‹ Statistique du département de la DromeChapitre 177 sur 234 · PI · texte numérisé non relu

PI

Cette inscription , restée jusqûUd inédite , parait se rapporter au IV** siècle et au règne des Constantins ; mais le nom de Néron , qui s^ trouve mMé et qui n'a jamais appartenu à cette fkmilie, en rend Tinterprétation

518 CHAPITRE yi^

Grrgnan est là patrie 9à méJecià Jdsepli Chambbn ,^iié -en i64T: KkçtL à racadémie d^ Avignon en 1678, il s^établit dabord à MatsèiUe, et alla etastutè successivement exercer sa profession dans presque tous les états de rEuroi)é- De retour à Marseille, il y devint médecin des galères, et mourut vers 1732. On a de lui : Principes de physique rapportas à fa médecine^pratique f Paris, in-12, en 3 parties^ 1712-i4-:-16j.— Trçutédes métaux et minéraux f^ Paris, 1714, in-12.

JALLE (SAINTE-) {Sancta Galla). — * C^ village est sur le ch^mia' de Njons à Sfsteron par Séderon , dans la vallée que forme son territoire aveo ceux de Bésignaifi, Bellecombe, Saint-Sauveur et de quelques autr^ com^i^n^ environnantes , à 12 kilon^èt^es du Bfiis et 1 8 de Nyons. Sa population ^ de 652 individus. • \

La vallée était connue autrefois sous le nom de jTalbenoit^ parce ip^^r dit-on , la plupart des monastères dont cette contrée était couverte daps* le UKiyen âge suivaient la règle de Saint Benoit.

Cette localité fut long-temps un sujet de contestation: entre Téf^èc^ue de Gap et celui de Vaison, qui la revendiquaient Tun et Tautre comme dépendanfl de leurs diocèses. Les documens sur lesqueb se fondaient respe^tii^mei^t left deux prélats étaient obspurs, incertains, et pour mettre fin à la contestation, on plaça la vallée sous Tautorité spirituelle de Tévèque de Sisteron^jOnila nommait vulgairement le petit diocèse f et Tévéque de Sisteron la ifais^ administrer par un vicaire-général,, qui résidait ordinairement à Sainte-Jalle. Cet état de choses a duré jusqu^à la révolution.

On voit dans les champs , à peu de distance du village , une ancienne église qui ne sert plus à Pexercice du culte. On a prétendu que c^était originairement ua temple consacré à Bacchus ; mais des groupes grossièrement sculptés , et , si je ne me trompe , quelques inscriptions qu^on voit sur la façade , paraissent contredire cette opinion , et assigner la construction de cet édifice à des temps plus modernes.

La tradition fait remonter la fondation de Sainte-Jalle au X"* siècle , et elle veut, ce qui est assez probable, que le nom de ce village vienne d^une chapelle érigée dans les environs en Thonneur de Sainte Jalle ou Sainte Galle.

Pendant les troubles religieux , ce u^était qu'aune petite place assez mal fortifiée ; elle appartenait à la maison de Tholon. Lesdiguières Fattaqua au

mois d^avtil 4;686 : eUe fut battue par trois, pièces de canon, et soutint

quelque temps Tas^aut; mais elle fiait 'par se rendre, et elle ne dut qu^à

Saint-^Aubaïi , Tun des chefs de Farmée prote^ante , de n^être pas livrée au

pillage,

. Il $e tieat à; Sainle-JaUe trois foires par an. Le blé et les noix; sont les

p^ductions principales de son territcnre.

JEAN-EN-ROVANS (SAINT-) {Castrum SancH Joannis). — Cest une commune de ^arrondissement de Valence, d^une population de 2,710 individus. Le bourg est sur la Lionne , au couchant et au pied de la forêt de Leitt^, qui sépare le Royanais du Vercors, à 10 kilomètres du Pont-en- Royans ^t 44 de Valence.. Cest un chef-rliffa de eanton ; il y a un bureau d^envegi^rement, une JtH*igade de gendarmerie à, cheval, cinq foires par an, des. papeteries , îles fpulons pour les grosses draperies , et des fabriques d^ouvraison de la soie, que font mouvoir de belles eaux dérivées de la Lionne.

hes montagnes voisines offi*ept d^excellens. pâturages , et le territoire une végétation riche et abondante. Les principales productions sont les céréales, les noix et la soie. On y vojlt^des forêts de noyers de la plus belle espèce.

Saint-Jean a quelquefois pris le titre de ville.

On remarque au milieu de la place principale, et au-devant de ïégtiseii une belle fontaine, entourée de trois superbes peupliers plantés dans les premières années de la révolution de 1 789 comme arbres de la liberté.

Ce bourg ne rappelle d^autre souvenir historique que le siège qu'un parti de catholique^ y soutint contre les protestans en 1586. Au bout de trois jours, les assaillans se retirèrent; la garnison sortît, et, par une barbarie inconcevable , elle mit le feu Jb la place qu^elle venait de défendre.

On voit à une petite liejae de , Saint- Jean les ruines du château de Roch^ cfainard, qu^habita i^zi|ii, frère /ie Fempereur Rajàzet, vej-s FanniÈe 1486.

JULIEN-EN-QUINT (SAINT-). — Cette commune est une de ceUes de la vallée de Quint ; qu'entourent d'arides et hautes montagnes. Elle fait partie du canton de Die, et n'est distante de cette ville que de 15 kilomètres. Sa population, presque toute éparse dans la campagne , est de 661 individus. Il s^^y tient de^x foires p^r an. On y fabrique des petites éloflfes.

