C. VENAESI FORTV
NATI liiiil. VIR AVG VENAESIA EVTYChes PATRONA ET HERES
Aux mânes de Gains Venaesius Fortunatas, sexvir augustat. YenaBsia Euiychès, saf palrone et sob héritière , lui a élevé ce monument.
PROPIAC. — Cest un village du canton du Buis, dans un vallon qui sert de lit au torrent d'Aigue-Marse , entre Mérindol et MoUans. La population est de 98 indivfdus. Il y a de belles carrières de plâtre, une source d^eau salée, et des eaux minérales qui attirent chaque année, dans la belle saison , un grand concours d^étrangers. Les productions principales sont les céréales, le vin et ThuiTe d^olive.
On y voit les ruines d^un château-fort , et un document contenu dans VHistoire de VEglise de p^aison apprend que Tévéque de cette ville était propriétaire de la moitié du château et de la terre de Propiac; quVn 1269 il la transmit par bail emphytéotique au dauphin, et qu^en 1337 Ratarius ou Ratier , cinquantième évêque de Vaison , en fit vente définitive au dauphin Humbert, moyennant une redevance annuelle et perpétuelle de 10 florins d^or delphinaux , à prendre sur le produit du péage de Nyons.
Cest à Propiac , et dans ie petit pensionnat quY tenaient MM. Faure, que Jeaur^iffirein Maury , depuis si célèbre comme membre de TassemUée constituante, comme cardinal et archevècpie de Paris, fit sts premières, études.
DESCRIPTION DES GOBIMUNES. 591
REAUVILLE. — Ce volage est à 7 kilomètres nord-ouest de Grignan. Il sY tient one foire le 18 novembre de chaque année. Il existe sur son territoire deux carrières de plâtre qui sont Tobjet d^un commerce qui acquiert chaque jour plus d^importance. La commune comprend, outre le village, les hameaux du Fraisscj sur la route départementale de Montélimar à Grignan , de Ciielle^ dans un vallon sur les confins d'^Aleyrac, et de Montjqyer^ Mons Jovisy entre Réauville et Allan. La population totale est de 923 individus.
La tour de Mont^Lucet domine les deux bassins du Jabron et du Roubion ; elle est au milieu des bois et sur un fond de rocher qui n^est pas susceptible de culture. Sa position | son isolement et les ruines qui Fentourent indiquent que ce fut un temple dédié à Apollon sous le nom de LucetiuSj qu'^elle a conservé.
Cest sur le territoire de cette commune qu^on trouve la vaste et riche forêt d^Aiguebelle, Aqua bella^ ainsi nommée de la beauté de ses eaux. Il j avait dans cette forêt, avant la révolution, une abbaye de Tordre de Citeaux, filiation de Morimond, fondée par Saint Bernard lui-même. Le monastère fut bâti en 1137. Le local et les terres qui dépendaient de Fabbaje avaient été donnés pour cette destination, comme on le voit par Finscription suivante que rapporte Tabbé dlExpilly :
F^I kal.juliij armo ah incamatione Domini MCXXXVII y dédit Guntardus ( LupifiUus ) , Dominus Rochœ Jbrtis j locum istam abbaiiœ Morimundi ad abbatiam ibidem construendam in honorera beatœ Mariœ.
Le six des calendes de juillet. Tan 1137 de rincarnation du Seigneur, GoDtard (fib de Loup), seigneur de Rochefort, a donné ce lieu à Tabbaje de Morimond, pour y construire une abbaye en Thonneur de la bienheureuse Marie. » .
Le marbre sur lequel était gravée cette inscription existe encore dans le grand corridor du monastère, mais Finscription est mutilée et presque entièrement effacée.
L^abbaye fut très-importante et très-riche dans les premiers temps de sa fondation : on j a compté jusqu^à 400 religieux; mais s&s revenus diminuant, d^abord sous le pape Urbain VI, par la création ài&s eommanderies
perpétuelles ^ et plus tard sous Henri III , par les taxes de guerre excessives qui lui furent imposées ^ le nombre des religieux diminua.
