‹ Statistique du département de la DromeChapitre 178 sur 234 · flAPititE vn · texte numérisé non relu

flAPititE vn

4e!iiQ8'b*ieos auiSeigàeur, à Saint: l!ttarcel:et à ses moineB, qui âoiit ÂUd&iti erDis'âaclV et à ceux qui viendront habiter le lieu de Sain t-^Marcel pour y vivre en eomiaun. Noa9 donnons pour prier pour le repos d^nos âmes, pour ceHes de nos eufans Admardet Lambert 9 pour tous nos parens tant vivans que trépassés, dans Tinleation que l'église de Saint-Marcel soi! rétablie et qu'on y construise un monastère;, que l'église ni le lieil mémîe ne soient sujets à qui que ce soit , sinon à Saint Pierre , le premier des apôtres ; <^ù'eti totil tem'ps les religieux qui habiteront le lieu dé Saint'^Marcel pendant l'espace dé èînqails paient pour tout éens àiRome la somoie de cinq sob; qu'on- ne reçoive aucUfl'.abbé ^^ns l^lieu de Saiat'StarQel» qu'on nomme F^nes, quj ne suive la rè^e de Saint Benoit et ne vive selon elle ^ et qu'aucun moine n'y habite qui ne vive en commun ; car , si quelqu'un , ou par or ou par argent 5 ou par quelqu'autre raison » voulaif envoyer un abbé daos le lieu.de Saint-Marcel 9 fasse le ciel que tous les saints lui soient contraires , et' que le grand Saint Benoit, avec toute la troupe des saints religieux de son ordre 5 se dëclàren t contre lui devant lé Seigneur , s'il se charge de cette dignité ! carpouvfooi Lambert et ma femme, iiklignes pécheurs ^ ne désirons l'exécution de cette donation ni pour l'or ni pour l'argent, miais uniquement que pour le secours de leurs prières et celles des religieux qui habiteront ledit liea, afin que Dieu , par sa miséricorde, veuille bien nous délivrer des peines de l'enfer et nous faire participans de. son royaume.

Tous lès fonds de là susdite donation , qui sont situés dans lé comté de Valence f eonsislant en cefqui suit , 'savoir : eif uifè tnôntagne' appelée Avalanche, et une autre montagne appelée Demi-Lune, copsistant en vigne», champs,- prés, pâqpiers, bois, eaux et cours des eaux, petite maison, castel, maison édifice, et avec tout ce que dessus meubles et immeubles, entrée et sortie, cultes et incultes, tout enfin ce qu'on peut désirer pour la posçe^sion et l'aspect, tel, que >e le tiens et possède actaellement, ou yue i'espère l'acquérir dans la suite aye^^ intégrité et de bon droit,, nous donnons par donation d!entre Wfs et^à jamais iri^vocable au Seigneur et à Saint Marcel, comme uous L'avons dé^ dit. oi-dessus^ pour la subsistance et l'entretien des moines, pour exercer l'hospitalité et recevoir les pélerinaet orphelias qui serviront dans le lieu sous la règle de notre bienheureux, père Saint Benoit, pour le soulagement de mon ame, celle de noion père Bantare, pour ma. mère Ërmanjiarde, pour celle de ma feaime Faletrude et pour mes fils Admard et. Lambert, pour le repos de tous nos amis, tant clercs que laïques,.. enfin pour le salut de tous les fidèles, tant vivans que trépassés, afin que leurs prières, |ointes aux aôtres, nous servent au jour de vengeance du Seigneur.

Ladite hoirie a pour limites des deux côtés ua ruisseau appelé Merdarie, avec sa Hiarenne, et l'eau ^fu'oo appelle Roubion, qui se viennent joindre ensemble, d'un autre

c^lré un ruisseau courant et un ancien niur appelé , e^ de l'autre côté un chemin

p^ublio jusqu'au bois et.ju^u'au dit ruisseau appelé Merdarie. Et si, par aventure, qpçlqu'un,, àl'ayeoirj) ce %vie nous ne croyons pas, ou,nov|Srmémes, ce qu'à Dieu ne

plaisel ou de nos {(afreng ou notait, ouqoélqaeà'&titres pner^nn^ ëtitrëihiâès, â^aVîsàieilt de Youloir ooBtredhre ou retiror dans la présente donation que nous avons faite de notre pleine volonté et après sérieuses réflexions faites, du qui voulussent s^n emparer, quoique chose donnée au Seigneur et à Saint Marcel , 'lious supplions le Très-Haut de leur faire encourir sa haine et son indignation : quiconque osera Tentreprendre,' ^ù'il soit anathéme! et si tels ne rentrent dans leur devoir, qu'ils ne se repentent de leurs fautes, qu'ils subissent les mêmes peines et «la damnation dç Judas,, quî vpi^dit le précieux sang de J. Cl qu'ils ne soient pas plus épargnés que Dathan et Àbiron, qui furent engloutis tout vivans dans le centre de la terrel qu'ils soient comme ceux qui diraient au Seigneur : « Retirez-vous de noûâl i que le temps de leur vie soit rempli de malédictions, soit qu'ils soient à la ville, à la campagne, à la maison, «n chemin, ou en quelque lieu qu'ils habitent ! maudit soit leur corps! maudits soient le^ fruits de leur ventre et de leurs terres! maudits soient-ils en y entrant et en sortant! que le Seigneur leur envoie la peste et la famine! que les, œuvres de leurs mains soient maudites , pour s'être élevées contre le Seigneur en s'emparant des choses qui lui auraient été consacrées! que Dieu les afTlige des plus mauvais ulcères, de la gale. et de démangeaison de la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête ! qu'ils soient accablés par la calomnie et la violence, et qu'il n'y ait personne qui les délivre de tous ces Supplices! et que tous ceUx qui auraient donné quelque consentement soient à jamais précipités dan» le feu éternel, et essuient toutes les malédictions qui sont renfernaées dans les premières écritures! qu'elles tombent pour ian^ais sur leurs tètes! Amen t amen l fient î fîati S'ils ne se corrigent enfin, moi Lambert .et ma femme Faletrude invoquons Sainte Marie, mère de Dieu, les douze apêtres de Nolre-Seîgneur J. Ci Saints Pierre, Paul, André, Jacques, Jean, Thomas, Jacques, Philippe', Barihéieml,» Mathieu, ^imoni' Thadée, les prenons pour témoins de la'pr^nt^ dénaHoti, alfin que s! qiielqiK^un était asfliez hardi çt téméraire pour la vioLor, que tou^lèà saints aq^ôtuesattousléf »a{BtS'4il' ciel soient contre eux au jour du jugement s'ils ne changent.

Le présent acte signé par moi Lambert et viafemme Faletrude,, que ^o^s avoii^ jpriée d'écrire et confu*mer la présente donation. — Sigpé Adnlard et Lambert, fils du susdit donateur; Ramond; Frujon, son frère; André, prêtre; Ricard, son valet, et Ricard, fils du sieur Lambert; Lagoufois de Ramand;- Pcyronde Pîsiâni;^ôùdon'stir Artiiand; Lonction fils; Davamet; Hugon, neveu de €ibeine:i Ldmbe#t v'KUs: de* ntatfr&f) Bernard^ Jean, son frère; . fonction , fils de Ripjt; Ray, son frè?e;.Lam|i)e«rt|,tfifs deLlnnl^cli Gontard ; Armand ; Gondrand ; Claire Atremond ; Héiéaz^rd ^^ .flis â|e YJi^gulf. '

Fait et écrit par la main de moi Dom Dt^-and, religieux in^igqe > Jf^ çÂuquièwie des calendes de juillet, un samedi, l'an de l'incarnation de Hotre-Seîgneur.J.C. iievitcent huitante-cinq, régnant Conrad, roi de France. — Extrait par Welf^m^! '^/^iôliatiônué par moi notaire royal au bailliage de Maconnaii'ij',' résidante la Ville 'dc?ièruny,'sous^igÉié, sur lin original en |iaccfaemin tiré du j;rand trésor de J'abbiyé de cKihy, & ikrtii; ejiWaW

336 oKAnTftE Ti;

et k Tii^nt r^jUrë far (a, ft. P., Dam Bjerre Qucpip , i^^^CMiY pvieari à ladite abbaye de ClvM})^ ^ UB de» g;aiHle7^eradea^vcbi?6»'etiré^»oir?44 la4U0 ^bbay^^.pew vatoir» ledîft ei^traU^.à, ce <pi'U appartiensd^a €(S qu^idfi Dai«oii;:49n^acil6*

F^it ^ la4He abbaye, 4e Climyu \^Hayri\X7âf^, t^mt^^^^f^ DwaDmoio^QUMigné ajrpc, xnoi dit notairç^ -- J)on9k JPiH^fiiip; Mai^IM» nO*flir^»

ÇpQtr^ au bii|*a^u dç Ciluqf^ I9 )3:avrMil7S;^« ftoçMf&U •«ib* — Gjulu?-

MARSÀNNE. — Cést un clief-Iîeu de canton, à 37 kilomètres sud dé Valence et 16 nord de, Montélimar. H s^y; tient quatre foires par an. La population, tptal^ est deJ,373 in4tvidus. Les productions principales sont les céréaj^ ., le; vin , la, saie et les; axnaades^ Uy a une forêt d'une grande étendue f eédée à la oomknpne ^d 1354 par la maison de Pokier»^

Marsanne est situé au reversée! au sud-^est de- la montagne qui , en venant dé Mirmande, domine la belle Vallée du Roûbîon. La vue s'étend sur le^ communes de Royriac , le, Pay-Saint-Marlin ,' Qéon-d'Andran , Charols , Çhàteauneuf-de-Ma^enc I, $ai;[)tTOervais et le c](iâteau de Soyans^ Cest ua délioiftux paysage.

Dàns^^'ongiùe^ le boUrg était bâti au-dessous de Tandett cfaàteati-fi)r(> dont il nerestequedés mine» ;^ mais Ibrsque lès troubles féodaux et Religieux fii^eiit place à un ordre de choses plus tranquille, lèshabitans vinrent s'établir plus bas. La porte et Fenceinte du vieux Marsanne, son église et son clocher a moitié .attrait , subsistent e:^C0^e<i Sur^ le» portes de l'église abaodonnée sfi^t diÇ9MarnapEiries.^,4^ini-ei^6»jy qu'roni çiroit étire oelWs du. pape', 4|in , à une époque .reculée, ^aurait été i^:ilonr;le9(kiv«taHiv lIlis»S''le'S^igneu^ de- Marsanne. ' •• i. « -

Dans le nouveau bourg qui s'est successivement formé au-dessous de l'ancien, on. remarque une belle fontaine qu'orne un obélisque . élevé à l:époq^e et en camm|émaratM)m, d/er h|>AaiManire du roi de Romev Oa doit k MvdQ Mpptlpîsant, aujourd'hui iQgéIliaH^eIl chef de^ cènslartictîoDS inarttiMe» du port dé Toulon , le cadran solaire fbrt exact et f&ti bien^fint qm emte sur une des faces de Tobélisque:

A quelque distance de Marsanne, sur là route dé Montélîmar,. coule une secondé fontaine, non moins remarquable que la. première paf l'abondance* et 1^ lii;x;ipidité 4^*3e^;eaiiix. ,0n h nomxn&}»fonk^m^<hM.coq^li^j ài.cauee. d!xu;^Ço pi^ffrf^ ^ei^; fQr«ae> de coquille quiireçottses' ewaik^ le^^quia servi de

DESCRIPTION: I JDEBi /OOMMUNES . 837

b&nîtiebi» wae'àatieàat\égUsA)'à%(EiiâÈj^TS ^^t les- ruines ise Soient encore djtqs'l^ plaîûe.'i " ' .-'. '.L,,l) "•><', t'y ji. i^ ..' \- . j ) *»:•'. ■ -i) ' . .) :••. -*, #' f : \Aptt^^ AToif , iippwleiiU ^'suocçsanreii^ maison /de i Poiders^^ aiix

Adhémar de Monteil, et, à ce qu^il parait , au pape, MérsanneiirûÀtist daos

le domaipe du D^uphiné sur la fin du XV"' siècle. , .,

Le siège de la sépecKausséé de Montèlimar y fut transfère moinéntanêmerjt

en 1581 \ a cause des^ troubles civïls'et dq 1^ peste qui désolaient çettjB ville.

' Les protestons cliérchèi:ent vaiheirientà s'en èmparei^ en 1 588. Lesdiguîèrés

vint en iaî^e le siège au mois dç février , avec oQO nommes à cheval i 1 ,000

tire 169 coups de canon et fait pendant çnze mois dinutues ettorts, en levèrent'îe sîége' lé 14 janvier 1589.

: On ^oftt>qub Ikflftifsaoïhet ;vi^iit 4èi Marlis-^miCf^MàPAafi^m* ^AHafFereima^ dont U aurai t reteiau i^ noiù , était h :déa«ae ;des i aiittée$v > ^. fête >se célébrait «ti Ebois: dé mavs ^ «sous le^ig6e du^ Bélièrl : ^(fiest Vrâûonoiation de la Vierge^ ^pitendusf appelons! niain tenait >iVafiv^X7b/niaj ^f? iri^^ / <.

> lAu. pied d'uneiccdline^ à ^juinze. nÛDUtes- noud^oUest de Mavsanne^ est f«n tique ehapelle de Notte-DameHdertFrénaJud, IL paraît que. o';é tait dans rajotiqmtér uà, oratoire cànsaecé . !à; Pria r NaàdimL ^ d«ei^! . tutélaire . i des mariages*, et que quand leirûhris(iaàisine;(f'iairodi^isit dismis la Gaul^ on èod^erva- IWatoîrev comme cela se faisait c^nmiunément alors, ea<substittiaiit ttn.culteià un autre ^ Non^tseulement ofa rett^oure les -dérivés du nom primitif dans klDoo» actuel ààFréhaudy maison reconAait encore dans les dévotions qui sY pratiqueikt au. imots â^oût les 'traeeiB de Tanci^i culte irendu à Frea iV^n^imA* Si loti . ny Aorniiie' plus; kéiïiçh&hs, on y visit iaffluer encore beaucoup de femmes, les unâs^pourireaMTcier la Vierge du. bonheur quTelIes goûlienC dafns leur 'unioi^^ les autres ^am lui demander d'adoucir leurs peines ^ et toutes piotar 'invoquer sa divhia ptotMtion. S /

Cest la patrie de M. Veyrenc, qui, après avoir professé long-temps et avec diltinclidn le dessin dans la eapita^Cf, «'est retiré à Marsanne; où il eaerce la magistrature inuniôipalediune aiianièDe paternelle et fiort utile: ^u pays. Il est né.le!27 avriH75&.-On voit cha» lui: une Irès-^bdle galerie de tableaux, n €^t auteur de pl«isieurs:râfvrage»,estiin^ de peinture. Une paitie des

538 v.^ ... aHAPEFIE'VIt'l. ' >' ' t

grarrureb dk. {""onvnge àa Ftn^ ée Saidl^Fond aurifesiTolcans éteints da Vivarais et du Velaj , ont été faites d'après ses dessias. Ceux dé. la j^upadt des gPBTÔieèda'Now'éeat.Fkyyvgvpéêtarespie^ila France, par.Ostcrwald, Bont égalemeatdelui. ■ . . , 'i i i',

te des Alpes, st de Nyons, ûdividus. Sa elles eaux et : du village :

lequel il fiit daiirice sont ibre.

MÉRINDOL {Merindolium}. — Ce village, d'une populafiob de 987 individus , est au sommet d^une moalagiie de difficile aecè», noU loin da chemin de Nyoïis au Buis , à 28 Idlomètres de la première et à 10 de la seconde de ces villes. Oa j jouit du point de vue le plus rare tA- le phu majestueux : au nord et:à l'-est^oe sont de langues durines de montagnes iktéès^ qui se divisenten niBineIonB>ian(Hnbrabie^; tandis qa^à Touest et tu midi , on distingue- les plaioes de' Vanduse y le ^ours du RbAne^ sar une longuetu- considérable, et une partie da 'Vivarais et'du Languedoc. La beauté de cette position n'en compense paS^les ineonrénieiiB t Mérindol' est «xpoeé à l'influence de tous les vents ; le sol est sec et aride, sittenraé de toutes parts par des ravins et des tmrei». L^eau j .nt fort rare : une ÊMitaioe pea abondante, au bas et à quelques centaines demitries du village, est toute la ressource des habitans. Les.[»înoipales productions du -territoire sont le vin, Phuile d'olive et Ucsoie^ le vin siirMot en.est a^mé.

