‹ Statistique du département de la DromeChapitre 162 sur 234 · MARTI · texte numérisé non relu

MARTI

AVG

RVDIANO.

CHATEAUDOUBLE {Caslrum duplwn). — ^ Cette commune se compose du village de ce nom , de quelques hameaux et de plusieurs maisons éparses dans la campagne : sa population totale est de 732 individus. Le village est bâti au pied de la chaîne des montagnes de Fest, à 6 kilomètres de Chabeuil et 1 8 de Valence. Il était dominé autrefois par un château-fort dont il ne reste que des ruines , et qui fit long-temps de Châteaudouble une des meilleures places de ces contrées. Les protestans en étaient maîtres en 1579. Maugiron vint les y assiéger au mois de mars : ils firent la plus belle résistance, mais il fallut céder au nombre. Ils reprirent le château Tannée suivante , et Maugiron vint en faire le siège encore une fois : il le reprit le 3 septembre et le fit démanteler.

Sous Louis XIV, les édits de ce prince contre les protestans firent prendre les armes à ceux de Châteaudouble et des environs. Ils formèrent un camp au couchant du village, en face du château. Ils avaient le projet de Fattaquer et d^en faire leur place d^armes : on ne leur en laissa pas' le temps. Des troupes appelées par la marquise de Châteaudouble vinrent les disperser; on démolit leur temple , et Ton se saisit des principaux d^entre eux : les uns furent exécutés sur le lieu même, les autres envoyés aux galères. La population de cette commune est encore en plus grande partie protestante. 11 7 a un temple.

A très-peu de distance et au nord-ouest du village, est un châtean moderne d^une élégante simplicité, appartenant à M. le vicomte de Boutaud.

458 CHAPITRE Vf.

La position en est très-pittoresque : il domine la vaste plaine de Chiâ>eail , M ontelier , Âlixan et Valence. L^œil j suit , sur une longueur considérable , le cours du Rhône et la chaîne des montagnes du Vivarais. Entouré d^une garenne , de belles avenues , de beaux jardins , de bosquets délicieux , il est vaste , bien bâti et orné de peintures estimées*

On fabrique à Chàteaudouble des étoffes de laine. Il sY tient deux foires par an. Les productions du territoire sont les mêmes qu^à Chabeuil.

CHATEAUNEUF-DISÈRE. — Ce village appartient au canton du Bourgdu-Péage ; il est adossé à un coteau de pierre mollasse , au bord et sur la rive gauche de Tlsère. Il y a un bac pour communiquer avec Tautre rive , sur laquelle on voit , à 1 0 minutes de distance , en descendant la rivière y le village de Beaumont-Monteux , qui fait partie du canton de Tain.

La voie romaine d^ Arles à Vienne passait non loin de Chàteauneuf , au quartier des Robins. Il y existait sur Tlsère un pont qu^on trouve dénommé dans de vieux titres le pont de la Déesse y parce que Cybèle avait eu un temple tout près de là.

Cest de ce même lieu que M. de Sucy fit transporter à Valence, en 1786, le taurobole que lui céda M. Rolland-Fromentière , et qu^on voit aujourd'hui chez M. de Chièze.

On a , dit*on , trouvé dans un champ , au même quartier , beaucoup de tombeaux antiques entassés les uns sur les autres. Ils étaient composés d^un ciment fort dur, et renfermaient presque tous des vases en terre, dans lesquels étaient des médailles ou des pièces de monnaie qu^on n'a pas eu le soin de conserver.

A quelque distance , et au levant du village , il y a de belles carrières , dont l'exploitation forme la principale richesse du pays. Ce sont des grottes souterraines très-élevées , creusées en tous sens , s'étendant au loin , et dans lesquelles on entre par un grand poilail taillé dans la pierre. Les voitures circulent sous les principales voûtes, et les chargemens se font dans la carrière même. Cependant on ne peut y pénétrer qu'avec de la lumière. Au fond d'une de ces grottes est une petite fontaine d'où jaillit une eau trèslimpide et fort agréable à boire.

On se fait une idée , dans ces profondeurs , de ce qu^étaient les catacombes de Roiue , car ce n'étaient non plus que des grottes souterraines d'où Yor^

DESCRIPTION HSfi- COMMUNES. 459

tirait ctes pkrres^ et du sable , mais dans lesquelles on enterrait les corps morts f ce qti^on ne fait point à Châteauneuf.

Entre les carrières et le village, on voit, sur une éminence, les ruines de Fancien château de Saint-Hugues. Au-dessous de ces ruines, dans une grotte du côté de Tlsère, est hifintaine de Saint-Hugues. L^eau est recueiUie dans un bassin , et la grotte est fermée à def. On vient de fort loin chercher de cette eau , que , par dévotion , on regarde comme un spécifique contre la fièvre et les maux d^eux. Elle n^a, du reste, aucune propriété particulière, aucun goût qui lui soit propre : elle n'^est point minérale.

De Véminence où sont les ruines du château de Saint-Hugues, on jouit de la vue la plus variée et la plus étendue : on suit le cours de Tlsère dans toutes ses sinuosités , judqu^à son embouchure dans le Rhône ; on distingue parfaitement la chaîne des montagnes du Vivarais ; on dcmiine enfin toute la plaine comprise entre Tlsère et XHemdtagej une partie da canton de Romans , Clérieux et les villages voisins.

Cest dans ce château qu^est né Saint Hugues , Tun des hommes les pkis distingués de son temps. D^abord chanoine de FégKse de Valence, il mourut évèque de Grenoble en 1 132 , aprè» un épiscopat de 52? ans. tt fut lié avec Pierre-Ie-Vénérsd>le el Saint Bernard, abbé de Clairvaux. Il marqua au concile de Qermont, où fut résolue la première croisade, en 1095. Ce fut lui qui appela, en 1086, Saint Bruno et ses compagnons à la grandechartreuse de Grenoble , dont , par cette raison , il est regardé comme le fondateur.

Le territoire de Châteauneuf est fort étendu : il occupe presque toute la^ rive gauche de Tlsère jusqu'^au Bourg-du-Péage.

Cest sur cette rive, sur une éminence et à une demi-lieue de Romans, que sont les ruines de Tancienne abbaye de Vemaisoo.

On voit dans Touvrage de M. de Catellan , sur les Antiquités de VégUse de Valence y qu'eau XII"* siècle ce lieu se nommait Gommerci. Le seigneur de Châteauneuf en fit don à des religieuses de Tordre de Citeaux , qui j fondèrent ub monastère sous le nom de Nottre^-Dame-^deSommerci. On ignore à quelle époque elles quittèrent ce nom pour prendre celui de Vemaisonf on ne sait pas non plus les motifs qui les déterminèrent à £5iire ce changjement* Le monastère se maintint à Vemaison jusqu^en 1616.

460 cHAPixw yi-

Henri IV n^étajtt plus. Marie de Médicis^ qui régnait sous le nom du jeune jroi y son fils y ranimait le feu mal éteint des discordes civiles. Tout présageait de nouveaux troubles ; on craignait ^e nouvelles persécutions. Les religieuses de Vemaison ne voulurent pas rester plus long-temps exposées aux dangers que cet isolement dans la campagne leur avait fsût courir pendant les dernières guerres civiles : elles vinrent s^étaUir à Valence^ dans les bàtimens qui portent encore aujourd'hui le nom de ymnaison,^ et où se trouva casernée la gendarmerie.

Une fête religieuse, un vœu, une sorte de pèlerinage, attirait à Vemaison^ le lundi de Pâques de chaque année , la population presque ^entière des environs. Cet usage survécut à la suppression du monastère et à sa translatioa à Valence. L'église restait : elle renfermait^ disait-eu, quelques reliques^ et les uns continuaient d'y aller par dévotion , les autres par l'attrait du plaisir* Des siècles se sont écoujiés , de nqn^reuses générations ont passé , et cet usage subsiste encore,.

Le lundi de Pâques , la ville de Romans est presque déserte : les babitans de tout sexe , de tout âge et de toute condition , se portent à Vemaison ; ib y vont comme y allaient leurs pères. On établit exprès , ee jour-^là , un bac pour faciliter la communication d'une rive à l'autre de la rivière. On va se promener , danser et manger des pognes à Vemaison ; ce sont des gâteaux d'une pâte fine et délicate , dans laquelle il entre beaucoup d'oeufs. On ea fait une consommation extraordinaire. Les familles les plus pauvres font ou achètent des pogne$ : c'est un usage obligé. On le fait ^insi depuis des siècles : on ne saurait s'en passer le lundi de Pâques.