Les bâtimens et les terres ayant été cédés de nos jours à la légion-d^honneur^ ib ont été vendus par la caisse d^amortissement, mais la forêt est restée une projNriété domaniale.
Des religieux de la Trape ont acquis une partie des bâtimens , et s^ sont établis en 1816.
Cest une solitude imposante. De belles eaux circulent dans le vallon et dans les bâtimens du monastère. La ùiaison est propre et bien entretenue. Les cénobites chargés de recevoir les étrangers s^en acquittent avec politesse ; ils se plaisent à faire voir leur habitation dans tous ses détails. Mais ce silence éternel, ces insignifiantes et rigoureuses pratiques, cette austérité meurtrière que s^mpose le trapiste , contristent Famé , parce qu^elIes n^appartiennent qu^à une exaltation insensée. Comme les trapistes ne parlent pas même entre eux , et que tout nom de famille est proscrit du monastère , ils ne se connaissent point. On distingue le grabat ou plutôt la planche sur laquelle ils couchent par des noms de baptême ou des noms adoptés; la plupart même ne se connaissent que par de simples numéros. Le supérieur a seul le secret de toutes ces existences; aussi lui serait*il fort aisé de soustraire de grands coupables k Faction de la justice civile*
Les religieu^i^ sont ordinairement au nombre de 100 à 125 , et malgré Tinfluence favorable. d^ un beau climat, il y eu a toujours w^ quart de malades j tant le régime est mauvais et contre nature.
REMUZAT. — Ce bourg , d^une population de 688 individus , est au confluent de la rivière d^Oule avec celle d^Ejrgues , à 24 kilomètres nordest de Nyons et 10 kilomètres sud de la Motte-Chalancon. Cest un chef-lien de canton et un bureau d^enregistrement. 11 s'y tient quatre foires par an. La route du Pont-Saint-Esprit aux Alpes doit y passer , et en ouvrant des débouchés précieux aux communes de ce canton montagneux , aujourd'hui fermé de toutes parts , elle y répandra Faisance , le mouvement et la vie.
Remuzat faisait autrefois partie de la Provence et de la viguerie de Sisiwon, ainsi que les villages de Cornillon, Cornillac, la Charce, Pommei*oI, Satoê- May et L^nps, qui dépendent encore de son canton. H y avait un subdétégué
et une juridiction sous un lieutenant de juge nommé par le seigneur et le prieiur.
Il n'y a guèi'e que trois siècles que le bourg occupe remplacement actuel. Ha remplacé un petit village qui était vis-à-vis, au-delà de la rivière d'Oule, dans un lieu très-penchant. On voit encore les vestiges des remparts qui en formaient Tenceinte. L'église de cet ancien village a continué d'être entretenue par la commune. Elle est dédiée à Saint Ëutrope ; on 7 va en procession le jour de Saint-Michel.
Dans les premières années du XIV"* siècle , il y avait sur son territoire ou dans les environs trois monastères de Templiers.
Le vallon est agréable et fertile en fruits, jardinage et chanvre. Les coteaux produisent un vin excellent , qui souffire le transport. Il y a aussi de belles plantations de mûriers et de noyers.
On trouve au quartier de Champbon des géode» remplies de cristaux^ qui ont le poli et l'éclat des diamans les mieux travaillés.
Les rivières d'Oule et d^Eygues cafusaient autrefois beaucoup de ravages sur le territoire de Remuzat. Dans ses grandes crues , l'Oule inondait souvent les rues mêmes du bourg ^ et plus d'une fois on a craint de voir emporter le quartier où elle faisait irruption. Mais grâce à une digue de 1 ,447 mètres construite sur l'Oule , et à une autre de 675 mètres sur l'Ey gués , commencées en 1 81 1 et terminées en 1816, le vallon et le bourg sont maintenant préservés des eaux dévastatrices de ces deux torrens. Elles ont été construites aux frais des propriétaires intéressés ; mais elles n'en sont pas moins un monument qui marquera d'une manière honorable l'administration du maire, M. Monnier ,^ car c'est à son zèle et à sa constante sollicitude pour l'intérêt de sa commune qu'on doit d'avoir commencé et achevé ces travaux si éminemment utiles.
