‹ Statistique des provinces de Savone: d'Oneille, d'Acqui, et de partie de laChapitre 9 sur 88 · DESCRIPTION DES VALLEES · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DES VALLEES

La pente des Alpes.où le T^n^o pi(€^nd.sa ^urce présepte sncce^veip.^t de grands paciiges, de vastes bois de sapin et dp im^èse. :Les lver^f^pts des sources les plus élevées sont dégari^is; ils f^i^riQ^nt trqis yaUQQs principaux, qui d^^Quchent dans, le territoine.de iVio^ène , oii J'cwi voit des pàtu«9g^ for|; étendus. Lesbabitapts de ce territoire sont peu^nombi:eux; l^mcs buUes ^ont dispevséfs.eil mal bàlies : cette manièire de vivrejsolé^QQUti^a^teavecI'alK^éAÎté de leurs «^œurs. )I1 sevoit avantageux de iaire .quelques efipwts pour a#^ menter la population, qui trouveroit des ressources suffisantes dansirédu* cadon des 'bestiaux et dans r>e^Lploitation. des bois de construction , si précieux pour la marine. Cette richesse esjL inépuisable. Les -forêts, aménage, renformeroient un demi-million de pieds d arbres, dont cent clinquante mille propres aux mâtures des grands vaisseaux.

Au-delà d'tJpega, le vallon se resserre entre des rochers escarpés et des précipices, à travers lesquels les eaux semblent s'être ouvert un pénible

TOPOGRAPHIE. ig

passage, que les hommes ne peuvent franchir. Ce débouché n a que 4oo métrés de longueur : la vallée reste resaerrée à Viosène ; ce n'eet que vers Ormea que le vallon commence à s'élargir à lembouchure de TArmdla, et à former une plaine de 460 mètres de largeur. Dans toute cette partie, les sommité» des versants sont couvertes de bois^de futaie; et les penchants, de taillis. Leur escarpement est efirayant. Les montagnes ^ taillées à pic, se composent de blocs de marbres de divelrses couleurs, mais plus souvent noirs, et dune grosseur prodigieuse : leurs masses suspendues semblent menacer le vallon; elles interceptât les rayons du sc^eil, et donnent à ces contrées un aspect saûVage. Tout tient éilcone, dans ces paragpes, de la structure imposante, dju pittoresque et de la majesté des Alpes.

Au^essous d'Ormea, le vallon se resserre en consekratat le même aspect : la plaine n a que a5o métrés de largeur; elle s'élargit à Garessio, se rétrécit de nouveau aux environs de Priola, jùsquà la Ciusetta; se resserre encore, et se développe à Bagnasco, dont le territoire fertile a environ 3 kilomètres carrés. Dans les défilés, la partie supérieure du vallon na qu'un kilcHnétre d'étendue; il se resserre même davantage de Nucetto jusqu'à Geva, où le vallon ne présente plus qu'utie lisière, et où le torrent coule à travers les rochers : mais à ce point la plaine commence à s'ouvrir. Dans cette partie de son cours, le Tanaro devient extrêmement sinueux; il est profondément encaissé : la plaine qu'il fertilise a 1000 métrés de largeur, et se prolonge jusqu'aux limites où finissoit autrefois le département de Montenotte.

La vallée de la Corsaglia est étroite, mais les pkteaux de ce versant sont larges et susceptibles de culture : à la hauteur de Lesegpso elle à un demi-kilomètre de largeur. Le lit de la rivière est encaissé ; il forme de belles prairies dans les parties basses. Les montagnes qui la séparent de la Monza sont couvertes de bois. A l'embouchure du torrent, la plaine s'élargît davantage, et la vallée devient fertile; la rive gauche présente de grands escarpements.

Le vallon de la Mon^a est resserré ; il est sujet aux dégâts des inondations. Depuis ce torrent jusqu'au mont Asiglio la plaine naque aoo mètres de largeur; elle s'élargit ensuite du double, et se resserre de nouveau jusqu'au moment où elle vient s'unir k la plaine de la Corsaglia.

