PAPETERIES
Il y en a, dans Tarrondissement de Die, à Blacons, commune de Mirabel^ à Aouste, Ponet et Saint- Auban et Romeyer; dans Tarrondissemeo/ de Valence, à Chabeuil, Saint-«^n-en-Royans et Saint-Maman, commune de Rochefort-Sanson , et enfin à €olonzelle , dans Tarrondissement de Montélimar.
Le plus consid^able dé ces établissemens est celui de Blacons, appartenant à MM. Latune : il est dans un état de grande prospérité et lutte avantageosèment, par la beauté et là quantité de ses produits, avec les prcmièies papeteries de France.
Les principaux débouchés ôont Nismes , Avignon , Marseille , Grenoble , Gap , Lyon , Paris et même Annonay ; car les grandes M>riques de cette dernière ville ne suffisant pas toujours à leur débit, tirent des petites papeteries 4e ce département des papiéi^ qu^elles confondent et vendent avec les leurs ,
après leur avoir fait *'stibir un apprêt particulier. (Test assez dire que les produits de nos papeteries sont généralement de bonne qualité.
MM. Latune ont obtenu une médaille de bronze à Texposition de 1823 y et ils viennent d^en obtenir une d^argent à Fexposition de 1 834.
IBIPRIMERIE ET UBRAIRIE.
Il n^ dvait dans le département, avant la révolution ^ qu'Hun seul imprimeur; aujourd'hui il y en a six , dont trois à Valence. Ce n'^est pas que le cercle de ce genre d^affaires se soit étendu dans la même proportion, mais parce que les sous-préfectures et les tribunaux ont attiré près d^eux de petites imprimeries pour leur usage : telles sont celles de Montélîmar , Die et Nyons.
Les unes et les autres tirent leurs caractères des fonderies de Lyon et de Paris.
A différentes époques, il est sorti des* presses de^. Borel et de celles de M. Marc Aurel , à Valence , des réimpressions et des ouvrages nouveaux qui se font remarquer par un goût , une correction et une netteté cpi- on ne trouve guère que dans les imprimeries des grandes villes.
On s'étonne que les établissemens Je ce genre n- acquièrent pas plus d'importance à Valence. Ib en paraissent cependant très -susceptibles : facilités comme ils le sont, non-seulement par le voisinage des papeteries d'Annonaj et de celles de la Drome , mais encore par la position de la ville sur la grande route , ce double avantage leur offre les moyens d'entreprendre de grands labeurs ^ et leur assure des débouchés faciles vers Lyon, Grenoble et tout le midi de la France. On ne voit pas pourquoi Valence ne rivaliserait point avec Avignon, où l'imprimerie est, depuis des siècles, une branche considérable de commerce et d'industrie.^
Deux journaux politiques , avec feuille d^affitches , s^impriinent à Valence. On imprune également à Montélimar , Die et Nyons , des feuilles d'affiches où sont insérées less publications judiciaires de ces arrondissemens (1).
(1) A quelle époque Timprimerie a-t-elle été introduite h Valence?^ quels sont les premiers monumens typographiques que la presse at mis au jour dans le sein de ceUe ville? Ce sont là deux questions qui, probablement, resteront plongées dans robscurité des annales de la typographie, et dont la solution échappe aux recherches des bibliographes. Il est permis de conrecturer que^ l'uni Versité fondée à Valence , en 1552, par
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La libmiîie a fms aussi qadlque accrotsflement à Valeiice, où des caUsets de lecture sont établis à Tinstar des grandes villes. On j trouve également, comme dans celles-ci y non-senlemeat tous les livres de religion et d'enseignement , mais ene<^e la plupart des ouvrages ncAiveaux de science et de littérature.
