A. ET; M
Ces sfgnes, d'après la même fradilion, signifieraient : . .
Qu'elle fut grande la piété de tous ! qu'il fut grand le mérite de Daniel ! Une bé(e féroce , pleine de ruse et de méchanceté, a été détruite I Que ce soit à étemelle mémoire.
Aucun monument historique ne mentionne ce singulier événement , mi^is il doit se rapporter à des siècles bien reculés, si, comme il le pjaraii, il se lie à la construction de Téglise, qui est évidemment d^une bau^e antiquité. (( JÇn la recrépissant, il y' a environ vingt ans, on trouva, me mande )* M. Mouriep, curé de Jaillans, une date qu^on transporta sur le frontispice , )» et qui la ferait remonter à Tannée 777, On dira que c'^est là une origine w fabuleuse, mais non , ajoute-t-ril, ^t voici ce qui vient à Tappui de la datp » indiquée : un baptistaire par immerpon , qa^on a malheureusement enlevé )) depuis quelques années, était placé dans Tintérieur de Téglise* Il en reste )♦ encore deux pierres en dehors qui ressemblent aux chambranles d'aune )» cheminée. Il parait que c^ést là qu^on faisait sécher les enfaiis après les )» avoir baptisés. On sait, ajoute encore M, Môurier, que les baptistàires par )) immersion furent placés dans lés églises au VI"* siècle , et que c^est seulé- » ment dans le IX"' qtfils forent supprimés et remplacés par des baptistàires » cPinJusion^ ce qui s^accorde parfaitement avec cette date de 7t7 *...... »>
- On remarqne dans Téglise de Jaillans un tableau très-estîmé représentant V^adoration des bergers. Il appartenait avant la révolution à la grandechartreuse de Grenoble , et c'est lors de la suppression du monastère que le tableau fut préservé de la destruction , et donné à la petite église de Jaillans. On voit à Mémans les ruines de Tancien château de la Jonchère qu'habita le baron des Adrets.
BÉSIGNAN. — Ce village est situé dans le canton du Buis, à Test et à peu de distance de Sainte-Jalle ; sa population est de 183 individus.
M. Duclaux, plus connu sous le nom de marquis de Bésignan, était seigneur de ce lieu, et il eut la téméraire pensée de donner de son château, en 1792, le signal de la contre-révolution. Il entretint des correspondances avec l'étranger et les royalistes de Lyon et du Comtat; il fit réparer les fortifications du donjon de Bésignan , et le pourvut de vivres , d'armes et de munitions. Les communes voisines s'en alarmèrent ; elles appelèrent , dès le mois de mai, sur le château de Bésignan , la vigilance de l'administration. Une visite domiciliaire y fut faite le 27 juin , mais elle n'eut aucun résultat bien important* Cependant les mesures de défense de M. de Bésignan ne se ralentissaient point. Il était évident qu'il donnerait bientôt le signal de quelque mouvement insurrectionnel. Les communes renouvelèrent leurs plaintes, et les gardes nationales s'armèrent. Deux administrateurs du district de Nyons, MM. Caton et Alexandre Romieu, se rendirent sur les lieux, avec quelques troupes, le 22 août 1792, et après avoir parlementé' avec M. de Bésignan , et s'ê(^ assurés de l'intention où il était de résister , ils firent investir la place. Des garde$ nationales accoururent de toutes parts se joindre à la troupe de ligne. Un camp se forma sous les murs de Bésignan ; on attendait de l'artillerie pour battre en brèche, et à voir ce grand appareil de guerre , on eût dit qu'une campagne longue et sérieuse allait commencer. Le siège dura jusqu'au 27. M. de Bésignan voyant qu'il n'étjait pas secouru, et qu'il ne pouvait tenir contre des forces aussi considérables , s'échappa , dans la nuit du ^7 au 28 , avec sa femme, ses enfans et les personnes qui avaient partagé les hasards de sa fortune. Le 28 au matin , les portes du château s'ouvrirent. On s'y précipita , et l'on ne se contenta point de briser et de piUer tout ce qui s'y trouvait : on le démolit entièrement.
Le commandant et l'homme d'action de ce siège était un capitaine de
volontaires de l^ UsiUt^^Qj^Qf^e ^ iHH3imé Afrolt sous l^s, ordres 4u lieutenant-général d'AU^igû^Ci. epmoiandacrt U fé^ervie îaiériewvç dei Tamiéq du midi. On croit qnp c'est M. d'AUbignac qui , justement eS^&yê de rexaspô-^ ration qu^il voyait autx)ur ^e lui, faivoris^ Féva^ioi) de9 a$si4g^ poiir prévenir de sanglantes représaill^.
L^entreprise insensée du marquis de Bésignan fut marqué^ par la d^^UGr» tion des châteaux de Saint-Sauveur et de Sainte-Jajle , que les troupes , les gardes nationales et la tourbe populaire incendièrent ou démolirent en se retirant.
Les vainqueurs souillèrent aussi leur victoire par un événetnent tragique* Parmi les personnes qui s^étaient échappées du château, était un ecclésiastique de Remuzat, nommé Autran. Trouvé errant et arrêté le ?8 août spr le territoire de Bellecombe, on le transféra le même jour à Nyons. Les troupe et les garder nationales du siège revinrent presque en même temps dans cette ville. Autran venait d'y être constitué prisonnier. On enfonça les pprtes de la. prison,. on
s^empara du malheureux, et il fut mis en pièces! On doit à la population
de Nyons la justice de dire qu^elle fut étranger^ à cej acte de barbarie. A une époque encore' assez rapprochée de Tattentat, j'y ai entendu les. hommes de toutes les opinions n'^en parler qu'^avec Taccent de reflfroi et de Tindignation.
On ne lira pas sans intérêt les actes pfificiels qui se rapportent à cet événement. En voici la copie fidèle :
-^ MM. les 4fiwnifircLt'^r4 du directoire 4^ départexfLer^ de l^ JQr^m^p
Le conseil généi*àrâeia commune du lieu dé Bésignan expose qu*il est bien douloureux pour c^e municipalité de n'avoir à adresser aux autorités coiistitttées que des plaintes toujours relatives au sieur Puclaux de qe lieu et ses adbéreps.
