tempérer.

La population est de 1 7,539 habitants , presque tous agriculteurs, pasteurs ou charbonniers.

L'histoire de ce canton ne fournit pas de documents au-delà du dixième siècle. 11 est fait mention de plusieurs communes dans les diplômes des empereurs à Foccasion des donations faites à Alérame prince saxon , et aux évèques d'Âcqui. Il est parlé de plusieurs autres dans les actes des marquis de Ponzone, de Bosco, et dlncisa, et dans le titre de fondation de labbaye de Spigno. Quelques communes ont été indépendantes pendant un certain temps; d autres ont passé sous la domination des descendants d' Alérame, de la ville d'Alexandrie, de la république de Gènes, puis sous les ducs de Montforrat, de Mantoue, et enfin sous les rois de Sardaigne.

VlSONE est situé sur un rocher calcaire au-dessus de la Bormida. Sa paroisse a un revenu de 600 francs, et le comité de bienfaisance distribue la somme de lyS fîcancs à titre de dot aux pauvres filles de la commune. Sa population est de 1,180 habitants.

L'étendue de son territoire est de 1,952 hectares, qui produisent du froment , du maïs, du vin , et des châtaignes.

Il y a plusieurs fours à chaux près du village. Le torrent Visone est aurifère. On trouve dans la commune des sources tièdes et sulfureuses dont on ne fait aucun usage.

Lacté de fondation de Fabbaye Saint-Quentin de Spigno, en 991, a été rédigé dans cette commune par-devant le notaire Gavino, d'Acqui. Les débris de son château sont très anciens.

Visone a été donné à Févèque d'Acqui par l'empereur Henri en io4o.

En 1 198, ce bourg passa à la république d* Alexandrie, puis aux marquis de Morbello, et de Malaspina, qui en furent investis par les marquis de Montferrât.

En i3ii, l'empereur Henri VII et en i364 Charles IV confirmèrent les droits de l'évèque d'Acqui sur cette commune. Depuis ce temps elle a subi le même sort qu'Acqui.

Ponzone est composé de dix hameaux, outre le village qui est situé sur une montagne assez élevée. On y voit encore les débris d'un vieux château. Il existe une paroisse dans le village et une dans le hameau Ciglione; la pre-

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mière jouit de 636 francs de revenu, outre 200 francs que le gouvernement lui paie annuellement; la seconde naque 196 francs de rente. L'étendue du territoire est de 7,602 hectares environ.

Les revenus \m plus considérables de cette commune consistent en châtaignes et charbons de bois. Les pâturages sont abondants près du hameau de Pian Castagna.

Les productions territoriales ne suffisent pas à la nourriture des habitants : le sol pierreux et de tuf est ingrat presque partout. L'agriculture n'est pas assez soignée ; les forêts sur-tout ont besoin d'être surveillées. Plus du tiers de cette commune est couvert de rochers et de broussailles.

La population est de 2,563 habitants, presque tous agriculteurs, charbonniers ou muletiers.

L'antiquité de cette commune est constatée par des monnoies et des médailles qu'on a trouvées dans les fondations de quelques maisons. Elles portoient pour légende d'une part: Legio octava et de l'autre Emilio consul. On y a trouvé aussi des idoles en métal et des urnes funéraires. Ce pays a été pendant long-temps le siège du gouvernement des marquis de Ponzone, descendants d'Alérame, qui en prirent possession en vertu du diplôme de l'empereur Othon en 967.

En 1 192, ils concédèrent l'investiture de cette commune à la ville d'Acqui , et confirmèrent cette cession en 12 10, 1220, et i236.

En 1344) 1^ république de Gênes s'empara de Ponzone.

En i364, l'empereur Charles IV confirma les privilèges que ses prédécesseurs avoient accordés aux évêques d'Acqui.

En 1 4 1 9 9 Ponzone passa sous la domination des marquis de Montferrat , et après Textinction de cette dynastie , le duc de Mantoue en fut investi par l'emper^eur Charles V, en i53o.

En 1 708 , elle fut cédée au roi de Sardaigne.

RlVALTA est située sur la rive droite de la Bormida. Le sol est argileux et sablonneux. Son étendue est de 1,1 4o hectares, dont une partie, située en plaine, est cultivée en champs, prés, et jardins; le reste consiste en collines plantées de vignes. Les productions territoriales se composent de iroment,

a66 CHAPITRE I.

maïs, cocons, vin, et jardinage. On y voit de très belles pépinières de mûriers. La paroisse a un revenu annuel de 800 francs.

La population est de i,4i^ habitants, presque tous agriculteurs.

Cette commune s'est gouvernée en république pendanltlong-temps.

En 1 199, lors de la confédération entre Milan, Verceil, Asti, Plaisance, les marquis de Montferrat, et les Alexandrins, ceux-ci déclarèrent qu ils ne s obligeoient pas à faire la guerre contre leurs alliés les habitants de Rivalta.

Le 7 février i33i , cette commune passa de son propre gré sous ta domination de la famille Paléologue, marquis de Montferrat; et en i53o, sous celle de Gonzague, duc de Mantoue. Enfin en 1708, sous celle du Toi de Sardaigne.