Le tableau que présente Vemaison ^st pittoresque et riant : les deia rives de l'Isère sont couvertes d'une population nombreuse qu^anime le plaisir. Chaque société forme sa danse ou sa ronde. Près du rustique villageois, qui danse la bourrée et le rigodon àits^ montagnes j le citadin étale sur la pelouse, dans la valse et la contre^dai^e , la grâce et la légèreté des jeunes gens à la mode. Ici, ce sont des tables de cabaret, autour desquelles se rassemble une joyeuse et bruyante compagnie ; là , ce sont des cafés en plein vent , avec de prétentieuses enseignes ; plus loin , ce sont des jeux d^adresse , des roues de fortune, des jeux de hasard, des chanteurs, des joueurs d'instrumens, des cabinets de curiosités , des meneurs d'ours , et partout de la gaité , dei dragées et àespogiws.

On y voit eatore ks ruines de raocieune é^ise. Elle appi^tiei^t aujourd'hui à un culti vateur , qui sait tirer fort bon parti des souvenirs qui sY rattachent : il place à la porte de Tégiise une sorte de reliquaire , où sont y dit-il , des ossemeos de Saint Benoit, qu'yen patois il nomme San Benk : on ne les voit qu^en pa7ant« Les inscriptions des reliques , dont on p^ase bien que rien ne garantit Fauthenticité, ne mentionnent pas même Saint Benoit; elles portent les noms de Probus^ Severina^ Anumtius^ Castus^ et rien de plus* Le propriétaire s'inquiète peu qu'il y ait contradiction entre ce qu'il dit et ce qui est écrit : il a affaire à gens qui , pour la plupart, ne savent pas lire; ils regardent , paient et se retirent : c'est tout ce qu'il veut.

CHATEAUNEUF-DE-MAZENC ( Castrum nomm de Mazenco). — Ce village est dans la vallée de Jabron , sur la route départementale de Montélimar à Dieu-le-fit, à 19 kilomètres de la première de ces villes. La population est de 1,698 individus. Il s'y tient six foires par an. On y fait de la poterie et des tuiles , et il y a des fabriques d'ouvraison de la soie*

Sur l'éminence qui domine le village, sont les ruines de la forteresse dont s'emparèrent, en 1390, des compagnies d^aventuriers du comte d'Armagnac, qui , après avoir tué ou mis en fuite les troupes du comte de Valentinois qui voulurent s'opposer à leur passage , se rendirent maîtres de la vaUée , et ne consentirent à se retirer et à rendre l'évêque de Valence, le prince d'Orange et le comte de Valentinois qu'elles avalent faits prisonniers, que moyennant une énorme rançon.

CHATEAUNEUF-DU-RHONE ( Castrum noçwn supra Bhodanum ). — Cette commune est à 8 kilomètres de Montélimar , sur la grande route de Lyon à Marseille. Son territoire forme une vaste plaine, bornée au nord par celle de Montélimar , à l'ouest par le Rhône , à l'est et au midi par une chaîne de coteaux circulaires, dont les uns sont couverts de bois taiUis, tandis que les autres ne présentent que des rochers nus ou àes terres infertiles* Ces rechers sont calcaires; ils lient la chaine des Alpes avec les montagnes de l'Ardèche , dont ils semblent n'être que la continuation : c'est la même nature de pierre, la même direction dans les couches, qui paraissent avoir été interrompues par une immense fracture , ou plutôt par l'action des eaux du Rhône qui s'y sont frayé un passage*

Dans un site pittoresque , au pied du coteau et à peu de distance du Rhône, le village est à Feutrée dW étroit défilé qui communique avee Donzère. Il était autrefois traversé par la grande route du Languedoc, mais depuis la nouvelle direction qu^elle reçut en 1 757 , il en est à un quart de lieue. Entouré de murailles , il était , dans lés temps féodaux , dominé de chaque côté du défilé par un chàteau-fort.

Les principales productions du sol sont les grains-, la soie , les noix , k» amandes et surtout le vin.

La population de Chàteauneuf est de t,333 individus, et bien qu^il s^ tienne deux foires p^r an , les habitans ne font aucun commerce. La mon^ tagne qui borne le territoire au midi renferme des mines de fer et de houille, et une carrière de marbre blanc veiné de rouge mat : on pourrait aisément les exploiter et en tirer parti.

Cette commune est en face de Viviers : il y a un bac pour communiquer d^une rive à Tautre du fleuve.

Dans riutérieur du village sont encore des restes de constructions du moyen âge , qui annoncent que ce lieu fut alors habité par des familles opidentes. Cest,. dit-on, le reste diunt cité plus considérable détruite par les Sarrasins , et dont Fancien nom s^est perdu. On voit , à un quart de lieue dans la plaine, une vaste enceinte que traverse le chemin de Montélimar à Chàteauneuf, et qui conserve le nom de Palais; elle était fermée par une muraille circulaire qu^on distingue encore. L^intérieur, aujourd'hui couvert de vignes , est rempli de décombres qui indiquent Femplacement d'un ancien édifice , qui fut sans doute remarquable par sa magnificence et son étendue. On trouve dans cet endroit des firagmens de mosaïques, des tronçons de colonnes , des débris de statues , des urnes, des pierres gravées et des médailles romaines.

. J^ai vu moi-même , en octobre 1 833 , dans ce quartier et dans une vigne de M. de la Mure , un beau fragment de mosaïque qui mériterait d'être plus soigneusement conservé.^ J'ai également vu, dans le jardin de la ferme voisine, un cippe de pierre tendre, qui supporte une ruche à miel, sur lequel on lit Finseription suivante :

D K C SEVERI VS IVLIA NVS SVA • DVIII AEI VII ANEA IMARIPI ËNIISSIM

Près da village, du côté du Rhône, est la fontaine de Morterolf où Ton remarque les vestiges d^une construction romaine. Enfin , sur la cime de la montagne située au midi , on voit la base d^un mur avec des saillies , qui semble indiquer la trace d^un ancien camp retranché.

Châteauneuf est la patrie du marquis de Courbon. Né en 1638, il entra d^abord comme volontaire au service des Pays-Bas, servit ensuite en France en qualité de lieutenant , puis en Allemagne comme major pendant la guerre contre les Turcs , enfin comme colonel et maréchal-de-camp au service de la république de Venise; il se signala à la prise de Coron et du Nouveau- Navarin, et fut tué d^un coup de canon au siège de Négrepont en 1688. Sa vie^ écrite par Aimar , juge de Pierrelatte , a été publiée à Lyon , 1692 , in-12.

CHATILLON (Castrum (kutiUionis). — Ce bourg ^t situé dans la vallée «t sur la rive droite du Bez , à 16 kilomètres au-dessus de Die , sur la route de cette dernière ville à Grenoble, par le col de Grimone et Lus-la-Croix-Haute. Cest un chef-heu de cantoa et un bureau d^enregistrement. Sa population ^t de 1,195 individus. Il 'est bâti sur le penchant d'^un coteau qui domine une plaine de peu d'^étendue , mais de la culture la plus riche et la plus variée : on dirait un vaste et ria^t jalrdin arrosé par le Bez et par trois autres sources qui sortent du vallon. Cest un des sites les plus agréables du département.

Les principales productions du territoire sont le blé , le vin , la soie et surtout le chanvre , qui y forme une branche intéressante d^industrie : on en vend pour des sosunes considérables dans les foires du pays et dan^ cellief des départemens limitrophes.

464 CBAPITtE VI.

On élève à Châtillon des agneaux qu'ion appelle truanSy dont h viande est extrêmement délicate : on en envoie dans les villes voisines , quelquefois même à Lyon et à Paris.

Il sY tient cinq foires par an. II y a des tuileries et quelques mégisseries.

Châtillon a soutenu plusieurs sièges pendant nos discordes civiles , et notamment en 1575 contre les protestons commandés par Dupuy-Montbrun , et en 1584 par Lesdiguières.

On voit au couchant et à 10 minutes du baurg, au quartier de Guignaise^ un ancien couvent de bénédictins qui fut livré aux flammes pendant les troubles religieux du règne de Louis XIII. Si Foa en croit la tradition, tous les moines, trois exceptés, auraient été ensevelis sous les ruines du monastère. Il y a 25 ans qu^un particulier y trouva , enfouies dans la terre et renfermées dans un vase de fer, environ 18 livres d^or, en pièces de monnaie à Teffigie du pape et des anciens rois de France. On aperçoit , par un trou pratiqué. au milieu de tous ces débris, un souterrain qui passe dans le pays pour avoir été la cave du monastère , parce que les pierres qu^on y jette font un bruit assez semblable à celui qu^elles produiraient en frappant contre des tonneaux. On a essayé d^ descendre avec des flambeaux, mais la lumière s^est toujours éteinte à Tentrée même du souterrain.

