C. PIVS, ESVVIVS: TETRJCVS. CiES
De IV^itre côté , eUe repr^ente Apollon ou le Soleil dans un quadrige , élevant
un globe de la main droite , et tenant de la gauche un sceptre ou un fouet ^
elle porte en légende :
iETERNITAS. AVGG.
Dans les environs d^Andancette, et très-probablement au pont de Bancel, était la station romaine indiquée dans les Itinéraires sous le nom de Figlinœ. Cest en ci'eusant les fondations du pont qu'^a été découverte une des colonnes iniUiaires qui existait dans les jardins de la préfecture , et dont Finscription est rapportée à Farticle Valence.
Un monument tumulaire a été trouvé à Andancette en avril 1818; il a 3 pieds de hauteur sur 15 pouces de largeur. On remarque la place du bassin destiné aux libations, ainsi que les plombures latérales des clous auxquds on suspendait les guirlandes ou feuillages. Vcucia et les lettres sont bien conservées; elles ont la forme de récriture romaine du II"* siècle.
SELI. SEXTA E. ALCIVS. SA BINIANVS. CO
NIVGI. INCOM PARABILI. QVAE VIXIT APVD EVM ANNOS XXIII. M. V DIES XXI. P. CVRA VIT. ET SEXTINVS FRATER EIIVS.
SVB ASCIA
P. VNT.
Aux Dieux Mânes. Âloius Sabinfani» à Selia Sexta, époose incomparable , qiii a vécu auprès de lui vingi-troife aat cinq mois vingt et un îours. Cette pierre a été posée par ses soins el ceux de Sextinus^ son frère.
Albon est situé à 10 kilomètres de Saînt-Vallîer et à 4î de Val^ce. Son territoire, que travers0 du qord au, midi la gr;ande route ^. et que le Rhôue longe à Touest dans la même direction > a plus de 2 lieues de rayon* Ses productions principales sont les grains , les fourrages et la soie.
On trouve, au bas et au midi de la tour d^ Albon, des carrières d^une espèce de grès tendre, facile à ta$Uer^ durcissant à Tair^ et trèsrbon pour les bâtimens. On Ta employé avec succès dans la construction du pont de Bancel. Le territoire renferme aussi une assez grande quantité de pétrifications , parmi lesquelles on distingue des bancs considérables d^huitres sur les points les plus élevés.
Cest près de là, dans le village de Claveyson, qu^est né, en 1705, Alexis Fontaine , membre de Facadémie des sciences , des acadénnes de Dijon , Berlin , etc, , mort en 1 771 , et sans contredit Tun des mathématiciens qui ont le plus contribué au progrès des sciences, exactes. Sa famille habite le yillage d'Andancelte. , *
On trouve aussi à Saint- Romaii}.-d^ Albon et dans les environs des descendans.de Bartbélemi de Lafiwnat, natif d6 Beai^semblant , contrôleur général du commerce çoi^is Henr^ ly,, et auteui* jde {dusieurs écrits depuis jiong-temps ou)i>liés* . i
ALLAN. •— f Ce village est situé à 7 kilomètres sud-est de Montélimar ; il est entouré de remparts , et placé à Textrémité sud-ouest d^un mamelon de sable assez élevé ; quelques couches d'^argile qui soutiennent ce sable n'^empêchent pas Peau de le miner , au point qu^avant un siècle le mamelon sera vraisemblablement en grande partie éboulé.
La population est de 1,124 individus dont 300 habitent le village, et le reste les hameaux et les ferme». Il y a une église et un temple : les catholiques sont au nombre de 994 , et les protestans de 130. Il y a deux foires par an, On y fabrique des étoffes grossières.
Le territoire, qui a 8 lieues de circonférence, renferme plusieurs hameaux, tels que le Ferrent , Sastre , Mège , Pinton et Morsinas.
Les productions principales sont les céréales , la soie, et surtout le vin. Il est fort estimé et rivalise avec ceux de Donzère et de Roussas ; il supporte le transport. Les quartiers de Condoulin et de Monceau produisent le meilleur.
Cest dans cette commune qi^^ont été plantés les premiers mûriers apportés
DESCRIPTION DES COMBfUNES. 421
en France, et il en existe encore un d^une grosseur prodigieuse dans le domaine de Bovoir.