Le hameau dL^gutUan, situé sur le torrent d'Aiguc^Harae, entre MiJlaos et Mériodol, dépend de cette dernièxx ceaimune. Cest la meilleure partie du territoire.

Il y a de belles carrières de plâtre en pleine ex{d<rilati<Hi entre Mérindol et Propiac, au pied desquelles coufeune.saarce:dVaux minérales qui attirent annuellement beaucoup d'haibîtans des environs et des cantoiis voisins.

La place de Mérindol fut long-temps un sujet de guerre entre Reymood

DESCRIPTION DEd CÔllMUNESU 53^

de . Mérouillon "et le priiMse d^Oratigé. En 1300, ils coiivinreirt dé confier à deÉ artiliréS'lê'jttgeiwent'iie leUw dMBcidtés, et jasque-là dé kfssér la place au pouvoir de Févèque de Vaisotiyà titre de séquestre. L^JFaire traînant en longueur, le prtnce <d'Orange finit par reprendre la pkce de vire force en 4302 , et pôuif «ttii^r'ie pape dans ses ikitéréts , il reconnût la tenir en fief de réglîse. Rejmond en fit le siège , et le dauphin vint à son recours. Le gouverneur du Comtât rendit un jugeni^tit centre 'èu)è; mais Reymond en appela au pape, et continuant le siège du château, ilte rept^ au mois de juillet de la> ni^me» année. .- '

Lesdiguii^et s'en etnp«*â.6n 1^86. Les protestans le conservèrent long^ temps, et leurs troupes y soutinrent , à diverses époques,' des sièges avec

Cest à Mérii^dol que Dupuy-Montbrun y trahi par un des siens , lorsqu^il quittait la France , en 1560", pour se retirer à Genève, éch{r|ipa lan danger qui le menaçait j> en se jetant par une fenêtre , et en éehâàgoant seâ habits contre céxàX dW paysan quMl rencontra au moment: où il cirait dans ta * campagne. ; '

La conformité des tioms a Quelquefois fait confondre ce vilfegfe avec un autre Mérindol qu'on trouve à 3 iiéues de Caviifllcinv et dans lequel le parlement d^Aix fit feire , en 4546, pour des opinions religieuses, d'hori-ibles massacres , connus sous le nom de masâoctes de Mérindol et Cahrieres.

MÉVOUILLÔN ou MEUILLON , MÉOUILLON ( Medullio , Castrwn Medullionis). — Cétait une forteresse dont Torigine se pef4 àans la nuit des temps , et qui devint , au démembrement du royaume , de .Bourgogne , le chef-lieu d^un petit état indépendant , qui , sous le titre de baronniCi , comprenait trente-cinq communes des environs.

Reymond , qui assista en 1 1 78 à rassemblée d^ Arles , où Tempereur Frédéric fut couronné roi d^ Arles et de Provence ,^.eft le plus SMicien baron de Meuillon dont on ait conservé le souvenir. Ses successeurs sont inconnus jûsqu^à Reymond qui vivait du temps du dauphin Guignes VIL

Reymond II ayant remis ses états à son fils, nommé aussi Reymond, en 1270 , se retira dans un couvent de dominicains. Il devint depuis évêque de Gap , successivement archevêque d'Embrun , et mourut au Buis le 28 juin 1294. Sou corps fut transporté à Sisteron, dans T^glise des frères .pçftçV^urs^

de yalep(;e,iïvfc,<m(.jls étaieq^ oaigu^ire^ J[),/^ 0|îtj)^[^^flaNB^A l9!tê<^}d^ 1^1^fe teoupes en 129l|; ^n^î^i Taoï^ée ^ya^ç,, aj^^i)! /&téofc^g^40tiA6(trii^4>as 1m îjrmes, parce qi|e \edia^uphixi^e/à^skra^pim\l'é^ê^9iil^ priftcipautô ^ son pa(jt-£Jl^ Reyi3AoiKl ^et âe fit r^eligietix à AyÂipoti^ iàtm» k.oiiiWQt de$ frères miu^rs,. , . . , : . . ài . ** . i

. ReyraoudlV, dit le^ Jeune ^ qui (i^riaîgdait.leK^âswUmeiitidu.daophm se imt poussa protûctjoi;i et se dédarsi spa va^^ak QudqMe^ années après, fatigué des vexations qu^il éprouvait continuellement de la'^part du g^vemeur do Comtat-7yen9^si^ , ,il céda sia buronliie au dftophjo Huiiil)ertJS; ^ 1317, sp]L^:Iasev^i-éserv^iderusufruU:pei|d;ilrt,$aivkv / . .., î ; ! v

Un neveu de Reymond, Agout de Baux, de la maison des (Mrinces (j[,'Qrai>ge ^ iut particulièrement îrnté derii^ette dopiffiQa^. (JuL jk prtvàit de la pljus^b^ ppr^Q 4e rjp^ritage de.ten <Miek.\p ^si)â)Ora«. ua cim^ qni^ çfea-gtea vd>mpoi$^tfner le l)aro«:.^S4r|H'îa dai^ JiwéfeiAtiQs^ 4^î Aoa icriniê , ab qilisViMer fut arrêté, poursuivi et condamaé àitepr(;k 23|jiutfèt ^333. Après ravoir traîné nu sur une daie , attaché par les pieds à la queue d^iia che¥al9 <^ui^ la porte; du chiteavi4!^ M^vp^op j^i^^'a^xjiirdibs^^yiUefcaDche, efk ^,tei^pili^^ c^ h^it p#rti$s du cpFpF Av^CjiJfl^ îfis^Un|^d6»llirto€haQs.el 4r/dfiis,,pn,le pea4itaux fou^cl]!^ publique, L^blHo/De, qui njcmi a transims les dét^^^ 4ç ^^ ^i^uel ^u)iplicei ,. s^ tait m^ M pi^el^acQuriie par Agout de Baux , et Ton s^efi étonne peu ; il était trop puisant pour que la justice pût ràtteîndi-e; ' ^ ' ' ' " ^ '

ïi'e fort étaî^ bâli sur une colline isolée et ehvirôni^èe S\m roc taillé à pic de 30© pieds de . haut. 11 dominait la plaine (Jui formé le territoire de Mevouiilon.

Les protestans, sous les* ordres de Dupùy-Montbrun, s^a rendirent maîtres en 1^73." Les catholiques , qui bloquaient le fort , se flattaient de Iç réduire par là famine, lîri mois s^élait écoulé, et il ne restait plus que trois boisseaux deble et un porc : après ayoîr livré le tlé a cet animal, on le jeta, ainsi.repu , dans le canip des assaitlans , qui , croyani les vivres abondans dans la place, se retirèrent (1). '

(1) Ce trait est iniit^ des Romains ait siège ^ii Capitule par les soldats de Brennus. (ïîl'eLîve;!lfvrèY,l''aécade.y '^ ' ' ^ * =' .

. DESCRIPXiQ^ 1H3S ^ÎQMMUNES. 541

,Cçp^4wi9 Us protestjiin^t contraîpis de. Vabandonber peu d^années après, v^v^urept )a reprendre eu '4 591» Cé^ar Cïoistradâraus , dans son Histoire ei Chronique de Prwencsj imprimée à LyoA en \ 61 4, rapporte que Gouvemet , après i)n bk)eu$ de onze mois , prit Mé^ouiJDion par famine et le ravagea* Cétait , 4i(-il >' un fort inforçable.

Les prpt^tans. en. étaient encoïe. maitresi en 1626, et.Lesdîguiètes , leur attira, chef^ devenu marédialde France et connétable, voulut s^emparer de ,<)ette place. II donna, de Valence, où il était retenu par son grand âge et par unei maladie griave, Tordre d^aasiéger MévouiUbn. Montanban, qui était alors à lia tète des protestans dans cette partie du Dauphiné, y commandait* Le fort capitula le 23 septembre , après un siège de quarante-six jours , conduit , suivant les instructions du connétable , par Bertrand de Morges , seigneur de la Mott^^-V^dejer , un de ses lieutenanis.

£n.1684, am m(À^ d^avril , le fyfri fut démoli par ordre de Louis XIV.

Il y avait pourtant encore > à Tépoquô de la révolution, un gouverneur et un : lieut^oiant de roi pour MévouiUon , maia ils nY résidaient point et Vkj pasaifii^eatit matne jamlais. . -

i. Cc^tte place déjclina sensiblmient a^^ès ;sa réunion au Dauphiné : les nombreux sièges qu^elle soutint coutribuèrent beaucoup à sa décadence; elle fut; tcAle , ' que , sous L/>uis XIII , il ne restait déjà plus de Tancien MévouiflcKQ quie le fodrt et, compie aujourd'hui, une vingtaine de hameaux*

Il est à S kilomètre de Séderon et Sô de Nyons. Sa population est de 790 indivldusôLe territoire est étendu , mais peu productif : on n-y réoolte que d^ blé^ du seig^ , de Tavoine et dés noix.

MIRABEL ( Mirahellum ). — 11 est situé sur la rive gauche de la rivière d'Eygues, sur la route départementale de Montélimar à Carpentras, à 6 kilomètres sud de Nyons et 9 nord de Vaison. Sa population, portée à 1,631 individus dans les ancieAs dénombrem'ens, est aujourdTiul de' 1,816. Ljé territoire produit des olives qui donnent une huile excellente, du bon vin , de la soie et des grains dé toute espèce. Il s^ tient trois foires par an. Il y a des tuileries et des fabriques pour Pouvrâison de la soie.

Le bourg est entouré de mauvaises murailles percées de quatre portes. Il présente trois enôêintès bien inarquées, qui attestent et Pantiquité de sa fondation et ses accroîskeméns successifs. Sous le régime féodal , il s^élevait

dans la première enceinte, connue encore ^ué le nom de courtine ^ mi ehâteau-fort , anprès duquel était une chapelle des dauphins , remarquable par sa structure antique : c^est maintenant Téglise de la paroisse. Il y avait à quelques pas de là un oratoire , ou les habitans faisaient les exercices du culte séparément des dauphins , et dont il ne reste que des vestiges. A Fangle occidental de cette ancienne chapelle des dauphins , est on d^ trois pili»^ sur lesquels a été bâtie la muraille qui forme de ce côté Tenceinte de Téglise , telle qu^elle a été agrandie en 1651 • Si Ton en croit la tradition , 3 aurait existé sur ces trois piliers une tour d^une telle hauteur , que de son sommet on apercevait la viUe d^Orange : elle avait le nom de turris mirabeUa,

Au centre du bourg est une place ou promenade publique plantée de deux beaux rangs d^arbres.

Les habitans de Mirabel vont en procession trois fois par an à Notre^ Dame-de-BeauUeu. Cest une petite chapelle qui est à Textrémité méridionale du territoire, sur les limites de Puymeras et de Villedieu. Il en est fait mention dans un acte du 29 mars 1212, et elle existait déjà depuis fort long-temps. La plus solennelle des trois processions a lieu le jour de Pàipeies. Le corps municipal y assiste, et les habitans des villages vobins ne manquent jamais de venir augmenter ce pieux concours du peuple.

Cest encore à Notre-Dame-de-»Beaulieu qu'ion va demander de la pluie ou du beau temps. Après les prières générale , on en fait de particulières pour la famille Dragonnet et Randonne : c^est celle qui possédait la baronnie de Montauban sur la fin du XII** siècle et au commencement du XIII*".

A un kilomètre de Mirabel , à droite du chemin de Vaison , on remarque le Serre-'âes-Huguenots. Cest un coteau où Ton trouve quantité d'ossemens humains et des fragmens de lances , qui prouvent que ce lieu a été le théâti^ d'^un grand combat. Aucun document n^en détermine ni Tépoque ni la cause; Phistoire de la province garde un silence profond ; mais cette dàiomination de Serre^des-Huguenots annonce assez qu^il se fit là une de ces boucheries qui souillèrent Tépoque si tristement célèbre du XVI"* siècle, où le prosélytisme d^une part, et Tintolérance de Tautre, ensanglantèrent ces malheureuses contrées.

On trouve à un quart de lieue de Mirabel, sur un monticule appelé Risanne , dans une terre argileuse et bleuâtre , les balanites dont parle

DESCRIPTION DBS €X»IMUNES. 543

Faujas de Saiat-^Fond dans son Histoire naturelle du Dauphinê. Il y en a également au quartier de la Génestière.

Dans cefaiî de la Peyrouse^ non loin de Mirabel , je^t une fontaine minérale donc les eaux n^ont point encore été analysées.

Mais de qui est surtout digne dMntérèt, c^est Fespèce de phénomène qu^offi*e le ruisseau de la Gaude. Ses eaux limpides coulent au bas et au nord-^-est de Mirabd, où elles alimentent une vingtaine de canaux d^arrosage. Elles sont plus abondantes dans les temps de sécheresse qu^en hiver et au printemps. Elles semblent épuisées à chaque saignée de dérivation ; mais des sources qui jaillissent partout du lit même du ruisseau permettant d^ouvrir plus bas d^autres canaux de distance en. distance^ jusqu^au point où la Gaude se jette dans FEjgues , vis-à-vis de Vinsobres.

MIRABEL ET BLACONS. — Mirabel est un village bâti sur une éminence, avec d^anciennes et mauvaises muraille^ , au-dessus et à peu de distapce de la route de Crest à Saillans.

Sur la route et au confluent de la Gervanne et de la Drome , sont les belles papeteries de MM. Latune : c^est ce qu^on nomme Blacons^ du nom dHine ancienne famille du Dauphinê , maintenant éteinte, qui en avait autrefois la seigneurie. Les établissemens de MM. Latune sont, en ce genre, les plus importans du département ; ils occupent habituellemept 80 ouvrier/i.

MIRMANDE ( Castrum Mirmandœ). — *'Ge village est sur un coteau asser rapide , à gauche et à quelque distance de la route de Lyon à Marseille v à 28 kilomètres de Valence et 16 de Montélimar. Sa population agglomérée n^est que d^environ 600 individus, mais sa population totale est de 2,166, parce que, outre son chef-Keu, la commune se compose de treize hameaux\^ parmi lesquels est celui de Saulses , que traverse la route.

Limité à Touest par le Rhône , et arrosé du levant au couchant par la Teyssonne , le territoire en est fort étendu. Le^ productions sont les mêmes qtfà Loriol.

Il se tient à Mirmande cinq foires par an; il y a qudques tuileries et cinq fabriques d^ouvraison de la soie. La chaux qui s^y fabrique est de très-bonne qualité *y elle a surtout pour les constructions hydrauliques une réputation méritée.

544 CflAPlTRB VI.

Minnaiide ^ait pcttdant ké litmhto cÎTils une des ]daoes Ibrtes ds Valeai' tinois.

On. trovre dans le quartier de Jfance des vestiges de la MatioD <pK les^ Romains nommaiaat Batùma j et que les Itméraipes placent entre Monté* liînar et Val^ice^ <ki 7 a dâoomwrt une coloDifte milfaire qui indicjaait Templacanent de Fandenne Toie dofmtienne.

On a également découvert à Saulses, ien 482ft, une ibrt héà» mosafque, en creosant mi bassin, à une légère profondeur^ dans le jardin de M.*f Doly. U est £àchèux que la prc^étaire Tait lait recouvrir de terre, let que ce bean morceau ne puisse plus être visité par les savais et étudié p» les- artistes*

Cest sur le territoire de Blirmaiide et non loin de Saubes cpK se Iran* la campagne de Freycinet^ qui a doitté son nom an marin et an savant d» ce nom; c'est leur domicile d'affection, et quoiqu'ils soient nés Fun et Fautre à Montélimar, je crois devoir placer ici les détails biographiques que j*ai recueillis sur ces deux hommes honorables.