Louis XI, en attirant dans cette ville un concoura d'énidits , et en y consacrant k coite des lettres et des arts, dut aussi y favoriser Tessor de l*imprimerte naissante; mais il fiiut reconnaître aussi que le rang bien secondaire que cette c^é a teuîeurs ocenpé dans le cours des événemeas poUtîqueB et dans le» fastes littéraires de la Franoe, n'a p« préserver de ToubU les tentatives originelles que les disciples de Gutten&berg y firent de leur art. Si l'on consulte les annalistes les plus célèbres de la typographie , Maittaire et Panzer, on doute, après avoir lu leurs nomenclatures, qu'ils aient connu les presses de Valence ; car , par une étranjge inadvertance , ils ont confondu Valence en Espagne et Valence en Dauphiné sous le même vocable, et classé sous la même rubrique les éditions êorties des presses de ees deux villes. On sent combien cette confusion rend difficile une répaiïtition exacte des éditioiM rares imprimées sous le vocable de chacune de ces deiB villes, et cette répartition devient presque impossible, lorsque l'histoire littéraire m fournit aucun indice, que la biographie des écrivains reste muette, lorsque surtoot Ja rareté des éditions a fait disparaître les exemplaires.
C'est là ce qui est arrivé relativement à une édition de Salluste que cite Maittaire. S'A pouvait être démontré qu'elle appartient aux presses de Valence, elle en serait, sans contredit, le plus ancien monument typographique, puisqu'elle remonte au bercean de ^imprimerie, à Tannée 1473. Mais l'Espagne, avec plus de probahili^ peat-élM^ péu^ exercer la même revendication. Maittaire U mentionne de la ma»iÈre suivante :
Sallusti opéra ^ in-^S'' (satis grandi, charactere romano) 1A75.Valeutia. (^t).
Cette édition est exfrêmemeni; rare, et la bibliothèque royale ne la possède pas. L» savant M. de Van-Praet ne se rappelle paade l'avoir vue; elle lui a été souvent demandée^ surtout par des Allemands, santf qu'il ait été en position de fournir des édaircissenieBs: dès-lors impossible de déterminer le lieu de l'impression de ce rarissime nionuatfst typographique.
Ainsi, rien ne démontre que l'imprimerie ait été introduite à Valence au XT"* siècle; carVédition de Salluste est le sujet d'une controverse trop problématique pour qn'on puisse en déduire une simple conjecture ; mais il est hors de doute qu'elle y fut conniie dans les premières années du XYI^ siècle : les deux ouvrages suivane, Tod et l^ntv^ fort rares , en sont la preuve.
(i) Hait^iire, Annales typofraphici , tomua I, pars prior, pag. %k%
COMMEtCB ET IIf]>U8TRIE. 365
n y a bien aussi des libraires à Romans , Montélimar , Crest et Die j mais ils ne tiennent que des livres de prières, des ouvrages élémentaires pour les petites écoles et quelques romans.
Le premier est un missel de Tordre de Saînt-Ruf , que Maîttaii^ , Panzer et les autres annalistes de Timprîmerie n*ont pas connu ; les collections liturgiques de la bibliothèque du roi ne le possèdent pas , et Texemplaire que |*ai sous les yeux est peut-être unique. En voici le détail :
Missale secundz ustan
f^enerabilis Abbatie:
* Canomcor regularium
Sancti Rupki VaWtie. (in-fol.)
An verso du premier folio, est une légende en vers latins qui indique la distribution des diverses parties de Touvrage , et qui relate le lieu et la date de Timpression , les noms des éditeurs et de l'imprimeur; elle est fort bizarre et en quelques endroits peu inteUigible. Toutefois, la date de l'impression, qui est ainsi formtilée dans cette légende : M D V giUr I, êe traduit évidenunent par mil cinq cent elruf et trois fois un ou 1508. Yoioi cette légende, avec sa composition exacte et ses abréviations :
De maleria ordine t promotoribus huius operis Ad Lectorem Epigra'ma.
Missale eccVie Ruphensis Lector armce Dogma Kale^dari dat Tabulasqz pri\ Hinc Feriale tenet. Post Sanctorale. Subinde
Commune, Et Missas dat tibi Voticias.
Datqz noi^as plures missas q^s indice nosces.
Prêter Epist. Evang: nulla Req^rc tenens. Datqz (^ta^ Biblie. Cud pu! dis. datqz Tenoreê
Accentus dubios Jungit et Historiées.
Suntqz Cérémonie nostre Cant^ quoqz iuncti
Quis opus. Inqz loco régula queqz suo.
Multaqz sparsa manet B'n'dictio dandap a*nu\
Cu! quoqz diphtho'gis Gra^mata recta tenet. Sumptibus Anthoni de sancto ferreolo atqz
Mundoni britonis pressa trecenta scias