Châtillon est la patrie du médecin Jean-François Nicolas, né le 20 mars 1738, auteur des ouvrages suivans : 1** LaNosologie de Sauvages j traduction du latin ea français, 3 gros volumes în-^"; Paris, 1771 ; T Le Cri de la nature en fk^eut des nouveaux nés y in-12; Grenoble, 4775; 3* Sur la médecine morale y mémoire ; 4** Manuel du jeune chirurgien , în-8*; Paris , Costard, Mld^b'' Kouvecui Dictionnaire universel et rcdsonné de médecine ^ thirurgiê vétérinaire y 6 vol. in-8*, 4772; 6*" Histoire des maladies épidémiques qui ont régné dans la province de Dauphiné depuis 1 775 , in-8" de 110 pages ; Grienoble , 1 780 ; 7** Mémoires sur les maladies épidémiques qui ont régné dans là province de Dauphiné depuis 1780, 228 pages; Grenoble, 1786; 8' Instruction familière sur le traitement de la petite vérole et sur y inoculation y ih-8*; Grenoble, 1788^

Les cônnaissanceis très-Variées d« ce savant raédeciit forent constamment dirigées vers le bien 'public. Il était grand partisan • du- magnétisme animal. Pendant la révolution, il fut employé comme itiédecia à Tarmée d*Italîe. Il

l>ESCiaPTION DES COMMUNES. 465^

prît ensuite in serrice comme officier, et 9e retira à la eaccursale di» mtalides d^Ayigaoâ, où il est mort, a^ee le grade de ch^ de b^Ltailloii, le ♦S novembre 48(19. • '

CHATUZANGE. — Cette commune , dont la population est de 1,737 kidividus, est formée de plusieurs hameaux; elle est à 7 kilomètres de Romans et 20 de Valence. Son territoire, borné au nord par la rivière d^sère , présente une culture riche et variée , de belles plantations et des sources qui fournissent d^abondans arrosages. Les principales productions sont les grains, les barrages, le vin et la soie. Les habitans ne ibnt aucun commerce. Le hameau le plus considérable après Chatuzange est PisançoUf dont Fancien château f situé sur Flsère , devint un fief avec un territoire , et fut plus d^une fois un sujet de guerre entre les seigneurs qui se le disputèrent sous le régime féodal. On Ht , entre autres , le fait suivant dans VHistoirô^ générale de la province :

« Silvion de Clérieux et Lambert de Chabeuil étant seigneurs de Pisançon,* Il s^en partagpèrent le château en 1271 , et fortifièrent la part échue à chacun. )> D^un château ils en firent deux, et étant devenus ennemis, ils assiégèrent le » château Fun de Tautre. Guy d'Auvergne, archevêque de Vienne , comme n seigneur supérieur ,- à cause de FaUbaye de Sdtitr-Barmffd,^ leur ordonna » de ks lui remettre, pour en éviter la rmam^

» Lambert refusa d^obéir ; il s'empara même dii château de Silvîon , oit » Fabbé de Satnt-Félix était entré pour Fafcbesrêqoew Cet acte de fêloiiye n donna lieur à Farchevèque de le priver de son fief : il le dcmna , en 1274^ » à Hombert de Latour , quK^ rendit maître de la place. Hmnbert posséda Il paisibleni^it Pisançon tant que Varchevéque vécut. A sa mort, Févéquë )» de Valence , Amédée de Roussillon , qui avait traité avec SilvioiF et t{tti » était devenu administrateur de Farchevêché de* Vienne^ y fil assiéger » Humbert; mais il se défendît si bi^ti que le siège fut levé; on hii fit des » propositions, et Fafiaire trainant en longueur, il devint si puissant que » ses adversaires n^osèrent plus Finquîcter. »-

Cest ainsi que ce châteafu était devenu la propriété des dauphins^. D appartient aiujourdlitii'à M. te marquis de Pisançon, mais ce ne sont pkis que des ruines. La famille de Pisançon Fa depuis tong^-temps abandMfné , pour en bfttir un autre à quelîpie diatance de là dans une situati^ plus beHe

466 cflÀHnE yi;

^'plw spacieuse* Au château moderne est joiut un très-bean parc, bondé dfqn. côté par tine longue jnuraiUe et de T^utre par Tlsère, vers laquells fl descend en amphithéâtre dans une très-heureuse et très-agréable position»

Ce parc est séparé par un ravin du domaine de Rjoussec , qui fut la maison de plaisance de M. Fabbé de Tancin, lorsqu^il était chanoine de Ssint" Barnard.

La dignité de sacristain était alors la première du chapitre : elle vînt à vaquer, et elle fut demandée par Tabbé deTancin , à qui on la refusa. Il en eut tant d^humeur, qu^il remit au chapitre la démission de son canonicat, et vendit a M. Lacroix-de-Pisançon , président au parlement, sa propriété de Rioussec. Cest de là qu^îl est parti pour aller rejoindre à Paris sa sceur , la reliai jeuse de Tancin, qui avait aussi abandonné le couvent de Afontfleury pour un plus jgrand théâtre, où elle se distingua par son esprit, et oi^ ^Ue aida si bien son frère , que, sous le règne de Louis XV, Tabbé de Tancin devint ministre secrétaire d^état, cordon bleu, pair ecclésiastique et cardinal. Cest ainsi que là fortune lui refusa d^abord une petite place , pour le conduire plus tard , comme par ^a jnain , à la plus brillante du royaump et la plus élevée de Téglîse gallican^.

. CliANSAYES^ r-r Ce village est à 4 ou 5 kilomètres nord-est de Saint<r Paul-trois-Châteaux , sur la montagne où se manifestèrent les tremblemens de terre de 4 772 et 1 773. La population totale de la commune est de 383 individus; mais on ne compte plus dans le village qu^une vingtaime da faisons habité€;s, y Qompris la cure. Tout le reste, a été détruit par les tremblemens de terre, ou abandonné par le^ habitans, qui ont transporté leurs demeures dans la plaine. Des éboulemens considérables de rochers et de maisons, des fentes profondes qui ;siUoiinent 1^ terre, des décon^breS et des ruines , tel est le triste tableau qu'^oflFre 45e viJl*g.e.

Sur le point culminant de la n^pnt^gne et prhs de régli3e, s^.élève Fantiqpe tour de Clansayes, à laquelle les triembjiem^ps de terre paraissent n^avoir porté aucune atteinte. La solidité de sa CQnstruction lui a fait aussi braver les injures du temps, et elle serait encore entière sans le vandalisme des habitans , qui , ^y voyant quW emblème de la puissance féodale, se mirent, en 1792, à la démoUr , et ne renoncèrent que^par lassitude à cette œuvre de destruction. ^ construction singulière ^ les ouvertures en sens divers pratiquées d9ns

Description Des coUmunes. 46f

Tépaïsseur des murailles , la coupole dans laquelle la Wîx est répercutée , une sorte de tube dont elle est surmontée et qui transmet ta voix au delfor^v ont fkit faire beaucoup de conjectures' sui* la 'destination première dé' eé monument. Quelques personnes ont petisé quf ce coûteraient èti'é tes restes' dNm temple consacré sous'lepaganisine à Ëeho ou jfia Locutia^ fiUe de TAir et de la Terre, et que de Clarcë^ Aonides jUa serait renu Chnsàyes.

Un des partisans de' cette étymologie m^éerivait récemmei^t c i^ J^ai vi^tè » de BOi:h^eau cette tour si remarquable, et me reportant, par la pensée, » aux ^èeles reculés dans lesquels se perd son ori^ne , je n)ai pas voulu » la quitter sans interroger la déesse, et élevant la voix, le. colloque suivant » s^esf établi entre nous : Mal a/ *— Est^e toi? oual — Un panvi^ » habitant du village m^assura que oua signifiait oui en langage du pays', 1» et je me retirai en acceptant cette réponse y avec la foi de nos pères » ïorsqu^ils venaient consulter Toracle. »^

DVutres eroient que c^est tout simplement une construction du moyenâge , une tour propre aux signaux , comme il y en avait alors , et qu^elle correspondait avec celle de Chamaret, qui a aussi une forme toute particulière* Quoi qu^il en soit, c^est, sans contredit, Fun 4^s plus neaux monumens d^antiquité ^i existent dans le département.