Ces plaintes sont d'autant plu& aggravaptes, qu'elles son( perpétuoUes et jounnalières. Une cesse d'entretenir dans sa maison de campagne des gens suspects et malintentionnés» outre qu'il ne respecte aucune propriété; il nç chercha» ^U contraire» qu'à détruire et endommager nos campagnes , soit en venant d'ici ou de là , soit en chassant dans nos
récoltes pendantes Et comme ils sont en nombre plus considérable qu'on ne trouve
de personnes réunies dans cette municipalité pour le:8 dissiper, et qu'ils sont ioconnus^ nous ne pouvops dfmiMsr auQune suite à de tels attroup^n^éns. Us iie cessent de menaeer les propriétaires qui les répriinandent qu^nd ils chassent d^n9 lei|qi> pr<^prlétés ejase*mencées : ils sont venus à cette extrémité de mettre le fusil ep joue epntre diiféreateg pe^-sonnes..
DESGRIPTICm DiES COMMUNES. 433
Il ieiHkble (pie «OB^cihci^vaBt diâleaa doit devenir une ferteresBe par le» fertî^oatîoiii^ qu*U y lait eonlîoueUeoAent, même les loufS de dimanches et fêtes» et par le^ personnes qu'il renferme » et en ve^«Brt arriver de toutes parts des espions qui portent et remportent les aouveUes-Mix aristocrates qiuii sont coalisés avec lui de différons endroits. Il est det personnes qui aeat si effirayéead^un tel appareil, qu'elles ont pri^ le p«rli de sortir de cette municipalité.
A ces causer 9 nou9 .recourons à ce qu'il vous plaise , Messieurs j de vouloir bleu employer les secours cpie les .lois vous mettent en main et que la prudence, vous 6Ufg»érera» — Signé J, RouaV» maire; J. Blibchabd, J. Mokiee, officiers municipaux; J»-C» RoLA9o» .notable; DtxH«a» G. Aeiatjd; Miffib, procureur de la commune; SàWATaSi cuitéb
— Ceîourdliui 19 août 1793, Tan IV delà liberté, à dix heures du matni, par-devant nous }uçe de paix du cahton ée Sainte^Jalle est comparu Jean-Pierre Teste, fils de Jean , citoyen de ce lieu de SâRnte->Jalie, lequel nous a affirmé avec serment que , le jeudi 16 du courant , une femme de ce lieu se trouva sur la rue , et lui dit secrètement que l*e sieur Bésiguan , avec sa troupe, devtfit vearir au premier jour dans ce Iteu dt3 Sainte- JaHe pour y mettre tout à leu et à sang ^ et que s'il voulait s'en soustraire il n'avait qu'à marquer sa porte, et que cette même femme lui avait dit, toujours secrètement, d'en avertir la municipalité, sans la compromettre; que ledit Bës%nan l'avait dît à elle et à sou mari ; de même que s'il entendait dire quelque chose contve lui , d'aller lui en fhrre part, en criant à la porte ce mot : Bésigrutn^ et que cette alerte devait àtriver av^tit le 3â du présent mois. Elle ajouta qu'âhii avait feit voir une grande quantité de lettres VeMivl des frontières du royaume et de divers ennemis de l'élut; que certaines lui avaient été apportées par des exprès dans leurs queues, et qu'il avak feit moudre dans huit }o)tirs treize saumées de blé-ftomeuFt pour provision , et qu'il contimie toujours ; et en présence de sieur 'Etlenue Bunneau*, maire de ce lieu, et de M.* JuUian, curé dé cette paroisse^ il a signé sa déposition ; dont acte. Encore présens les sieurs Guintrandy , Jean-Joseph Teste et Jean<*Bapttste Allemand, citoyens de ce lieu. — Sigtaé'J.-P. Tkste ; E. Bohrbau, maire; Jolluk, curé; GvnmAKDT, J.-^oseph Twtr, B. Abibmahb ; F. Lovbibe, juge de paix ; Teste, aecréiaire^greffier^r
— Du même jour et au que dessus, à cinq heures du.soir» est encore comparu par-* devant nous juge de paix sieur Joseph RouX) cjloyen de oe* lieu de Sainte-Jalle, lequel nous a affirmé avec serment que, le samedi 11 du courant ^ il fut au lieu de Bésign^n^ au château du sieur Duclaux, oii étant il a trouvé le sieur Duclaux^ et M lui a demandé des nouvelles du temps; il lui a répondu qu'il aurait eu moins de vkigt-i-quatre heures de temps plus de AyûOC^ honunes à son service, et mèm» XfiviX le Gomtat^ et que quand
on apporterait des pièces de 4» elles ne feraient pas plus qu'à son c, et qu'il se f. de
tous ses ennen^i»; quHl aurait aeses de paj»y et.qiie qp^qd il l'aidait Gwyl U mf^Qg^^ 4^ ^
beuroulette^ et qu^il lui présenta un drapeau rouge auquel étaient écrits en lettres noires ces ïnots : Déclaration de guerre ^ et de suite il lui fit lecture d'une lettre venant des pays étrangers qui lui disait de tenir ferme 9 qu'on lui donnerait bientôt du secours ^ et que si le roi était inquiété, ou qu'on lui fit quelque tort, on passerait tous les Parisiens au fil de rèpéé, et tous ceux qui ne voudraient pas se soumettre à eux et surtout les intrus.....
les intrus et que l'assemblée nationale n'a jamais dit si bien la vérité que quand elle
a déclaré la patrie en danger; qu'on faisait des troupes, mais qu'elles n'iraient pas au camp sans qu'elles fussent mortes de. faim, et que Lyon n'avait point voulu en fournir. Ledit Roux déclare qu'il ne se rappelle pas de -beaucoup d'autres propos hostiles qu'il kd avait tenus, et a signé; dont acte. — Roux; F. Loubibb, juge de paix; Tbstb, secrétaire* greffier. Extrait sur la minute. Signé F. Loubieb , juge de paix; Teste , seorétaire>greffi^.