Louis XI visita, .cette vallée en 1451 , et. c'est alcM^ quie les chefs des deux

520 CBÀPttttE VI.

familles Richau et ÉoulUanef cpk eompo^ent à eHes s^uks la pklâ gràMte parde de la population de Saint-^aiién-^n-Quint, sauvèrent la vie ati pniHsé en tuant m oors qni le poursoivait. Les deux familles firent anoblies-, et elles étaient alors, comme aujourd'^hui , fort nombreuses et conlposéet d^honnètes et pauvres cultivateui^. Lorsque Cborier écrivait le tMdsiUake 4a Dauphiné, on comptait déjà dans la vallée de Qmnt ^eise brdnelie^ dé^ Richau et seize des Boulliane. Les premiers tfoi obtinrent arrêt déclaratif de leur noblesse , en 1 554 , furent Pierre Richau , Jean et Antoine Boulliane. Leurs écussons sont d^azur à une pâte d^ours posée en bande dW.

LAGHAMP. — Cest une cetnmtme du caution de Statsame , on sud-^eliest et à qudque distance de Gondittac. Sa population e^t de 428 individi». Le village est sur la ebaine de montagnes <]ûi tègtie d^^ms les Tourretfes jUs{{ttTà Montéltmar. Sdn territoire, limité au couchant pat* le Rhône, est traversé par la ^nde rouite de Lyon à MarseUle , et c^est là qu^est situé le hamead de Lène dépendant de cette commune. Il tire son nom , ainsi que te i^cdssèau qui le baigne , dW ancien château dont il ne feste plus que la tout* à demi^ ruinée. Ge nom est, di^-on^ Fabréviation ^Héietie^ tjpHim trclu<^ enèiA^ dans des actes du commencement du XVlll"^ siècle. P^après une ancienne tradition, cette tour aurait été Thabitation d^une printesse de ce noin, appartenant à la maison de Poitiers, qu^on y aurait renfermée eooïme lépreuse. Les produits du péage qui y existait encore au itidat&ûi de la révolution. , auraient été , dans Torighie , consstei^és à soil eaftt<etiéil. Le cbâteao était défendu par une e^èee de bastion et pat* des ifossés ^m' s^ondaient.

Gelle tradition et celle qu'on lit à Farticle de Su^é-ta-^Rdusse , ettt fbuMi à M« de Marchangy le sujet du bel épisode qu'il a consacré au dértfiier des Templiers dans son TrUtanAé^V(^agejj^ y tome V!, ehap. LXXXIX et XG, page 1 0 et suivantesi.

LAGHAU ( Calma ). — Il est à Ô kilomètres de Sédéron et tl de Nyons ; il limite les départemens des Hautes et Basses^ Alples , et sa perpulàtioti est de 645 individus. Il est dans une pilaine ou fllutôt un vtdlon assez étendu, agréable en été , mais très-froid et très-exposé attjt ^^iDA!& en Wter. Le village est assez bien bâti : les rues en sont larges. A peu de distance coule la petite

DESCRIPTION BÊS COMMUNES, 521

rivière -de Meuge. EHe est ordinairement guéable en toute saison} maïs, comme elle reçoit les eaux des torrens des montagnes voisines, elle devient dle-mème , à la moindre pluie , un torrent redoutable. Il se tient à Lachau trois foires par an*

' On voit dans les champs, au sud-est du village, l'église de Notre-Dame ^ bâtie dans le XI"** siècle. Elle appartenait- à im couvent de bénédictins, dont lé monastère est entièrement détruit. Cette église , dans le genre gothique , a résisté au temps. Elle renferme un tableau représentant Tassomption de la Vierge ; il est estimé des connaisseurs , et quelque antique qu^il soit , il a encore toute la fraîcheur et la beauté de son (Coloris.

Les Templiers eurent aussi à Lachau un monastère qui fut détruit en 1318, lôrs de k suppression de Tordre. Il: reste' quelques parties des bàtimens^, qui servent maintenant aux usages agricoles.

LENS-LESTâNG. — Ce village est dans un creux , au bas et au nord de la chaîne de montagnes qui sépare la vallée de Galaure de la Yalloire. En arrivant à Lens, du côté du Grand-Serre , on entre pour ainsi dir^ ^a Valloire. ^ . ,

Sans être aussi fertile que la Yalloire proprement dite , le psrf s est fort bon , et le territoire très-productif. On y remarque jplusieurs belles habitations ) telles que celles de MM. Choin et Berne de Levaux.

La route de Ilo^1ans et de la Galaure à Beaurepaire passe h Lens-Lestang.

Il j avait dai^s cç vallon, à une époque reculé^, un i^twg) depuis long-, temps desséché , qui a laissé son nom au village. ;

Il y a plusieurs hameaux , des bois d^ass^ belle venue et beaucoup de fruits. ...

LIVRON {Castrunt Libéronis). — Ce bourg e« à 19 idlomëtrës sud de Valence, entre cette ville et Montélimar, sàr"fe' penchant cTun coteau fortement escarpé, dominant la belte plaine itjiri jfBrme comme un riant jardin au confluent de la Drorae et du Rhône. Ôa popuktibn est de 3,275 individus. Géiléralement mal bâti, ott n'y remai^que guère que la maison d'habitation de M. le comte de SÎnard, construite avec goût, et d'où Ton jouit du plus agréable point de vue. ! . '

Quatre hameaux et plusieurs^ maisons éparses dépendent de cette commune,

522 cM^viTJ^E vu

Cast.au bfis 4ç; rémîocyace. occupée par: ie-bourg <p*^ ^ trcmye le point de joDCtioa de la grande routç de hyon à MarseiUe avec la Drome ; c^est là aussi. qjûCon voit le beau pout auquel cette rivière a 4oBné son ^m* Il a remplacé celui qui fut construit dans le XVI"' siècle avec le produit des indul-» gences, et qui u^eut, à ce qu'ail pariât, qa^une courte durée* On faisait alors uu grand usage de cette ressource : e^i même temps qu^iHi s^en servait pouir construire le pont de Livro9| Léoju X remployait ailleurs pour enrichir la cour de Rome, ce qui donna lieu à ^opposition et au schisme de Luther.