M. Louis-Henri de Saulses de Freycinet est né Te 1**" janvier f778 , et M. Louis-Claude de Saulses de Frejcinel'le 7 août 1T79. Us entrèrent dans la marine , à Toulon , lé premier à 1 5 ans , et le second à 1 3 ans et demi , en qualité d'aspirans. Us prirent part à tous les combats qui furent livrés dans la Méditerranée aux escadres. réunies d'Angleterre et d'Espagne.

Au commencement de Fan V, ils passèrent leur examen d'aspirant de l^elaBse; mais «o lieu de leur en-expédier le brevet^ le sânistre crot dovoir leur envoyer celui d'enseigne. •

Le vaisseau sur lequel se trouvaient alors MM. de Freydnet se rendit a Brest ^ et après quelques années M. Henri de.Frejcinet reçut le commaBd^ meoi de la goélette Ut Biches où son frère passa aussi comme premier officier. Choisis en 1800 pour finre partie du voyage de découvertes aux terres australes, sous les ordres du capilafine Baudini, ils se Kvmckit, pendant iDuté k durée de la campagne et avec assiduité , aux observations astn>nomiques et à la levée des cartes marines , dont l'objet était la Idèsciîption des côtes du continent austral. IlsAirent faits liéuteMuas de vaisseau pendant là campagne , et AL Louis de Freycinet eut ordre -de prendre le commandement d'un troia^ne navire qui fht constrak à laJfouvette^HoUande, pour satisfaire plus particulièrement aux besoins de la géographie.

DESCRIPTION DBS COMMUNES. 545

Au retour 9 qui eut lieu en 1804, les deux frères reçurent chacun le coinmandemeut dWe corvette, avec la mission spéciale de stationner en Hollande , à Tembouchure de la Meuse , et d^ prévenir la contrebande , fort active alors sur ce point.

Le plus jeune dés deux frères ^ M. Louis de Freycinet, étant tombé grièvement malade , fut obligé de quitter son commandanaent et de venir à Paris pour y recevoir les soins que son état «igeait. Mais Fainé, M.^ Henri de Freycinet , ne tarda pas à recevoir la mission de porter des ordres à nos établissemens des Antilles. Avant d^arrivet en vue de Saint-Domingue, il rencontra une corvette anglaise , et eut avec elle un engagement opiniâtre ^ pendant lequel il fut blessé à Tépaule et à la jambe f mais il força son antagoniste à [urendre la Alite.

Peu de jours après , étant sur le point d^attérir à Saint-Domingue , il fut rencontré par une frégate anglaise qui vint hii barrer le passage. Malgré la grande disproportion des forces^ M. de Frejcinet n^hésita pas à attaquer ce bâtiment et à Taccrocher à Fabordage. Le combat fut vif et meurtrier ; mais M. de Freycinet ayant eu le bras droit emporté par un boulet, fut obligé de quitter le pont. Son dernier ordre fut la défense d^amener jamais son pavillon, quelle que fût Tissue du combat. Cependant il fallut céder au nombre ; la corvette le Phaëton , qu^il montait , ne se rendit pas il est vi»ai , mais elle fut enlevée d^assaut. Le commandant de la frégate anglaise refusa de recevoir Fépée que le capitaine français lui fit remettre, et lui dit même qu^il ne pouvait regarder comme son prisonnier u» officier aussi brave et plutôt malheureux que vaincu ; qu'il était donc libre , et pourrait retourner dans sa patrie aussitôt que Pétat de ses blessures le lui permettrait. A son retour en France, M. Henri d^ Freydnet fut promu au grade de capitaine de frégate.

Pendant la convalescence de M. Louis de Freycinet k Paris , lé ministre de la marine jugea à propos dte le charger de la rédaction des travaux de géographie , d'astronomie et de navigati<m , qui avaient été faits pendant le voyage de Baudin aux Terres australes. Cet officier employa plusieurs années à cet ouvrage , qui lui valut d'être nommé correspondant de Tinstitut de France , et peu après capitaine de frégate. Cette première tâche finie , oxx lui imposa Tobligation de terminer la relation historique du même voyage , qui, commencée par Pérou, n'avait pu, en raison du décès deTauteur^ être conduite à sa fin.

546 CHAPITRE Vft

Dégagé enfin de toute entrave littéraire , M. Louis de Freydnet sollicita et obtint le commandement d^une expédition scientifique autour du monde , dont le but essentiel était la détermination de la figure du globe dans rhémisphère sud ^ des recherches sur les phénomènes atmosphériques , sur les variations de Taiguille aimantée , sur la géographie , les moeurs , les usages et les langues des peuples sam^ages. Ce voyage se fit sur les corvettes VUranie et la Physicienne^ et dura trente-huit mois. Tous les travaux scientifiques furent /exécutés par les officiers de Tétat-major seuls ^ sans le secours d^aucun savant étranger , innovation fort honorable pour la marine fi:ançaise. Les résultats sont en grande partie publiés ; le reste est sous presse. L^ouvrage complet se compose de quinze volumes in-A"* de texte et d'enviton 350 planches , savoir : Histoire du i^oyage , 4 vol. et atlas ; Zoologie , 2 vol. et atlas; Botanique^ 1 vol. et adas; Observations du pendule^ pour la mesure de la terre, 1 vol. ; Hydrographie et navigation^ 2 vol. et atlas; Magnétisme i S vol. ; Météorologie , 2 vol. ; Langues des sauvages^ 2 vol.

A sjon retour, le commandant de cette expédition fut nommé capitaine de 9^aisseau , fit quelques années après membre de Tacadémie des sciences de r.institut de France , puis membre du bureau des longitudes.

A Tinstant même où le circumnavigateur revenait de son voyage, M. Henri de Freycinet, déjà capitaine de vaisseau . depuis plusieurs années, était nommé au gouvernement de File Bourbon. Son administration patemeUe et éclairée fit fleurir cette colonie , jusque-4à fort malheureuse , jet lui mérita un témoignage de gratitude aussi flatteur qu^honorable de la part de ses administrés , ce fut Toffre qui lui fut faite , quelques mois après son départ , d^un service en argenterie, avec cette inscription gravée sur diaque pièce : A M. Henri de Freycinety Vile de Bourbon reconnaissante. Transféré du gouvernement de Bourbon à celui de la Guyanne fi*ançaise, puis de la Martinique , M. Henri de Freycinet y reçut successivement du roi le titre de baron et le grade de contre-amiral. 11 remplit aujourd'hui (1835) les fonctions de préfet maritime au pojt dç Toulon,

MOLLANS. — Il est bâti sur xm roc taillé à pic , dans une gorge fortifiée par la nature , au nord du Mont-Ventoux. Sa fondation remonte à une haute antiquité : on croît que c'était une des dix-neuf villes du pays des Voconçes. Soit à cause de ses faubourgs et de Tiniportance de sa situation , soit parce

qvCi\ est entout*é de nmrs^ et qu^il avait autrefois deux citadelles, deux châteaux, deux paroisses et deux mouastères (1), il a été constamment qualifié de bourg. La population est de 1,178 individus. Cest le point de" jonction de la foute du Buis à Carpentras par le pont du Thoulourenxî , et de Montélimar à Carpenti'as par Nyons. Il est à 8 kilomètres du Buis, 30 de Carpentras, 25 sud-est de Nyons et 110 de Valence. Le site en est agréable. Les oKviers y croissent et y donnent de très-bonne huile.

Il j a une fabrique pour Touvraison de la soie , plusieurs fiTatùres de cocons et quatre foires par an. Les principales sont celle du 26 juillet, qu^on nomme la /bire de Sainte^ Arme y et celle du 25 avril , connue sous le nom de Saint-'Marc. Il se fait à cette dernière un commerce assez const^ dérablè de bestiaux et principalement de jeunes agneaux.

La citadelle qui défendait MoUans fut démoUe en: 4627, paf ordre de Louis XIII. On voit encore les restes des deux châteaux, qui ont soutenu pendant les troubles religieux plusieurs sièges , dont un fut marqué par la cruauté de des Adrets, qui, selon sa barbare coutume ^ força un grand nombre d'^habitans, ré(ugiés dans le vieux château, à se précipita: eux-mêmes dans le faubourg'.

Lesdiguières commandait celui de 1589, et témoin du courage héroïque de Constantin Consolin, combattant seul sur la brèche, il s^écria plusieurs fois : Sauve le caillant !

Cest auprès de MoUans que Montbrun , à la tête d^une petite armée avec laquelle il allait secourir les protestans du Comtat , fut arrêté , en 1 560 , par le comte de Suze et la Motte-Gondrin. Un combat très-vif s^engagea ; mais, après des prodiges de valeur, les troupes de Montbrun furent contraintes de céder au nombre.

Un assez beau pont , décoré tfune fontaine , sert d'avenue à la porte principale de MoUans ; la rivière d'Ouvèze passe sous ce punt , tï*a verse et

(1) Un de ces monastères, dtl du Thoulourenc, dépendait de l*abbaye de bénédictins de Villeneuve-lès-Âvîgnon. Il avait précédemment appartenu aux Templiers. Des travailleurs ayant découvert dans les ruines de cet ancien couvent une caisse de plomb et quelques vases antiques, on contuiua Tes fouilles, et Ton trouva ^ il y a environ 25 ans, des médailles, des urnes et des couteaux de pierre.

fertilise le territoire , et va recevoir les eaux du Thoulourenc et de la rivière d^Aigue-Marse , qui le séparent du département de Vaucluse. La montagne du Ckdtelard le met à Tabri des vents du nord , sans nuire à la salubrité de Tair. On remarque au sommet un bassin d'^eau douce. Dans le vallon formé par cette montagne et par une autre appelée le Soutein^ coule une fontaine d^eau minérale qui guérit annuellement beaucoup de maladies et notammait celles de la peau et de la poitrine. Le Soutein offre plusieurs petites fontaines salées , des bélemnites , des cornes d^ammon , des dents de requin , des coquillages et diverses autres singularités^

Vis-à-vis du Châtelard est la montagne de Blujre : couverte de chênes verts au midi, elle présente au nord toutes sortes dWbres à fruits ou d^agrément^ des bois pour la teinture et les ouvrages de marqueterie, des fleurs rares et des plantes médicinales.

Sur la limite du territoire , vers Malaucène , on voit ime grotte qui est sûrement Teffet des eaux du Mont-Ventoux ou d^un volcan. Elle est d^une étendue considérable, et terminée par un amas d'eau dont on ne peut mesurer la profondeur. Cette source « dite de la Baume j se répand dans le lit du Thoulourenc , dont elle double les eaux. Les habitans de Mollans y vont faire , dans la belle saison , de fréquentes parties de plaisir. La voûte est irrégulière et fort élevée; elle est ornée d^une architecture naturelle et de quelques cristallisations.

On remarque encore à Mollans une église moderne d'une élégante simplicité , dont remplacement a été taillé dans le roc à la hauteur de la voûte.

On n'est pas d'accord sur Tétymologie du nom de ce bourg.. M. de Suarès, évéque de Vaison, qui a fait, en 1 633, la description en vers latins des paroisses de son diocèse, compare le rocher sur lequel Mollans a été reconstruit à une meule, more molce^ d'où il infère que le bourg a pris ce nom; d'autres veulent que cette dénomination soit tirée de la nature du sol , et quelquesuns du caractère des habitans.

Pierrelongue a long-temps fait partie de cette commune , sur le territoire de laquelle il conserve même encore des droits d'usage.

M. Joseph-Fiacre-Olivier Gerente , qui fut membre de la convention , du conseil des anciens , du tribunat et de la chambre des représentaAS , est né à Mollans le 30 août 1744.

MONTAUBAN {Castrum de Monte Jllèano). — C^était anciennement une des deux baronnies dont le pays a conservé le nom. Cette baronnie avait dans les premi^^s temps des seigneurs souverains. Dragonnet, Fun d^eux, qui vivait vers le milieu du XIII"^ siècle, se mit sous la protection du dauphin, en i 270 , pour se soustraire aux vexations du comte de Toulouse , qui voulait lui eoliever plusieurs fiefs ; il mourut vers Tan 1 278 , ne laissant quWe fille nommée Randonne, qui épousa Rejmond, seigneur de Castellanne. La principauté de Montauban fut réunie au Dauphîné en 1302.

Montauban était alors sur une hauteur , entouré de murailles et défendu par un chàteau-fort. L^emplacement qu^il occupait n^offi^e plus que des ruines. La commune se compose des hameaux de Ruissas^ de Bons y de la Combe et de Sommecurej distans de plus d^une demi-lieue Tun de Tautre, et ne formant ensemble qu'aune population de 535 individus. Il n^«st aucun de ces hameaux qui ait retenu plus particulièrement que les autres le nom de Montauban*

Le territoire est couvert de montagnes^ coupé en tous sens par des torrens, et sillonné par de nombreux ravins, ce qui en rend la culture ingrate et pénible : les habitans n^ont cependant pas d^autre industrie. Il y existe une mine de charbon , mais die n^est point exploitée.

Montauban est à 16 kilomètres nord-ouest de Séderon , 47 sud-est de Njons et 130 de Valence. Il est sur le chemin du Buis à Orpierre par le Col-de-Perti , qui le sépare de Laborel. Ce col, remarquable par sa longueur et son élévation, est couvert de neige une grande partie de Tannée.

La montagne de Chamouse , située sur le territoire de Montauban , est renommée par Tabondance et la variété de ses plantes médicinales. La rivière d^Ouvèze y prend sa source.

MONTBRISON. — Cest une commune du canton de Grignan , d^une population de 349 individus ; elle n'^offre d^autre particularité que Tinscription suivante, qu^on voit sur une pierre incrustée dans le mur de Tancien prieuré, tombant en ruines :

MERCVRIO

TAVRVS. VERA

TIVS. V. S. L D. A.

MONTBRUN ( Castrum Montis Bruni). — Le bourg de Montbrun est à 20 kilomètres nord de Sault, département de Vaucluse, 33 sud-est du Buis,

550 CHAPITRE vr^

40 sud-ouest de Séderon et 65 sudrest de Nyons. Il est bâti en atuphithéâCre' sur une coUiue ^xtourée de montagnes. Il s^ tient trois foires par an , et la population est de 1 ^446 individus. Au bas et au midi du bourg est un vallon assez fertile.

Le territoire est baigné par* quelques torrens, qui occasionnent beaucoup de dommages en hiver et se dessèchent en été. Un seul ruisseau arrose habituellement les terres qui le bordent. Quelques sources servent en outre à Firrigation particulière des terrains où elles jaillissent; mais en général cette commune 9 dW sol nerveux et propre à la végétation, souffire des sécheresses de Tété. Ses productions sont les céréales , Thuile d^'olive et de noix , le vin et les fourrages ; la principale est le blé.

On y voit des carrières d'un plâtre renommé par sa blancheur et sa solidité, dont on tire un parti très-utile pour Fengrais des terres. Près de ces carrières coule une source abondante d^'eau minérale.

Montbrun est fort ancien. Ce fut un des premiers mrarquisats créés en Dauphiné. Il prit une grande part aux troubles religieux du XVI"* siède. Dévoué au parti protestant , dont son seigneur , Dupuy-Montbrun , était un des principaux chefs , il lui fournit de nombreux soldats , avec lesquels il assiégea et prit beaucoup de places , et soutint , à son tour , plusieurs sièges dans le château de Montbrun , alors fortifié.

Ce château est encore remfarquajble , malgré son dépérhsement jotirnaVer* II est si vaste, que, du temps de Dupuy-Montbrun, qui viv^ avec une magnificence royale, on y logeait jusqu^à 100 maîtres < outre 20 pages, ses commen* saux : 200 chevaux étaient entretenus dans ses écuries. Cet édifice est sur le roc du côté du nord, et soutenu dans la façade du midi par des terrasses, qui , si elles venaient à s^ébouler, écraseraient la moitié du bourg. L^architecture est un mélange de gothique et de toscan. Des peintures à firesque d^un très-bon goût et dVn style parfait, au jugement des connaisseurs, décoraient les plafonds et les murs de plusieurs appartemens.