, • — Nous François-Nicolas- Joseph-César Gaton et Antoine- Alexandre Romieu, admipistrateqrs dv> district de Nyons , commissaires nommés p^r jL'arrété du conseil d'administration du tour d.'hier, à l'effet de nous rendre à Bésignan pour les causes énoncées audit arrêté, étant arrivés pejourd'hui, à huit heures du matin, au moulin de Sainte- Jalle, dit vulgairement le moulin du Plan, que nous avions indiqué pour le lieu de réunion à MM. Ips conunandans des volontaires nationaux en garnison au Buis, delà gendarmerie nationale de Nyons et du Buis, avons trouvé lesdits volontaires et gendarmes arrh:és. Nous avons fait part à MM. les çommaudans de l'objet de notre mission, et. avons fait lire, à la tète de la troupe assemblée, l'extrait de l'arrêté du conseil d'admis qistratian. et de suit^ q^ous nous sommes m^ en inarçhe, accompagnés de la troupe, piQj^if jiiQus rendre au ci-devant château de- Bésignan. Lorsque nous en avons été à une portée de ftisil, nous avons prié MM; les commandant ide faire £iire balte à leurs trompes respiectives , fH nous nous .sonunes avancés, accompagnés des commandans des volon* X^ifes ejt 4e la gendarmerie^ de plusieurs pfliciers et gendannes, précédéf d'un tambour. Nous avons aperçu plusieurs hpmmei» an^V^s sur i^ toits de )a maison et; aux fenêires :, le nombre nous a paru être,dc quiiipz^à yingt. Up momient après» nous, avons vu iin drapeau rouge arboré sur une.des toprs. Nops pous somm^& arrêtés, ?^von^,at1iaché up ipouqhoir blaoc avi.bpMt d'i^niB c^qe, avpps fajt battre un b^ par le tambour , içt avons fait flotter notre drapeau blanc en avançant. Au signe d'intentions pacifiques de uotrç part, le drapeau rouge a été baissé. Un des hommes que nous avions aperçu armé d'un fiisil sur le iMt, a fait le mouvenient de repos €out Us armes, ÉtaPt'arrivés sous les fenêtres de la maison-, une daine, que nbus avons reconnu être Pépouse du sieur Duclaux fils^ s'est montrée, et nous a demandé qui nous étions et (ie que nous voulions. Nous luiavohs répondu tfaé nous étions des commissaires du district, qui souhaitions parler au sieur Duclaux fils : elle nous a dit que n6u^ pouvions lui paHer à elle, que son mari était à son postei Ayant insisté, et lui ayant donné notre parole que la troupe qoi étati arrêtée b'ovâncèràrit pas sans notre ofdre, elle s'est décidée à faire pppelèr son mari, ,i^i \bl pétùlèi la nÉié^ fenêtre, il pous' a f£tit les méotiês questions 'que sonépouse; nous
DESCRIPItlôK DES COMMUNES. 435
lui aTOUa ftiil la même réponse, en aîmitant qne, sarles bniits' alaimàiii ifni g*étaiénl répandus 9 le distriêt nous ayaU' député» pour visiter la* quantité: des 'armes et des «lunl^ tions renfermées dans sa maison. Il a dit que le district n'avait point d'ovdre à lui donner; que d'ailleurs la visite que nous voirions faire avatt é«é déjà faite par un commissaire da directoire 9 et que depuis Tétat de sa maison n'avait pas changé; que d'ailleurs des visites domiciliaires ne se faisaient pas de cette manière ; que des commissaires ne marchaient pas avec une armée de baïonnettes; Noc» lui avons 'oi>servé -que la troupe n'était pas dans des intentions hostUes ; que nous répondions d'elle. : il nous a répliqué cpie nous étions bien hardis d'en répondre, qu'à Paris on n'avait pas pu en être maitre, et nous a demandé d'oti émanaient nos pouvoirs; que nous ^'ignorions pas que le roi était suspendu. Nous lui avons dit que nos pouvoirs émanaient d'une autorité constituée : il nous a dit que le roi ^it aussi âufoHté constituée , et qu'il avait été suspendu, et quelle autorité il y aVaît.dans le moment. Nous lui avons dit que l'assemblée Kialionale .était l\iutorité supérieure seule qui fût reconnue par les Français dan» ce moment, et que ses décrets devaient éftre exécutés comme lofs du royaume. Il nous a demandé si nos pouvoirs étaient antérieurs ou postérieurs à la suspension dti roi : nous hii avons répondu qu^ls étaient postériewrs. En ce oas là, nous a-^-il dit, vous pouvez faire ce qae vous voudrez. Nous avons vainement employé toutes les Voies de l'exhortation et de la douceur pour l'engajgfer à nous laisser remplir notre mission : il nous a dît qu'il était résolu à s'ensevelk BOUS les ruineis de 86n château ; qu'it avait été menacé par ses ci-dèvant vassaux , et que sll périssait tl périrait beaucoup de moiide. Nous lui avons demandé pourquoi ce drapeau rouge arboré sur sa maison ; qu'aux termes de la loi du 8 {uiUet dernier, c'était un signe de ralliement et de rébellion 1 il n'a rieb répondu. Nous Ta Vous sommé pour la dernière fois de nous ouvrir les poftes de sa maison : il nous a dit^o'il ne laisserait entrer que quatre personnes. Nous lui avons dit que puisqu'il persi^ait dans ses résolutions, nous allions nous retlrel*,et que l'administration se verrait forcée d'employer des moyens violens pour le réduire : il a dit qu^ était résolu à toUt. Nous nous somihes retirés à l'endroit où la troupe s'était arrêtée , et de suite se sont présentés à nous les sieurs Loubier et Teste, {uge de paix et secrétaire de paix du canton de Saîntc-Jalle, lesquels nous ont exhibé des dépositions faites devant le tribunal de paix contre le sieur Duclaux fils. La gravité des faits contenus dans lesdites dépositions nous a engagés à requérir le commandant des volontaires de se cantonner au village de Bésignan et de cerner par des postes le château , avec réquisition de mettre en état d'arrestation toutes les personnes qui sortiraient du château. Nous avons de suite fait une réquisition à la municipalité de Bésignan pour faire fournir le logement et l'étape à la troupe jusqu'à nouvel ordre. Le commandant nous ayant observé qn*il n'avait pas assez de monde pour fiûre les patrouilles nécessaires, nous avons requis le commandant du bataillon cte Sainte-foHe de commander tel nombre d'hommes que le conmiandant des volontaires jugera convenable , pour l'aider dans sa garde des postes , jusqu'à ce que l'a^inistratiou ail statué à cet égard.