Clansayes était dans le XIII"" siècle une conïmanderie du Temple. On distingue encore au milieu des ruines de ce maAieureuX village celles du monastère et de Fancienne église des Tempfiers.

A peu de distance de Clansayeâ, stir le chemin de Saint-Paul, est lamontagne de.Toronne, sur laquelle était une forteresse avec le logement particulier du chef de la commanderie. Près de là était une chapelle dédiée à la Vierge. On ne voit que quelques ruines de la forteresse et de Fhabitation du commandeur ; mais la chapdle subsiste encore sous IHnvocatibn de Saint- Jean^de^Toronne. , ,

Les chevaliers du Temple eurent, pour lés donMiines de cette commanderie, de fréquens- demies av^ les évêqoes de Saint'-^Paul. Ils finirent par leur en^ faire hommage en 1225 , et, par te traité qui' intervint, le commandeur s^obligea de recevoir Févéque une fois par an dans son château deChamier, avec tout le re^>ect dà à la dignité du ipt&:A^ eti de pluSyàhU dormerr ainsi qu!à sa suite^ à sot^ep et à dtnew:-

De la nuHitAgpe de Claiisayes, comme de celle de la Tue plai^ sw Saint-Paul i la<ïarde-Adhéinar, Pierrdatte, le BourgrSaiot*^ Aod^l et le Ponlr-SaiDt-Esprkf EUes soat dignes Tune et Tautre^ et surtout la pr/emièrei de rattention da philosophe et de Tobsorvateur par les diverses et bîzarrei combinaisons qu^elles présentent On y reconnaît aisément les traoea ,de plttsieiins Ages du monde. La base o&e Tempreinte du travail des flammée doQlt.elle est Touvrage^ La partie moyenne atteste le séjour des eaux delà mer par de nombreuses couches de corps marins pétrifiés* Le sommet ^t composé d^énoripes géodes feirug^ineuses , et recouvert d'un sable grossier également ferrugineux. On y r^fioontre aussi quelques filons isolés de charbon fossile ^ H parmi ces filons quelques niorceaux d^i;^ hitwne qui possède toutes les propriétés du succin.

CONDILLAC. — Il est à 9 Idlomètres nord de MontéKmar , sur le flanc d^un rocher escarpé , au levant et à peu de distance de la grande route de Lyon à Marseille , entre les Tourrettes et Sauzet. Les abords en sont difficiles j, et la population n^est que de 195 individus. Il est entièrement caché au milieu des bois j et il parait qu^il tire soji nom du mot latin condita , cachée.

L^ancien château , cpii , des comtes de Poitiers , passa , dit-on , dans une maison du nom de Priant ^ existe encore. On voyait autrefois dans une àe% salles, appelée le porche^ des médaillons peints à fi^esque représentant les principaux événemens de la guerre de Troie. Le propriétaire , en la faisant décorer, pi^i^^ à ce qu^il parait, le sujet dans son propre nom, qui rappelait les malheurs de la famille de Laomédon* Cette maison de Priam , éteinte depuis long-temps, s^est fondue dans celle des Blacons, qui lui avait succédé dans la terre de Condillac.

G0Sn)ORCET. ~ n est à un myrjamètre de Nyons, en remontant k rivière d^Eygues, près de la route des Alpes. Sa popidation est de 748 individus t II s*j tient trois foires par an. Son territoire recèle d^abondantes carrières d'un plâtre de la plus granfde beauté : il en est de gris , de rouge et de Uano» Cefet. pour cette commune Une branche d^industrie. Près de ces carrières «st. une source d^eau mjnérale* Il existe aussi Ukie mine de plomb dont Texploitation ,vCOfBnpiencée en 1786, Ait âbaBdonaée peu d^années après.

Entouré de murailles et mal bâti^ Cùndorcet est «ûr le penchant d^une

^minenée fortement escarpée, au sommet de laquelle on voit les ruines d^un château que tout annonce être très-antique. Il y a dans Fintérieur une espèce de temple si solidement construit, que, quoique déccwverts et livrés depuis des siècles à toute la rigueur des intempéries , les murs et la voûte en sont encore intacts.

Le village fut assitgé et pris d^assaut par Dupuy-Montbrun en 4573; mais les habitans étmit parvenus à se retirer dans le vieux château , où ils avaient douze pièces de canon , ibrcèrent presque aussitôt ce dief de parti à rendre la place.

Condorcet a donné son nom à Tancienne famille des Caritat, qui possédait des hieas et une fort belle maison au bas du village.

CORNILLON ( Comilîo). -^ On n^ compte que 326 individus, ia plupart dispersés dans la campagne ; il est au nord et à 6 kilomètres de Remuzat. Cétait autrefois le chef-lieu de la vallée de Cornillon , connue aussi sous le nom de i^aliée d'Oule ( çallis OUœ ), du nom de la rivière qui j coule.

Cette vallée comprenait les communes de Remuzat, Saint-Mai, Pommerol, Oomillacy Cornillon , la Charce et Lemps. Elle releva pendant long-*-temps ^ pour le spirituel et le temporel , de Fabbaye de TUe-Barbe , qui y avait un monastère de son ordre. En 4261 , les religieux mirent la vallée sous la protection de Charles d^ Anjou. Depuis lors , les comtes de Provence se qualifièrent comtes de la vallée de Cornillon. En 1 789 , elle faisait picore partie du gouvemeip^it de Provence et de la viguerie de Sisteroo.

On voit sur une hauteur, et au milieu de Tespèce de péninsule formée par le torr^it d^^Oule, les ruines d^un château*fort qui a dû être, dans le moyen âge, le séjour des moines qui possédaient la vallée. Ce château, qui .paraît remonter à des temps très-reculés , aura sûrement échappé à la fureur destructive des Sarrasins , tandis que Fancien Cornillon a été réduit en cendres par ces Barbares. Il ét^t bâti sur la colline qui domine le village actueL L^enceinte en est encore marquée par d^antiques murailles ^ sur une Icmguaur de 650 mètres du nord au midi, et une largeur de 500 mètres ^ elles en ont près de 3 d^épaisçeur , et leur extrême solidité fait Tétonnement des gens da, rart.

Les productions du territoire sont les mêmes qu^à Remuzat»

CREST {CriskCy Crestum). — Cette vHle est à 30 kilomètres sud-€St d^ Valence et 39 ouest-sud-ouest de Die. Sa population est de 4,901 individus^ Elle est baignée par les eaux de la Drome et trarersée par la route N." 93 de Valence à Sisteron , et par celle de M ontélimar à Beaurepaire par Chabeuil et Romans. Il y a de belles fabriques de drap et de couvertures de laine , une fabrique de sucre de betterave , des machines à la Gensoul peur la filature de k soie , des moulin» pour Fouvraison , des fabrique» et des filatures» de coton f des teintureries, des fi*ises, des foulons, etc.^ qui occupent un grand nombre d'ouvriers et rendent cette ville F une des plus riches et desr plus industrieuses du département «^ U y a aussi des* poteries , des fours à chaux , des tuileries , des tanneries et des ateliers de boissellerie , sept foires par an , et un marché le mercredi et le samedi de chaque semaine.

Avant la révolution, elle était le siège d'une sénéchaussée et d'une subdélégation. Ses consuls avaient une place marquée aux états particuliers de la province. Aujourd'hui , elle est le chef^heu de deux cantons de justice de paix, qu'on distingue par nord et sud. \\j a un petit collège ou pensionnat, une recette des contributions indirectes , un entrepôt de tabac, un receveur et un contrôleur des contributions directes, un bureau de posté, un bureau d'en" registrement, une église consistoriale et une brigade de gendarmerie à chevah

On j voit un escalier de cent vingt et une marches entièrement taillé dans un banc de coquillages. Il conduit à Fancienne église ies Cordeliers.

Dans le même quartier , le jardin de M. Latune est formé de plusieurs terrasses communiquant entre eHes par des rampes pratiquées dans cet énorme banc de coquillages. Ce jardin est curieux non^seulement par Texpositioa et le point de vue, mais- par k difficulté qu'il- a fallu vaincre pour le créer.