Le yallon de VBrto s'étmid, en ligne droite , depuis MoQtepotte jusqu'à

Cartezio; ses versants sont couverts de bois qui atimentent des forges; on remarque vers les sources du torrent quelques parties cultivées. Ce vallon na, à Pont-Ivrea, que 3 à 4oo métrés d'ouverture; il se resserre bientôt, et reste fort étroit. On trouve ensuite une plaine bien cultivée à la hauteur de Mioglia ; vers Ponzone elle est plus étendue : ce ne sont plus des bois qui couvrent les versants, on y remarque des terres cultivées et des vignes. Le vallon a, dans cette partie, un kilomètre de largeur; il conserve cette dimension jusqu'à la Bormida.

La vallée du Belbo est assez large et très fertile; la rivij|fe charrie une grande quantité de limon, qui engraisse la plaine. On remarque le long de son cours beaucoup de prairies; mais celles qui sont vers ses sources ne produisent que des fourrages aigres, et propres a la nourriture des mulets. La vallée conserve toujours 2 à 3oo mètres de largeur; elle s'élargit en plusieurs points, notamment quand elle reçoit des affluents. Les plaines les plus remarquables sont cdles de Santo Benedetto et de la Niella. Le vallon acquiert plus détendue quand il rentre dans l'arrondissement d'Acqui; il forme à Nizza la plaine la plus riche, elle a une demi-lieue de largeur; les digues construites sur la rivière s'enfoncent quelquefois de 3o pieds avant d avoir acquis leur stabilité. La vallée est dépourvue de pierres; les montagnes qui la bordent sont cultivées et plantées en vignes : elles sont moins escarpées que celles qui avoisinent toutes les autres rivières du département.

Le vallon de la Bormida de Milesimo présente d'abord un vaste bassin dont les versants sont couverts de bois. Les eaux découlent de tous les points de cette enceinte, tqui n'a qu'une issue étroite et escarpée. La profondeur du bassin , l'épaisseur des bois dont il est ombragé, y maintiennent une humidité constante; il est eduvertde brouillards même au milieu de l'été. Quelques prairies et quelques champs parent le bord de la rivière, dont la pente a favorisé l'établissement de beaucoup de forges. Après le défilé et dans les autres points, le vallon s'ouvre davantage, notamment à l'embouchure de l'Ossilieta et du torrent d'Acqua Freda; k Milesimo, les bois disparoissent et le terrain parett plus riant; les collines du vallon sont escarpées, mais plantées de vignes. A la hauteur de Cingio, la plaine est entrecoupée de belles prairies; elle s'étend jusqu'à SallicettQ, où elle devient plus étroite; elle se

développe au-delà de Moneseglio jusqu'au point où la rivière 8ort du département. En rentrant dans le département la vallée s'élargit : à la hauteur du Belbo et de Monastero, elle présente dasse^ riches cultures.