Le {tigéi^e patX'de Saldte-Jalle, sur notre réquisition., noua a r^oilsutte co{^ie certifiée de la déposition ci-dessus relatée , qui sera jointe audit pr^ooès-verbal.
Nous iiolif sotnmes retirés à Sainte-Jalle , où nous avons dressé le prooès-verbal » que nous avoiM signé avec Jes comoiandaas «t oiEciers des volontaiires et de la gendaitaerie et gendmteea qui nous, accompagnaient.
Fait à Saîttte-Jalle* le 22 août 1792, Tan IV de la liberté;, à dcWt heures du soir
Signé Arexackdffe'RoMiBo, Catoh; Guillaume- Marie Araii., commandant; Rbtxài}»| gendarme; XiiAmaE^ eapitaine; CnBvAiiiBiBE-VALDaosB^ lietUenant dé gendarmerie ^ 12^* divisioca.
j4u Directoire du district de Nfons.
Fr^eç çt wiisrs.ie vous ai promis de vous donner cofanaâssanoe de la situation de notre mvi^ ; je m*acqqitte de ma p^iroi^* X^ nuit a ^é. tranquille. Des patrouilles, qui se croisaient .sans eesse» ont ceri^é toute la nuit le cbàteau» oii régnait aussi la plus grande suneillance^ Ce malin, fai rapproché les po8tes<^4eux portées de ii^il du château». J*ai ç^u devoir les miritipljer , parce qu'une coUin^ laissait une trouée par oh Ton aurait pu s'échapper. Tous nos volontaires brûlent jde monter à l'assaut , et comptent pour rien leurs fatigues. Ce uvatin» Lorsque jefaisais la ronde des postas, M. Buclaurm'a demandé i^ie conférence povy^ «ffs^ires knportaptes. J'ai consenti à me transporter à moitié chemin du château. Il ^'est pliiii^t que j'interceptais toute communication avec l'extérieui:* -r- Tels sont mes ordres. *— Si j'avais prévu, hier, j'^JUkrais souffqrt .ia.vii^e domiciliaire # quoique iU^le. < — Vous en étier le paattrer^t vous vous; seriez évité ces moyens dç rigueur. ^- Je vai» écrire au département, pour s£|Voir de lui quand tout ceci prendc^ fin,. T- Quand nous aurops dçs canons. ^~ %a aUen4fi2r-vous? -^. Qui. — J^es murailles résistei:ont ^ leurs coups, et j.e me défendrai vigoureusemep^. -r- A la bonne heure. — Niais pourqjLioi faire 4o^ brt^chjss, piiji^|i*>il F^^ ^^ fei^ètre^ par lesquelles vous pourriez entrer? — C'est que nous ne vou(oi)s.|ioms i^trodjoire que par la brèche, ^r^- Je vai^ éfffire ; me pr4)mettazHyous de U^te. tenir mps lettres au distrâct et au ,dépairtemen^ ? ^ J^ vou^ le pJro^lets. — DevezrVous toujours me garder ainsi ? -^ Jusqu'à nouvel ordres TV Ittais je puis faire aussi des loisrobes moi, et si vos volontaires s'approchent jusque dnçs. la colline, je ferai, tirer dessus. ^*- Ils riposteront. — Tous les passages me son^ fermés. Je prends ma yiandis au Suis; je suis forcé de m!en pas^e^. ^^ Nos volontaires |ie mangent que du pai^* — Je vf is écrire. .< — f^ ferai prendre vos lettres.
Yoilà notre conversation. J'ai cru devoir vous en faire part.
Je vous préviens que l'étapier de Nyons a refusé de fournir l'étape sur votre réquisition. £n conpéquenoe, je vous prie d'adresser de suite à la municipalité du Buis des ordres PQur le (forcer de la fournir pour demain et les deux jours .déj^ écoulés^ En attendant, nous vivons comme nous pouyoj^, .et l'-on nous fournît du vin du moulin du Plan.
N^us attendons avec hnpatience des canons pour terminer ce siège. Deux compagnies de gardes nationales sont venues ce matin s'offrir à le continuer avec nous.
Je suis avec la plus inlîme cordialité votre affectionné concitoyen. — Signé GutUanme- Uarie AybàL) capitaine*conmiandant.
Aa camp de l'Égalité , ce 2S août l'an IV.
Bésignan , ce 25 août 1792.
Messieurs^ quelle fut ma surprise lorsque je vis hier, sans motif, approcher de ma demeure un membre du district entouré de beaucoup de monde, et suivi, à 150 toises de distance, d*un gros corps de troupes qui n'avait rien moins que Tapparence de protéger les lois , mais plutôt celle de faire une attaque vigoureuse et vexatoire I Ma surprise fut bien plus grande lorsque Tadministrateur énonça sa mission. Muni d'un extrait du procès-verbal de visite dressé le 27 juin dernier à la suite des mouvemens et inquiétudes de plusieurs municipalités voisines, je ne pouvais croire avoir donné lieu à une seconde, tandis que ma position n'avait nullement changé, et que bien loin d'avoir rien fait pour aigrir les esprits, je n'avais eu rien tant à cœur, malgré les dangers qui m'ont toujours entouré, que de montrer la plus grande tranquillité. Après avoir témoigné mon étonnement à M. l'administrateur, il n'insista pas moins à faire une seconde visite domiciliaire, réprouvée par les lois. Je lui répondis que je m'étais bien volontiers soumis à la première, par suite de mon dévouaient à la tranquillité publique; que je me rendrais, quoique à contre-cœur , à la seconde, toujours d'après les mêmes motifs, si la loi n'était entourée que de gens suffisans pour la protéger ou pour sa dignité, mais que la suite d'environ 200 hommes ne devait pas être regardée de ma part pour une simple protection. J'ajoutai que, lors de la première visite, l'administrateur commis ne s'entoura que de deux gendarmes; qu'aucune démarche postérieure n'avait pu rien altérer dans les formes, et que j'étais prêt, si l'on voulait venir de la même manière, à ouvrir mes portes.
M. l'administrateur, je ne sais sous quel prétexte, n'écouta point mes représentations et se vêtira.
Sa retraite fut suivie de dispositions dans la troupe aussi singulières que contre le droit des gens. Dans un instant, ma demeure fut entourée par la troupe entière^, de manière à ne me laisser aucune communication , pas même celles nécessaires à ma subsistance et à celle de ma maison; ce matin même, les postes multipliés posés dai^s la journée d'hier ont reçu l'ordre de me resserrer encore plus.