Cette ville office encore un monument d'architecture remarquable par sa forme , son élévation , sa solidité et la hardiesse de Sa construction : c'est cette tour connue sous le nom de tour de Crest , qui servait , avant la révolution, de prison d'état, qui fut depuis convertie tantôt en caserne de vétérans et tantôt en maison de correction. C'est aujourd'hui la prison militaire de fo 7"** division. Cest le reste du château qui dominait la ville, défendait le passage de la Drome et faisait de Crest une des meilleures places du Valentinois. Cette tour est sur Fextrémîté méridionale d'un roeher de la

DESCRIPTION DES CO«IMUf7ES. UH

ferme d^une crête de coq, ce qui parait, disent les amateurs d^étjmologies , avoir déterminé le nom de Crest. La position en est très-pittoresque et la vue délicieuse.

Cette tour, dont Tépoque de la construction est inconnue, fut fortifiée par Aimar de Poitiers, dans la guerre des Albigeois. Le comte de Montfort Tassiégea alors plusieurs fois et toujours sans succès.

Dans la guerre de 1345, dite des Episcopaux^ entre le comte et Tévéque de Valence, les troupes de celui^-cj, apr^ en avoir levé Jie siège, se retirèrent honteusement et fur^pt défaites prè$ d'Eurre.

Le château que protégeait cette tour est d^une antiquité moins reculée : il fut bâti sur la fin du XIII"** siècle p^r Amédée de Roussillon , évèque de Valence et de Dje. Il résista pendant les guerres civiles au$ entreprises des protestans, et pot^iximent le 25 juillet 1569.

Lesdiguières échoua contre la tour le 23 octobre 1576, et;en 1627 le château fut démoli par ordre de Louis. XIII*

Les comtes de Valentinois possédaient la ville de Crest depuis la fin du XI"" siècle. Ils en avaient fait une de leurs places principales, et ils y établirent une fabrique de mpnuaie le 8 janvjer 13S2.

On voit sur celle des portes de Féglise qui donne dans la rue des Cordeliers un bas-relief de la tour et de la ville qui parait dater de 1598.

A chaque côté de Tautre porte, donnant sur la place, se trouvent deux longues inscriptions. L^une est relative à un impôt sur la vente du vin ; elle est sans date, mais elle émane de Pierre^ évèque de Die, qui a occupé ce siège depuis 1 164 jusqu^en 1167. L^autre est la charte d^affi^anchissement de la commune, concédée par les Poitiers en 1188. Voici ces inscriptions :

Hoc est testamentum de hanno viniquod dederunt suis hominibus Petrus^ Diensis episcopus^ et ejus nepoteSj et Guilielmus Crestij cum suis injantibus^ in omni temporej nisi de vigenti modiis çini puri inter omnes hoc bannum tali pacto facient. Quod si médius s^enditur duobus solidis , ipsi {pendent suum tribus j et ita omni pretio hoc bannum facient quolibet temporCy nisi in Quadragesimd et tempore messium : pro hoc dono dederunt eis homines Cresti LX solidos Valentinenses in testimonium sempiternum.

Ceci est le traité du ban ou impôt du Tin, qu'ont accordé à leurs gens de Crest Pierre, évèque de Die, et ses neveux, et Guillaume de Crest avec ses enfans, pour tout le temps

472 CHAPITRE Vï.

à venir; mais ils ne feront cet împ^ si ce n%8t pour Tingt muids^de vin pvr cKacinr. Qtie 8Î le vin 8e vend deux (écus) sols, ils vendronl le leur trois, et ainsi , à quel prîx> que le vin se donne, ils continueront ce ban toute Tannée, excepté en carême et au temps des moissons : et pour cette donation les gens de Grest lui ont fait présent d«soixante (écus) sols de Valence, en témoignage perpétuel de leur gratitude.

Anno ah Incarnatione Domini MCLXXXVIIIf même MartiOj irnUctione septimdj ego Adefoams de Piciavis , cornes Valentinensis y dono , laudo nique concedo plenam libertatem cunctis hominihus mets de Cristdy qui nunc sunt et futuri sunty ut nullo deinceps fempore à me i^el ah alio successorum meorum i^iolentas swe mjustas eœactiones pensare cogantur^ fidejussores âii^ obsides ^ prœier suam çoluniatem^ non fiant ^ sahis legihus et justiciis mei'Sj honnis et expeditionihus et kospifio centum militum : ef quod omni tempore vitœ meœ concessam lihertatem conservemy jurisjurandi religione confirmo. Hoc autem fojctum est in ecclesid Sanctœ Mariœ de Cristdy prcesente Domino RobertOf Diensi episcopof Domino Euséachioj F^alentinensi prœposito y patruo meo^f Petro Pinetif Eliéj procuratorcy Philippe y canonicis Diensis ecclesia; GuiUelmo f priore Sancti Medardi; Poncio de Sancto PrœjectOy Gengione de Veivay Jarentoney monachoy et muhis aUis,

L*an de Tlncarnation de Notre^Seigneur li88, au mois de mars, indiction septième, sous Aimar de Poitiers, comte de Valentinois, donnons, allouons et concédons une liberté entière à nos gens de Crest, présens et à venir, de telle manière que de notre part , Dt de celle de nos successeurs , on ne lear puisse faire payer aucuns excessifs et injustes hnpôis, et qu^Us ne puissent ttre obUgés de servir de pleiges ni d* otages, sauf nos lois, Jusiiees^ bans, expéditions ei logement de cent soldats :. et pour gage que îe te» veux maînte«îr dans ces franchises tout le temps de ma vie , je Tai confirmé par le serment. Fait dans Téglisc Sainte-Marie de Crest, présens M. Robert, évéque de Die; M. Eustache, préfet de Valence, mcm oncle paternel; Pierre an Pinet, Élie, procureur, FbfKppe, ch»Boînes de VégUse de Die; GaiUaume, prieur de Saînt^-Médaré; Fonce de Salst-Priest, i;cngîoa 4e Yaiva, Jardnton , moine^ et pkisienrs aulres»

Une inscription beaucoup moins ancienne, qu'on lit sur une pierre mollasse incrustée dans les remparts de la ville près de la tour, du côté de rhôpîlal, prouve que les habitans de Crest résistèrent avec courage à leurs ennemis pendant les troubles reKgieux^ EHe est ainsi conçue :.

0E8CRrPTION DES COMBIUNES. 473

'JitfW^tmdnofiuiwi ruina prosiratus et dirutus murus calamùosù hellorum Mmtium Éemporibuêf mox summd aç pef^ mcredibUi cwium diligentid res^ iautaiuSf ofèoxponaio 1580^ D* Henry III Gai. et PoL rege.

Ce mur^ renversé et détruit dans une attaque imprévue, au milieu de la nuit, pendant kfl temp» calamiteux dé» guerres civiles , a été bientèi r^vé par les efforts et la dilifenctt k peine croyable des habitans, Tau 1580 , Henry III roi de France et de Pologne.

La cloche de Thorloge porte aussi une inscription qui peut intéresser les habitans ; la voici :

Maria heec campuna anno 1 501 Jusa. Deinde onrho 1 654 effracta. Demum anno 1656 asre publicQ conftataj consule Bertrand Gontard. Iterum armo 1702 effracta j conflata armo 1705 œre publicoy Johanne Claudio Jacquemet omatissinuj^ urbis prœfecto perpetuo y consuUbusque viffilantissimis Ludopico de Portefaix j Antonio Bruyère* Diw noctuque prqfutura horologium adest.

Cette cloehe, du nom de Marie, fondue en 1501 y et brisée- em ^^hk^ a été refondue en. 1656 autt frais des haUtai»> souple ceaaulat de Bertra^ Gontard. Brisée de nouveau en 1702y^ elle a été refondue ans frais du public en 1705, sous le très-célèbre Jean7 Claude Jacquemet^ préfet perpétuel de la cité, et sous les consub très-zélés £ôuls de Portefaix et Antoine Bruyère. Le jour et la nuit elle servira à indiquer les heures.

La juridiction des ceantés de Die et de Valence s-est long-temps ex^*cée à Cresl. En 146d, Jean Rabot y ia&oduisit de nouveaux râglemtus pour Vaméliorâtion des formes et du stylé barbare de là procédure.

Au XVI"^ sièclev cette ville se déclara pour la ligue ^ mais en 1589 Clermont Moatoison, qtii y commandait, fit reconnaître Henri IV.