Les ressources particulières de Dupuy-Montbrun ne suffisant point pour avoir état de prince, et entretenir le nombre considérable d^hommes d'armes qu^il avait toujours à son service,, il y suppléait en faisant une guerre de flibustiers, et en mettant à contribution les pays voisins. Il se présenta, dans une de ses incursions , aux portes de la petite ville de Sault j elles lui furent

refiisées ; et comme îl était devenu la terreur des envîrons , Falarme ftit grande dans la place. Tous les hommes valides sortirent pour le combattre, et fondirent avec fureur sur les soldats de Montbrun. Ceux-ci , feignant de prendre la fiiite , se retirèrent dans un bois voisin. Les habitans de Sault les ayant poursuivis , tombèrent dans une embuscade où Montbrun les attendait : il les fit tailler en pièces , et il n^échappa qu'Hun seul de ces malheureux qui alla se cacher sous la voûte du moulin. La ville de Sault fut livrée au pillage, et, si Ton en croit la tradition, on enleva jusqu^à la cloche de relise , qui foi transportée dans le bourg de Montbrun* Cest en mémoire de cette sanglante défaite que depuis lors on chante tous les ans dans Téglise de Sault , le jour de F Ascension , çespres des morts ^ après les vêpres solennelles.

On voit dans la plaine, au-dessous de Montbrun, les ruines d'un monastère fondé par les Templiers , qui passa , lors de la suppression de Tordre , à des bénédictins de Fabbaye de VilIeneuve-lès-Avignon.

D'après une autre tradition, conservée par le cadastre de la commune, Dupuy-Montbrun étant un jour sur la terrasse de son château , aperçoit un des moines qui se promenait autour du cloître ; il dit à un de ses gens de lui apporter sa carabine pour tuer un merle , et avec un horrible sangfroid, qu'on ne concevrait point si Fon ne savait jusqu'où Fesprit de parti pousse la barbarie au milieu des discordes civiles, il couche en joue le malheureux bénédictin et le fait tomber mort. Craignant d'éprouver le même sort, deux autres religieux, ses compagnons, se sauvèrent dans la nuit, et se retirèrent à l'abbaye de Villeneuve. Le seigneur s'empara de leurs biens , et quand le calme fut rétabli , Fabbaye les réclama devant les tribunaux : Fafiisiire fut arbitrée , et il fut convenu que le seigneur garderait les biens des religieux , moyennant une redevance annuelle de 450 francs , qui a été payée jusqu'en 1790.

Né au château de Montbrun en 1 530 , Charles Dupuy-Montbrun est mort à Grenoble , sur un échafaud , le 12 août 1575.

MONTELEGER ( MontiUum Lagerium). — Cest une commune du canton de Valence, à 12 kilomètres de cette ville. Son territoire est baigné par les eaux de la Véoure, de FÉcoutay et de Pétochin. L'agriculture y est portée k

552 CHàPfTRE ▼!•

un haut degré d^amélioratiou. II y a deux foires par an , et Ton y fabrique de la toile et du linge de table.

Le village est placé sur le paachant d'^un coteau ; il est mal bâti ^ mais on distingue sur son territoire plusieurs maisons de campagne dans de très^ beaux sites.

Monteléger est dominé par un vieux château flanqué de tours, ou Ton trouve quelques traces de Farchitecture gothique , modifiée par des constructions modernes. Les protestans s^en étaient emparés en 1 575 , après la mort de Montbrun , dont le supplice irrita plutôt qu^il ne détruisit le parU de cet homme célèbre. Le marquis de Gordes, gouverneur de la [Nrovince, marcha contre eux avec des troupes et deux couleuvrines* Il attaqua le château le 26 octobre , à dix heures du matin , et le même jour , à six ou sept heures du soir , les assiégés évacuèrent la place ; ils sortirent par la poterne du château, en se faisant jour à travers les troupes que de Gordes y avait postées.

Cest le seul souvenir historique que rappelle ce village , où Ton ne trouve aucun vestige du séjour ni du passage des anciens peuples^

MONTELIER {Montilisium). — Ce bourg appartient au canton de Chabeuil ; il est bâti sur une éminence , à 1 2 kilomètres de Valence , sur la route départementale de Crest à Romans. Son territoire forme une vaste et riche plaine, sur laquelle s^élèvent, seulement dans la partie orientale, quelques monticules comptantes et cultivés comme la plaine. Les hameaux de Faucormières et du Puits-de-Lignet en dépendent. La population totale est de 1,373 individus. Les habitans ne s^occupent que de la culture des terres ; il s^ tient néanmoins trois foires par an.

Près du viUage s^élève un fort beau château appartenant à M."* de Chapponay.

Montelier est une des communes qui ont le plus souffert des guerres que se firent sans cesse , sous le régime féodal , les évèques de Valence et les comtes de Valentinois : dans celle de 1545 , il fut , avec Alixan et Charpej , réduit en cendres par les troupes de Tévêque.

MONTELIMAR {^cusioy jàcusiumj Mons Aàhetnariy MonixlMmi Adhe- ^^tari). — Cette viUe, d^une population de 7,560 individus^ sur la grande

route de Lyon à Marseille , est dans une situation pittoresque , au confluent du Roubion et du Jabron, à 3 kilomètres du Rhône, 40 nord-^est de Viviees et 44 sud de Valence. Elle est sous le V 25' de lon^tude, et le 44' 33? 38"" de latitude.

Son territoire ofl&e partout la culture la plus riche et la plus variée. Ce sont des coteaux chargés de vignes et de mûriers y des plaines couvertes d'arbres à fruits et de moissons, et de belles prairies^ Plusieurs canaux sont tirés du Roubion et du Jabron : les uns pénètrent dans la ville , où ils font mouvoir quelques artifices , et les autres portent au loin dans la campagne tous les germes de la fertilité. Les principales- productions sont le blé, le vin, la soie et les fourrages. La soie 7 est T^DJet d'un commerce qui acquiert tou5 les jours plus d'importance. Les vins j forment aussi une branche de commerce très-coMidérable. Ceux du Boîs^de^V Eau^ de Géry et de Redondon 90iit très-^estimés : la qualité en est fine et spîritueuse ; ib se conservent et souffirent le transport. Ollivier de Serre , dans %aa Théâtre d^ Agriculture , les cite entre les meilleurs, et les nomme lesfriants vins clairets de Montée limar.'

Le climat de cette contrée est doux et tempéré. Rousseau en éprouva les heureuses influences lors de son voyage de Genève à Montpellier, et dans le 6"** livre de ses Confessions il rappelle avec bonheur les promenades qu'il fit à Montélimar , dans le plus beau pays , dit«^l , et sous lé plus beau ciel du monde.

Cette ville est comme le centre et le point de réunion de quarante à cinquante communes, sans y comprendre celles de la rive droite du Khéne, dans le département de l'Ardèche , qui se rendent à ses marchés le mercredi et le samedi de chaque semaine.

Montélimar était avant la révolution le siège d'une sénéchaussée et d'une élection ; dan& la nouvelle organisation politique , il est le chef*-^lieu d'un arrondissement cx>nnnunal, le siège d'une sous-préfecture et d'un tribunal de première instance. Il y a une petite imprimerie, un collège et un pensionnat de jeunes demoiselles. Il s'y tient huit foires par an« On y eommerce en épiceries, serges, ratines, bonneterie, chamoiserie, orfèvrerie, cootellerie, chapékrie, etc. Il y a des fabriques d'ouvraison de la soie, des filatures die coton, des tanneries, des fours à chaux et quek[ues tuileries. On y fait un

554 CHAPITRE YI.

nougat blanc très-estimé. La chaux de Mcmtélimar est une des meilleures qu^il y ait en France.

Une source assez abondante d^eau minérale coule sur son territoire, au quartier de Bondormeau.

La ville est entourée de murailles percées de cinq portes. La grande rue, où passe la route^ est pavée en basaltes hexagones de 7 à 8 pouces de diamètre, qu^on tire des volcans éteints du Vivarais*

A la porte méridionale^ sur le Roubion et le Jabron réunis, est un très* beau pont en pierre : commencé avant la révolution, puis abandonné, il fut repris et achevé sous le gouvernement impérial.

On ne sait rien de précis sur Tépoque de la fondation de Montélimar ; die est diversement rapportée, et parait remonter à des temps très^reculés. Cest Vjicusio Colonia que mentionnent les anciens géographes, et la Mansio Acusio que Y Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem place sur Tancienne voie domitienne, entre Noifem Cravis (le logis de la Berre) et ^omrùmKf (Bance, siir la commune de Mirmande).

On y a trouvé une colonne milliaire , quW voit maintenant à Valence dans les jardins de la préfecture; elle remonte au temps de Fempereur Aurélien , et présente une analogie ranarquable av/e^ la ooloime de Tain , qui porte aussi le nom de ce prince*

La porte du midi a conservé le nom à^AigU'^ d^un oratoire élevé, au confluent du Roubion et du Jabron, à Icarus ou Aigarus (le Bouviar), qu'on invoquait contre les eaux dévastatrices. Lors de Vétablissemeat du christianisme , cet oratoire payen fut remplacé par une chapelle esa rhonneur de Notre^-Dame-d^Aigu* Un monastère , .qui Sj forma , existait encore quelques années avant la révolution , et dans ^es décombres ont été trouvés des figurines antiques et des fragmiQn3 de colombes et d^ pierres tumulaires de diffik:ensÀges. On y a trouv^aussi uiiie inscription qui con$aicre le souvenir d'une libéralité faite par le . connétable Lesdigujères aux prêtrps de VégUse acusierme.

Dans le moyen âge, une famille puissante appelée Adhèmar s'em(>ara dUAcuswm , à qui elle donna ou plutôt impo^9 le pom de Mons Atjlhemari^ "Mont d^Adhémar. Elle exerçait un droit de souveraineté sur Montélimar et le pays de lit Vald^ine , .composé ^es ^exix vfdlées de Roubion /et de Jabroç.

Cest de Lambert et Giraud Adhémar qu^émane la charte d^affiranchissement concédée aux habîtans de Montélimar en 1198. Ce Heu se nommait alors Monteil ou Montiliunij et ce nom, ajouté à celui d^ Adhémar y forma le nom actuel de MoniéUmar.

Les armes de cette ville étaient de gueules à la croix d'^or fichée sur un gldi)e d^azur à la bordure d^cu*.

Les Adhémar résidaient dans le château qui domine la ville, connu aujourd'hui sous le nom de citadelle de Montélimar. Tout annonce dans ce monument une haute antiquité ; il est vaste , massif, mais il n'offre aucun détail intéressant sous le rapport de Tart. Au nord du château est une tour carrée dont chaque côté a plus de 1 2 mètres dans œuvre et 25 de haut : on la nomme la tour de Narbormej et cette dénomination fait présumer qu'elle existait déjà lorsque ces contrées faisaient partie de la Gaule Narbonnaise.

Les Adhémar possédèrent Montélimar, tantôt comme souverains indépendans , tantôt sous la protection du pape , d'autres fois relevant des évèques de Valence , quelquefois aussi hommageant aux dauphins et aux comtes de Valentinois. Giraud Adhémar avait obtenu la souveraineté indépendante de Montélimar de l'empereur Frédéric I**, par une bulle donnée près de Pavie en 1164. Le dauphin Humbert I^ obtmt dans la suke cette souveraineté des empereurs, et les Adhémar le reconnurent, ainsi que ses successeurs, jusqu'en 1372. Dans ces temps de troubles, où la guerre allumée en Italie occupait le roi de France et le dauphin , les Adhémar se divisèrent : l'un d'^ux soumit sa portion au pape ; l'autre offrit la sienne au comte de Valentinois , dans l'espérance d'en être secouru. Ce fut alors qu'ils restreignirent l'enceinte de Montélimar , et qu'ils le firent clorre de murs. La plus grande partie de la ville était située sur le penchant du coteau où est la citadelle, du côté du levant. En 1393, Clément VII en acquit la souveraineté, et donna en échange la terre de Grillon ; mais au mois de mai 1 446 , Louis XI fit valoir la prétention des dauphins , rendit Grillon au pape , donna Marsanne aux Adhémar , et unît irrévocablement Montélimar au Dauphiné. Le logement qu'ont longi-temps occupé dans le château les o£Bciers du saint-siége existe encore. Il fut celui des gouverneurs et lieutenans de roi après la réunion de Montélimar au Dauphiné , et maintenant il sert de maison d'arrêt.

Les habitans de Montélimar adoptèrent de» premiers les maximes de la

réforme. La plus grande partie de la ville et la plus distinguée fut entraînée par le torrent, et des prêches puUics eurent lieu en 1560. Les catholi<pAes en prirent de Fombrage, et cette ville fut un des principaux théâtres des troubles que suscitèrent les disputes religieuses. Nulle part^ les ravages, le meurtre et la désolation ne furent poussés plus loin. En 1 562 , le baron des Adrets y convoqua les états de la province. Bertrand de Simiëine de Gordes, dont le nom rappellera toujours de grands et de nobles souvenirs dans cette province , qu^il gouverna avec autant d^habileté que de modératic» au milieu des calamités de la guerre civile, de Gordes fit à Montélimar, en 1566^ des réglemens sages , mais ib ne fiirent pas long--temps observés : Tannée suivante les troubles recommencèrent avec une fureur nouvelle. Les protestans maltraités y d^aiUeurs fougueux et ardmats, portèrent, le 4^noivèmbre^ le fer et le feu dans toutes les églises. Ils se rendirent maîtres de la ville <, et employèrent les matériaux des édifices renversés à de nouvelles fortifications, ainsi qo^à augmenter leur temple. Cependant , de Gordes , favorisé par urne partie des habitans , rentra dans Montélimar. Il y tint encore étoyffé pendant quelques années le feu de la révolte et de la sédition.

Après la bataille de Moncontour j les restes d^ Tarmée protestante , oomr mandés par Tamiral de Coligny, vinrent tenter^ mais sans succès, le siège de Montélimar. La ruse , la force et la politique furent inutilement .employées. On ne fit à toutes les sommations de se rendre qu'une répoixse grenadière , qui, répétée ensuite par les autres places des environs, passa en prov^be sous le nom de chanson de Montélimar. Les attaques les plus vigoureusement poussées ne réussirent pas mieux.

Il se commit dans cette ville, au mois d'août 4572, les plus affreux désordres et le plus épouvantable attentat : on y répéta les scènes de la Scùnt-Barthélemi j et il y eut un grand nombre de victimes.

Lesdiguières vint assiéger Montélimar en 1585 : la ville ne put tenir que quelques jours ; elle fut emportée le 25 août. Le comte de Suze la reprit par intelligence le 15 août 1587 : un serrurier ouvrit la porte Saint-Martin , et fit entrer les ligueurs. Les habitans et les soldats surpris se défendirent avec ardeur : le carnage fut terrible ; mais la victoire se déclara pour les assaillans. Ceux qui avaient échappé à cette boucherie se retirèrent dans lé château « où Ton ne put les forcer. Ayant reçu de^ secoure des environs^, les protestans

DESCRIPTION DBS COMMUNES, 557

fondirent sur la ville le 18 du même mw, et recommencèrent le combat le plus opiniâtre et le plus meiirtricr : la défense répondit à Fattaque , et cette jp^mée édaira de part et d'autre des prodiges de valeur, d'horreur et de ciirnpge. Les ligueure , maîtres de Montélîmar , avaient renforcé leur armée ^ fortijeé la ville, défendu les avenues par dee barricades; mais qes obstacles m firent qu'enflammer les assiégeans. Le tonnerre grondait; la pluie, qui tombait par torreos, faisait rejaillir le sang i. tout enfin conçoumit à augmenta rhorrewr. Les ligueurs furent chassés, et les protestans restèrent maîtres d'une ville à moitié détruite et dépour«vue d'habitans. Le fw.de ,1a gMwre civile s'éteignit enfin , les dissensions causées par la diflEerenœ des^ opinions religieuses cessèrent, et depiiislors les.deu^c partis vécureut en paix. Cep^ant le temple des protestais fut détrîuit et trwrformé «i ufte pl^oe piublique, feur suite d'un arrêt du parlement de raniw l€8A» !