Castel-NUOVO BormidA est situé sur la rive droite delà Bormida. Le village se trouve près de lancien lit de cette rivière, qui forme un étang malsain, et cause des fièvres intermittentes.

La paroisse est dotée de 700 francs.

Le sol est généralement sablonneux; son étendue est de i,3 10 hectares. U est presque partout cultivé en champs,, vignes, et prés. Il produit du froment, du maïs, des cocons, du vin, et des jardinages. On y trouve quelques beHes pépinières de mûriers.

La population est de 1,106 habitants.

On voit, près du village, les vestiges de la voie Ëmilienne, qui se dirige en • ligne droite jusqu'à Tortoné. Quoique dépuis plusieurs siècles on naît' feit aucune réparation à cette chaussée, elle est encore praticable pou1^ llss voitures, dans les saisons où Ion peut passer les petits ruisseaux qui la coupent. Il seroit avantageux dy faire quelques travaux pour faciliter les Qonununications de Savone avec le Milanais, le Parmesan, et une paortiè'du territoire de Gênes.

En io52, lempereur Henri III donna linvestiture de cette comm^he à Févêque d'Acqui. En 1 1 16, i3e i , et i364, les empereurs confiribèrent cette donation. On ne sait h quelle époque cette commune est passée sôiisla domination des marquis de Montferrat.

Orsara est située sur la déclivité dune (iolKne, àdi^te delà Bonnkla: La paroisse a un revenu de 63o francs.

L*étendue de son territoire est de 5 1 3 hectares, qui sont presque tous cultivés en champs et vignes.

La population est de 792 habitants, presque tous agriculteurs.

MelazzO est composé de cinq hameaux et du village qui occupe le penchant d'une colline, sur la rive droite de FErro; les débordements de ce torrent y causent des dégâts considérables.

Il y a une paroisse dont le revenu est de 800 francs.

L'étendue du territoire de cette commune est de 1,710 hectares; les bois taillis et châtaigneraies en occupent une grande partie; le reste est en champs, prés, et vignes» On y exploite de belles pierres de grès pour la citadelle d'Alexandrie.

La population est de 1,393 habitants, presque tous agriculteurs.

Il est fait mentidn de cette commune dans l'acte de fondation du couvent de Saint-Quentin.

Dans le diplôme de l'empereur Henri XII, il est dit que Melazzo, ses murs, ses fossés, ses tours, et son château, sont donnés à l'évêque d'Acqui. Ce diplôme est daté de Ratisbonne, en io4o^ il fot confirmé en io52, 1 1 16, et i364.

On ne peut marquer avec précision les différentes crises qu'elle a subies en passant sous la domination des marquis de Montforrat etdeMantoue.

GartOSIO est situé dans la vallée de l'Erro. Le village est assez régulièrement bâti sur un rocher escarpé, à côté du torrent. Il y a une paroisse dont le revenu est de 33o francs, et une petite fondation de 4i francs, destinée au soulagement des pauvres.

Le sol est pierreux ou de tuf. Son étendue est de i,33o hectares. Les productions ne suffisent pas à la nourriture des habitants, dont une partie est obligée d'aller travailler au-dehors pendant quelques mois.

Le commerce le plus considérable consiste dans le vin et le charbon de bois.

La population est de 822 habitants, presque tous agriculteurs^ pasteurs, ou charbonniers.

- Le village est fort ancien, à en juger par les armoiries figurées qui sont sur la porte d'entrée. En 1062, il fot donné à l'évêque d'Acqui, par Fem-

a6S CHAPITRE I.

pereur Henri j ce qui fiit confirmé par ses successeurs, jusqu'à Charles IV,

en i364.

Cavatore est situé sur le sommet d une colline très élevée. Sa paroisse a un revenu de 345 francs.

Le sol est presque partout pierreux et de tuf. Son étendue est de 266 hectares, dont les deux tiers sont à peine productif.

Le climat est froid et variable, à cause des vents auxquels cette commune est exposée.

La population est de 460 habitants, presque tous agriculteurs.

En 996, Fempereur Othon donna cette commune à Tévêque d'Acqui. Cette donation fut confirmée en 1 364 par les autres empereurs.

MORBELLO est divisé en bourgades et hameaux, dont les principaux sont la Costa, et Piazza; dans ce dernier est lancien château delà paroisse. Cette commune est entourée de montagnes. On y fait beaucoup de charbon. Léglise est dotée de 5oo francs.

Ce pays est riche en marbres variés, albâtre, et pyrites cuivreuses et ferrugineuses. Le charbon de terre s'y montre sur plusieurs points.

La population est de 647 habitants, presque tous cultivateurs ou charbonniers.

Après lextinction des Malaspina, cette commune passa sous la domination immédiate des marquis de Montferrat, puis des ducs de Mantoue, et enfin du roi de Sardaigne.

Létendue de son' territoire est de 1,900 arpents métriques.

GrogNARDO est situé au milieu des montagnes.

Le sol est pierreux et stérile; son étendue est de 49^ hectares, consistant en châtaigneraies, pâturages, bois taillis.