Quelles que soient les autorités, elles ont des règles à suivre, et excepté qu'on ne veuille faire croire à l'univers entier qu'il n'en existe plus en France, on doit du moins en conserver l'ombre.
D'après ces principes, M. l'administrateur aurait dû, au préalable, rendre compte de sa mission , de mes réponses et de mes interpellations, et prendre les ordres ultérieurs de ses commetfans; mais il ne devait pas, quand on se soumet même à des ordres que la constitution réprouve, commander de son pur mouvement des dispositions hdstifees. J'oubliais d'ajouter que, sur mes diverses représentations, M. l'administrateur me parla
de la loi du 8 juillet dernier; sans la connaître précisément, Je répondis que la municipalité du lieu ne m'avait fait aucune réquisition au sujet de mes armes, et qu'au reste ne m'ayant jamais fait l'honneur de m'inscrire au rôle des citoyens actifs, je ne croyais pas être soumis à la remise de mes armes , étant forcé , par la nature de ma position , à ne compter que sur elles pour mon salut et celui de ma famille.
Il est notoire que la conduite qu'on tient et qu'on va tenir me porte les plus grands dommages. L'administration présente voudra bien me permettre de lui observer qu'elle m'est responsable de tous ceux qu'elle aurait pu éviter , et je ne doute pas d'un instant que mes représentations n'amènent des réflexions aussi sages qu'humaines.
Qu'on n'imagine pas qu'un père de famille , résigné à lutter contre la mort et déter-^ miné à défendre avec héroïsme ses enfans, se laisse ébranler à des appareils de guerre 5
qui ne devraient être employés que contre des puissances ennemies Mes résolutions
ne changeront jamais. J'ai déjà dit souvent aux administrations que je sais subir la loi quelconque qui existe, mais que lorsqu'elles se voilent pour laisser consommer le crime, j'avais assez de caractère pour résister à son exécution ou mourir avec honneur.
J'ai l'honneur d'être avec respect, Messieurs, votre très-humble et très-obéissant serviteur, — J. DocLÀux-BésiGNAir.
P, S. J'envoie copie de la présente aux administrations supérieures.
BONLIEU. -^ Cest une commune du canton de Marsanne, à H kilomètres nord^est de Montélimar. Sa population n'^est que de 202 individus , encore la plus grande partie est-elle répandue dans la campagne. Les habitans ne s^occupent que de la culture des terres et de féducation des vers-à-soîe. Le territoire est traversé par le Roubion , qui y fait de fréquens ravages. Quoique le sol soit généralement peu productif, le nom de Bonlieu, bonus locuSj donné au village , parait venir de Tendroit où il est placé , qui est en effet assez riant. ^
Il y avait à Bonlieu un monastère de religieuses, fondé en 1175 par la maison de Poitiers. Les religieuses Tabandonnèrent lors de la guerre des Albigeois, et en 1A00 le chapitre général de Tordre de Citeaux y établit une abbaye d^hommes. En 1562, les* protestans s^en emparèrent, et ils ne rabandonnèrent qu^en 160&. Vendus pendant la révolution , les bàtmieo^ sont aujourd'hui Thabitation d'im simple particulier.
BOURDEAUX {Bordeux). — Cest le chef-lieu d'un canton montagneux, à 57 kilomètres sud-ouest de Die et 55 sud-est de Valence. Sa population est de 1,281 individus. Il est situé dao^ une vallée étroite mais fertile qu'arrose le Roubion.
Cest dans cette vallée qu^un détachement de dragons défit, en 1686, les protestans de Bourdeaux et des environs , qui avaient pris les armes pour se soustraire à la rigueur des édits de Louis XIV contre les réformés.
La population de cette commune est encore en grande partie protestante. Il y a un temple et un ministre pour Texercice de ce culte.
Il s'y fait une quantité assez considérable de petites étoflFes ; il y a plusieurs fabriques pour Fouvraison de la soie, et il s^ tient six foires par an.
Cest la patrie du ministre Casaubon, père du célèbre Isaac Casaubon , Fun des hommes les plus savans de son siècle. Plusieurs écrivains le disent natif de Bourdeaux, comme son père, mais c'est une erreur : il est né à Genève, le 28 février 1 559 , quelques mois après que sa famille eut quitté Bourdeaux. Il fut un des meilleurs critiqués de son temps ; sa modestie , sa candeur , sa probité , le firent estimer et respecter de tout le monde. Il mourut en Angleterre, à Tâge de 55 ans, et fut enterré à Tabbaye de Westminster.
BOURG-DU-PÉAGE {Pedagium Pisansoni). — Ce bourg est traversé par la route de Valence à Genève , et situé sur la rive gauche de Tlsère , qui en baigne les murs et le sépare de la ville de Romans ; il était connu autrefois sous le nom de Péage-de-Pisançon. Il ^st à 18 kilomètres de Valence. Sa fondation remonte au X"" siècle : le chapitre de Saint-Barnard de Romans fit bâtir , avec droit de péage , un pont sur la rivière , et la facilité de communiquer de Tune à Tautre rive donna naissance à cette nouvelle commune.
Le Bourg-du-Péage fut connu dans la révolution sous le nom à^Unitésur-Isere. Il est composé de son chef-lieu , d^un petit hameau et de quelques maisons éparses. La population agglomérée au chef-lieu est de 3,095 individus , et la population totale de 3,577. Cest un chéf-lieu de canton.