Les vallons que baignent les eaux de la Bormida de Gairo n ofFrent d abord que des versants couverts de bois de châtaigniers qui alimentent des forges et des verreries; mais la chaîne des Apennins, qui s abaisse d environ moitié de sa hauteur, change bientôt cet aspect sauvage en points de vue pittoresques et riants; les plaines de Gareare et d'Altare, où débouchent les deux sources, ne présentent plus que des collines agréables^ les deux torrents se réunissent dans la plaine de Gairo, qui a une demi-lieue de largeur, et qui-pourroit être fertile si l'on y appliquoit les moyens d irrigation employés avec tant de succès dans le Piémont. Le vallon de cette Bormidâ offre cette particu* larité, qu'il forme tour-à-tour depuis son origine jusqu'à son débouché des plaines et des défilés fort resserrés. On peut sur tout le cours de la rivière former à peu de frais des retenues d'eau immenses; les bassins ou réservoirs projetés pour le canal de l'Adriatique pourroient contenir, avec des digues de 100 à 120 métrés de longueur, un million de toises cubes d'eau dans les plaines de l'Ue-Grande et de Ferania. Les plaines principales, après celle de Cairo, sont celles de Dego, de Spigno, et enfin de Bestagno. Les défilés les plus remarquables sont ceux de Piana, où la rivière est encaissée entre deux niontagnes. Les plaines ont constamment une demi-lieue de largeur, et les collines qui en forment l'enceinte sont plantées en vignes ou couvertes de châtaigniers greffés; quelquefois leur aspect est stérile, et elles présentent de grands escarpements, une terre ardoiseuse qui n'est susceptible d'aucune production. Ges escarpements sont causés par le torrent qui vient se heurter contre les montagnes, et en détache des masses considérables. Le vallon vers Acqui a plus de largeur, et il se développe de plus en plus en approchant d'Alexandrie; en sorte qu'avant de^pûttter le département, le torrent serpente déjà sur un sol d'alluvions qui troublent la limpidité de ses eaux. Ges alluvions sont fertiles, les arbres s'y développent avec majesté, et déjà commencent à la limite du département les plaines fertiles et renommées du Montferrat.

Les Apennins, dont les sommets se relèvent au-delà des versants des

Bormida , et parviennent à une grande hauteur vers ceux de FOrba , donnent au vallon nh aspect désert. Les flancs dès montagnes qui le bordent sont couverts de bois sauvages, ou sont déchirés par Iteâ torrents, et frappés de stérilité. A peine voit-on quelques traces de champs et de vighfes, et jusqua MoUare cette vallée paroît la plus triste et la plus abandonnée de celles de TApenhin; mais les environs de Mollare commencent à être cultivés, et le vallon s'élargit sensiblement à Ovada; il conserve les mêmes dimensions en rentrant vei's Rocca-Gritnalda et Capriata, dont les environs sont formés par des coteaux plantés de vignes. Le vallon présente alors une largeur dé lo'o'o à 2006 mètres.

Les vallons oh coulent les sources de la Rhea sont couverts de pins et de châtaigniers. Le sol peu Solide est sillonné sur plusieurs points par des ravins profonds qui charrient tous des àlluvions -, la rapidité de ces ravins cause de grandes dévastations dans la tallée, qui commence à se développer au-dessous dé Ronvicino, et qui est déjà riante et étendue auprès de Dogliani. Ce territoire qui liniîte Je département est très fertile, les arbres y montrent une végétation vigoureuse.

Nôuè ne parlerons point en détail des vallées de la Corsaglia et du Lemmo, elles nappartiennent presque point au département quelles limitent; il suffît de dire que, dans la partie que ces rivières parcourent, le plateau est déjà fertile; elles coulent fort encaissées au-dessous de ce plateau, contre lequel leurs flots viennent se briser en formant de grands escarpements.

On peut remarquer par ces descriptions que les vallées enfermées dans Fancien département de Montenotte sont presque entièrement couvertes dé bois. à leur origine, couronnées de vignes et ornées de qu^ques chamîps et de quelques prairies vers le reste de leur cours; et qu au moment où elles se développent et présentent l'image de la fertilité et de la richesse, elles cessent de faire partie du territoire. Ainsi le sort des habitants de cette partie de ritaiîe est de forcer par le travail un sol ingrat à produire et à fournir des moyens d'échange pour acheter des subsistances dans ces plaines ofi les* mêmes eaux qui ravagent leurs terres vont déposer plus loin tous les gérmès de la fécondité. Cette remarque s'applique également à l'autre versaût, et Je territoire de l'ancien département dfe Montenotte est borné par îa mer

TpPQGRAPHIE. :,3

au moment même où commencen]t ce$ riaQt$ coteaux et ces plaines heifr relises, qui, situés sous le climat le plus favorisé de la nature, feroient de la liguxie^ sïls ëtoient prdongés, un des plus beau^ p^ys de la terre. C'est le propre de ce département de n'occuper que des montagnes stériles, et d'êtpe environné presque entièren^ent ^es lisières les plus féconc^es et les plus attrayantes.