Allan fut presque toujours habité par des seigneurs puissans , attirés dans ce lieu par la salubrité de Tair et la beauté du site.
Sur la fin du X*** siècle, il appartenait aux Adhémar, qui le vendirent, en 1337, à Robert, comte de Provence. Il passa ensuite à la maison de Poitiers, aux Guy-Pape et aux la Tour-du-Pin-Montauban.
Il 7 a dix ans qu^on j voyait encore le château que J.-J. Rousseau avait promis à M. de la Tour-du-Pin de venir habiter , lorsque ce gentilhomme alla visiter , dans la principauté de Neufchâtel , Tillustre citoyen de Genève. L^appartement qui lui fut alors destiné conservait le nom de chambre de J.^J. Rousseau. « Je regrette beaucoup, m^écrîvait M. le colonel Ferrent, )» en avril 1817, que ce grand homme ne soit pas venu demeurer dans mon )» village; il aurait pu se livrer dans nos vallons à ses goûts philosophiques, » et botaniser tout à son aise dans la garenne du château , qui est fort riche » en simples. Nous éprouverions aujourd'hui une sorte de fierté en par- » courant des lieux que le séjour de Timmortel Jean-Jacques n^eût pas » manqué de rendre célèbres. »
Depuis lors, le château a passé à une compagnie qui Ta fait démolir pour en vendre les matériaux. Les beaux arbres de la garenne ont été coupés , et il n^ A plus de tout cela que des souvenirs et des ruines.
On remarque, au midi et à quelque distance du village, les restes gothiques de Véglise de Barbara , autrefois Barbatœ ara^ et ensuite Sainte-Barbe, lorsqu'elle devint Téglise de la paroisse.
Les trapistes d^Aiguebelle ont une propriété avec un oratoire au quartier ^Aubagne.
Allan est la patrie d^ Alphonse Costadau , reUgieux dominicain , professeur de théologie à Lyon vers 1730. Il est auteur d'un Traité historique et critique des principaux signes dont nous nous serions pour manifester nos pensées j en 3 parties. Lyon, 1717 — ^20 — ^24, 12 volumes in-12, ouvrage diflFus dont on n^estime guère que la 3"** partie purement théologique.
ALLEX {Aleusia). — Ce viUage est agréablement situé sur la route de Valence à Crest, à 23 kilomètres de la première et 7 de la seconde de ces
villes. Son territoire présente au midi une plaine très-riche et très-variée, arrosée par de nombreux canaux qu^alimentent les eaux de la Drome.
La population est de 1 ,442 individus. Livrés tout entiers à la culture des terres et à Féducation des vers-à-soie, les habitans ne font aucun commerce. Il se tient pourtant à Allex trois foires par an. Au bas du coteau sur lequel est bâti le village , sont d^abondantes carrières d^une marne dont on tire le parti le plus utile pour Tengrais des prairies.
On voit à Allex un fort beau château , qui a été long-temps habité par M. de la Tour-du-Pin , et qui Test maintenant par M."^ la comtesse de Schwitz ; il plane sur toute cette partie de la vallée de la Drome.
Cest aussi sur le territoire de cette commune que se trouve la belle campagne de Vlsle^ où est mort, en 1782, Michel-Martin Rigaud-de-Hsle, cet autre patriarche de Tagriculture , qui , par ses exemples , ses encouragemens et ses bienfaits, a si puissamment contribué aux progrès de ce premier des arts. Les habitans de Crest et des environs ont placé Tinscription suivante au-dessus de la porte principale de Flsle :
Cette maison éTiiT l'habitatioh obdinaire de M. Micbel-Maatin RIGâUD-DE^-L*ISLE :
DE SON vivant, IL FUT VV EXCELLENT CITOYEN, L^AMl DIS HOMMES ET LE PEIE DBS PiltVBIS. Cb MABBBE A ETE PLACé ADX FâAIS IT FAI LES SOINS DE SES VOISINS DE TOUS LES OBDBIS, QUI ONT VOULU BENDBE HOMMAGE A SES VBETUS , ET EN GONSBBVEl LA MÉMOi&B. ÏL ETAIT N& LE 4 AVBIL 1704 ; IL EST MORT LE 21 FEVBIER 1782.