Cest la patrie d*^ Antoine Garcin, savant jurisconsulte, auteur d^une Hnitation de Roland le Furieux et d^une traduction de Bocace;

Du médeetn Barnaud , sorti de France après la. Saiot'-Barthélèmî , qui a pubUé plusieurs oravrages d?alchimie j

De Jacques Vincent, qui vivait en 1570, auteur des traductions du Palmérin d' AngUtet^re y. de Moland le Fumeux et de VHistoire espagnole de Dont Fèorissel/

D'Antoine de Pluvinel,^ mopt en 1620, qui, le premier, ouvrit en France des écoles d'^éqpitation. : il est auteur de VArt ds moi^er à chenal fWkvr&g^ in-fol.;,

474 XîHAPITRE TI.

De Duvaure , officier de cavalerie et poète dramatique : il est auteur du Faux swant ou V ^mour précepteur j comédie en 5 actes , jouée au théârtpe français en 1 728 , qui y reparut en 1 749 réduite à 3 actes , et ftit imprimée cette même année. Il donna au théâtre italien, en 1756, V Imagination ^ comédie en vers et en prose, qui xCa point été imprimée. Né à Crest em 1 698 , il est mort à Lyon ^n *! 770.

Dje rfavid Rigaud, qui a laiçsé lui irecueil de poésies diverses et -un poème sur la cigale ;

Du lieutenant-général Antoine Digonet^ né le 23 janvier 1763^ mort le 17 mars 181 1 . Il a fait les guerres d^Amérique , des Pyrénées , d'^ Allemagne et d^ltalle, et s^est distingué dans un grand nombre d^affaires. Il a contribué, avec Hoche , à la pacification de la Vendée.

De Jean-Pierre- Joseph-Marie Faure-Biguet , né le 1*' octobre 1751 et mort le 1 ^ août 1 820 , auteur 1 * d"*un Mémoire sur quelques insectes nuisibles à la mgne^ couronné par ^la société (d^agriculture de Lyon en 1802 et réimprimé en 1810; 2"* de deux autres mémoires intitulés , Tun : Modification de la greffe à œil dormant j et l'autre : Illustrations sur les plantes grasses f 3^ d^un ouvrage estimé sur les fossiles, qu'ail publia en 1819 sous le titre de ^Considérations sur les hélemniteis /

De Pierre- André-Hercule Berlîer , baron dd^empîre, maréehal-:de-camp, né le 10 octobre 1769, mort à Valence ei;i 1822. Entré au service comme simple volontaire dans le 4"* bataillon de la Drome, le 8 octobre 1791 , il .a fait presque toutes les campagnes de la révolution et de Fempire, sTest distingué en plusieurs combats,. et n^ dû son grade militaire qu'^à ses tal^AS et à sa bravoure.

D'^Antoine-Henri-Etienne-André fiuflPet-Duvaure , membre de plusieurs sociétés d'agriculture, né -le 40 janvier 1756 , mort le 26 février 1824. Il a publié des mémoires sur Fagriculture : celui qu^il donna en 1 790 sur la culture du mûrier blanc greflFé est le plus connu, et il a puissamment contribué à multiplier dans ces contréesies plantations de cet arbre précieux^ Il a publié aussi une notice biographique sur Michel-Martin Rigaud-derisle. A des concours differens, il reçut deux médailles d^or de la société d'agriculture de la Seine, et du gouvernement impérial une pen&icm viagère (le 500 francs.

DESCRIPTION DleS COMMUNES. 475

De Louis-Micbel Rîgaud-de-risle, né le 4 septembre 1761, mort à Grenoble en juia 1826. Il fut successivement membre du conseil général du département, du corps législatif, de la chambre des députés et de celle des représenlans, correspondant de Flnstitut et dé la société royale d^agriculture. En- 4810 , il fut envoyé à Rome , avec MM» Prony , Yvart et quelques autres savans , pour rechercher et proposer les moyens de dessécher les Marais^ PontinSy d^assainir la campagne de Rome et dy ranimer Fagriculture. Oh a publié en 1 832 un ouvrage de lui intitulé : Recherches sur le maui^ais air et ses effeUy 1 voL ia-8**.-

CROIX (sainte-). — Ce vîlliage est' sur la rive droite de la Drome, à 8' kilomètres au-dessous de Die. On y compte 293 individus.

Sur une montagne escarpée , qui domine tout à la fois là Drome et la route' de Pontaix à Die, sont les ruines d^un château-fort côntiu dans les anciens dbcumens sôu^-Ie nom de château de Quînf. Cefaitun ouvtage ^es Romains, dont il protégeait les communications sur la route dé Milan à Vienne par le Mont-Genêvre. Les uns veulent que ce soit de la colonne milliaire portant le nombre V, placée sur ce point de la route, qu^il ait retenu et donné le nom de Quint à toute la vallée dont il défendait les avenues , et d^aûtres prétendent quMÏ tire ce nom du cinquième bassin ou cours d'eau que Foit compte' sur la rive droite de la Drome , en venant de Die , vallis qùintaj la cinquième vallée ou vallée de Quint.

Ce point de défense était fort important dans les troubles civils du moyen âge , en ce qtf il fermait entièrement Tentrée dii Diôfs , au couchanf.

En 1215 , Tempereur Frédéric II donna le château de Quint aux évêques de Saint-Paul-trois-Châteaux ; mais il parait qu'ails ne le conservèrent pas long-temps , et qu'il passa Bientôt après à la maison de Poitiers.

On voit encore sur cette commune les bâtimens d'un ancfen monastère d'antonins, supprimé peu de temps avant la révolution,, et dont les biens avaient été cédés à Tordre de Mafte. Ik appartfennent maintenant à M. Gçangièr.

On trouve a Sainte-Croix un fragment de cippe avec ce reste d'inscription :

ARPaPHORVS ^

DIE {Augusta Dea^ Dea F^ocontiorum^ Cii^kas Dietmwn,^ Dia,^ DUm). -— Cette ville est le chef-*lieu dVoe sous-préfecture et d^un tribunal de première instance. Elle est située sur la route N*"" 93 de Vi^nce à Gap , a 25 kilomètres de SaiUans , 39 de Oest et 69 de Valence, et sous le M* 45^ 3'' de latitude, et le 3* 2M0'' de longitude. Elle a de vieUles murailles percées de quatre portes et flanquées ^ tours« Sa population «st Ae 3,555 individus.

Sur les bords de la Drome , £t dans une -situation assez pittoresque , cette ^Ue est entourée de montagnes. Son territoire oflfre le contraste de Varidité dans les parties élevées , et d^une culture riche et variée dans la plaine. Ses productions consistent en grains , vin , fourrages , noix , fruits, et feuilles de mûrier pour la nourriture des yers-à-sc^e. La production principale est le vin : il y est abondant et de bonne qualité. On j fait up vin blauc appelé clairette , fort agréable à boire , qui a quelque apalogie avec le Champoffne mousseux.

L^excédant des vins du Diois s^écoule dans la partie supérieure de Farrondissement , ,et surtout dans les départemens de Fl^èreet des Hauteâ-Alpes ; op qn transporte ^eiipcoup .aussi dans FArdèche.

U sY tient six foires par ^an , dont plusieurs sont assez considérables ; mais le marché fixé au mercredi et au samedi de chaque semaine est peu important.

Il y a une petite imprimerie^ des papeteries , des fabriques de draperies , des tanneries , des mégisseries et des corderies* On y commerce aussi en coutellerie , orfèvrerie , boissellerie , etc.

On trouve dans les environs , à Aurel et à Romey^r , des eaux minérales et des géodes remplies de cristaux.

La fondatiop de Die remonte à une haute antiquité. D'abord Tune des principales villes des Voconces , elle devint , sous Auguste , une colonie à laquelle sa population et sa richesse ne tardèrent pas d^assurer la prééminence sur Luc et Vaison. Elle fut le chef-lieu du premier district des Voconces.. Elle était traversée par la route de Milan à Vienne passant par le Mont- Genèvre.

Il parait qu'elle fut originairement consacrée à Cybèle , à laquelle cette partie du pays des Voconces rendait un culte particulier. Ils la nommaient la bonne Déesse y ou simplement la Déesse^ pour en marquer la grandeur et

DESCRIPTION mSS COMMUNES. 477

la puissance ; de là elle fut Appelée Déesse des Voconces , Dea Vocontiorurriy et du mot Dea est venu celui de Die.

Ce qui porte à croire que Cybèje était la déesse protectrice de cette localité , c^est le grand, nombre de fiacrifices qui lui ont été offerts à Die. Aujourd'hui encore , on y trouve cinq autels tauroboliques bien conservés. Le premier est dans le jardin de Tancienne maison Guyon, appartenant actuellement à M « François Armaîid ; le second est dans le jardin de M. Lamorte^nFélines* ; le troisième «M diinft la cour de ranoiea énr^ché; le quatrième est obez M^"* Lagier, à la ^ferme des Salière ^ jpsh^ du Rif-de- Valcroissaat , «t \A cinquième au domaine de Saint^uhan ^ appartenant à M. Danid Clii)9«l.vSUlrle;cbemija de Die à J^i>Ataix. Sur chacun ^e ces cinq monumens sont gravées deux têtes, Tune de bœuf, Fautre .da bélier. i Des festons sont enlacés aux cornes de la première, et des bandelettes aux cornes de Fautre. On né trouve d^inscription que sur ceux de MM. Armand et Chion.