Il se tient à Livron quatre ^ires, par lan , et c^est son territoire, qui donne 1 excellent vin de Brezème. Ily a ^n martinet ppur les otivrages de taillanderie^ de beaux moulins <, des fours k chaui:, des tuileries et des tanneries.

On y voit encore les ruiqefi d'un «ibâtaajur-fo^t démoli sous le règne de Louis XIII , et dont une des tours , qui était d^une haute antiquité , fut Ych}^ de plus d^un conte ridicule. Gervasius de Tilisberi dit que , de son temps ( 12f0) , eHe ne soufirait ni garnison ni sentinelle la nuit; que le lendemain ceux (|tf ori y avait laissés se trouvaient au bas de Téminence , où ils étaient portés san^ s^en apercevoir.

Il est souvent parlé de Livron dans Thistoire de nos discordes civiles. Il fut brûlé en 1345 , dans la guerre des Épiscopaux^ entre Tévêque de Valence et le comte de Valentinoîs ; mais les habitans le fortifièrent de nouveau , et pendant les troubles religieux du 3^Vl"* siècle c^étaît une àes places les plus importantes du Dauphiné. Elle est surtout célèbre par lé siège que les protéstabis, commandés par Dûpuy-Montbrun et Lesdiguières*^ y soutinrent contre Henri III, dont Farmée, quoique forte de plus de 18,000 hommes^ fîlt dôntraiiite de se retirer avec perte, lé 30 janvier 1575, après iln siège qui durait depuis le 25 juin précédent , et pendant lequel Farmée royale était montée trois foi^ à Ffissaut ^ et fvait tiré..3,1 6(\,çpups de canon.

On yoit dan^ le jardin de M., de S^nard des projectiles trouvés en eflFondrant la tç^rÇii^t qui^^tent cçr^i)[^emen|t,du sl^ge^diç^.^^

Oi^ remarque; égfilc^ipient sur, la terrusse; de ce jprdiu' pne longup et lourde pierre. sur laque^lle est gravée, ^n^^fu^cjenriejclw^e; mais les caractèijes en sont si altérés , quMl n^a pfi^s.èl;é poss^)le de la dçqhiffrer.

Toute Fenceinte et une grande partie ^^ Finté;rieur du bourg oflBhent de noui];)];*euses ruines qui- décèlent eijicore upe ville saccagée.

DESCRIPTION inUf COMMUNES. , 523

La population ésit rettéé éii pltis grande partie procédante.

Cest sut* le pont de Lîvron , et après le retour de Napoléon de Vile d^Elbe , qu'eut lieu, le 2 avril 1815 , un combat sanglant entre les troupes royales venant du niidi , et les gardes nationales . du département qui s^opposaient à leur passage.

Helevé des titres de la commune de Liçron relatifi à V ancien pont de la Dromey déchiffrés et traduits par M. MouUnet père y ancien archii^iste de la préfecture .

1^ CeWFpte de la t^eeette eidépenie du j^nt de LMoa , le tout fail en 1511 et 1513 , leqMl^e^àta à ces époques 165 florinfl.lA groi k detilei^; ledit oompte rendu pér le oewiiMB et prooureof de la eommtiive de Livroa/ : *

5* Indulgences accordées, ïé Î6 septembre 1515, |>af révèqae de Wagtielonne, lors de son passage en revenant du synode de tisane, aux babîtans de tivron, de quarante {ours d*iodulgence à tous ceux qui contribuecaient (te leurs bîeni & la confetrtloû du pont qu'on avait commencé au port dudit Livron , et pour la- répatatfbn et édifice dadft pont, et cela sous le bon plaisir de Tévéque de YaleiH^e.

5* Lettres-patentes du 12 octobre 1512 du cardinal Guillaume, s^rçhevéqne deNarbonne ) évèque de ISlmes,. qui, sur Texposé des h^bltans du lieu de Livron, principal passage de France en Provence, qu^il avait toujours existé un pont de pferre sûr la Drome , que ^irruption des eaux avaft détruit , et qiie fcsd^ liabitans voulaient ré^àbRt fSÊk pierre, mais qu'ils' ne pouvaient le ftk{re sans le 6etiàUf« des psm charitables^ Héoerftà eeot joufs d'indvlgtattBÀ eraz qui .f(Mirairaieiit>asn:dépeinos'dlidît poot.

te Ltmes du U netettihrelSlîde Fidecre^ arohtrréque d'Ain, porrtast qii^àrfa«t.f pprli 4^ le$ habifans de, Livron, peur le servjee de Mi cfi^st'jpftH^U^ue ^t pour évttek'. les dangers» se profiosaient de faire construire un pont sur la Dieppe, au port dudi^.Ueju de Livron , ce qu'ib ne pouvaient faire sans de grandes dépenses , il invite tous tes fidèles vraiment pénitens et confessés à s^aider à construire ledit pont, leur accordant quarante jôilrs d*indulgence sur leurs pénitences. ^ • ' .