Il a laissé, outre son Manuel pour l'éducation des çers-à^soiej un mémoire sur la culture du sainfoin , qui a contribué à Fintroduclion des prairies artificielles. Cest à lui principalement qu^oa doit les belles digues de la Drome.
La Société royale et centrale d'agriculture de Paris ouvrît un concours en 1819, pour des notices biographiques sur les hommes dignes d'être connus pour les services qu'ails ont rendus à Tagriculture et à Téconomie rurale de France. M^ Duvaure envoya au ccmcours une notice sur Michel- Martin Rigaud*de-risle, et, dans sa séance pubUque du 18 a\Til^ la Société lui décerna une médaille d'^or à Feffigie d^Ohvier de Serres. Celle notice a été imprimée à Valence en juin 1819.
M. Rigaud-de-FlsIe dont il est parlé à Tartide de Crest, qui fut membre de plusieurs assemblées législatives et correspondant de Tlnstitut , était le
neveu et le digoe successeur de cet homme de bien, ^agriculture de ce canton lui a dû aussi d^utiles exemples et de précieuses améliorations.
L^Isle est maintenant la propriété de M. le général Blancard , gendre de M. Rigaud-de-risle.
Allex est la patrie de M. Françoîs-Antoine-Joseph OUîvîer, né le 2i juin 1762. Avocat à Fépoque de la révolution , il fut administrateur du département, membre de la cour de justice criminelle, avocat général à la cour impériale de Grenoble , membre du corps législatif, de la chambre des députés et de la cour de cassation.
ALIXAN {jilixianum). Ce viUage appartient au canton du Bourg-du- Péage ; il est situé au milieu d^une vaste plaine , à Touest et à un myriamètre de la chaîne des montagnes du levant. Il est ceint de murailles , et présente encore tous les vestiges d^une ancienne place de guerre. Il fut brûlé en 1 345 , dans la guerre entre Févèque de Valence et le comte de Valentioois dite des Épiscopaux.
Le village de Saint-Marcel, qu'ion trouve sur la route de Valence à Romans, dépend des trois communes d^Alixan, Chàteauneuf-dUsère et Bourg-lès-Valence , mais la partie principale est sur le territoire d^Alixan.
Cest une commune entièrement agricole : le sol en est riche, et ses productions sont très-variées* La population totale est de 2,429 individus , dont 5 ou 600 seulement au chef-lieu. Il s^ tient deux foires par an : la plus ancienne et la plus importante a lieu le 1 3 novembre.
ANCONË {Ancona). — Cest un petit village sur le Rhône, à 3 kilomètres de Montélimar , dans une plaine agréable et fertOe. On j compte 531 individus, n a soutenu, en 1586, un siège contre Lesdiguières, qui ne put s^en emparer qu'^à la suite d^un assaut qui dura huit heures , et après avoir fait tirer plus de 120 coups de canon. La place fut livrée au pillage.
D^Anville et Tabbé Chalieu veulent que ce soit Fandenne Acununiy mais il nY d jamais eu de ville de ce nom dans ce pays. L^ancien nom Acusîo changea souvent sa terminaison grecque en terminaison latine; sous la domination romaine , on en fit Acusium , mais ce n^est que par erreur de copiste ou de typographie qu'ion a pris les deux lettres si pour la lettre /i, et que quelques auteurs en ont fait Acunum. D^aiUeurs, le nom anconi
ancona^ exprime le coude, le promontoire que forme dans le Rhôue ce village. Il avançait bien davantage encore dans le lit du fleuve avant que ses irruptions Feussent séparé de Tancien château-fort qui le protégeait , et dont les ruines se trouvent à présent au milieu des eaux.
ANDÉOL-EN-QUINT (SAINT-). — Cette commune appartient au canton de Die; elle est située dans la vaUée de Quint , et comprend le hameau de Saint-Etienne, où Ton voit, dans le mur dWe maison, un autel antique avec Tinscription suivante :
DEO MAKTI '
AVG. RVDIM OCVRATOR ES CVRAVER VNT
Quoique mal formées , les lettres de cette inscription sont bien conservées et paraissent appartenir aux derniers temps du paganisme.