RESTITUT (SAINT-). — Cest un village du canton de Pierrelatte, dMne population de 887 individus ; il est situé sur un coteau , au levant et à une demi-lieue de Saint-Paul-trois-Châteaux. Il y a de belles carrières pour les constructions, qui sont un objet intéressant d'industrie pour cette localité.
L^église de Saint-Restitut mérite de fixer l'attention des antiquaires. La partie qui forme maintenant la chapelle des pénitens semble avoir été un oratoire du paganisme. Un frise remarquable règne sur les quatre faces de^ l'édifice \ une de ces faces est masquée par des constructions ajoutées dans^
594 CHAPITRE YI.
le moyen àge^ mais sar deux autres on voit gravés , dNme part, les douze signes du zodiaque , et de Fautre , des animaux emblèmes des mystères de Tancien culte. La file de ces animaux se prolonge au couchant sur la face où est figurée une procession payenne. Un grand prêtre , assis sur une chaise curule, adresse la parole à la foule, qui s^approche en ordre et dans le recueillement. Tous les personnages sont revêtus de costumes antiques , et presque tous portent à la main un rameau de pin. Un h(Hnme à cheval se présente en face de la fiile d^animaux qui arrive du côté du nord, et ^i arrête la marche. Ce monument n^autorise-t-il point à penser que Fantiquité consacra ce lieu à quelque divinité , et que quand la religicm chrétienne fut devenue publique et dominante dans cette partie de la Gaule, on y substitua, comme cela se pratiquait alors , un culte à un autre ? Ne peut-on pas penser ausâ que c^est à cause de cette sorte de restauration , de la consécration de c^te église au christianisme , qu'^elle fut nommée restitutum iemplum f et que du mot restitutum on a fait plus tard SairU-Restitut. Cette étymologie me semble très-vraisemblable, quoiqu'elle ne s'accorde point avec les légendes du moyen âge , qui veulent que le village ait retenu ce nom d'un évêqœ de Saint-Paul qu'il a adopté pour patron, et auquel ses habitans attribuèrent pendant long-temps des miracles pour la guérison des maux d'yeux.
ROCHECHINARD (Castrum Rupis Chinardi). — Ce village , d'une population de 424 individus , presque toute éparse dans la campagne, est à 5 kilomètres de Saint-Jean-en-Royans et 39 de Valence. Le pays est montagneux.
L'église est entièrement isolée dans la campagne et au milieu du cimetière. Au-devant de la porte d'entrée est un ancien rosnfj ce qui fait dire, quand quelqu'un est mal portant , qu'z7 veut aller sous le gros marronnier.
On y voit les ruines de l'antique château où Charles VIII confina, en 1484, Zizim , fils de Mahomet II , frère et compétiteur malheureux de l'empereur Bajazet. 11 est sur un rocher escarpé , au milieu àt& bois et dans un paysage extrêmement agreste.
ROCHE-DE-GLUN ( la) ( Castrum Rupis de Clivo). — Vis-à-vis de Glun , gros village de l'Ardèche , dont il n'est séparé que par le lit du Rhône, la Roche est à 1 0 kilomètres nord-ouest de Valence et 8 sud-ouest de Tain.
Sa populatioD ag^om^ée n^est que de 800 individus , mais sa population totale est de 1 ,849. Son territoire a , dans tous les sens , une étendue dMne lieue un quart environ ; il est entre le Rhône au coucbmit, Flsère au midi , et les communes de Mercurol et de Beaumont-Monteux au nord et au levant. Le vin 7 est de très-bonne qualité ; on le confond souvent avec ceux de Tain et de Mercurol. Les habitans sont presque entièrement occupés aux travaux de Tagriculture et de la navigation. Il y a cependant trois foires par an , des fours à chaux et une fabrique de blanc de céruse. Une tour carrée, haute de 1 00 pieds , y a été construite depuis quelques années pour la fabrication du plomb de chasse. Elle est fort bien bâtie , et présente au loin la ressemblance d^un clocher.