Les vallées qui, du versant méridional des Apennins, se rendent à la mer, sont trop noinbreuses et d'un cours trop peu étendu pour mériter chacune une description^ elles ont toutes d'ailleurs une physionomie uniforme, ce qui produiroit dm répétitions fastidieuses. Le versant méridional des Apennins n'est pas auasii bçisé que celui que nous ayons décrit j toutes les sommités l'ont cepen<iUnt été, et on remarque facilement qu'elles pourroient l'être encore sous tous les points. A ces sommités couvertes de broussailles ou de bois, et souvent m;^es et dépouillées commencent les vallons. Leurs pentes sont d'abord excessivement roides, et suivent l'inclinaison des flancs des montagnes*, leur ver^pt dans cette partie ne consiste que dans des bois de châtaigniers domestiques, et quelques champs ou quelques prairies établis a\ir les sommets dçs contre-forts de montagnes, ou $ur les versants les moins rapides.

Les eaux réunies ^u bas des penchants dopt nous avons parlé sont encore profondément encaissées, et le vallon n'offre, sur aucun point, un espace assez grand pour mériter le nom de plaine; mais les montagnes latérales s'abaissent en s'approchant de la mer, et leurs contre-forts sont couverts de belles plantations d'oliviers, du milieu desquelles s'élèvent de petits villages, des clochers, des m^tisons de campagne, qui donnent an vallon un aspect varié jet pittoresque. Toutes ces plantations sont soutenues par dés terrjEisses qui découpent la montagne ^n lignes horizon tfile^. A louest du littoral, les oliviers sont cultivés seuls : ^illeur^, ces plantation^ sont elles-mêmes sepées en Wé, et souvent même la vigne et les lég;un^es Remplacent les oliviers et Jes moissons, Ces travaux en terrasses n'ont pu être que le fruit du tcimps : ils ont exigé une main-d'œuvre énorme ; ils se multiplient encore sur les collines qui arrivent jusqu'à la mer, et qui sont plus favorables que toute autre exposition à la culture de l'olivier. Le débouché du vallon offre constçqnmec^t

une plaine en forme de delta plus ou moins large, suivant la distance des caps qui ferment le vallon; plus ou moins longue, suivant que le torrent a plus empiété sur le inur. Ces terrains dalluvions, imprégnés d'humidité par le torrent qui les traverse, abrités de tous les vents froids par les montagnes, sont très fertiles, et le peu d'étendue qu'ils ont les rend très précieux. Ce sont plutôt des jardins que des terres labourables ; lolivier, les arbres fruitiers, la vigne , les orangers, les parent ou les enrichissent de leurs produits. Lies propriétés situées dans ces terrains précieux sont environnées de murailles garnies despaliers et de citronniers; Ion y fait successivement plusieurs récoltes; le blé est semé et fructifie sous la vigne, lolivier, et loranger; la culture des fleurs, des légumes de toute espèce, lui succède, et l'hiver même a ses récoltes. Tel est le fruit d'une culture assidue et prescrite par le besoin, sous un beau climat; et malgré le spectacle imposant que présente la mer, on regrette de voir ses flots terminer ces belles plaines près* qu'à leur naissance.

Parmi tous ces vallons, on doit citer ceux d'Oneille et de Dolcedo pour la beauté dé leurs plantations d'oliviers; les environs de Savone et de Finale, pour la fécondité de leurs jardins; celui d'Albenga, pour l'étendue de sa plaine triangulaire, qui a une base de deux lieues sur une hauteur à peu près égale, mais que dévaste le torrent même qui l'a formé.

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