5« Compte de ce que Pierre deCortières avait prêté à! Bertrand Turc, procureur dû ï^ont de Livron, depuis 1512 jusqu^au 8 mars 1513, pôdr p^yer dfve*kes persomofeS qui avaient charrié ou vendu des bois et chaux, et qui avaient charrié %es ptorhés qu^dli Kenaîlf à Alontnaeyraa , n^ntadt k bX florin», O»]^ voit ^pe la viUe de ¥aleiip^,$i)^ait contribué à la construction de ce pont. Il j a aussi le compte de ce que ledit Cor^ères avait prêté au procureur du poulpour pay^ le^ ouvres, et de ce,qu*il avait, reçu en blé et lui avait été rendu par ledil procureur. ^

Ç* Lettres du 14 avril 1513 de Claude de ToumouViéVéque de Viviers, portant que les

524 €flÀPITRE VI.

habitans de Livron, au diocèse de Valeuce^ eni^iidaient^ pour le service de la chose publique et pour éviter les dangers, de construire ou fake construire un pont sur la Drome , au port de Livron , ce qu^ils ne pouvaient faire sans de ^ands frais et dépens ; c'est pourquoi il accorde à tous les fidèles qui se repentent et se sont confessés, et ^i4 s^aideront à la construction dudit pont , quarante jours sur les pénitences qui leur ont été données, toutes les fois qu'ils y subviendront de leurs biens.

7* Lettres à triple expédition, du 23 ^t 1^13, de Christophe de Salfaient, vicairei;énéral de Gaspard .dc Toumon , évéque de Valeooe et de Pie ^ portant que la commune de Jiiyron s'étant proposé de faire construire un pont de pierre sur là rivière de Drome, au-dessous du lieu de Livron , dans laquelle rivière il était arrivé , au temps passé , plusieurs! périls et malheurs^ lequel pont ladite eommiine avait défà. conmencé, «nais comme ses facultés nç lui permettaient pas d'en supporter toutes les larges, il ordonne à tous les curés et vicaires de laMser faire des quèles aux proctineurs diidit pont, ,et les invite à es^horter le peuple d'y concourir, accordant quarante jours sur les pénitences qui leur auront été infligées à tous ceux qui y concourraient de leurs biens, et adonne aux curés et vicaires de faire faire des processions pour pettp œuyre pie et pour }3i p^.et rheur^eu^ état du rpi et de .la reine^ ,

LORIOL {Aureolum)f — r- Ce bouFjg est situé au pîed d'un coteau, à 2 ^yriamètres sud de Valence ; il est traversé par la grapde route de Lyon à Ijtàrseîlle. Cest un chef-lieu de canton et un gîte d'étape j il y a un bureau de poste, un bureau d'enregUtrepient, une brigadje de gendarmerie à cheval et liin relais de la poste aux ichevaux. Sa population est de 3,048 individus.

Le territoire de cette conairiune est étendu et d'une culture riche et variée. Im prindpales productions sont le blé , le vin , les fourrage? et la «oie. • Il se tient à Loriol quatre foires par an et un fort beau naarehé le vendredi de chaque semaine. Il y a des fabriques d'ouvraîson de la soie, des filatures à la Gensoul , des tanneries et des ateliers de charronnage.

Une industrie propre à cette localité consiste aussi à transporter , chaque jour et à toute heure , les voyageurs avec des pataches et des carrioles qui y sont en assez grand nombre. Ce moyen de transport est dur, mais pronipt et fpi^ti économique. . ,

Ou remarque sur le territoire de Lpriol les beaux sites de la Gardétte et de Sîgnoï.

n existe près du château de la Gârdette^ habité par M. d'Arbalestier , des eaux minéra)es que les h2d>itans de Loriol et de Livron vopt boire en juillet

DESCRIPTION DES COHBfUNES; 525

et en août ; légèrement ferrugineuses , elles purgent à Taide du sel d'^epsom , et leur réputation ne s^étend guère au-delà de ces deiix communes.

Lorio] a souvent été pris et repris par les catholiques et les protestans , pendant les troubles religieux du XVI "^ siècle. Le3 protestans j ont aujourd'hui un temple.

Cest sur son territoire qu'^est située la campagne de Scunir-Fondy qu'habita long-temps M. Faujas, célèbre naturaliste de nos jours. Il y est mort le 18 juillet 4819« Il repose dans le tombeau qu'il y fit disposer lui-même.

Loriol est la patrie de Jean de Lafaye ^ ministre protestant , né en 1 61 0 , mort à Genève en 1679. Il avait été banni de France pour avoir publié X Antimoine^ pamphlet dirigé contre les ordres religieux. On a encore de lui : Douze questions capucines répondues f Genève, 1648, in-8^, etc.

Ce bourg est aussi la patrie de M. Amable-Guy Blancard, baron de l'empire, maréchal-de-camp, né le 18 août 1774, et l'un des ofiBciersgénéraux de cavalerie les plus distingués de l'armée française. Il a fait toutes les campagnes depuis 1792 jusqu'en 1814. Le 4 avril 1792, à la tête de quinze cavaliers , il chargea , devant Hombourg , un parti de hussards de Wurmser , et parvint à reprendre les étendards de son régiment qui avaient été enlevés. Cette glorieuse action lui valut un sabre d'honneur. Le 23 thermidor an VII , à Mavino , près de Rome , en sauvant deux pièces de canon qu'il avait enlevées à l'ennemi , il reçut un coup de mitraille d^ns le côté droit et eut le bras cassé en deux' endroits. Il se signal^ ensuite ,i Austerlitz, à Friedland, à Ratisbonne, à Wagram, à la Moskowa, à Winkowo, et en avant de Moskow , où il fut blessé. Il le fut encore à la malheureuse journée de Waterloo, à la tête du V régiment de carabiniers. Il commande en ce moment le département de Seine-et-Oise.