On voit sur la pointe d'un rocher , au milieu du Rhône , les ruines de Fantique château-fort. Ce rocher est séparé de la rive gauche du fleuve par une trouée de 13 mètres environ, établie pour faciliter la navigation. Lorsque les eaux sont basses , on découvre au pied du roc les fondations du mur d^enceinte. La maçonnerie en est si solide, qu^elle tfa encore éprouvé aucune dégradation sensible , quoique le Rhône Tienne s'y briser avec impétuosité depuis une longue suite de siècles^
L^historien Chorier prétend que ce château remonte à la conquête des Gaules par les Romains ; qu^ils le fortifièrent dans leurs premières guerres contre les Allobroges, et que le uovûiA^Roche^de^Clodius^ que lui donnent d'anciens titres et qu'on a depuis corrompu Cfi CloUf Clan^ Chaïf Gluy et Glun^ lui Tient du général romain qui le fit construire; mais il est plus Traisemblable que son nom vient de Rupis CludriU. Clusinius est un nom de Janus, le porte-clefs, le gardien des portes. Le rocher qui avançait dans le Rhône dominait le fleuye, et pouvait l'ouvrir ou le fermer à la navigation.
Cétait, pendant les guerres de la féodalité t une des places les plus fortes du Viennois; aussi a-t-dle soutenu de nodoibreux sièges. Mais elle est surent jBuneuse par celui que Roger de Clérieux, son seigneur, y soutint, en t248, contre Saint Louis, après avoir voulu faire payer à ce prince, qui descendait à Aigues-Mortes , où il allait sVmbarquer pour la Terre-Saint^, le droit de péage que ce seigneur exigeait de tous ceux qui passaient sur le Rhône. Le roi s'étant rendu maître du château^ en fit ràaer les fortifications r i^ddis le seigneur ne tarda pas de les rétablir.
596 GHAPITAE VI.
Ce rocher, connu sous le nom de donjon de la Roche y est encore fameux par les naufrages qu^il occasionne sans cesse : il ne se passe pas d^année sans que des bateaux ne viennent s^ briser. Ces accidens ont excité la sollicitude de Tadministration : elle fait exécuter des ouvrages pour Fenlèvement da rocher jusqu^à un mètre de profondeur au-dessous des basses eaux.
Le beau pont qu'on trouve sur Flsère , entre Valence et Tain , est nommé pont de la Roche y parce qu'il est établi sur le territoire de cette conunune.
ROCHEFORT-SANSON. — La commune se compose du village de ce nom et des hameaux de Sainte-Maman et de Saint-Genù. Sa population est de 1 ,089 individus. Le village est à 12 kilomètres de Romans, près de la chaîne des montagnes du Rojanais. Le climat en est froid et le site montueux. n y a un martinet pour les instrumens aratoires, une papeterie et une fabrique d'ouvraison de la soie.
L'autel antique trouvé dans le quartier de Saint^Genis^ et qu'on voyait autrefois chez M. Bontoux, est maintenant chez M. le colonel de Coston, aux Thévenins^ commune de Charpey.
ROMANS {Romanum^ cilla de Romanis). — Située sur la rive droite de l'Isère , à 1 0 kilomètres du confluent de cette rivière avec le Rhône , la ville de Romans, que traverse la route de Grenoble à Valence, n'est qu'à <8 kilomètres de cette dernière ville. Ses remparts, flanqués de plusieurs tours, percés de cinq portes et entourés d'un fossé, forment au levant, au nord et au couchant, un demi-cercle, dont l'Isère est au midi le diamètre. Un fort beau pont de pierre est jeté sur la rivière , et communique au Bourg-du- Péage.