InOfrifition du taurobùlede Jli'f^rvupid.

PRO. VAL. ISÏÏ>ÉR. TAYR. TEC. TÏT. L. MAR " CELLIN. ET. VAL. DECVMIÏ.LA. LV. VOLO SACERD. LV. ATTIO ATTIANL FIL. D::::

M. François Drojat place Fépoquè du sacrifice vefsI^an^GO de notre ère, et il complète rinscriplion ainsi ; : . . . i

i)EO MAXHMO

PRO VALERIÀNO IMPERATORE TAVROBOLfVM FÉCERVNT TfirVS nVfVS MARCELLINVS

ET VALENS DECVMILLA LVCIO VOLO SACSRDOTE LVCIO VATTIO VATTIANI FIUO DENDROPHORO

Au Dieu suprême 9 pour l'empereur Valérîen,. Titus lîvîus Marcellinus et Valéns Decumilla firent faire ce taurobole, dont Lueîus Tblus fut consécrateur , et LuciusC Vattius, fils de Yattianus, dendrophore (1).

(1) Toyea la âinertaitoii da M. Aaiiçdk Jbrôjat, lomè VU ^ jpifige4Sîcit mvantet» des

Mémoirm de la Sodéki royale é$s Jnii^mtnê dêf^âncê.

47S CHAPiTKE vr.

Inscription du taurobole de M. Chion:

PROSALVT-IMA ECAT NVSATD

DE SVO ( Le reste manque. }

Indépendamment des sacrifices que consacrent ces moniimens , les auteurs^ anciens en rapportent un autre que le pontife perpétuel de Valence ymi^ avec sa femme et sa fiHe , offrir à Cybèle , a^ec une grande solennité , le 30 septembre 245* Le monument a disparu , niaifi^ voici Tinsoription conservée par les antiquaires r

SaCR. TRI&. TAVR. FfiCER. CYM SYI8 HOSTIS ET AIPàRAM. OMNIB. L. DaGIDIVS

Marivs pontif. PBKPfiT. civiT. VaeéNT: et Verviua Martina et Vervlua Maria fil. eorvm pro salvte Imp. et Caesar. Pailiporym Avgg. et Otaciluab Severae. Avg. biatris Caes, et. castror. praeeyntibvs sacer- DOTiBvs Ivm. TiTio XV. viR. Aravsens. et Castricio 2Ù)ZIMI0NE aVITAT. Albens. et Blattio Paterno civit'atis Voc. et* Fabrioo Orfito Liber.

PATRIS et CAETERIS AI>6ISTENTIBVS 6A0ERD0TIBVS Y* & L. M. LOGO VIRES CONDITAE DIE PRU>. %JlU OCT* ImP. P^IUPO EX TlTUIia.GOS.

A LA Mere des Dieux, la ùtikVfù^ iDBEimB :

Dagidius Marias, poAttfe perpétuel de la cité de Valence , et YerulUa Martina, et Yeruliia Varia, leur fille» firent ce taurobole» sacrifice voué avec tous ses vases et ses apprêts, pour la conservation des empereurs et Césars Philippes, Augustes, et d*Otacîllia Severa Augusta, mère des Césars et des camps; les prêtres célébrans, Junius Titius, quindécemvir d'Orange , Castrîcius Zozimio de la cfté ifAlbe, et Blattius Paternus de la cité des Yoconces, et Fabricius Orfitus Libéras » se sont librement acquittés de leur vœu, avec les pères et autres prêtres assistans,: les parties génitales (de la victime) sont enfermées en un lieu^ La veille des kalendes d'octobre 9 Philippe empereur, et Titianus consul.

La garde du temple de Cjbèle à Die €t les.cérémcnûes du culte étaient confiées à des flamiaes , qui partageaient avec leurs femmes la dignité du

BESCRIPTIDN DES COMMUNES* 4T9

sacerdoce. Il 7 fot, £b. outre, insÉÎÉué ^«ii rhoameurJ^^AJOgtiste.^.un collège de six prêtres, et- ce nombre forma Itior nom de sexi^iauffustales. Ainsi que cela se pratiquait aussi à Narbonne les jours anniversaires de la naissance d^ Auguste et de son avémeraent à Tempire , ib immolaieort une viëtime , et distribuaient aux liabitans de Fenccns et du vifli^pour faiée des libations en rhonneur de <;e prince.

Il est pea de villes oà Ton retrouvé en aussi grand nombre des restes de monumens antiques y des inscrififièns, dès fragnoens de colcmnes (1) et de bas-^reliefs. Beaacoûp de oes firagihcBS Bont employés dans des bancs et des chambranles de portes et.de éoiètres^

La porte de Saint ^ Pierre^ par laquelle on arrive à Die >en venant de Saillans, est un reste de tonstmction reoutine. On y voyait autrefois une inscription portant que.Sextus Vendus Juventianus, prêtre augusCat, agrégé au corps des citoyens, et élevé à la dignité de sénateur de Lyon, etc.,' avait obtenu des Voeontiens les honneurs d^uné statue, à xause d^ sa grande libéralité pour les spectacles et les jeusi. publics.

A gauche, hors de la même porte, est un lieu appelé Tulgairement Palat r on croit; que c^èst remplacement dé Tanoien palais.

(1) Les Romains tiraient la plupart de ces colonnes du pays même. Ce fait est attesté par les colonnes à demi-taillées qui se voient lencore au-dessus de Pra-Peyret, sur la montagne de Glandas et sur la route de Die'à Grenoble'. La carrière est dans une plaine ou pâturage alpin qu'on Mmmele»PUaMU^4i^Quêp\iB ( la plaine de la carrière ). On y arrive par «me gorge étroite*^ .appelée d^ns le ptito^ d^ pajfs )^ CrotHU^U'-VioUiU. Il y a encore plus xle AOO^blocs, />u entièrement taill^ ou simplement dégrossis^ sur la place. Vy ai vu des masses -de 20 pieds de long, plusieurs colonnes entières'ou brisées. Il existe encore aujourdliui un ' de ces immenses blocs qu'on a commencé K séparer du rocher par une rainure fort profonde : les Romains y ont laissé un de leurs coins de fer. Ce n^est point pour un hospice dans le moyeiif âge qu'on a taillé tontes ces pierres : il y a des ohapîteaux et des oétonnes. Ce passage est entièremienl feimé en hiver; uh hospiod y serait inutile. C'était &a oarrière.des temples et des monumens de Die. Une révolution imprévue aura fsiit abandonner le& travaux. La pierre de cette carri^ est calcaire, et la même que celle des colonnes qu'on voit en grand nombre à Die parmi celles de granit gris. On ne peut les confondre avec ces dernières. Cette carrière n'est pas éloignée dgi Mont-Inaccessible ou Mont- Aiguille. ' '

480 CHAPITRE vr

Un peu plnis lohi , et tout près àts- remparts, on rMijaKifne cles-i!«altô de muraillea es. £9lmIe^d^h:é^IieJcle ^ qui finit. coB|ecturer qucio» seftt ka suines d'ua théâtre.

A quelque- distancé de là, ou recomiait Its Viestigest des aquediica qui am^iadient à Dîe- ks emx dé Rom^ev et. de Valeraôssant.

La porte Saint-Marcel, avec ses deux tours, est un. are de triomphe ^ auquel furent ajdutécs dans lé mayeo âge de» constrùctidùs qui eentrasÉent avec ce qm reste de cet antique édifice. Vvéc esé d^èa £icl beau dessin ; le dessous est orné de rases et de ftetons; la façade daLtéfdeui» est tout onie,^ mais la façade intérieure est ornée d^une grosse tète de> bœuf dans le milieu, et d^une figupe de; tritoal en reUef de çkaqttr, côié. Où-u^esC' paft d'accord siur le temp» acoquel remonte ca m«ii«nent,;DaBi [^sqM^sur soii-objeti. B^ 6QBiiaîs$eDi»Jk'*ont rapporté à Domitius JËnobavbuft^, pour avoir soumis les Salin vieos*,, quelques^un^ à Q. Fabius Maaimus ,> pmir avoir dé£ut Kitiittus , vm d^ Auvergne 7 d^autres à Marius, qui tranrersia kl pajrâ des Voconces apràs sa victoire sur les Teutons et ks Ambcon»; d^autres^ aU' préIteUB Pooiâmus-, pour âyûic vaincui les . ABobroges. Il en est aussi qui. Sont attribué ani règne d^ Auguste ; d^autres enfin, ai Fempereur Constance , pour là vîctoioeqtie, vera* Fan 353 , il remporta sur Magnence à k Bâtie -Monsaléon ^ appelée alors JHons Seleucus.