Montélimar eH la patrie de Daiiiel GJiaiui?r, mwîstre protestant , l'un d^ rédacteurs de l'édit de Nantes, né eu 1575 et tué 4'un,PQup de canon a» §iége de Montauban, en 1621. Il fut, dit Voltaire, Pâme, l'organe et le héros de son parti. , • •

J^Aymar de Pont-Aymery > auteur de -deux ppèuies impiuiés ^u 1o91|

et dont il.a pri? le sujet dws;Jes sié^^aWenus par la ville de MontéJimar^

: De Jacques Cvlas , capitaine ligueur, nç vers le milieu du XVI*' siècle v

fiji^ d'im avocat,, professeur eu adroit, Jl suivit d'abord le barreau > et devint

vice-sénéchal 4u bailliage. Nommé ^éputévaux états de Blois, U embrassa l^

intérêts dcjç princes de bviuaisw de Lo«*ai«ft., ^t,:^à«9» i^etour en Dauphin^^

abaudonpwit la wagisU^^turepwr. le métier des armes, iJ leva>uw oorps de

1 ,200 arquebusiers , et fit une guerre jacUaruée aux ,protestan,s. La ligueiprut

devoiir récompenser ses services, et lui.fit obtenir v par le «redit du due de

Mayenne, des ietlirp^. de ♦uoblesse , la c^rge de>grwd prévut deR?çn«e et

plusieurs autres distinctions. Après la prise dq.la Fère^ ^où Jl,CQium^udait,

il passa. »au $eryÀce de Farchiduc Albert^ fut fait prisgttrti^r i la b^t;aiUe de

Nie\i^port ,»eu 4600, et ^soaduit à Ortende^où il mwrut. L'Jiistorien .d^ Thou

représente Jacques CQÏeSif3omiiîie..un homme atidacieux,)eptrefH?eua»t, et il

ajoute qu'il étiMt deveuu redoutable W duc de Mayenne . lui-même , auteur

de son élévation. . . , •.; . ;, - > .\ * /! -

De François Barry, célèbre iuriseonsulte , îauteur d'un tra*éi |*iWié en

d58 CSAFITftF Tf.

1615, sur les successions ab iniesiai. A une érudition vaste il joigadt mie grande simplicité de moeurs et de caractère. Parmi beaucoup de traits qui prouvent sa bonhomie , on distingue le suivant : il travaillait un jour dans son cabinet , torsqu^un enfant j entra pour prendre du feu; il n^avait m peBe m pincettes , ni aucun instrument pour en emporto*. Barrj voit cet enfint étendre sur sa main un lit de cendres froides, et [Jacw dessus le charboD ardent. Étonné de la ressource qu^un en£uit avait trouvée dans son esprit, il crie qu^il veut brûler ses livres , témoignant ainsi sa surprise d\m [M^océdé si simple , que les hommes les plus instruits n^auraient peut-être pas imaginé.

De J.-J. Menuret de Chambaud, Fun des plus habiles médecins de répoque contemporaine, né le 23 janvier 1739 et mort à Paris en 1815. Il rédigea pour V Encyclopédie plusieurs articles , parmi lesqueb on distingue ceux de Mort et de Somnambulisme. Il devint le médecin de Dumouriez, qn^il accompagna à Tarmée en 1 792 , et frit obligé , après la désobéissance du général aux ordres de la convention, de chercher un asile en pajs étranger. De retour à Paris, il frit nommé membre du comité de bienfrdsance de son arrondissement , et consacra surtout aux indigens les secours de son art. On a de lui : 1* Nouveau Traité du pouls; Paris, 1768 , in-12 ; T Essai sur Inaction de Voir dans les maladies conkJ^eitses ; Paris , 1781 , in-12 , déduit en allemand, Leipsick, 1784, in-8'' (ouvrage com*onné par la société de médecine de Paris) ; 3* Essai sur Vhistoire mêdico-4opograpkique de Paris} Paris, 1786, in-12; ibid.^ 1805, in-12; k^ Essai sur les moyens dejbrmer de bons médecins j sur les obligations réciproques des médecins et delà société} Paris, 1791 , in-8*; S^"* Mémoire sur la culture des jachères y eoui^onoé par la société d^agficukure de Paris en 1790. Cest loi qui a fourni à r^bbé d'ExplHjr rartîcle MontéUmar^ dont il a enrichi son Dictionnaire de la France et des Gaules y et dans lequd j^ai puisé qudqnes-^uns des détails historiques qu'on vient de lite.

De Pierre-Barthélemî Sautayra, né le 12 août 1744^ mort à Montélimar le 27 septembre 1 793 , successivement administrateur du district et député de la Drome à rassemblée législative et à la convention.

De Joseph-Antoine Boisset, né le 7 octobre 1 748, membre de la convention et des assemblées législatives qui se sont succédé jusqu'en 1799. Il est mort à Montboucher le 15 septembre 1813,

BESCItlPTTON DES COMBIUNES; 659

De Jean-JacqiMS Aymé, plus contiu sous le nom de Joh Aymé^ né, le 13 janvier 1752w Avocat avant la révolution, il fut successivement procureur-^ général syndic du département de la Drome, député au corps législatif, et compris dans la proscription du 18 fruiçtidor. A son retour en France, en Fan VUI, il publia des méinoires sur sa déportation, en un vol. in-^*"* Il est mort directeur des contributions indirectes à Boturg, le 1^ novembre 1818.

De Bartbâemi Fai:^as de Saint-Fond r né le 1 7 mai 1 741 , niort à Loriol le 18 juillet i819. Il était administrat6W:.du jardjn du roi et professeur de géologie au musénmd^histoire naturellô^ Il a enrichi la géologie de plusieurs découvertes précieuses , notamment en ce qui concerne les produits volcaniques* Il a consigné dans un assez grand nombre de recueils les savantes observations quMl fut à portée de recueillir dans lé cours de ses voyages , soit en Europe ,.^3oiJ au, nouveau mp^ide.. Voici ses principaux ouvragçsi : 1 ** Mémojre sur des bois de cerffossil^^ trouvés en 1 775 daJis les environs dfi Montélinutrj à ik pieds de proforideur\ 1776, >n-4*; 2" QEuures de Bernard PaUssjTj reçfues sur les exemplaires de. la bibliothèque du roi y .1777-, 1 toJ^ în-4*; y" Recherches sur les wlcans éteints du P^iiforais et du P^elq^j 1778,, 4 vol. in-foL } 4** ^Mémoire sur la manier^ de reconnaître l^s différenfe^ espèces de pouzzolane et de les employer -çUuis les constructions sou^ l^.eau et hors de Veau y 1780, in-8**; 5* Histoire naturelle de la province de Dauphinéy 1781, in-8*; 6** Description des expériences de la nuichine aérostatique de MM. Montgolfier^ etc.y 1783, in-8**; 7** Minéralogie de^ polcansy 1784, inS'' ], S*' Essai sur V histoire naturelle des roches de.Trapp. 4788, in-12; 9" Voyage en Angleterre ^ en Ecosse et aux îles I^épride^^ 1797, 2 vol. in-8**; 10* Histoire naturelle de la montagne de , Saint-Pierre^ de Maastricht y 1798, 1 vol. in-4'*; \V* Essai de géologie ^ ou Mémoires pour servir à l'histoire naturelle du globe, 1803 et 1809, 3 vol. in-8*; 12* Histoire naturelle des roches de Trappy édition entièrement refondue, 1813, 1 vol. in-8*.

Les matériaux qui servirent à la construction du port de 'ï'ouloii' Jui^ènt, en grande pai'tie, extraits tfune riche mine de pouzzolane découverte en 1775 dans les montagnes de Chenavary-en-Velay , par Faujas de Saint- Fond , qui la fit ouvrir à ses fixais. Ce ^aborieu^ et savant naturaliste a enrichi le muséum d^ui^ foule d'objets précieux;, et c'est à se;8 recherches qu'€|$t dno

660 <:HApmiE V!.

là (ydemvertê des mine» de fer ^ LaïkMÉte, dans le départem^t de l'Ai^ècfae.

Du lienteDant-g^nérd Jean-LaUi^bli^Jttdtîii Lacoste' du» Vivier , né le 45 àVFiT Ail Al , mort à Montéijmar le 2 août 1^29^ Il 8f fkît toutes les guerres de la> révolution y et s'est (Ustlûgué dàu!^ iliaints eotnbalis. • De MM. de Saulses de FVe;fc{net frètes , connus comme satins et comme marins^ et dont il est parlé à Farticle de Mihnandê.

Et enfin de M. Antbine-Éugène Gèndud, né le 9 fîfevrier 1793 , qui se fait maifltetiant appeler de Genùude y coi!mtt'pàrpl^}aar& ouvrages* de littératm-e et par &od active coopération à la rédaction d\i']onTnvl la Gavêtte de France.

Charte de la commune de MorUéUmur. ,

Anno ah incarnatione Domini MCXCFIlIy ego Gerûîdus Mmarius et ego Lamhertasy nos duo dondni Montilfy per nos etper nostrosy hondfide et éine dôloy eimerd UberaUtate y et' spontanéd çoluniatey donantus et tîtulo perfcctœ donationis concedimus omnibus nostris de Montiliùy prœsentihus etjuturisy libertatem talem ne de cetero totam çel questatny çel aliquam hd^fam' exactionem y i>el pràçfa ûsatica in eis JoJCiamuSy çel aliquo modo fieri pérmitktmus y hec éisper ifirn i^eîpèr aliquam fàrùîam gra^^am^en aliquid vel jatïurahfiy nisijurts ^fet fustitlcè debîtôy conahimurînfirre. Qubd si nos s>él alxquïs sudcessorurti prœdictdWi donationem et libertatem quocumque modo piotare têmptui^erit ^ jam dictos homines nostros et res eorrnn in çiUd Sfontify sub domiriio nostrOy in prdbsenti^\>el Juturo existenteSy ah Omni jure et fiielitate et ominio ahsohimuéy ei Ut hntnia sicut sUperiàs scruta suni fiâeUier Cfb'serifemus et nulïo tempote ùoniraifeniamus , taxitis sacrosanctîs éi>angétiis juramus, .

Sigillum Geraldi Mmari, écrit sur un plomb : un chevalier portant un guidon avec ses bandes et ces lettres autbuf : Mateus me ft'cit,

SigUlum Guillem, Vgonis : une figure à chevat.

L*an U98 ^ nm^arnation du S^i^euv»- noua Gérald^fmard et Lambert, tous les deux seigneurs de Montily, de bonne foi ^ sans ruse et par pum libéraiité, pour nous et les nôtres, donnons et concédons à titre de donation parfaite, à tons nos sujets de Montîly, présèns et futurs, une liberté telle que dorénavant nous ne puissions les soumettre ni permettï*e d*âucune manière ^u^on les soumette à des impôts , à quelque nouvefle eiaetion ou à Texèrcfce ilUcite d^ilbune prérogative, et qnV)n ne' puisse, par

force on par nae violence quelconque > leur imposer des cli£U*ges ou des redeTances qui ne seraient pas dues de droit et Justice. Que si nous ou qnelqu*an de nos successeurs tentions de violer de quelque manière les donation et liberté concédées par les présentes , dès à présent tous nos dits sujets, avec tout ce qu'ils possèdent dans la ville de Montîly, dépendant de notre seigneurie , soit actuellement , s(Ht à Tavenir, sont déclarés affranchis envers nous de tous droits , fidélité et hommage. Et nous jurons , en touchant les saints évangiles, que nous observerons fidèlement tout ce qui est écrit ci-dessus, et que nous n*j contreviendrons en aucun temps (1).

MONTMEYRAN. — Cest une commune du canton de Chabeuil, à 16 kilomètres de Valence. Le village est au bas et au sud-ouest d^un coteau , sur lequel sont les vestiges d^un château-fort qui protégeait Fancien bourg de Montmeyran établi tout autour, et dont Fenceinte, flanquée de tours, se reconnaît encore au revers du coteau.

De Féminence où s^élèvent ces antiques débris , connus dans les environs t sous le nom de tour de Montmejrran ^ on jouit de la vue la plus belle, la plus

variée et la plus étendue.

Le Champ-de-la-Bataille y dont il sera parlé à Farticle d^Upiej et oii la tradition, fortifiée par des tumulus et d^autres circonstances locales, veut que Farmée de Marins ait livré combat aux Cimbres , est situé partie sur cette commune et partie sur celle d^Upie ; il est traversé par la route de Cbabeuil à Crest.

Quelques aodens titres donnent à Montm^ran le nom de Mons Mariif mais son véritable nom parait être plutôt Mons Marianij de celui de Mariâmes , donné à Jupiter à Foccasion d^un temple que lui éleva Marins après ses victoires sur les Cimbres et les Teutons (2).

Le territoire de Montmeyran est riche et fort étendu. La population de la commune, en grande partie protestante ^ est de 1,842 individus. 11 s'j tient quatre foires par an, et il s^y Êiit un commuée assez considérable* de chevaux et de mulets.

Cest sur son territoire et sur le chemin de Beaumont à Montmeyraa, qu^on voit la campagne de Montalivet, qui a donné son nom à deux ameiens ministres de Fintérieur.

(1) L'inscription latine, gravée sur le marbre et en- caractères gothiqties^ se^ v«it encore à Thôtel de ville de Montélimap.

(2) Voyez l'article à'Upie.

562 'CHAPITRE Tl.

MONTOISON {Outrwn de Montezone). — Les antiquaires s^accordent généralement à reconnaître que c^est Fancienne mutatio que V Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem place, sous le nom de CerebelUacca^ sur la toîc romaine de Milan à Vienne par le Mont-Genèvre , entre Aouste et Valence. Les distances indiquées par Xltinéraire se rapportent très-exactement à remplacement de Montoisoo*

Ce village est encore aujourd'hui sur la route vicinale de Valence à Crest* Son territoire , assez productif, est arrosé par plusieurs ruisseaux qui coulent dans différentes directions^ La commune 3e compose de hameaux au centre desquels est Montoison. La population totale est de 4,267 individus. Il y a trois foires par an.

On y voyait avant la révolution un château d'une belle architecture gothique, appartenant à la maison de Clermont. Au-dessus de la porte d'entrée était la devise de cette maison : A la rescousse y Montoison ! Chacun sait qu'à la bataille de Fomoue , Charles VIII aUait être pris et qu'il s'écria : A la rescousse j Montoison! Philibert de Clermont, déjà connu par ses exploits en Picardie, vola au secours du prince et le sauva. Sa maison a pris pour devise ce cri d'alarme. Il est mort en 1511.

MONTRIGAIID. — Cest une commune du canton du Grand-Serre, d'une population de 1 ,689 individus , éparse en grande partie dans la campagne, n se tient à Montrigaud six foires par an. Cest sur son territoire que se trouve l'étang de Langon.

D'après certains contes populaires, Teutobochus, ce chef fameux de Tarmée des Cimbres que défit Marins dans le midi de la Gaule, 402 ans avant J. C, aurait été tué dans la plaine d'Upie et de Montmeyran , tandis que presque tous les historiens affirment qu'il survécut à ce grand désastre ^ et que Marins le traîna à .sa suite et en fit l'ornement de son triomphe. La tradition populaire veut encore que Teutobochus eût la force et la taille d'un géant. On s'occupa beaucoup dans le XVI'^ siècle de ce prétendu géant , et pendant long-temps les récollets de Valence firent voir quelques-ims de ses ossemens dans leur église. Le squelette avait , dit-on , été trouvé près du château de Langon, commune de Montrigaud, dans un immense tombeau en briques, sunnonté de la légende Teutobochus rex. Il avait 25 pieds de longueur sur 10 de largeur aux épaules; la circonférence de la tête était de 10 pieds. Ua

DESCRIPTION DES COBIMUNES. 563

médecin, nommé Mazuyer, fît de tout cela une spéculation. De nombreuses dissertations parurent vers Tannée 1613 ; de sérieuses disputes s^élevèrent entre quelques écrivains , et Pou finit par reconnaître que ce n^était qu'une mystification. Les ossemens dont on avait fait tant de bruit ne provenaient pas d^xme dépouille kumaine : c'était le produit d'une falsification grossière inventée pour gagner quelques écus, et en examinant attentivement la légende inscrite sur le tombeau, on voit encore mieux que c'était Fœuvre d^un charlatan et d'un faussaire (1).