ANNEYRON. — Cest une commune de la Valloire , formée de plusieurs hameaux, au nord et à 14 kilomètres de Saint-Vallier. Sa poptdation est de 2,627 individus. On voit sur son territoire , à 200 pas environ au-dessus et au nord de la rivière de Bancel, les ruines du château de MantaUle, où se tint, en 879, ce concile fameux dans lequel on dépouilla les enfans de Louis-le-Bègue de la couronne de Bourgogne i pour la donner à Boson y Fun des grands du royaume. Placé au milieu dWe forêt, ce fut d^abord une maison d^agrément des rois de Bourgogne ; fl passa ensuite , on ignore comment, aux archevêques de Vienne, qui en firent «ne finrteresse. Le gouverneur de la province s^en étant emparé en février 1401 , Farchevêque éck fit le siège, et Tattaqua avec tant de vigueur, qu^il la r^rit prescpie aussitôt. Il retourna le même jour à Vienne, t>è il fit, aux flamheafux, son entrée triomphale. Le gouverneur reprit MantaiUe en 1404, et non content de le livrer aux flammes , il ravagea tous les environs.^
Ce château était placé sur le penchant d^une colline très^^scairpée ; renfermé dans une enceinte de fossés et de murailles cE'eBviron 900 mètres , il offirait une double fortification. C^est maintenant un lieu couvert de bois. On arrive avec peine au pied de» anciens remparts , qui entourent les vestiges du
château épaffs çà et la au milieu des rooees et des broussailles : quelques voûtas encombrées de pierres, un pau de mur Irès-épais , dont le faîte indique la coupe du bâtiment., d^autres tombés en ruines, un puits d'une grande profondeur, des créneaux, quelques vestiges de peinture de mauvais goût, e^est tout ce qui resta de oet antique édifice.
Cette commune est la patrie du marquis d'Arlandes ( Françoîs'-Laui'ent ) , connu par Texpérience aérostatique qvCil fit à Paris, le 21 novembre 1783, avec Pilàtre des Rosiers. Ils s^élevèrent du parc dç la Muette, dans une espèce de galerie qui pendait au ballon d'une montgolfière. La machine traversa la partie méridionale de Paris , et s'abattit au-delà de la barrière d'Italie. Ce premier voyage aérien fit une grande sensation , et produisit les expériences qu'on a vues depuis. Né à Anneyron le 25 septembre 1 742 , il y est mort le 30 a\Til 1809.
AOUSTE ou AOSTE {Augusta Vocontiorurri). — Le bourg d'Aouste, d'une population de 1,148 individus, est traversé par la grande route de Valence à Gap ; il est généralement mal bâti. Contigu , en quelque sorte , à la ville de Crest, dont il n'est distant que de 2 kilomètres, il participe à Tactivité , à l'aisance et à Tindustrie de cette dernière commune. Il y a des papeteries , des fours à chaux, et plusieurs préparations des ouvrages qui se fabriquent à Crest se font à Aouste. Il y a trois foires par an. Son territoire est baigné par les eaux de la Drome , et arrosé par un canal dérivé de la rivière de Gervanne, dont les eaux font mouvoir plusieurs artifices et notamment des papeteries.
Aouste était une des colonies militaires établies chez les Voconces sous le règne d'Auguste. V Itinéraire d'Antoniriy la Table Théodosienne et X Anonyme de Raverme en font mention , et la placent entre Die et Valence. Tout porte à croire que c'était alors une ville de quelque importance , avec d^autant plus dé raison, que les lieux auxquels l'empereur Auguste permettait de prendre son nom étaient ordinairement considérables et protégés par lui. A quelle catastrophe doit-on imputer les désastres d^ Augusta? Ses habitans sont-ils venus s^établir à Crest , qui , s'il ne s^est pas entièrement élevé sur les ruines de cette cité , a du moins profité de sa décadence ? Les anciens documens ne cantieanent à cet égard rien de positif.
Aouste a soutenu plusieurs sièges pendant les troubles civils et religieux , notamment en 1 277 , dans la guerre entre Tévêque de Valence et le comte de Valentinois, et en 1586, contre Lesdiguières, qui s^en empara, et contint de 1«\ les troupes renfermées dans la tour de Crest.
On voit derrière Téglise, engagé dans un mur, un autel antique sur Lequel on lit Finscription suivante :
ET QVIETI AETER
SEGVDIAE MAXI
MILLAE FRONTIA
MARCIANE FIL