M. le comte Dedelay-d^Agier habita pendant 50 ans une de ses propriétés rurales située dans le territoire de cette commune, et c^est là qu^avant 1780 . il établit son système d^agriculture sur environ AOO arpens. Ses enconragemens et ses succès délermioèrent à Timiter, d^abord de proche en proche, et bientôt généralement. Ce perfectionnement a produit tous ses fruits ; des terrains arides, graveleux, depuis long-temps stériles, ont, par des prairies artificielles , par des plantatioos sagement combinées et méthodiquement cultivées, décuplé la valeur capitale de la terre, et les produits bruts annuels quW en retire maintenant sont de quinze à vingt fois plus considérables
qu^avant 1780. Ce mouvement imprimé à ragricullure a influé sur la population : elle a triplé en 50 ans. Il a bientôt aussi influé sur le commerce et la fabrique. Ces deux objets se réduisaient, avant 1780, aux apprêts du chanvre qu^on allait acheter à Grenoble, et à la façon donnée aux débris du filage des cocons qu^on tirait du midi : aujourd'hui, beaucoup d'^autres industries s^ exercent avec autant d'activité que d'intelligence. Il y a quatre foires par an. On y fabrique de la chapéLerie et des tissus de soie, débourre de soie et de filosdle ; on j teint le coton et la soie ; il J a des tanneries , des corderies et des ateliers de charronnage , des moulins à farine sur risèie , des fabriques de pâtes dites de Gènes et dCIUilie. On y fait aussi le commerce des bois propres aux bàtiinens , aux constructions et aux vignobles , et celui des huiles de noix , qu'on tire principalement du Royanais.
Il existe au chef-lieu un pensionnat ou école primaire pour les garçons.
Divers établissemens de bienfaisance y ont été fondés et dotés par M. Dedelay-d'Agier :
l'Aline distribution journalière de 500 soupes, pendant les froids de l'hiver^ 2^ un hospice portant des secours à domicile aux malades, aux vieillards, aux infirmes; 3"* une pharmacie fournissant aux pauvres tous les médicamens qu'exige leur situation j 4* un médecin chargé de les visiter et de les diriger.
Il y a aussi une caisse de secours pour les pauvres ouvriers que des accidens imprévus, la rigueur de la saison ou le grand âge privent de travail, enfin une école gratuite primaire pour les filles pauvres.
Tous ces établissemens sont confiés aux religieuses du Saint-Sacrement , qui y tiennent un pensionnat de jeunes demoiselles dans un local trèsspacieux et très-sain, et où l'on trouve, unies à l'économie, toutes les ressources d'une bonne éducation.
Le Bourg-du-Péage est la patrie de Marc -Antoine Jullien, né le 18 avril 1744, mort le 27 septembre 1821. Membre de l'assemblée législative et de la convention , fl y fut connu sous le nom de Jullien de la Drome, On a de lui : Opuscules en [fers j par l'auteur de la Nou^^elle Ruthf Paris , 1807, in-12.
Cesjt l'ainé de ses fils , ancien inspecteur aux revues , qui a donné un Essai sur l^ emploi du temps j qui a fondé la Reifue encyclopédique y concouru à la rédaction de plusieurs écrits périodiques, et publié divers ouvrages sur l'instruction publique.
DESCRIPTiaN. 9E6. QOHMUNES. 444
Le second de ses fils , aew^tnteDdant n^ilhatre ^ esl tuteur de pliuneurs ouvragées estimés sur Fadimnistratioa militaire. '» -
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BOURG-UÈS-VALENCE {Burgum Falentiœ), Sa population aggloméréçr est d'environ 1 >200 individus , et sa population totale ^ 2,820* Une uf êipe enceinte renferme Valence et le Bourg : c'est en quelque 3orteun village dan^ Tintérieur d'uae ville ^ car, à Fexception de la grande ruej^ qpi coipraunique gvec Valence ^ il est fort mal bâti. U eut toujours son administration particulière. Son territoire , jqui limite au nord celui, de Valence , a les mêmes productions , mais le sol en est moins nervejax. Peu de terres soAt cultivées en bléj quelque^unes reçoivent du méteil^ et les autres ^ en plus grand nombre, ne sont propres qu'au seigle. Les prairies ^ c^jocupent la meilleure partie du sol, et donneraient toujours d'abondantes récoltes, si leur assiette, trop basse et couverte d'uii trop grand tibrnbre de strarëéé,' ne les exposait à de jfrëquentes inondations.
Il se fait au Bourg un peât commerce de planches,' de tuiles, de briques, de chaux et de charbon de terre. II y a une imprimerie d^indiennes qiii occupe tme vingtaine d'ouvriers. Les belles eaux qui circulent aux portés *eï d'anis l'intérieur même du Bourg, présentent beaucoup de facilités pour desétablissemens importans qu'il est très-désirable de voir s'y formel^, pùisqu^'ilsfoumiraient du travail et' 6/ds moyens d'existence à de nombreuses faipilles , que l'exploitatiou des (erres, la navigation du Rhône et les autres r^oiircès dont on vient de parier , ne sauvent pas de l'indigence , car les babitans d^ cette commune sont généralement pauvres.
Lie Bourg renferme des vestiges d'anciens édifices, qui attestent une antique origine, sans en déterminer l'époque. Son église date , dit-oi^ , du règne de Charlemagne. Ce. qu'il y a de certain, c'est que sur la fin du VIÏI"' siècle une abbaye de bénédictins fut fondée dans ce lieu. Plus tard, les moines furent sécularisés y^ et le monastère transformé en une collégiale, qui a dui^é jusqu'en 1727, époque à laquelle l'évêque de Valence réunit le chapitre du Bourg à celui de Saint-Apollinaire.
On voit sur le territoire du Bourg plusieurs maisons de can^agne, parm^ lesquelles on distingue ceUe de M. Bérenger , nieml^ de la chanibre des députés, et le château du Valentih, appartenant à M^le mî^rquis 4^ Sieyes.
442 CHAPITHE VI.
Au milieu d^un fort beau parc , près de la grande route et à uue très^petite distance du Rhône , la situation de ce château est on ne saurait plus agréable. Il fut bâti vers le milieu du XVII"* siècle , par Daniel de Cosnac , évêque de Valence et de Die, le même qui fut nommé à Farchevèché d^Aix en 1687, et dont M."* de Sévigné, dans une lettre écrite de Valence le 6 octobre 1673 , parle comme d'un prélat éminemment distingué par son esprit. De M. de Cosnac, le Valentin passa dans la maison deVeynes, que représente M. dé Sieyes. Le duc de Bourgogne, voyageant dans le mîdî , alla chasser' et loger au Valentîn , et M. le marquis de Veynes , pour consacrer en qudque sorte cette visite du prince , le fit représenter à cheval sur la laçade du château , où on le voit encore , malgré les dégradations que ce bas-relief a .éprouvées dans îa révolution.