MONTSEGUR. — Cette commune dépendait de l'ancien comté de Grignan ; elle faisait partie, comme telle, des terres adjacentes. Sa population est de 960 individus. Les productions principales de son territoire sont le vin et la soie; le vin est un des meilleurs du département.

Le village est bâti sur un rocher, d'où vient son nom latin Mons securuSy Dans Tes anciens actes ecclésiastiques, il est appelé Ibcus de Montsecuro. Il a une eu ceinte de vieilles murailles, et il est dominé par les ruines d^un ancien château-fort.

On voyait autrefois, à Pouest et à une demi-lieue du village, une égUse bâtie en l'honneur de Saint Amant, huitième évèque de Saint-Paul. Près de cette église étaient les ruines d'^un monastère de Tordre de Guny , qui fut changé par la suite en prieuré rural et commandataire , uni d^abord au chapitre de Saint-Paul et ensuite à celui de Grignan.

Le patron de Féglise paroissiale de Montségur est Saint Jean Porte-Latine, dont on célèbre la fête le 6 mai. Elle continue d^attirer , comme autrefois, un grand concours de peuple de toutes les communes voisines, et la relation qu'en donnait, en 1787, l'auteur du Dictionnaire historique et topographique de la Provence y est encore vraie de nos jours. « 11 y a presque toujours, » disait-il, un concours dVnviron 6,000 étrangers à Montségur. On implore » Saint Jean contre l'épilepsie, dans une vaste chapelle bâtie en son honneur » hors des murs. La procession se fait à onze heures. Elle est précédée de » jeunes gens sous les armes. Deux cents filles vêtues de blanc viennent » ensuite, formant deux chœurs, dont l'un chante l'hymne du saint, et

(1) Traité biHorîque sur lc9 croyances et traditions surnaturelles du Dauplunép par M. Jgles OlHvîer.

CMàflTSE Ti«

Fautre des canUqucs firaoçaiseDSoaboiiDeiir. EalreksdeHichararSfdks portcol une cokmne gaonie de fleurs josqa à soa sommet, qui se tenmDe en SoTvae de croû ; elle a 4 toises de hauteur. On a si^iprimé defink pcm TtBage où étaient les garçons de porter mic cokamc pareille, { Terts de Mé : celle^ se nommait Vj^gnilhailo. Lrbnste en argent do est porté par quatre jennes ffos habillrs en lérites, sons on dais; les malades fentoorent on le suivent. Ce boste est précédé de dosie enfuis en aubes , portant une petite banderole ; ensuite maichcut douze céroferaires , qui portent des cierges pesant josqu^à 40 lirres. On voit Zfns eux le roi , le mignon et leur suite sur une Ugne, et sur la ligne parallèle, la reine, la mignonne, etc« La sjmphonie, le clergé et les officiers municipaux terminent la marche. Cette fête date d*un temps immémoriaL On Ut sur la couverture du registre de la confrérie ce qui suit : Livre de la canframe de Monsieur S. Jeharty patron de V église parochale du présent lieu d^

Monlségurjjidt par nous 4640, ayanivupar des lisn^s fort anciens

une grande dévotion de tout tems à ladite confrairiej n^ant été guéris plusieurs malades du haut mal par VintercessitHi de ce bienheureux jS. Jehan, »

MORAS f Morasium). — Ce bourg Eut partie du canton du Grand- Serre ; il est à 10 kilomètres de cette dernière commime et i 56 de Valence. 11 est traversé par la route départementale d^Andance à Rires. Cfst la résidence d^une brigade de gendarmerie a cheval. Il j' a six foires par an , des tanneries et des tuileries.

La commune se compose de plusieurs hameaux ; aussi la population agglomérée n^est-elle que d*environ 800 individus , tandis que la population éparse est de 3,253.

Moras est le Heu principal de la contrée appelée la VaDoire, F^aUis aurea. Son territoire abonde en grains , en fourrages et en fruits. Cest la partie la plus riche du département. Cette vallée forme un vaste bassin qui sépare près du Rhône les départemens de la Drome et de Flsère. Le Rhône la borde à Fouest, et de la elle s^étend à plus de 3 mjriamètres à Test, ou des sources coosidérables sortent de la terre et forment une ririère. La plus abondante sort près de Mante, et arrose de vastes prairies divisées par des canaux

DESCRIPTiOfT Pfi3 COMMUNES. 565

bordés de saules, qui affirmât M bourg de Moras mie Krèsrbdte perispective. Cette rivière a le nom de Veu^e} «eUe faii jtoUfner des motilins à sa source , quoique coulant sur un sol peu iucliné^ eUe donne aatiez coaostanunent la même quantité d^eau. Mais une chose î>wiarquable , o^est que d^autres seulroe^. l^l^ à T^ et fHOt^ord, dont la principale s^appeUa ^.^liro/i , varient dans leur voluude à des intervalles plus pu moins longs ^ tellement que tantôt elles donnent beaui^oup et formeieit une auibre rivière qUi se réunit à la Veuza, et que d^autres fois elles ne doiweiit absolument rien , et laissent le lit de la rivière dMuron à sec. Ces ealii, d^une limpidité ;parfaite, semblent avoir toutes la même origine ^ à Texception de cdl^s deila.V^aze.

Une petite source qu^on trouve^ 4 iiii^mètres du llhdna^ en montant du port de Champagne à Anoeyron, indique par ^on volujtùe^. aii^priotemp», celui qu^auront, pendant cette saiscm et en été, les ai^ très fiourDes.de la Valloire. C^est pour les habitans un sigbe de ;mauvais'$. récolte quand ^Ue est abonda&te.

I,e sol de. la vallée ,' qiii , près du Rhône, n*e^t pOUf ainsi dire quel sable et cailloux, change de nature fin remontant à Test., et ressemble a; une espèce de vase noire dont la c^tidbd est d^une grande pi'ofoodéur ; mais il est toujours assez graveleux à sa superficie pour que les eaux s^ perdent : elles rc|>araissént {dus baâ, et se perdent de nouveau presque entièrement avant d^arrivior au Bèiône*

Cette vallée basse , ti dont Tindinaison k ToSuest est insensible , est bordée* par deux' petites plaiikes plus élevées , comprises ch|icune entre le coteau et la plaine jNrincipale, dont dUi^ sont. séparées p^r d^, ruisseaux.. Celui da midi , dans le département de la Drome , s^appelle ArgenteUe , et au nord , dans le départep^nt de Tlsère, il y en a deux en quelque scH'te parallèles, la petite rivière de Douhn eit celle de XAmhre^ La terre de i^es deux plaines est beaucoup plus argileuse; jet pli|s fertile;, m^n tO^j^^^'^^^ ^ "^^ cailloux qiii^on trouve jusque sqr les deux coteaux latérauic*

La commune d^Anneyron est dans une de ces plaines , sur le coteau du ruisseau d' ArgenteUe , à 6 kilomètres du Rhône.

Sami^Sqrlin^ hameau dépendant de Moras, est à 5 kilomètres plus loin, au bas et au nord.de cette plaine^ près des ft^raîn^ plats et humides de la basse vallée. . , . ■ j. / ^ ,..;,•. .

Moras, à' 3 kilomètres à Test de Saint-Sorlin , se montre sur le penchant

d^uoe coiliiue isolée. Il es€ entouré de tnnraillés avec pluBieurs portes, et dominé par les ruines d^un ancien château^fort {1 )• '

En montant encore à Test dans le département <le la Drome , on passe de kl plaine de la Sône à Lens^Lestang.

Ce sont ces communes , avec les hameaux d^Èpinofuxe et de Saini^Ramberi auprès du Rhône, et dans ïe département de Flsère quelques-unes des cantons de Chanas et de Beaurepaire , qui forment la vallée.

Elles sont sujettes aux fièvres intermittentes, comme tous les pays marécageux ; elles j sont surtout sujettes^ quand les sources sont abondantes , et qu'on peut arroser les t^res , parce que , lorsque les eaux se retirent ou diminuent, il s'exhale des miasmes putrides de ces marécages , oà pourrissent une infinité de petits' poissons et d'insectes^ Ces .fièvres n'efl^aient pas généralement. EUes^ attaquent principalement les pauvres, qui n'usent d'aucune précaution ; leur caractère apathique les rend indifférens , leur Êsiit refuser les moyens de guérison ; ils vont, comme on dit, le ventre au soleil, enduro* leurs accès y et, par une négligence fiineste, laissent sowent dégénérer cet étal fébrile en ^batmctions et en hydropisies.

• Ces fièvi'es ^firent de si^ gtiands ravages à Moras en^ 1j802^ (2) , la quantité de malades qui en furent frappés à la fois fut telle, qne des habitations entières manquèrent de conducteurs pour abreuver leurs bestiaux , et que beaucoup d'habitans furent privés de secours et de médicamens; C'est Tusag-e irréfléchi où Ton était depuis longtemps d'inonder les terres à blé immédiatement après la révolte , qui fut, dans cette année de grande chaleurs, la cause première de ce fléau.

L'administration s'occupa des moyens de prévenir le retour d'une pareille calamité dans ce pays, d'ailleurs si favorisé de la nature; elle prescrivît des mesures de police pour l'écoulement des- earax ; ejle les fit exécuter, et depuis lors ces fièvres , devenues- beatKioup plus rares , n'ont plus présenté aucun

(1) C'est ce château qui fut rasé par ordre de Louis XIII, en 16^7. On y trouva trente-trois pièces de canon, avec beaucoup d'approvîsîonnemens de'siége. Il était au <tontre d'un horîzon visuel qui embrasse toute; la Valloire et les înontagnes de l'Isère , du Mont-Blanc, du Forez, de la Loire et de l'Ardèche.

(2) Il mottrut i6^ personnes dans l'espace de trois mois..

DESCRIPTION BE8 GOMKUNES. 567

caractère endémique. On doit mettre également au nombre des causes qui ont concouru à faire cesser les fièvres de la Valloire Fumage du vin , devenu plus général dans oette localité , par suite des nombr^euses plantations de vigne dont sont maintenant couverte les coteaux voisins.

On remarque dans la section de Saint-Sorlin le château de la Pérouse^ appartenant à M. de Beaumont, le parc et la belle habitation de M. de Bernon.

Epinouze , un des hameaux de cette commune , avec église succursale , est Tancienne^^ao/z^, où se tint, en 517, ce concile célèbre convoqué et présidé par Saint Avit, archevêque de Vienne, dont il .est parlé page 65 et suivantes. Dans des temps encore plus reculés, c^était, à cause de ses pâturages, un lieu consacré à Epone ou Hippone , déesse des chevaux , et cVst Torigine du nom qu^îl porte encore aujourd'hui.

MOTTE-ÔaALANCON ( la ). — Ce bourg est dans les montagnes , à 39 kilomètres sud-est de Die , 10 de Remuzat , 35 de Nyons et 109 de Valence. Sa population est de 1 ,247 individus. Cest un chef-lieu de canton ; il y a un bureau d'enregistrement, un bureau de poste, une brigade de gendarmerie et une église consistoriale.

Ce bourg présente de toutes parts de difficiles accès ; mais le bassin dans lequel il est placé est fertile et riant ; il est arrosé par les eaux d'Aiguebelle et d'Oule. L'air y est pur et le climat tempéré. Les productions principales sont les grains, le vin, les fourrages, le chanvre et les noix. Le vin du quartier de Malatrasj entre autres, est fort estimé.

La Motte né renferme aucun monument ; maïs , en fouillant la terre , on a trouvé, au sommet d'une montagne appelée Layan^ quantité de médailles qui attestent le séjour des Romains dans ce pays. Il en est des empereurs et surtout de Constantin , de l'impératrice Faustine, qui , tout impudique qu'elle était, fut mise, de son vivant, au rang des divinités; îl en est aussi qui représentent Remus et Romulus allaités par une louve, etc.

Ce bourg ne retrace , d'ailleurs , d'autre souvenir historique qu^uh siège qu'il soutint pendant les troubles religieux contre les protçstans commandés par Dupuy-Montbrun : après sept jours d'une résistance vigoureuse, la place s& rendit le 18 mai 1573. -

568 CffAPItRB VI.

II se fient à U Moiief ciàq (bires par an ; on y fàhtiqm des sargeCtes et d^âufres petites éloflfes de lame.

II y a des eaux minérales qai mériteraient d^étre plus connues : on les emploie avec succès contre les douleurs rhumatismales et les maladies de la pean.

NAZAIRE-EN-ROYANS (SAINT) {Castrum Sancti NazarU). — Cest une commune du canton du Bourg-du-Péage , sur la rivière de Bourne , traversée par le grand chemin de Romans à Saint-Jean-en-Royans. La situation en est pittoresque et riante. Elle a fixé Fattention àeXHermite en prwincef et voici comment il rend compte de^Pimpression qu^il en a reçue :

« Vers la droite, de Fautre côté de Plsère, vous voyez, dit-il, un village » oii les eaux , les rochers , la verdure , semblept avoir été distribués pour » enchanter les regards du voyageur; la Suisse ç^oiTre pas de site plus » pittoresque : ce village s^appelle Sami-Nazaire. Claude IxHTaki Feût choisi y^ potu* ea coqfiposeir un de ses tableaux, et c^eût été le seul peut-être où » sa riche imagination nVùt rien trouvé à ajouter (4)« i>

Les productions principales sont ks grains, les ch&taignçft^ les noix et la soie. Il ^y tient trois foires par an. Il y a plusieurs filatures de soie, deux fabriques d^ouvraison et des fabriques de crêpes^ On y fait un commerce considérable des bois du Vercors et du Royanais, qu'ion expédie dans le midi en les faisant d''abord flotter sur la Lionne et la Bourne jusqu'^à Tlsère, et en formant ensuite sur cette d£X*nière rivière des trains ou radeaux qui vont regagner le Rhône, pour descendre ^ Avignon, Beaucaire et Arles»

Le port et le bac de Rochebruqe sur Flsère dépendent de cette commune.

U existe dans le bourg même de Saint-Nazaire une g;rotte très-remarquable, au fond de laquelle est un lac d^une grande profondeur ^ d^où sort la belle fontaine de Toi. Il y a des stalactites très-curieuses ; elles présentent une grande variété dans leurs formes et leur direction , et beaucoup ont la blancheur de Falbàtre. G^est une sorte de labyrinthe dans lequel on ne va qu^avec un guide et des flambeaux, et qui donne une idée du cahos et de ses horreurs. Tout porte à croire que ce désordre et ces déchiremens sont le résultat de quelque tremblement de terre.

(1) Tome IV, page 19,

DESCRIPTION DES COidMUNES. 569

L^autiqpe château de Saiot-Nazaire a soutenu plusieurs siégea :pwdaQt le$ guerres féodales et Jtes troublas religieux^. U ne reste qui^ quelques débris d^une toi^r ipii dominait et déjfeiKUut le bourg«

NYONS ou NIONS {Neomagus y Novidunum^ Castrum Niants ). — La ville de Nyons est dans un détroit de 50 à 60 toises de largeur , aii pied d'une montagne appelée le De^^èsy sur la route du Pont-Saînt-Esprît aux Alpes, celle de Montélîraar à Carpentras et la rive droite de la'rivîSre d^Eygues. A Touest de ce détroit est une vallée qui va se perdre dans les plaines du Rhône ; mais à Test il n'existe , sur une longueur d'aune lieue et demie, qu'une gorge très-resserrée qu'occupent presque entièrement la route des Alpes et le lit de la rivière : c'est la gorge des Pilles ; elle atioutit à un bassin triangulaire où se trouvent, à un de s^s angles , le village de^ Pilles y et plus loin , aux deux autres , les communes de Cdndorcet et de Cumier ; la première à droite , et la seconde à gauche de TEygues.