Il s'est élevé divers systèmes sur Porigine de Romane : les uns veulent qu'elle remonte aux rois celtes ; les autres assurent que cette ville a été bâtie par une colonie romaine, sous l'empire d'Auguste ou de Néron ; d'autres enfin prétendent qu'elle doit sa fondation à Saint Barnard, quarante-nenvième archevêque de Vienne. Quoi qu'il en soit, les progrès de la population furent amenés par la sagesse du gouvernement théocratique des premiers religieux qui s'y établirent vers l'année 837, sous la règle et Fautorité de ce prélat. En défrichant la terre et en instruisant le peuple, ils reçurent des dîmes, obtinrent de grands privilèges, et attirèrent autour d'eux de nouveaux* babitans>
DESCRIPTION DBS COMMUNES. 597
Dans ces temps reculés, Téglise dominait dans les villes, tandis que les seigneurs étaient maîtres delà campagne.. Il est vrai de dire que le chapitre âaÎQt-Barziard finit par donner des lois trop dures à cette populal^on qu'ail avait en qudque sorte créée. Toutefois, il s'établît ce qu'ion app^a dp bonnes coutumes ^ plus favorables à la liberté que partout ailleursv Les ch^^^ oines , protégés par les empereurs, hors du domaine des dauphins ,,aj$uit pour chef Tarchevèque de Vienne , dont la cour rendait des arrêts ayf quels les princes et les grands ne refusaient pas de se soumettre, offraient des avaiitages et des garanties à ceux qui voulaient se soustraire au régime féodal.
Aussi rhistoire de la province et les anciennes chartes sont-eUes remplies du récit des guerres que les seigneurs voisins ne cessèrenrt de susciter à la ville de Romans, dont la prospérité toujours croissante leur causait de Tombrage.
Les dauphins, eo^lre autres, ne cessèreut de faire à cette ville d'injustes guerres. Ils frappaient avec le glaive, et faisaient des prisonniers pour peupler leurs terres. Ces violences furent portées apx plus grands excès. En 1133, les maisons furent saccagées, les chanoines chassés, leur église brûlée. Le comte Guigues fut accusé d'être Fauteur de ces calamités. Il reçut son absolution aux pieds d'un légat, et crut racheter ses crimes par un pèlerinage à Saint- Jacques-de-Galice.
Les habitans, pour se mettre à l'abri de nouveaux outrages, entreprirent de s'enfermer par des murailles, et le dauphin, qui n'avait d'autre droit d'eu empêcher la construction que celui du plus fort, s'y opposa les armes à la main. Le pape interposa sa médiation sans succès. D'autres médiateurs furent plus heureux, et, par un traité de 1 1 34, les chanoines achetèrent la permission de clorre la ville.
Tandis que cette enceinte s'élevait lentement, IVeynaud-François, seigneur de Peyrins , ^ont la terre s'étendait jusqu'ajQ pied des rempaçts ( car la -ville n'avait point encore de territoire!), attaqua de rechef les habitans, alléguant que leur entreprise était contraire aux conventions précédemment faites. Il s'empara des eaux , ravagea les vignes et enleva.les récoltes. On termina ces débats en 1160.. Reynaud consentit à ce que Y on contii^uât les fortifications; mais le dauphin prétendit qu'ii n'appartenait pç,^t jiu seigneur de Peyrias die peraiettre à une vill^ de s^. fortifier : jl f^i^t rfcparirà rarchevêquiç e^à
698 CHAPfTRB VI.
des médiateurs^ qui firent accepter un traité par lequel la constraetioo des murs fut définitivement autorisée.
La sâreté de cette ddture , la protection du clergé , Fattruit des bennes coxxtumeSj attirèrent une foule d^étrangers, qui, ne pouvant tous se loger ' dans la ville, formèi^ent des faubourgs hors des portes. Ib ]r firent des fortifications , ravagèrent à leur tour les terres du dauphin Humbert II , et insultèrent ce prince, qui assiégea la ville en 1341 . Un traité fait et rompu, suivi de nouveaux outrages , leur attira un second siège en 1 ^42. Ils ouvrirent les portes an vainqueur, et furent punis de leur révolte. Le dauphin, maître de Romans par droit de conquête, lui accorda, en 1344, nn territoire à prendre sur ses domaines environnans.
Cette ville fnt jusqu'ati XVI"* siècle le centre d^un commerce considérable de draperies, dont la réputation s^étendait jusque dans FAsie. Ses draps tenaient lieu de monnaie par la voie de rechange , dans les états du sophi et du grand-seigneur.