LUC (Lucus F^ocontiensis ^ Lucus Augusti municipium Vocontiorjim^

Lucum). — Ce bourg est situé à 21 kilomètres au-dessus de Die, sur la

rive droite de la Drome, dans les montagnes, et sur la route royale N.** 93

de Valence à Sisteron par Gap. Sa population est de 697 individus. Cest

le chef-lieu d'un canton et la résidence d'une brigade de gendarmerie &

pied. Il s'y tient quatre foires par an.

Les productions principales sont les grains , les noîic , la soie , le chativre et lé vin. • ' I ■ . i 1 " :

526 câAPmtE yi.

L'époque de sa fondation se perd dans la nuit des temps. Ce fut d'abord la capitale de la partie du pays des Voconces baignée par la Drome, tandis que Vaison Pétait de l'autre partie, qui s'étendait jusqu'au Cîomtat-Venaîssin.

Après la conquête des Gaules, elle fut une des villes municipales des Romains. Pline la met au niveau de Vaison. Elle rivalisa avec Die , jusqu'à ce que cette dernière , devenue colonie sous Auguste , se fut élevée à l'état florissant où on la vit dans la suite.

Tacite rapporte que Fabius Valens , général romain , retournant en Italie avec son armée , pour j soutenir le parti de Vitellius, qui disputait l'empire à Othon , exerça contre Luc , en traversant le pays des Voconces , toutes sortes de rapines et de brigandages. Il menaça de la livrer aux flammes, sur le refus de ses magistrats de payer une somme excessive qu'il leur demandait , et il l'eût fait , si tout n'y eût été prostitué à son avarice et à sa brutalité.

Dépuis lots , cette vflle déclina sensiMenlent , et au temps de Gonstantki ce n'était plus, comme on le voit par VItmémire de Bordeaux à Jérusalem j qu'une simple mansioy où ks voyageurs pouvaient se retirer et passer la nnîc.

II est cependant resté quelques vestiges de sa splendeur passée. On a trouvé dans la terre des morceaux de marbre, des fragmens de colonnes et de statues f des vases , des médailles et des chapiteaux travaillés avec art. La colonne de la fontaine publique est le fragment d'un chapiteau antique , et ie bassin est creusé dans une colonne tumulaire sur laquelle on lit encore l'inscription suivante , qui est bien cotiseï^vée et dont les caractères paraisseet être du siècle d^ Auguste :

T. FIL. POMPEIAE ANNOR. XXVÎ. POMP. V.

Titiœfiliœ Pompeice annorum vigintisex Pompeius uxori (ou vwus/ècitj bu mieux çoi^it).

Pompeius a élevé ce monument à sa fille Titia Pompeia, âgée de 26 ans.

Un cercueil qui parait aussi appartenir aux temps antiques, mais sajis inscription , sert de bassin à la fontaine qui c^ule |dai^ 1^ cour de l'aACfenae maison de Flotte, appartenant aujourd'hui à M. Lévéque* • Il y avait encore autrefois dans la même maisqi^ un petit autel et une pierre d'un pied carré environ , sur laquelle était Tinscription suivante ;

MERCVRïO NOVELLVS lOVINCATI V. S. L. M-

Plusieurs auteurs ont avancé que I^ncus avait été submergé par les etux de la Drome, lorsque Téboul^ment d^uue partie des moutagnes voisines /en barrant la rivière , forma le lac qu^on voit sur le territoire de Luc ; mais c^est une erreur : le village occupe encore V^mplaoement de Tancienne ville , et le lac en est à plus d^un quart de lieue. Les détails qu'ion lit page 929 et suivantes et Fordonnance du dauphin du 18 mars 1450, rapportée à la suite de cet article, ne sauraient plus laisser sur ce point le moindre doute*

(Test Famas énorme de pierres et de rochers produit par cet èboulement qu'on nomme Clapsj vraisemblablement du mot latin collapsusj tombé.

La route en construction , de Valence à Sisteron , doit passer par le Claps. Diaprés les plans de MM. les ingénieurs Josserand et de Montricher , elle setSL étaUie circulairement au petit lac sur la rive gaudie de la jDrome. i. et remontant vers le Claps pour regagner la rive droite et le grand lac, elle passera au-dessous et à peu de distance des cascades que forment en cet endroit les eaux de la rivière , ce qui oflfrira un des paysages les plus intéressans et les plus pittoresques de cette contrée déjà si riche en sî^ès variés et sauvages.

A quelques pas de là , on voit sur, la montagne appelée Pied-de-^lMC j^es ruines d^un fort ^ qui , dans le moyai âge , défendait ce détroit.

Cette même montagne présente une singularité qui mérite d^ètre mon-*' tionnée. A sa base , près du Rif-de-Miscon et peu au-dessus des rochers du Claps, il existe une ouverture produite par une fente quî règne intérieurement jusqu'à la cime de la montagne : c'est une espèce de soufflet qui donne un air frais cju été, chaud en hiver, et qui, suivant la direction ou 1^ violence plus ou moins grande du vent , rejette ou aspire ce qui se trouva a Feutrée. On a vu en hiver les bergers se réchauffer les pteds à Fouverture qui est au sommet de la montagne. Ce courant d'air est nommé par les habitans du pays le ventayre.