La ville de Nyons est bâtie partie en plaine et partie sur le penchant du Col-du-Devès. Cette position pittoresque annodce d'elle-même le lieu principal de la contrée. Nyons est , en effet , comme la clef de cet arrondissement montagneux, formé du pays des anciennes baronnies de Môntauban 'él -de Mévouillon (1), que limitent au nord le Diois et le Gapençois, a\i couchant Farrondissement de Montélimar et Tancien Comtat-Venaîssin , et sur les autres points la Provence. Cette ville est à 32 kflomètres ouestnord-ouest du Buis , 40 sud-est de Montélîmar , 90 sud-est de Valence , 35 nord-est d'Orange , 32 est-nord-est de Saint-Paul-tl'ois-Châteaux , 55 sudsud-ouest de Die, 12 est deValréas, et 15 nord-^nord-est de Vaîson. Sa population est de 3,397 individus.

Elle est le chef-lieu de l'arrondissement , le siège de la soùs-préfecture et du tribunal de première instance. Il s'y tient sept foires par an et deux marchés par semaine , le lundi et le jeudi. Cest dans cette ville que se Tendent presque tous les bestiaux et les denrées des environs , dans un rayon de 4 à 5 Iteues. Il y a des tanneries, des fabriques de soie et de poterie, et dans chaque quartier de la ville une fontaine remarquable par Fabondance

(1) A?aDt la réunion de ces deux baronnies au domaine delphinal^ Nyons était la résidence ordinaire des barons de Môntauban , comme le Buis Tétait de ceux de Mévouillon.

iet la beafOté 4e ses eaux. Oo y commerce en draps an pays , -en huile d^olive^ coutellerie, chapélerie, orfèvrerie, quincaillerie , «te. Il y CMste des mines de lignites qui ont reçu un <K>mmencemeut d^exploitation , et deux sources d^^tau minérale , Tune au quiartier du Poniias ( dans la propriété du ^ieur Rasclas) , et Tautre sur la riy^ gauche de TEjgues, au pont du Jardin. , Indépendamment de la route du Pont-Saint-Esprit aux Alpes qui la ^traversé , la vallée est ouverte aux voitures du côté de Vaispa , d'Orange et de Montélimar^

JXjons est une ville mal bâtie , dont Forigioe jse perd dans la nuit des ,temps>. Ce n'est que par une ancienne tradition qu'elle se glorifie d'avoir pour iondatrice la même colonie qui sortit autrefois de la Grèce pour s'établir à Marseille. Selon l'abbé d'Expilly , son nom de Neomagus^ tiré eu partie du grec et en partie de l'ancien gaulois , et Mjr grec qui entre dans celui de Nyons ^ confirmeraient cette opinion : neos en grec signifie nejj^^ et magus en ancien gaulois signifie {^ille. Il est fait mention de Neomagus par Ptolémée dans sa géographie , et l'historien du Languedoc donne la ville de Nyons pour un des confins de l'ancienne Gaule Narbonnaise. C'était une des çité^ prineip^ales des Voconces (1). Elle est ceinte de murailles flanquées de tours et percées de quatre portes : ce sont celles du Porii au levant, du Marché au couchant, de Saint^Jean au midi et du Clédan au nord.

Nyons est divisé en trois quartiers , selon se& différens accroissemens. Chacun de ces quartiers conserve son ancienne enceinte, et ne communique avec les deux autres que par des portails renfermés dans la ville.

Le premier quartier , appelé les Forts ^ est l'ancien Nyons. H embrassait trois forts , qui depuis long-temps n'offrent plus que des ruines , savoir : le château Dauphin^ ainsi nommé parce que les dauphins de Viennois y eurent une habitation, le i^ieux château et la tour Randonne (2).

Le second quartier est celui des Halles; c'est la ville actuelle proprement

(1) Ptolémée la place cheas les Tricastins, parce qu'elle était sur les confins de ce peuple; mais elle appartenait réellement aux Yoconces.

(2] On voit, par un acte du 5 mars 1212, qu'une. dame Randonne avait hérité de Dragonnei, son père, de la baronnie de Montauban, dont la ville de Nyons dépendait, et il çst vrstjsejGQblable que c'est cette dame ^ui a fait construire la tour qui porte encorp sou nom.

IXESCRIPTION DBS GOftIMUNES. 571

dite. Il est au midi et au pied des forts ; il tire son nom d^un vaste carré de galeries que dans le pays on nomme halles. Elles s^ouvrent de chaqae côté par dix pu douze arcs, et sont en tout temps un liea très-agréable de réunion et de promenade.

Le troisième quartier est celui: des Bourgs; il s^étend depuis la tour du clocher jusqu^au pont consdruit sur TE^gues, à Pentrée de la gorge des Pilles.

Ce pont est remarquable par la hardiesse de sa construction. Il est d^une seule arche, en pierres de taille, de 20 toises de largeur sur 8 ou 10 de hauteur, suivant <pie Ite eaux creusent ou élèvent le lit de la rivière. La^ maçonnerie des ses piles n^a dans œuvre que 2 toisea d^épaisseur , mais elle est fortifiée de part et d^autre par de grands éperons. Au sommet de son cintre s^élève une petite toui: carrée ^ de 2 toises ^ sous laquelle on passe. Il y a eu long*tempd des portes dans cet endroit du pont , pour admettre , refuser ou arrêter les passans , et assurer la perception d^un péage. La pile gauche est percée d^une porte de 9 pieds 1/2 de largeur rar 11 de hauteur, dont le seuil , au niveau des éperons des piles, est élevé de plus de 10 pieds au-dessus des eaux, qui v^j entrent que datis les grandes trues* Elle a été construite pour faire passer le chemin de Mirabel, qui, en traversant ainsi le bas du pont , conduit par un quart de cercle sur ce même pont ; ce qui a donné lieu à Ténigme qu^27 faut passer sous le pont de Nyons aidant de passer dessus. Quelques géographes ont prétendu que c^était un puvrage des Romains ; mais d^anciens actes ne font remonter Pépoque de sa construction qu'à Tannée 1341 (1).

(1) Dans un ?olume in-l2 de 159 pages , imprimé à Orange en 1647, ayant pour titre : Histoire naturelle ou relation exacte du vent particulier de la ville de Nyona en Dauphiné^ dit le vent de Saint César ée d* Arles et vulgairement U Pontias, Gabriel Boule s*expi;ime ainsi sur la date et les circonstances de la construction du pont de Nyons :

« Le prix fait a été donné en 13A1* On nY travaillait que lentement et, à reprises, à » cause que la dépense s*en faisait par les habitans ou par gratifications particulières. 1 En 1400, 1401 et années suivantes, on y travailla plus vigoureusement, jusqu'à ce 9 que Tœuvre fut entièrement achevé. La ville de Nyons imposa un vingtaih sur tous 9 les fruits, denrées et marchandises, ainsi qu'il réisulle des' mandats tirés en faveur » des ouvriers, et des actes reçus par M.* Mége, notaire de Nyons.

» Les paieinens se faisaient encore alors en florins d'or à la ftiçon de t'empii^.

1 Un acte passé dans l'église des pères prêcheurs du Buis, et reçu par M.* Etienne

La position de Nyons donnait autrefois à cette place une grande importance. On voit encore sur le revers da plateau de Gûardj au sud^est, où s'^appuie une des extrémités du pont, les ruines d^ane dtadelle qui commandait le côté gauche de la gorge , tandis que les forts défendaient le côté droit ; ce qui rangeait cette ville parmi les^ places les plus fortes du Dauphiné. La citadelle fut démolie par ordre de Louis XIIL II y avait C€|>eiidant encore un gouverneur pour Nyons en 1789 , mais il n^y résidait point.

Cette ville est une de ceUes qui furent laissées en otage aux prôlestans pendant lès troubles religieux. Ils y étaient en grand nonjibre, et ils forment encore aujourd'hui la moitié de la population.

Il y avait à Fépoque de la révolution un monastère de religieuses dépendant de Fabbaye royale de Saint-Césaire d^ Arles (1)v*t tout {Mrès de la ville, sur le chemin de Vinsobres , un couvent de récollets (2), dont lies bàtimens servait de temple aux protestans et d^lijôpital civil.

La vallée à la tète de laquelle Nyons est placé présente , dans la belle saison , le spectacle dW grand jardin arrosé par de nombreux canaux, tapissé de la verdure des prairies , couvert d^une grande quantité dWbres dont les fleurs et les fruits embaument les promenades. Deux cbaines de montages , qui dominent une infinité de collines , servent comme d^ampbithéàtre à cette

■ * ■ ■ > ■ i * \ - fc 1 > ■ * ^ ■ • - ■ ~ 1 — "T— — ^,^ - / . 1 . ^

1 Gautier, notaire de Nyons , en Tannée 1A09, porte q«e Pierre Gaudelin, gentilhomme » de la chambre da roi, bailli de Méouillon et baron de Hontauban, et Pierre Defaye^ » chevalier, étaient commissaires députés par le dauphin, fils du roi Charles Ifl, poisr » avoir inspection de la construction de ce pont; et que GuiUaume de Pont et Vincent 1 Fabri , étaient procureurs ou commissaires de la part de la communauté , pour y faire > 'travailler et avoir la direction de Fœuvre, par acte de procuration reçu M.* Mége, » notaire, le 8 septembre 1399.

» Que noble et puissante Béatrix du Puy, dame de Brueis, au diocèse de Gap, aurait » fait, par son testament, reçu par Guillaume Gautier, notaire à Nyons, un legs pour » aider à la construction de ce pont... »,

(1) Le monastère de Saint-Césaire fut fondé par Sainte Gésarie, sœur de Saint Césaire» archevêque d^ Arles, dans le Y* siècle, à une petite lieue et à Touest de Nyons, au quartier de Saint-Pierre-des^Çhamps , où Ton en voit encore les ruines, puis transféré dans Tintée rieur de la ville.

(2) Le couvf nt des récoUeto ne datait que de T^imie 1$37. Il avait été jfondé jiar plu/^ieurs iiot^bliBs habitans.

DESCRIPTION DES GOBIMUNES. 573

plaine , et Fenveloppent de deux rideaux couyerts d^oliviers entremêlés de vignobles et de mûriers. Du côté du nord, ces montagnes semblent élever à dessein leurs tètes hérissées dWbres pour protéger la plaipe contre la violence de la bise , tandis que les montagnes du côté du sud semblent les baisser pour donner un libre cours aux rayons fécondans du soleil.

CTest cette vallée (1) que la rivière d^Eygues couvre sans cesse de gravier, et qu^il serait si important , comme je Fai dit ailleurs , de préserver de plus grands ravages, en achevant la digue commencée depuis 15 ou 16 ans.

Les habitans sont naturellement gais, vifs et laborieux. Leur territoire sablonneux , qui serait stérile dans des mains moins actives que les leurs , produit du grain , du vin , des fourrages , du chanvre , de la soie , de rhuile d^olive et de très-bons fruits. Les productions priocipales sont la soie^ Fhuile d^olive et le vin. La culture des dUviers j est très*soignée , et parait avoir acquis la perfection dont elle est susceptible dans ces contrées ; die absorbe une grande partie du revenu ; aussi le pays n^est-il pas riche ; mais on y est dédommagé par la beauté de la situation , et par la douceur d^un climat où le soleil donne des jours constamment sereins , et sous lequel les maladies populaires, grâce à Theureuse influence du vent périodique appelé Pontias , ne sont guère connues que de nom (^).

(1) Elle a environ une demi-lieue de largeur sur 5 à 6 lieues de longueur.

(2) Ea reproduisant, pafge 345 et suivantes > les détails que ('avais défà fait connattre SUT le phénomène du Poniias, fai résumé les différons ^stèmes suivant lesquels on a cherché à Texpliquer. Au moment oii je rédige cet artide, un ouvrage de M. Gras, ingénieur des mines, paraît, qui rejette ces systèmes conmie contraires aux règles de la physique, et y en substitue un autre sur lequel je crois devoir appeler l'attention de tous les hommes éclairés de la localité. Il est désirable que, par de nouvelles observations rapprochées de celles que présente cet ingénieur, on parvienne à faire cesser toute incertitude sur le^ véritables causes de cette particularité, depuis si long-temps le sujet de tant et de si diverses eon)eoture8.

Partant du priaeipe que tous les vents sont produits par un défeut d'équilibre dans l'atmosphère, et appliquant cette théorie à la singularité du Paniias, M. Gras l'attribue à la podtioQ de Nyoos entre une gorge étroite d'une part, et une violée plus large de l'aulre; il rexpliqoe enfin par une différence de température qui existerait de Tune à l'autre. Voici comment il s'exprime :

« On a pu remarquer que le caractère le plus saillant du Poniias est de ne souffler que

574 tUÀJprnE Vf.

Njôns est k patrie de Jacques Bernard^ miaisti'e de la réUgioû réforniéé^ A la révocation de Fédit de Nantes , il alla s^établir à la Haye , où il ouvrit une école pour la philosophie , les belles-lettres et les mathématiques. En 1 693 , il se chargea de continuer la République des lettres , journal que Bayle avait rendu célèbre. Il y travailla jusqu^'en 1710, le reprit en 4716, eC ne Fabandonna plus jusqu^à sa mort. Il était très-laborieux , mais son stjle était incorrect , diffus et plein de locutions triviales. Il mourut d^une fluxiou de poitrine occasionnée par un excès de travail, en 1718, Igé de 60 ans.

De Pierre de Faucheran, sieur de Montgaillard , poète médiocre du XVI"* siècle, mort en 1605. Il a laissé des stances^ des chansons y des couplets satiriques , burlesques, etc. , rassemblés par Vital d^Audiguier et publiés sous le titre à! OEuvres poétiques ; Parfa, 4606, în-12.

De Jean -Paul Perrin , ministre protestant, auteur d'une Histoire des Vaudois imprimée en 4610.

pendant la nuit; en toute ftaison, il selève comme le soleil se couche, et cesse bfent^t, dès que cet astre reparaît sur Thorizon : d*où l'on peut déjà con€lure que c'esf au refifoidissement nocturne de la terre qu'il doit être attribué. La disposhion des lieax montre ensuite comment ce refroidissement peut produire un pareil effet. Ainsi qu'on l'a dit , Nyons est situé à la jonction de deux vallées d'une forme et d'un aspect bien différens : l'une est une plaine étendue et très-chaude, et l'autre une gorge étroite et profonde, ob le soleil ne donne que pendant une petite partie de la fournée. SU arnre, à cause de cette différence d'exposition , que l'air contenu dans la gorge devienne sensiblement plus froid que celui de la plaine adjacente, l'équilibre ne pourra sobslsler entre ces deux portions de l'atmosphère; l'air froid , à cause de sa plus grande densité, tendra à s'écouler du côté oii il est dilaté par la chaleur , et le passage se trouvant étroit, il en résultera un courant d'une force proportionnelle à la différence des tempérajlures, et qui durera tant qu'elles 8eK>nt inégales : or, c'est précisément ce qui a lieu à Nyons pendant la nuit. Gela tient même à un fait d'une expérience ass« conmiune : tous ceux qui parcourent les montagnes ont pu remarquer (pie , lorsque le soleil darde ses rayons au fond des vallées étroites, on y éprouve le )OUr une chaleur étouffante , égale et même supérieure à celle des lieux découverts , quoique situés à un niveau plus bas; le eontraire a lieu- pendant la nuit, et le soleil est à pein% cooehé, que le froid commence à devenir très-vif dans ces vallées, lorsque la température a'a pas diminué beaucoup^ dans la plaine. Cet effet peut être attribué à deux raisons : d'abord les rayons solaires ne pénétrant que peu de temps dans les gorges^ n'y accumulent pas beaucoup de chaleur :: par conséquent, le refroidissement y est très-prompt;

DESCRIPTION DES COBIMUNES* 575

De PhiKs de la Tour-du-Pîn-la-Charce , cette femme célèbre qui montra tin si beau courage lors de Tirruption que le duc de Savoie fit en Dauphiné

Liée avec la maison de la Charce, M."** Deshoulières vînt à Nyons visiter cette famille en 4674 , et quelque agréable que 4ût lui paraître le séjour de Paris y où elle était fort considérée , il lui resta toujours un attachement singulier pour les solitudes du Dauphiné, dont elle disait souvent que Fidée inspirait une sorte de charme à son ame. Cest apparemment ce qui Tengâgea, dans la suite, à choisir ce pays pour la retraite de deux de ses filles ^ qui se firent religieuses à Nyons.