Il existe dans cette commune une fontaine d eau minérale de la même nature que celle de Spa.

La population est de 460 habitants, tous agriculteurs, pasteurs, ou charbonniers.

La paroisse a 2 1 5 francs de rente.

Sur la montrigne dite Castelara, on voit encore les masures d un ancien château.

La commune de Grognardo est mentionnée dans Facte de donation faite en 991 , par Anselme, fils d'Alérame, à 1 abbaye de Saint-Quentin.

L empereur Henri donna Grognardo à Févêque d'Acqui, en xo4o.

Cassinelle est composée de cinq hameaux, outre le village. Elle est placée au milieu des montagnes et des forêts.

Sa paroisse est dotée de 464 francs.

L'étendue du territoire est de 1,169 hectares. Le sol est peu productif, cependant on y a planté des vignes. et des châtaigniers. On y semé du froment, et un peu de maïs. Les pâturages y sont abondants.

Il sy tient, à la fin d'octobre, une foire de bestiaux qui dure trois jours : elle est assez considérable.

En 1224^ la moitié de ce pays fut donnée au marquis de Bosco par la république de Gènes. En 14679 après lextinction de la famille Malaspina, la commune se soumit volontairement au marquis Guillaume de Montferrat. Elle resta quelque temps sous leur domination, passa ensuite sous celle des ducs de Mantoue, et du roi de Sardaigne.

La population est de i,234 habitants, presque tous agriculteurs, charbonniers , ou pasteurs.

MOLARE est situé près de FOrba. Le sol est pierreux ou de tuf. L'étendue de son territoire est de 1,598 hectares; il produit du froment, du maïs, des cocons, et des châtaignes.

Sa paroisse est dotée de 5oo francs.

La population est de i,3o4 habitants.

Ce pays, à en juger par les débris de son château et par les urnes funéraires que Fon découvre sur les bords de FOrba, doit être très ancien. U échut en partage au marquis de Bosco ; ses enfants en vendirent une partie à la répubhque de Gènes en 1289.

Les Malaspina possédèrent ensuite Molare; et, en 1467, ses habitants se mirent volontairement sous la domination de Guillaume, marquis de Montferrat, à condition cependant que leur commune ne seroit jamais donnée à qui que ce fut à titre de fief.

En i53o la commune de Molare passa sous les ducs de Mantoue, et en 1708, sous le roi de Sardaigne.

276 CHAPITHE I.

CREMÔtiSO est situé siir le sommet d'une colline. Le gouyern^ment accorde une somme annuelle de 600 francs pour le curé. Le château est habiflable, et du sommet de la tour on jouit d'une superbe vue.

Le sol est ingrat, et en gratide partie courert de tuf ou de rochera. Son étendue est de i ,366 hectares, consistant en châtaigneraies, bois taillis, vignes^ . champs , et pâturages.

La population est de r, 1 10 habitants, preèque tou^ agriculteur».

Les marquis de Montferrat s'étant emparés de cette comffiiune, en cédèrent la moitié aux Alexandrins lors de la paix qu'ils firenf a^éc eux en i!io3. La fatiiille de Malaspina posséda ensuite cette commune, qui subit le même sort que Molare.

PrasgO est composé de plusieurs bourgades. Le villag^e, qui ne contient qtie 60 habitants, est situé sur une colline pierreuse et noirâtre.

Sa paroisse est dotée de !ioo francs.

Son cfimat est inconstant et froid, à cause des montagnes voisines.

Le territoire contient 532 arpents métriques.

La population est de 354 habitants, presque tous cultivateurs. Autrefois cette commune- s appeloit Pedrasco. Elle doit être fort ancienne; il en est parlé dans le diplôme de 99 1 . En 1 1 98 la moitié en fut cédée aux Alexandrins.

MORSASGO est situé sur une colline à droite de la Bormida. On y voit un beau château attenant à la paroisse, qui est dotée d un revenu de 462 francs.

L'étendue de son territoire est de i,oo5 hectares. La portion qui se trouve dans la vallée de la Bormida est assez fertile.

La population est de 895 habitants, la plupart agriculteurs. En 1224 la république de Gènes céda la moitié de Morsasco au marquis de Bosco qui, en 1 228, envoya Hugues de Roussillon en prendre possession.

TrisoBIO est entouré de collines élevées.

La paroisse est dotée de 43o francs.

Le sol est généralement de tuf ou pierreux.

Son étendue est de Syo arpents.

Les récoltes ne suffisent pas à la nourriture des habitants, dont le nombre' est de 1,075.

En 1224 la république de Gènes donna la moitié de'Trisobio au marquis 4e Bosco, qui en fit prendre possession par Hugues de Roussillon.

MONTALDO est situé au sommet d'une colline très élevée.

11 y a une paroisse dont le revenu est de 533 francs.

Le sol est de tuf ou argileux.

Son étendue est de 4^^ hectares. Le climat est assez froid. Lair y est salubre.

La population est de 730 habitants, presque tous agriculteurs.

Tout ce qu on sait de Thistoire de ce pays, c est que ses habitants se rangèrent volontairement sous la domination des Alexandrins en 1202.

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