Ce phénomène n'a point échappé à Finvestigation de M. Gras , ingénieur

des mines, et voici comment il le mentionne dans sa Statistique minera^ logique : a Sur le territoire de Luc, et non loin du Clapsj il existe une fente )» de rocher longitudinale, large seulement de quelques décimètres, d'^oii il ^ sort pendant Tété un courant d^air frais , qui est surtout sensible dans le » temps des grandes chaleurs ; il est assez fort pour agiter les feuilles des » buissons qui croissent près de là. Par une singularité qui semble d^abord )« inexplicable , ce vent cesse lorsque la température vient à baisser , et dans » rhiver il change de direction , c^est-à-dire que Tair extérieur s^engouffire » dans la cavité , au lieu d'^en sortir ; sa vitesse dans ce cas est d'autant pkis » grande que le froid est plu» vif**... »

Ordonnance du Dauphin relatiçe au lac de Luc.

< Louis aine 9 fils du roi de France, dauphin de Yienaois, comte de Yalentinois et de Diois, à nos amés et féaux conseillers, le gouverneur ou son lieutenant, gens de notre conseil et de nos comptes résidant à Grenoble, salut et dilection. L'humble supplication des manans et habitans des lieux de Luc , Miscon , Saint-Cassîen , Lèches , Alpilhon , Fourcinet, Uontlaur, Beaumont et Baurières, avons reçue, contenant que huit ans ou environ il tomba une montagne auprès et au-dessom du châtel dudit Luc, laquèUe nkontagne a étoupé, retranché et empêché le cours de la rivière de Drome, tellement qu'à présent il y a un grand lac qui contient plus d'une lieue de pays, et çpd dure depuis ledit lieu jusqu'au lieu de Rochebrianne ; lequel lac a- noyé et dépéri les lieux, villages et habitations, terres et possessions, vignes et héritages desdits supplians, entre autres lesdits lieux de Luc et de Rochebrianne, tellement qu'ils n'ont à présent où ils puissent recueillir blé , vin et autres choses de quoi ils puissent substanter leur vie et leurs ménages, et qui plus est leur a convenu et convient chaque jour faire habitations nouvelles pour loger eux et leurs ménages, et combien que pour la cause dessus lesdits suj^ans soient tellement appauvris et diminués de leurs chevauches, qu'à peine ont^-ils de quoi vivre , et que grande partie d'entre eux s'en soient allés demeurer autre part et autre seigneurie, et néanmoins les couunissaires par nous nommés sur le fait de mettre et réduire les feux, les terres tenues de l'église, ou taxées , imposées et enrôlées, lesdlls supplians pour huit feux payables de nos tailles, aides et autres subsides mis sus de par bous et en nos pays, et qu% ne pourraient supporter ni payer, et fussent-ils en leur premier état qu'ils ne fussent de tout détruits, et qu'il ne leur convient du tout de laisser lesdits lieux et aller mendier leur vie, attendu qu'ils n'ont d'autre part retraite .où ils se puissent retirer, ni autres choses dont ils puissent résoudre ni remettre sus, et serait aussi la dépopulation de notre dît pays et la totale destruction desdits supplians, si par nous ne leur était procuré des remèdes convenables , si comme ils disent et nous requièrent humblement, que, attendu qu'ils ont désir de demeurer nos sujets, de vivro

et mourir soàs nous» nous leur veuillon» élargir no» grâces et dîminuer les feux à quof ili oDt été mis dernièrement, et les remettre à moindre de feux compétent et raisonnable.

Pour ce est-il que j nous , les choses dessus considérées, qui ne voulons la dépopulation de notre dit pays, et Toulons relever nos sujets d^oppresse et des charges à eux importables, inclinant à la supplication et requête desdits supplians, considéré le piteux cas à eux advenu à cause desdites eaux, à eux supplians advenons en ce, et réduisons à deux les huit feux auxquels ils seraient ou auraient été dernièrement assis et imposés pour payables de nos dites tailles, aides et subsides, qui, pour le présent et pour le t^npa à venir, seront mis susen notre dit pays. Si vous mandons, commandons et expressément enjoignons à cbaoun de vous, si comme à lui appartiendra, que de noB> présentes modérations et diminutions vous fassiez, souffriez et laissiez dorénavant fouir et user lesdits supplians pleinement et paisiblement, sans eux leur metti^e ou donner ni souffrir être mis et donné aucune détourberie et empêchement, et sans le souffrir enrôler, asseoir et imposer dorénavant un plus grand nombre de feux que desdits deux feux, les remettre et fassiez remettre incontinent, sans délai, au pren^ièr étâft d^iceux deux feux, car ainsi nous platt et voulons être fait, et auxdits supplians Tàvons octroyé et octroyons par les présentes de grâce spéciale, nonobstant quelconques ordonnances, restrictions, mandemens, rémissions et lettres subreplHces impétrées, à ce contraires.

Donné à Grenoble, le 18"* de mars Tan de grâce 1450; avant* Pâques, par Mgr", lef dauf^in, à voire relaixation. — PBi^ftiE&. -^ Registré^à la^obattibrer des 06*ïnp(es>.

LUS-LA-CROIX-HAUTE (Lucium). — Cest une commune de 1,745 individus , composée de vingt-deux Hameaux , au* milieu des plus Hautes montagnes du Diois; elle est à 38 kilomètres dh Die et traversée par la route royale N.*" 75 de Grenoble à Sisteron. Le territoire en est limité au nord par lé département de Wsère, et par celui des Hautes-Alpes au levant et au midi. Les montagnes sont couvertes de sapins dé la plus telle venue, qu'on transporte dans le midi en les faisant flotter sur* le Buesch et la Durance. Elles sont couvertes aussi de pâturages qui permettent d^élever beaucoup de bestiaux. Le sol de cette commune est d^ailleurs fort ingrat; les vents du nord y dominent presque toujours^ et en rendent la température extrêmement froide. On n^ récoltait guère autrefois que du seigle et de Tavoine, maïs deptiis quelques années ou y a introduit avec assez de succès la culture du blé.