» en second lieu^ la variation de température de la surface du sol, dans le passage du » jour à la nuit, étant, à exposition égale, beaucoup plus grande sur les montagnes » que dans la plaine , une variation correspondante doit se communiquer aux couches » d'air les plus basses' de Tatmosphère. Pour concevoir ceci clairement, il faut considérer » que bien que la température intérieure des montagnes soit inférieure à celle des 9 plaines, cette inégalité ne s*étend pas sensiblement pendant le jour à la surface du » iol exposée au soleil, parce que celui-ci ayant un pouvoir calorifique aussi grand sur 1 les lieux élevés que dans les endroits bas, les échauffe tous presque également, surtout » si Tatmosphère est tranquille; mais la chaleur des lieiuc élevés est toute superficielle^ et $ se dissipe rapidement dès qu'elle n'est plus entretenue; dans la plaine, au contraire, il y a un fond de calorique intérieur, si je puis parler ainsi, qui compense la déperdition causée* par le rayonnement. Quant à l'influence de l'état thermométrique du sol sur celui de Pair ambiant, elle ne peut être révoquée en doute. En appliquant ces consi«* dérations aux environs de Nyons, nous en déduirons que les parois de la vallée étroite qui conduit aux Pilles et les sommités qui la dominent, se refroidissent pendant la nuit dans une proportion beaucoup plus forte que la plaine qui s'étend au sud-ouest; que ce refroidissement inégal étant partagé par les couches d'air les plus voisines du

sol, Téquilibre de ces couches est détruit; ce qui produit le phénomène mentionné. Cette explication s'accorde bien avec toutes les circonstances décrites plus haut; par exemple : si le Rontias est surtout violent en hiver, c'est qu'alors la durée du refiroidissement étant aussi longue que possible, la différence des températures atteint son maximum; on conçoit aisément qu'un ciel nuageux doit lui être contraire en diminuant les effets. du rayonnement; il ne règne point dans les régions élevées de l'atmosphère, parce qu^à cette hauteur l'influence du sol n'est plus sensible; enfin, les renflemens périodiques d'intensité qui le caractérisent, tiennent sans doute à ce qu'il faut un certain temps pour que l'air qui a remplacé celui qui s'est échappé atteigne so^Qt j minimum de température, i

D^Antoîiie-Alexandre Romîeu , né le 8 s^iten^re 1 764. Il fut administrateur du département en 1793 et 1794, accompagna Champiwufft dans ses campagnes de Naples et d^Italie, avec le grade d^adjudant-commandant, fut employé sous le consulat comme agent diplomatl<{ue , €t mourut , le 4 avril 1 805 , à Ispahan, capitale de la Perse, où il avait été envoyé avec une mission importante. On a prétendu , dans le temps , qu'ail avait été assasâné par un tartare mis à sa poursuite par le consul anglais Baricer,

De Louis-Paul-Marie DeliUe- Armand , né le 12 mars i788, mort le 22 octobre. 1815. Il fut pasteur protestant à Valence et à Nîmes , et montra un talent distingué pour la chaire. Dans sa jeunesse, il s^était occupé de poésie, et il eut de hrillans succès dans le genre difficile de Tode. U est auteur de deux volumes de sermons imprimés à Nimes, et éditeur des nouveaux sernaons de M. Durand , imprimés à Valence.

Et de M. Jean-Jacques-Hippolyte Jacomin, né le 13 aoAt 4764. Il fut administrateur du département en 1792, et successivement député de la Drome à la convention , au conseil des cinq cents et au corps législatif.

PAUL-TROIS-CHATEAUX ( SAINT- ) (^ugusta Trîcastimmm, Sémcii PauU TricnstinoTunt cmtas). — Cette ville est située au bas d'une colline, à 5 kilomètres de la grande route de Lyon à Marseille , et 29 sud-est de Montélimar. Elle est sous le 44^21' de latitude, et le 2" 25' IS"" de longitude. Lie territoire en est très-varié. Gras et productif sur certains points, maigre et ingrat sur d'autres , presque stérile en bien des endroits , le sol est recoai^rt de cailloux roulés du câté du Rhône, tandis qu'il Test de sables, de firagmens de silex et de pierres calcaires partout où il se rapproche des montagnes. La culture y est soignée ; elle est , pour ainsi dire , Punique occupation des habitans. On y récolte des grains , des fourrages , des noix , des amandes , mais surtout du vin et de la soie. Avant le rigoureux hiver de 1 789, les olives étaient aussi une des productions principales de cette localité et F-c^ijet d'un commerce assez important.

C'est dans la partie orientale que se forment , par la réunion de divers ravins qui descendent des coteaux , les torrens de la Robine et àes Échorâtelles j si funestes par les sables dont ils couvrent les terres à chaque crue. Ils coulent d'abord de l'est à l'ouest , et traversent ensuite tout le quartier situé au couchant , en se dirigeant du nord au midi*

DESCRIPTION DEft C0M3IUI<C£S. 677

Le ciel de Saint-Paul est beau et le climat tempéré. Les hivers y sont , en général ^ assez doux. L^été y serait fort chaud ^ si Talmosphère n^ était de tOBEips CD temps rafraîchie par les vents du nord, qui y soufflent avec impétuosité. L^automne 7 est ordinairement pluvieux. Le printemps y présente quelquefois , dans la même journée ^ le mélange le plus bizarre des quatre saisons de Tannée.

La commune ne se compose que de son: chefrlieu et de quelques maisons éparses^ La population totale est de 1 ,982 individus. Il n^ a ni ^taUissemens pubiics y ni commerce , si ce n^est quelques £sJ)riques d^ouiraison de la soie et six foires par an.

On y remarque un ancien couvent de ^ dominicains , où est maintenant une école normale des frères de la doctrine clnrétienDe , de * Fiostitèrtian particulière de Fabbé Fière. • .•;..*. /

^ Saint-Paul est bien dléchn de saa antique prospérité. A^raiit la révolution , il avait mv évèque, un chapitre^ une subdélégàtion , une judicatîire, et aujourd'hui il n^est pais méioie chef-ltea de canton. Cest le siège de la cure du canton de Pterrëlatte. Cévèché existait avant Tan 300. 1 *: .

S0U6 Pempire romain, cette ville était encx)re plus importante quie dans le moyen âge. Auguste en fit mué colonie,, et du nom de ce prince elle prit celui dUAugusta Tricastinorumf elle Ta quitté dans Je V"*' siècle pour adopter celui de- SaùU^Paulj en mémoire d-^un iveque qui en- avait gouverné saintement FégUse. Cétait la capilâde des TrieMlios^ dcmt le pays avait reçu une sorte de célébrité, dès Fan 453 ^e Rome, du long séjùur* qu'y «fit Bellovèse, dans Tattente d'une circonstance favorable pour franchir ' lès Alpes. Amnbal y passa aussi en Tan .536 de iUome. I^lia^ la rryage parmi Jies villes latines*

H. Mit

Saint-Paul avait trois portes : Tu^e, à Foccident, était appelée /?or^^ i^e la Colonne^ a cause d'un monument érigé «a Thonneurd^ Auguste:; la seconde subsiste encore sons le nom de Fan^Jou^ Fanum Joi^isf à causé de quelque temple de Jupiter bâti dans le vbrsinàge. En effet , vis-à-vis de èiétte|iortei il existe, au dehors, un coteau autrefois -couvert d'un 'bois épais, qîîi est appelé Pîed-Jouy Podium Jom. C'était sans doute sur ce coteani.qu'étail bàti le temple de ce dieu. On y trouve des fy ^raei^ 4e pa,vfé ^ mosffiquf^ en diverses couleurs. La troisième s^appelait/iori^ des Taun^ ^ parce iqu!i] y

avait en cet endroit trois grandes tours. Le père Ansdbie, dans son Histoire des Eçêques de Saint^Paulj pense que ce pourrait bien être là Torigine du nom de Tricastinf mais M. le docteur Nid n^adopte point cette étjmologie (1). « Il nY a , dit-il , aucun exemple de ville qui ait tiré son nom de Tune de » ses portes : elles le tiraient toutes , ou du local sur lequel elles étaient » bâties, ou du nom du fondateur, ou de celui de la légion qui, la n première , venait Thabiter. » Il attribue ce nom à lue particularité qu^on observe sur les limites du pays , particularité dont Fantiquité remonte audelà de la fondation de la ville : ce sont trois forts ou châteaux , Fun au débouché de la vallée qui communiquait avec les Voconces , appelé Arx pallisj ciladelle de la vallée, vers Saint-Restitut , sur la montagne des Archwœua:! Tautre vers la frontière des Ségalauniens , et qu'ion appelle aujourd'hui Magne ^ Turris magna^ sur le territoire de la Garde-Adhémar. Elle pouvait défendre Tentrée aux Helviens, qui habitaient la rive opposée du Rhône. Le troisième fort , tourné du cèté des Cavares , était connu sous le nom de fiarri (2). On remarque dans ce quartier, qui dépend de la commune de Bo]lène , Les ruines d^un grand édifice dont les alentours fournissent depuis long-^temps des médailles en <Mr, en argent et en bronze (3). il parait probable ^e c^est à ces trois tours ^ bâties pour la sûreté des premiers habitans , que la ville doit ison nom,.

' '(1) Voyee son Mémoire sur la topographie du Tricastin^ 1802. Tai tiré de cet ouvrage, plein d'intérêt y «me partie des détails dqnt se compose cette description de la viUe de Saint^Pai^ .

{2) Barri, eh langage vulgaire du midi, signifie rempart ^ 1fan*iêr4, tmptchement.

(3) Ce monument , dont on voit les ruines tout près de rancien fort de Barri, remonte, à coup sur/ à urne époque fort reculée ; le goàt avec lequel il parait être bâti ne dément pas'cdui de la belle antiquité. On croirait d*abord que ces ruines sont le mur d'une citadelle; tuais les débris' de cc^nnes trowéls aux environs, et la position du monument dans un lieu abrité et protégé par la tour de Barri , font plutôt supposer un édifice de luxe qu'un monument de sûreté; on peut même présumer qu'il était destiné à quelque exercice profane, à en juger par son défaut d'analogie avec les édifices religieux. Ce bâtiment devait être très-vaste : la portion de mur qui existe encore a trente pas de longueur*;' plus loin, à une vingtaine de pas, on en trouve, au niveau du sol, la 4^outiuuatSO0, et Ton peut ep reconnaître le terme.

0ESCRIPTIÔN DÈS COMMUNES'. 570

Saînt-PanI présenté encore quelques autres vestiges de sa splendetff passiee. Au nord et sous- les murs de rancfeu éVèché, sont le& débris* d^un thbnument dont le genre et la destination restent inconnus. < •

Dans les maisons Marron et Pistre , près du cours , on apei'çoit les restes d^un autre monument , et une portion de muraille qui porte des colonnes d^un goût exquis , le tout bâti de très-grosses^ pierres , où Ton ne voit aucune trace de ciment ou de mortier. Contre cette muraille, on a bâti des maisons, dans les caves desquelles on découvi*e dès mosaïques et des carrés de pierres où sont délicatement sculptées des guirlandes d^où pendent des grenades , firuit dédié au dieu Priape. On en a retiré aussi deux bas-reliefe, qui représentent Pun Tallégorie de la Force vaincue par F Amour, et Vautra une visite de Jupiter à son fils Bacchus mis en nourrice chez Ino. Le père Anselme croit que ces vestiges sont Vet restes d^un cirque ; la forme cependant annoncerait plutôt un temple.

On déterre, soit dans la ville, soi^ dans la campagi^, de9 stafties en pierre, en marbre et en bronze. Au commencement du XVIII"* siècle, on y en a trouvé une de ce dernier métal , qui est , dans son genre , un des plus beaut morceaux de Pantiquité. Cette statue est revêtud d^une espèce de tunique d'où les bras sortent à nu, et qui descend vers le milieu des cuisses. La tunique est l'ecîottverte à son tour par une peau de loup , qui cache aussi le sommet et le derrière de la tête, et dont la queue descend j^usqu'audessous du gras de jambe ; la partie moyenne de ce vêtement vient se nouer sur la poitrine. Les traits de la figure sont réguliers , nobles et imposans ; ils caractérisent la douceur et la majesté. Le bas du visage est orné d'une barbe épaisse et crépue. La partie des cuisses qui n'est point recouverte par la tunique ou la peau de loup , est nue comme les jambes ; les pieds sont chaussés avec des souliers à talon , et serrés en dehorspar des boucles- carrées. La statue tient dans une dé ses mains, élevée à la hauteur de la tête^ une cassolette où brûle de Fencens. Est-ce un attribut de la divinité, ou une offirande qu'on lui présente?...,. Elle a long-temps fait partie du cabinet de M. Calvet , savant médecin d'Avignon^

Un autre objet d'antiquité, peut-être plus remarquable encore i découvert à Saint-Paul, est une agate onyx camée, gravée en relief et représentant la Pudeur fuyant l'Impudlcité; Ce morceau , précieux par la grâce de la

composition, la pureté et la délicatesse du dessin, a 6 ligues dans sa plus grande étendue et 4 dans la moindre. Il fut trouvé en 1 770 , en (gérant des fouilles dans le couvent des dominicains, et offert à M. Payan père, consdUer au parlement. Il est maintenant an pouvoir de son petit-fils, M. Pajan, avocat à Valence. Soumis dans le ternp^ a Tappréciation de Tabbé Barthélémy, auteur du Voyage d' Anachar^is et conservateur du musée des médailles , il en fit la description suivante : a La Pudeur, compagne d^Astrée, indignée des y* outrages qu^eUe reçoit parmi les hommes, abandonne brusquement leur » séjoWf et se retire dans le ciol avec Astrée. Voilà peut-être le sujet i) représenté sur cette pien^ gravée*: Une figure ailée détourne ^es regards )».. d^une corbeille portée par un enfant masqué. Elle fuit avec rapidité. Une )» femme , à ses pieds , fait de vains <êifpr(s pour la retenir. Devant cette femme M est un masque. Sur un camée lemUiible , conservé au cabinet national des )> médailles , on voit un autel devant la figure ailée. I^a jBgure ailée est la )» Pudeur; la fenune qui veut la ret^nii*^t Je Libertinage : il vient de déposer )> son masque ; il présente à la Pudeur et veut , en dérision » sacrifier sur son » auitel des objets consacrés à PHape : ce sont des gâteaux auxquels les anciens » donnaient la foimie des parties.de la génération, mêlés avec qudqu^ firuits, )» principalement deà figues , et renfermés da^s une corbeille. Telle est Fexplî- )^ cation plausible, et au moins ingénieuse , que donne Winkelmann d^un )) monument à peu près semblable, et qu^il a publié dans ses Monumenti

On déterre ^encore daps les environs deSaintrPaul des miroirs avec leur boîte à mouchesr Ces instrumiéns de toilette sont d^un métal blanc que la rouiUe attaque difficilement, si Ton en juge par le peu de progrès quelle a faits sur ceux qu^On y trouve de nos jours. Les pavés de mosaïque y sont très-communs. On ,y rencontre des débris d'^aqueduos, des tombeaux,, d^es urdes, des lampes sépulchtales , des instrument de mécanique, des médailles ep or, en argent et en bronze V ^s coupes et des soucoupes en verre et en brique, des lacrymatoir^, de petites boules en verre de diverses couleurs qui servaient de joujoux aux enfans.

Les lampes sépulchrales portent généridement Tempréinte d^un cerf, en témoignage de la vénération particulière qu^on avaiç sans doute dans le Tricastin pour la déesse de la chasse; d^autres représentent les obscénités les plus grossières et les plus dépravées.

DESCRIPTION DBS COMMUNES. 581

M. Vincent a trouvé dans une de ses terres un monument tumulaire avec Tinscription suivante :

C CORMIIO

SEDVLO AEMI

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