BpUCIiET ou BOJJSCHET ( Bouschetus). — Cest un village de Tancien jComtat, qui dépend maintenant du canton de Pierrelatte« Sa population est de 841 individus.
Dans le XIII""' siècle, c'était un monastère dé Tordre de Citeaux. Des habitations s'élevèrent ^sous la protection du monastère , et elles formèrent, avec le temps, le village qu'on voit aujourd'hui, tandis que 1 abbaye, incendiée pendant les troubles religieux , a totalement disparu.
Bouchet était , avant la réunion du Comtat à la France , un bureau de /transit pour les marchandises portées en Dauphiné.
Le ^1 de cette commune est pierreux et peu fertile. Le bois de cliêne y est abondant*
Qutre le Lez , qui sépare sou territoire de celui de Suze , le ruisseau de l'JÉrin , qui prend sa source au-dessus de Vîsan , baigne les murs de Bouchet a^u midi. C^est cette yallée de l'Erin qui, consacrée au pâturage des boeufs employés au labourage, portait le nom de Bucetum^ dont Bouchet n'est qù'pne altération opérée par la modification dû langage.
On remarque encore quelques vestiges de l'ancien château. On ne sait point s'^il fut bâti par les Templiers ou par les princes d'Qrange; on sait seulement que le cardinal du Roure, qui fut pape sous le nom de Jules II, donna le château et la seigneurie au collège de Saint-Nicolas d'Avignon. Les ecclésiastique^, directeurs de ce collège, y passaient ordinairement une partie de }a belle Maison avec leurs élèves.
DfiBCRIPTfdN 0BS COMMUNES. * K^9
Le5 «nnfes da village et do château étaient celles de ce pontife : wî'cké^ hlanc de sinople sur un fond d^urg&rii.
BOUVANTE. — Cette cotnmune est située au milieu des plus hautes montagnes du Royanais, à 56 kilomètres de' Valence. Le climat en est trés-froid, ce qui est cause que le sol ne produit que quelques céréales,! des pommes de terre et des noix. Le territoire, Fun des plus étendus du^ département, puisquMl a 3 lieues du nord au midi, se divise en partie haute et en partie basse , que sépare une chaîne de montagnes très-élevées. Il y a sept hameaux dans la première et neuf dans la seconde^ Ils f(5rment ensemble une population de 955 individus. La principale industrie des hahïtans consiste à élever des bestiaux sur les montagnes , qui toutes , dans ce Canton, abondent en pâturages. 11^ font aiïssî un petit commerce de bois, au moyen du flottage de la Lionne , qui traverse le Haut-Bouvante. Il se tient dans cette commune trois foires par an.
Au pied de la forêt de Lesseraine, dans le Bas-Bouvànte , est le F^alr- Sainte -- Marie ^ où fut fondée une succursale de la grande- chartreuse, en i 1 44, par le dauphin Guignes V. Humbert V^ ^y retira en 1 306, et y mourut Tannée suivante. Entourée de montagnes , on ne peut y pénétrer , du côté du couchant, qu^en passant entre deux rochers qui forment un grand et majestueux portail. Deux ruisseaux y^ qui prennent leur soiu-ce et serpentent dans ce vallon , viennent se réunir au— dessous du monastère , et ajoutent encore à la diversité du paysage.
Cette localité était entièrement déserte avant rétablissement de la ehaptreusc;,^ et ïes religieux ne sont parvenus à y attirer des habitans qu'en donnant des terres à défricher avec exemption de taxes. Le plus ancien parcellaire ne date que de Tannée 1 703.
BUIS (le) {Éuxum). — Cette vifte, dWe populiattoù de i,f80'iïidïvîdus, est à 33 kilomètres sud-est de Nyons , 38 de Carpentiras et H% de Valence. EUe est sous le 44' 16' 50'Me latitude et le Y 65' 30^ de longitude, dans un vallon resserré , mais agréable , que baigne la rivière d'Ouvète : la température en est fort (ïouce. Placé au centre d'un assez grand nombre de communes de la partie la plus montagneuse de Tarrondissement dé* Nyons , le Buis fait avec elles u» commerce d'échange que facilitent un marché par
sem^îp^)^huIt;fiHres païf aa, et une roule de comteumcatiôn aVec Carpenfras ouverte depuis peu d^années. Il y a des £idNr&qiies d^ouTraîsùn de la soie et des tanneries. On y commerce en draps du pays , en laine , chapélerie et oi'/ètfèrîe. '
Lé talion de rOUvèze , bordé de tous côtés de montagnes élevées , forme la meilleure, mais la plus faible partie du territoire. Ailleurs, le cultivateur lutte sans cesse contre Taspérité du sol , et tire des produits du flanc même des montagnes. Des murs de soutènement , élevés de distance en distance , retiennent la terre toujours prête à s^éboulet.
On ne sait rien de Tépoque de la fondation de cette ville ; seulement ^ diverses inscriptions, trouvées dans les ru|nes d^anciens tombeaux, semblent faire croîi*e qu'*eDe commença par être Tasîle de quelque peuplade gauloise civilisée par ses relations et son commerce avep Marseille. On fait dériver son nom des buis qui croissent abondamment sur les montagnes voisines» et dont les collines qui Fentourent^ où Ton voU maintenant la vj|pQie, Tolivier et le mûrier, ont été long-temp^ couvertes.
Comme toutes les villes de ces contrées que désolèrent les guerres de la féodalité, le Buis prit, au XII*' siècle, un aspect guerrier. Ses fortifications^ qui ont existé jusqu^à la fin du XVII *• siècle , consistaient en remparts flanqués de tours , environnés de fossés , /et en un château-fort bâti bors de la ville sbr le rocher dUbrieu^jt • Les remparts existent encore ; les fossés ont été convertis en jardins , et le château p^offre plus que des ruines.
Au démembrement du royaunjue de Bourgogne, en 1 032, le 3uis passa sous la domination des b;9rons d^ Mévouilloa j qu^ ep firent leur résidence principale. Cette baronnie étant échu.e aux dauphins par donation, Humbert 11^ pendant le séjour tju^il fit au Buis en Ï317 , à son retour d'Avignon , réunit au domaine delphinal la baronnie de Mévouillon , ainsi que celle de Montauban , qui avait éjtfi cédée à ^umbert T^ par ua traité de 1302. Dèslors^, le Buis suivit le sort du reste de la.pro|viqf^{, B^i& lor;5que Humbert U remit ses états à la France, en 1349 , cptte ville ne consentit à reconnaître le roi-rdauphia et à lui promettre fidélité, qu'après qHe les députés qu'elle avait ^envoyés à Humbert eurent reçu de lui-n^én^e. ^ordre de se soumettre à soq
successeur.