Sa population, aujounfbui de 9,285 âmes, était anciennement plus forfe. On croit qu^elle se portait à 12,000 au moins, et Ton se fonde sur le nomi^re des troupes qui furent mises sur pied contre les dauphins dans divcme^ circonstances, et en 1281 et 1346 contre les évêques de Valence, qui, constamment en guerre avec les comtes de Valentinois , la firent aussi aux habitans de Romans , lorsqu'ils les crurent du parti de ces derniers ; €m se fonde encore sur Fénormité des amendes qu^on infligea à la ville toutes tes fois qtfelle fut vaincue.
On attribue cette diminution de population aux troubles religieiK-^ dont elle a grandement souffert , à la chute du commerce de la draperie , «t à la peste qui y a exercé cinq fois ses ravages depuis 1442 jusqu'^ai 1631.
Le chapitre Saint-Bamard existait encore au moment de ia révolotioii , mais depuis plusieurs siècles il ne conservait plus rien de son ^ncieime puissance. Son église, qui est devenue celle de la paroisse , est fort remarquable.
La ville de Romans , la seconde du département par sa popolaUon , est une des plus riches et des plus intéressantes par son conmierce et Trndwstrîe de ses habitans. Il y a cinq foires par an et un gros marché le vendredi de chaque semaine. La foire du 1*' septembre dure trois jours. H y a des
DESCRIPTIOK DES COMMUNES. 59d
filatures de coton , des fabriques d^ouvraison de la soie ^ de draps , de serges et de ratines , de bonneterie , de tis3US) de bourre-de-soie et de filoseUe y des tannerie , des fours à chaux et à plâtre. On y commerce au/ssi en épiceries , laines , toiles , étoupes , peaux , orfèvrerie ^ chapélerie , etc.
Le territoire produit des grains , du vin , des fourrages , dQ la $oie , des noix et des amandes.
Cette ville était autrefois le siège d^upe élection , et maintenant elle est celui du tribunal de commerce de Tarrondissement de Valence et le chef-» lieu d^un canton. Il j a un bureau de poste , un bureau d^enregistrement , un contrée des contributions directes , une poste aux chevaux, une brigade de gendarmerie à cheval et des casernes. Elle a un collège et plusieurs pensionnats pour Téducation des jeunes demoiselles. Il y a de belles pro-* menades qui dominent la ville et une partie de la vallée de Tlsère.
On prétend que la situation de Romans a beaucoup de rapport avec celle de Jérusalem , et que Téminence qu^embrassent ses murailles ressemble au Mont-Calvaire. Romanet fiofBn, qui le premier en fit la remarque , éleva sur cette éminence un bâtiment où Ton représenta le saint-sépulcre tel qu^il est au Calvaire. Boffin y fonda un monast^e qui passa aux religieux de Saint-François, sous le titre de maison du Mont^Calvaire» Il fut ruiné dans les troubles religieux de 1 562. Des récollets, qui s^ établirent le 27 novembre 1612 , y sont restés jusqu^en 1790. Cest là qu'^est maintenant placé le grand séminaire du diocèse de Valence.
A sept ans seulement d^intervalle^ le parlement de (îrenoble s^est deux fois retiré à Romans. La première fois, en 1 590, pendant les troubles de la ligue, la chambre des comptes , le bureau des finances , le bailliage , la fabrication des monnaies et les juridictions subalternes , y fiirent également transférés. En 1597 , une épidémie faisant de grands ravages à Grenoble, le parlement et la chambre des comptes vinrent encore à Romans, mais ils n^ restèrent que peu de temps.
Cette ville était le siège assez ordinaire des états de la province ; la dernière assemblée s^ est tenue en 1788. Les consuls de la ville y avaient toujours une place marquée.
Hugues , de la famille des ducs de Bourgogne , archevêque de Lyon , et ensuite légat du saint-siége^ mort en 1106, et Humbert, général des frères
60O CHAPITRE Vï.
prêcheurs sous Innocent IV, non moins connu par âe^ tsAeùd cfue par se^ dignités , mort à Valence en 1277, étaient nés à Romans.