Il y a deux scies à eau , et il s'y tient six foires par an. Cest la résidence d'une brigade de gendarmerie à pied.

On voit sur son territoire, au quartier de la Commanderiez les ruines d'im ancien couvent de Templiers^.

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MAY (SAINT-) ou SAINT-MARY. — Il est à £ kaomètres de Remuzât «t 18 de Nyons, dans les montagnes, près de la rivière cTEygues-et de la route en construction du Pont-Saînt-Esprit aux Alpes. Sa population n^est que de 283 individus. Il y a quelques oliviers dans Jes lieux abrités de son territoire.

Il y avait sur la montagne de Saint-Laurent, dans les premiers âges du christianisme, un couyent de bénédictins qui eut quelque importance, puisque Félection de Marins , qui en était abbé en Tannée 500 ou environ , fut, comme le rapporte Papou dans son Histoire de Proi^encey tome I, page 272 , soumise à la sanction de Gondebaud , roi de Bourgogne. Marins mourut dans cette abbaye vers Tannée 555 ; Téglise le rangea au nombre des §aints, et voici ce qu^op lit à son sujet dans Je bréviaire de T^ncien diocèse de.Sjsterou ;

Post félîcem Sancti Marîi transitum ( ohiît circà annum 555 ) , cîim annorum lustra plurima fluxissent ^ et quarwndam sœQarum gentium, çrudelitate tota Gallia suis liahitatorihus fere destituta haberetuTj et Christi monasteria luct{i perpétua flerida in eremum s^ersa fuissent y à quihusdam inris corpus prœfati viri Dei ajb ecclesid Bodanensi sublatum , ad oppidum Forcalcariense y Deo disponente^ delatum jest. Hœc Sancti Marii translatio facta est ah Arnulfo,^ episcopo Sistariensi.j scilicet decimo seculoy quo tempore Hungari^ per abrupta Alpiumjuga transeuntes^ in Galliamj teste Flodoardoy {fenerunt; undè Barbarorum metufoLCta ndetur hœc translatio. Reliquice sacrœ illatœ sunt in ecclesiam Forcalcariensem y Sancti Marii nomine .dehinc appellatamy in qud sançtus abbas multis miraculis claruit.

Après le décès du i)ienheureux Saint Marlus^il mourut vers rannée 565), plusieurs lustres s^écoulërent pendant lesquels toute la Gaule fut presque dépeuplée par la fureur des nations barbares qui Tavaient envahie. Les monastères du Christ , opprimés pendant ces temps de désolation, s'étaient changés en solitude, ce qui détermina quelques personnes, par l'inspiration divine, à enlever de Téglise de Bodanensi eï h irhudétec dans la ville de Forcalquier le corps du saint homme dont il vient d*ètre parlé. Cette translation de Saint Marius fut faite par Arnoul, évèque de Sisteron, vers le X^* siècle, au moment où des peuples de la Hongrie, traversant les sommets escarpés des Alpes, se répandirent dans la Gaule, au témoignage de Flodoard; d'où il paraîtrait que cette translation aurait eu lieu dans la crainte des Barbares. Les saintes reliques furent déposées dans l'église de Forcalquier , qui prit de là le nom de Saint Marius, el où le saint abbé devint célèbre par de nombreux miracles.

Description des communes. ^3f

t)^aprës* la tradition locale , le lieu où était placée Tabbaye aurait été Aommé Bîscodon ou JBoscodon ^ des mots celtiques bos, foi'êt, etDoN ou dùN, montagae. Papou, au contraire, le nomme Bewons. De son côté, le bréviaik*e de Sisteron, comme on vient de le voir, désigne cette église sous* le noiti' de Bodanensi.

Ces différences viennent de quelque faute de copiste , ou des nombreuses altérations que le langage a éprouvées depuis treize siècles. D^ailleurs, que ce lieu ait été appelé Boscodon ou Beu^^onSy d^où le copiste du brénaire aura fait Bodanensi y il est évident que le pays quitta dans le moyen âge son ancien nom , pour prendre celui du saint sous la protection duquel il s^était placé.

Papon confirme la version du bréviaire sur la translation a Forcalquier des restes* de Saint Marins , et voici comment il s^exprime dans la nomenclature des évêques de Sisteron , tome I , page 274 :

« Arnoul gouverna Féglise de Sisteron pendant quarante et un ans, à ce » qu^on prétend. On ajoute que, durant son épiscopat, on transféra le corps ^ de Saint Marins de Beuvons à Forcalquier , pour le dérober à la fureur » des Hongrois, qui se répandirent en Provence par les diocèses de Sisteron )» et d'^Apt. ^invasion de ces Barbares doit donc être de Tannée 925 ou n 926 , c^est-à-dire de la première année de Pépîscopat d^ Arnoul , si le calcul )» de Bureau est exact. »

On croit que le village de Saint-May existait déjà au VI"* siècle, ou, tout au moins, qu'il fut alors fondé par Tabbaye. Avant la révolution, les administrations ne le connaissaient que sous celui de Saint-Mary, qu'on a corrompu ou adouci depuis en celui de Saint-May.

La montagne de Saint-Laurent, où sont les ruines de Tancienne abbaye, est encore remarquable par des rochers inaccessibles de plus de deux lieues de circonférence, qui Fentourent au levant, au midi et aa couchant, et par les coquillages pétrifiés et les pierres sulfureuses, d^une couleur ressemblant à celle du bronze , qu'on y trouve abondamment;

Les armes de Saint-May étaient autrefois de sinople à deux- rivières au naturel , surmontées d'un rocher d'argent.