^lle prit part ^ux troubles re^igiev, et ses Jtiabitans ^yri^t ^singulièrement à sôuflrir des incursions de Dupuy-Montbr]un.
En 1 568 , elle fut assiégée et prise par Gaspard Pape de Saint* Auban , Tun des che6 du parti protestant.
En 4623, lès hostilités recommencèrent dans les Baronnies, et le 1^' odobre mi fils de Dupuj-Montbrun fit mettre le siège devant le Buis, après sY être ménagé de nombreuses intelligences. Un de ses lieutenans , nommé Cadart , fut duirgé de Fexpédition. Il monta le premier à Tassant. Les assiégés se défaàdaient yaittammeot ; mais sans espoir d^étre secourus , et trop fiûbles povir résister long-temps, ils se considéraient déjà comme Taîncus , lorsque Féchelon sur lequel Cadart appuyait le pied , prêt k saisir avec la main les créneaux du rempart, fut, dit la ti^dition populaire, brisé par le jet d^une pierre : le guerrier fut précipité dans les fossés. Sans chef et découragés, ses soldats prirent la fuite, et le laissèrent gisant sur la place, ou il fut tué par les assiégés. Comme personne , rapporte aussi la tradition , n^avait vu jeter la pierre, on attribua cette délivrance de la ville à Tintercession de la Vierge, que les assiégés avaient invoquée dans ce pressant danger, et aujourd'hui encore on voit, apposées contre la muraille occidentale de Fancienne paroisse , deux échelles vermoulues qu'on prétend être celles qui furent employées par Cadart à Tassant de 1623. On voit également, dans la chapelle du rosaire de Tancienne église des dominicains, une statue de Notre-Dame-des-Victoires, qui fut, dit-on, érigée en mémoire de cet événement.
La commune du Buis renfermait deux paroisses rurales , Tune à ProycLS et Tautre à SairU^Martin ^ qui ont été détruites pendant les guerres civiles.
La ville est défendue contre les eaux de TOuvèze par une digue de la longueur de 900 mètres, construite en 1776 : elle a 5 mètres de base sur 6 de hauteur , dont 2 pour les fondations.
Le Buis est mal bâti;, mais il y a de belles promenades et surtout une esplanade , près de la digne, qui ofire beaucoup d^agrément; on y remarque aussi une place publique entourée de halles et plantée d^un double rang d^arbres. A la tête de cette place est une belle fontaine qui ne tarit jamais.
Il y avait avant la révolution un bailliage qui avait pour ressort le pays des Baronnies, une subdélégation, un grenier à sel, un entrepôt général de tabac , un lieutenant de maréchaussée , une juridiction des traites et gabelles , une communauté de chirurgiens, une communauté de religieuses
446 CHAPITRE vn
ursulines et un couvent de dominicains fondé , en^ f 294 , paf Reymond de Mévouillon , et confirmé par une bulle du pape Clément Y du f 3 novembre f 309 ; mais en 1 793 le Buis perdit tous ses établissemensv Aujburd'^hui , c^est le chef-lieu d^un canton ; il 7 a un bureau de poste,, une brigade de gendarmerie à cheval et un bureau d^enregistrement.
Cest la patrie d^ Antoine Lemasson y secrétaire de la reine Marguerite de Valois, qui a donné des Commentaires sur le Dante ^ et en 1558* une traduction du Décaméron de Bocaee plusieurs fois réimprimée , et dont 1» dernière édition , revue et corrigée, est de 1757, in-8*. On a encore de lui les Amours de Phidie et de Géiasinef Lyon , 1550 , in-S*" ; une édition des OEuçfres de Jean Lemaire y in-fol. , et une des Œuvres de Clément Marot.
CHABEUIL {Caheolum). — Cette petite ville est ancienne et assez mal batte ; elle est située à 1 2 kilomètres à Test de Valence , sur la Véoure , qui en baigne les murs , et sur la route de Crest à Romans. Cest un chef-lieu de canton et un bureau d^enregistrement. Il y; a un petit collège , des papeteries, des tanneries, des mégisseries, une blanchisserie de toile et des fabriques de grosses draperies. Les productions principales sont les céréales, les fourrages , le vin et la soie. II s^ tient six foires par an.
La commune se compose, outre le chef-lieu, de plusieurs hameaux, dont le prmcfpal est Malissard, qui forme une paroisse avec titre de succursale. La population totale est de 4,452 individus.
Il y avait autrefofs à Chabeuil un château-fort, dont la tour subsiste encore , et où le dauphin vint , le 25 avril 1338', recevoir Thommage longtemps contesté du comte de Valentinofs.
C'est dans les environs de Cettfe vilTe^ au rapport de Chorier, que Tempereur Constance fit préparer , vers Tannée 355 , Texpédicioa par laquelle il voulut repousser les Allemands qui s'avançaient dans les Gaules. Julien , que les uns surnomment Y Apostat ^ et les autres le Philosophe , en eut le commandement , et c'est dans le cours de cette expédition qu'il parvint à l'empire.
C^est à Chabeuil que se tint , en vertu d'un décret du 4 mars 1 790 , rassemblée électorale chargée de désigner la ville chef-lieu du département.
C'était, avant 1789, le sîége d'une justice royale qui présentait cette particularité, qu'ion n^ était jamais reçu à contester sur un acte obligatoire qu'après paiement ou consignation réelle, ce qui prévenait beaucoup do
procès ; car y tcomme on ne plaide guère en pareil cas que pour éviter le paiement ou la consignation, lorsque Fun ou Fautre était fait, on ne songeait plus à plaider.
On lit dans Tégh'se de Chabeuîl cette inscription :
UheretîcqTe ma desmolye £t Sojans ma restablje.
On y voit aussi les fragmens suivans d^une inscription tumulaire sur laquelle on marche , et qui va s^efiaçant chaque jour davantage par suite du
frottement :