Les belles* colonnes de granit qui forment le péristyle de Féglise cathédrale j et celles qui cjupportent ks yoiUes supérieures des divers éta|^ du clocher, ont évidettunanU a^pat^enui à de&iQQUumeas^ SHitiqueft^. .

Shr là porte- de la mairott de M; de' Bk>qucbeau éet mv bas^^id^ bim conservé qui représente dès vendanges, et sur la porte de la maison de M. Joubert père est un médaillon, avec* ùhe jeune tête qu'ion croit être celle de Drusus , fils de Tibère.

A pluskujps épo<{uas> on a décou.v^rt dw& divers quartiec^ de la ville , en ereusant de» fondâtiâos^oa dcâ^caves ^^ea'nèosfiïfpieA d^utte ^oéoution» parfaite, et Ton/ doit re^etter qiie les propriétaires ne 'les> aient poiint conservées. La plus remarquable était celk qui fUt trouvée dans Tanfeiènne maison Ganeau , appartenant aujourd'hui à Sî. Laurens. Elle représentait, avec un encadrement de fort bon goût, Neptune armé de son. trident, assis sur un cheval maria et ento]i4r.é) de^poî^oo^^, une chouette était sur la branche morte d'ua arbre fruitier..

Les nombreuses inscriptions de la ville de Die ont été recueillies à diverses époques, d^abord par Aimar Duperrier, ensuite par M, Lagier-Vaugelas , M. Denis Long, M. Fabbé Martin , M* Artaud, de Lyon, et, en dernier lieu, par M. François Drojat. On les trouvera rassemblées à la suite de cette notice.

A la décadence de Fempire romain , et lorsque le christianisme s^introduisit dans ces provinces, au commencement du III ■*• siècle. Die devint le siège d^un évêché , et son premier évèque connu fut Saint Martius , qui vivait en Tan 220. U a eu d'^illustres successeurs f entre lesquels il en est dix ou douze que Féglise reconnaît pour saints. Saint Nicaise, cinquième évéque de Die^ fut le seul des prélats des Gaules qui assista au premier concile de Nicée.

Après la chute de Fempire , cette ville passa successivement au pouvoir des Bourguignons, des empereurs d^ Allemagne, des comtes et des évêques, qui. la possédèrent en souveraineté jusqu^à sa réunion au Dauphiné* .

Les Lombards s^en étaient rendus maîtres en 574.

Cette contrée , qui était hérissée de forts , fut long-temps le théâtre dè& guerres des seigneurs , pendant la féodalité.

Uévéché de Die fut uni à celui de Valence par une bulle du pape Grégoire X, datée de Vienne le 25 septembre 1275. « Il les unit de manière » que les deux églises fussent gouvernées par un même évéque , sans » confusion ni des deux diocèses, ni des à&ax chapitres* >» Cette union dura jusqu'en 1687^ et ra 1790 Févéché de Die fut supprimé par#Fe£kt de la révolution.

Après les guerres de la féodalité vinrent les troubles religieux. Die fut une des villes qui en souffrirent le plus. Les protestans la prirent en 1577, et depuis , après Favoir abandonnée, ils y revinrent en 1585, et Fayant reprise par composition y ils en rasèrent la citadelle.

En 1588 , les chefs protestans assemblés à la Rochelle prescrivirent Fétablissement à Die, Montpellier, Lille, Castres, Montauban, Nérac, Bergerac et Saint-Jean-d'Angely , de chambres souveraines chargées de rendre la justice aux religionnaires ; mais Henri IV supprima tous ces tribunaux par un édit du 4 juillet 1591 .

L^édit de Nantes rendit la paix à ces contrées. La liberté de conscience y ranima Findustrie et Fétude des sciences. Die eut une académie prolestante,.

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où Ton ensrîgim jusqu'aux langues orientales; mais la révocation de cet êdit lui porta nn coap fiineste.

Les protestans j ont encore anjoordlini nne église consistoriale.

Uéglise cathédrale fut en grande partie démolie pendant les troubles religieux , et cet acte de vandalisme est attribué au marquis de Géouvemet , qui était alors la terreur des entrons. Ce n^est qu'un siècle après , m 1673^ quelle a été rétablie ^ans Fétat où eUe est maintenant.

A une lieue et demie au nord-est de Die , est Tanciome abbaye de Valcroissant, devenue ia propriété de M. Cbevandier-Duseigneur. La destruction du monastère date des guerres reli^euses , -et la tra4ition veut ^enccnre que ce soit Fouvrage de Gouvemet , qui aurait fait mettre le feu aux bàtimens de Fabbaye , et aurait forcé les moines à se disperser.

Borné de toutes parts par des montagnes couvertes de bois , le vallon de Valcroissant o&e des sites pittoresques et sauvages fort remarquables. Il j a des eaux magnifiques , et Fou j voit encore quelques vestiges de Faqueduc qui, sous la domination romaine, les conduisait à Die.

On éleva dans cette ville, en 1801 , un monument à la gloire de Napcdéoa. Un piédestal en marbre , d^un seul bloc , soutenait deux belles colonnes de granit élevées Fune sur Fautre à une bauteur de 11 mètres. Elles étaient terminées par un globe, sur lequd était une Renommée tenant d^une main une branche d^olivier et de Fautre sa trompette , à*laquelle pendait une flamme sur laquelle éUit écrit : BONAPARTE doxne la paix. Au tiers deFélévation, on Usait >. A BONAPARTE , et sur les trois faces en avant du piédestal : 'Vainqueur, Législateur, Pauficateur. Sur la quatrième face, on lisait f inscription suivante 4

Erigé par la reconnaissance a BONAPARTE., Vainqueur , Législateur , Pacificateur , l'an ix de la Répubuque , Bonaparte premier consul , Chaptal ministre pe l'intérieur., Descorches préfet de la Drome, Falquet-Travail sous-préfet a Die.

A la rentrée des Bourbons en 1814, ce monument Ait renversé, et Ton yoit encore dans Ifi promenade publique de Fancieii évêché , gisans cà e( là , des fragmens de colonnes qui rappellent cet acte de réaction.

Die é^t la patrie d^ Antoine Rambaud, célèbre avocat du tiers^étàt du Dauphiné , qui vivait sous Henri IV , et qui a laissé des ouvrages dans lesquels il combat Tautorité des papes; il fut un des plus ardens défenseurs du tiers-ordre contre le^ dfeux premiers-;

Du chanoine Artaud, qui vivait en 1227, et Pun des jurisconsultes lesplus estimés de son temps ;

De Jacqiies Avond, qui, après avoir abjuré le culte réformé, se fit prêtre et se consacra tout entier à la défense de la religion catholique. Il fk imprimer à Grenoble^ en 1651, un Poème sur V honneur du sacré çœu de pirginité et de continence.

De M.* Jean-Denis Long, médecin, né le 3 octobre fT66. Quoiqu^il n^ait encore rien publié, c^est un de nos plus habiles archéologues.

Et de M. François Drojat, avocat, né le 10 octobre 1795-, auteur de plusieurs mémoires sur les antiquités nationales , insérée dans les recueils de la société rojaledes antiquaires de France, dont il fut secrétaire en 1827.

Inscriptions antiques qui se Usent encore à Die

Chez M."* Morand-Planel est une inscription qui sert de dalle, et qui a été consignée par M. Lancelbt dans les Mémoires de V Académie des^ inscriptions et belles-lettres^ tome VII, page 232; la voici :

POMP. FASTINI FILI PIISSIMI DEFVN ANN. XX QVEM. POST MORTEM FRAR.

...IVS SEVERIANI L. POMP HERME ROS PATER AmSERAT

Aux mânes de Pomponîus Fastinus, fils très-respectueux, mort à Page de 20 ans,qu'après le décès de SeverianoS) son frère, L. Pomponius Hérmeros, leur père, avaitperdu«

On lit rinscription suivante chez le sieur- Fleury , maçon :

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