MANAS. — Ce village appartient au canton de Mkrsanne; il est situé à 17 kilomètres nord-est de Montélimar,.au pied d'une montagne. Sa population

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est de 345 individus. La surface de cette petite commune présente une plaine SLSSfn unie coupée par un seul coteau. Le Roubion limite soa territoire de Forient à Toccident, et les eaux de cette rivière , dérivées par un canal, vont arroser les meilleures terres auprès du village, hes habitans sont peu industrieux : ils se bornent à élever des troupeaux de bêtes à laine et à cultiver leurs champs. Le village est mal bâti. On j voit les vestiges dHm ancien chàteau-fort , qui fut assiégé et ruiné par Dupuy-Montbcun en 1573«

MAftCEL (SAINT-). — Sa population est de 479 individus. Il est entre Marsanne et Montélimar , et ^on territoire , arrosé en sens divers par des canaux tirés du Roubion , est généralement fertile.

L^origine de ce village se perd dans la nuit des temps. Il parait que sous la domination romaine il portait le nom de Félines , et il est vraisemblable qu^il fut ainsi appelé de qudque oratoire consacré à FelleniuSy que Fantiquité payenne invoquait contre les aquilons. Il est remarquable que plusieurs autres lieux qui , comme Saint-Marcd , sont exposés à la violence des vents , portent aussi le nom de FéUnes. Il le quitta dans les premières années du X"* siècle , pour prendre celui de Saint Marcel , patron dW monastère de Fordre de Saint Benoit , dont les uns attribuent la fondation à Charlemagne et les autres à un comte de Poitiers.

Le 5 juillet 985, Lambert, de cette famille des Poitiers, fit au monastère de Saint-Marcel une libéralité considérable, et c^est par Facte de cette donation qu^on voit que ce lieu portait autrefois le nom de Félines, La donation est mentionnée dans V Histoire abrégée du Dauphinéy par Chorier, tome I , page 81 . Elle est transcrite à la suite de cette notice comme un monument curieux de la manière de stipuler de ces temps-là, et de Finfluence extrême que les idées religieuses exerçaient alors sur les actes même de la vie civile.

On apprend par un autre acte de Fannée \ 037 que , de concert avec sa femme et ses enfans, le comte Adhémar, fils de Lambert, vendit, moyennant 1 0 onces d^or , à Saint Odile , abbé de Cluny , et à ses religieux , le prieuré de Saint-Marcel , avec tout son territoire. Cette abbaye qui jouissait de tous les droits consacrés par la féodalité , et surtout du droit de juridiction , s^en servit souvent au préjudice des malheureux vassaux qu^elle aurait dû protéger. On lit à ce sujet, dans un recueil des principaux actes du monastère, des

DESCRIPTION I>^ OOMMUNES. 533

détails d^autamt ' [dus dignes de foi j, qile ce reôuefl -est Fourrage dW dels reUgiem. ' . - '

Uabbaye a duré jusqu^à la révolution. Les bâtimens sont aujourdliui la propriété de M. Sautayra.

Le canal du Roubion , qm en traverse Tenclos, présente de grandes facilités pour rétablissement de fabriques et d^usines. Elles ne pourraient ^être mjiemç placées, soit à cause du voisinage de Montélimar et de la route d^^gptemeiilale de cette ville à Vienne pat* Cvest, Romans et Beaurepaire , passant par Sbint-- Marcel , soit par la proximité du Rbône et de la grande route de Lyon à Marseille.

On remarque à Saint-Marcel Féglise -de Pancienne abbaye, qui sert maintenant d'église paroissiale. £lle est beaucoup plus grande, que ne le comporte la popidation du lieu ; elle a U*ob nefs et nV jaiBais é^é finie. Le portail est orné de acolptwres d'un trèis-boa goàU Oest une des églises monumentales du département.

On déterre fréquemment des tombeaux antiques dans la cour de Tancien prieuré, et surtout dans la partie qui avoisine Téglise. Dans diverses fouilles faites au nord de Téglise, on a trouvé aussi une grande quantité d'ossemens»

Donation Jaite aux religieux de Saint-Marcel en l^ année 985.

TancBs que nous sommes dans le pénible pèlerinage de ce monde , et que le temps parait favorable pour travailler à l'iiipoirtaiite affaire de notre saldt, nous avons cili devoir 9 puisque nous avons lé temps de faire quelques bonnes œuvres^, le faire- promptement et sans aucune prédîletfîotn. Dans cette pensëe, nous avons^étaMiltéritfers ceux que nous avons reconnu travailler véritableinent au salut denos corps , et que nous croyons fermement devoir èt»e à Tavenir les juges des ame^; car, comme nous ne pouvons faire aucun bteu après notre mort, nous avons cru, avant que d*être tonduits au terrible et incomparable- jugement de Dieu vivant, devoir travailler à satisfaire à sa justice pour toutes les fautes que nous avons cobimiseÉ, ou dans les sacremens dé pénitence ou par notre négligence; c'est potirquoiVmoî Lambert et ma fbmme Paletrude, à cause de Ténormité de nos crimes, considérant combien il est doux du jour de la vengeance du Seigneur d'entendre ces consolantes paroles : « Yenei, les bénis de inon

> père, prendre possession du royaume qui vous est préparé dès lé commencement » de ce monde. » Enfin , le ministre nous dit : t Donnez TaumÔne , et tous vos péchés » vous seront remis. » Et ailleurs : « Les richesses des hobames sont la rédemption de

> leur ame. » C'est pourquoi, moi Lambert et ma femme Paletrude donnons une partie

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