Cest aussi la patrie de Floquet^ célèbre troubadour du XIII "• siècle;
Du poète Gilbert-Gondoin , qui vivait en 1581 ;
De Séverin de Lubac ^ mathématicien célèbre pour le temps , qui vivait en 1 575 ;
De Melchîor Guérin , qui fit en 1680 un Ahrègé de V Histoire sainte et de V Histoire profane /
D^Arthur-Thomas comte de Lallj-Tolendal , né le 1 3 janvier 1 702 , célèbre par son gouvernement de Flnde , par Finique condamnation qu^il subit le 9 mai 1 766 , et par les écrits publiés par son fils pour la réhabilitation de sa mémoire ;
Du lieutenant-général Bon, né le 25 octobre 4758. Il servit d'abord dans Tarmée des Pyrénées, sous le général Dugommier, accompagna Bonaparte dans ses premières campagnes , et se couvrit de gloire à la journée d'* Aréole et dans l'expédition d'Egypte, où il commandait une division. Il fut blessé mortellement au siège de Saînt-Jean-d'Acre, et mourut à la têtWes grenadieR de sa division, le 9 mai 1799, après avoir fait des prodiges de valeur.
De Joseph-Michel-An toi ne Servan, avocat-général au parlement de Gt^ noble, non moins célèbre par son éloquence que par ses nombreux écrits sur l'administration de la justice, dans lesquds il signala le premier avec persévérance et courage toutes les réformes qui ont été opérées depuis 1 789- Né le 3 novembre 1 737 , il est mort à Rousseau , près de Saint-Rémi , le A novembre 1807.
De Joseph Servan , frère au précédent, qui fut à plusieurs reprises ministre de la guerre , sous l'assemblée législative et la convention. Il commanda en chef l'armée des Pyrénées-Occidentales en 1793, échappa aux poursuites révolutionnaires dont il fut l'objet, et en septembre 1799 il fut nommé inspecteur général des troupes stationnées dans le midi. Sous le gouvernement consulaire, il devint président du comité des revues et commandant de la légion-d'honneur. Il a publié plusieurs écrits sur l'art militaire. Né le 12 février 1741 , il est mort à Paris en 1808, revêtu du grade de lieutenantgénéral.
De Pierre-François Duchesne, né le 6 octobre 1743, mort le 31 mars 1 814.
Avocat au parlement de Grenoble avant la révolution , il fut député de la Drome au conseil des cinq cents, en 1 797. Après la révolution du 1 8 brumaire, il passa au tribunat. £n 1802, il y vota avec Carnot contre le consulat a vie, après quoi il se retira , en donnant une démission motivée qui fit le plus grand honneur à son courage et à son patriotisme. Le collège électoral de la Drome relut peu de temps après son candidat au sénat, mais il ne fut point nommé.
De Gabriel-Gaspard- Achille- Adolphe Bernon de Montelégier , né le 6 janvier 1780. Il prit du service comme soldat en 1797, fit la campagne d^Egy pte dans un régiment de hussards , et montra en maintes circonstances une brillante intrépidité. Il fut nommé sous-lieutenant sur les champs de bataille de Redisi et des Pyramides. A Redisi, il reçut deux coups de sabre, et aux Pyramides il entra le premier dans les retranchemens. Kléber le nomma capitaine en 1800. En 1810, il était colonel de dragons et baron de Tefnpire. Pendant quinze mois, il fut aux avant-postes du duc de Dalmatie en Estramadure. Nommé maréchal -de -camp , il commanda , pendant la campagne de Leipsick , la première brigjide des dragons venus d^Espagne. Blessé à Brienne, en 1814, il revint à Paris, et fut le premier officier- général de Tancienne armée qui se rendit à Lîvry au-devant du comte d^ Artois. 11 devint aide-de-camp du duc de Berri , vicomte , lieutenant-général et gouverneur de la Corse , et c^est pendant ce comm^mdément supérieur qu'ail mourut à-Bastia le 2 novembre 1825.
De Pierre-Claude Dedelay-d^Agier , comte de l'empire , né le 25 décembre ' 1 750 , mort au Bourg-du-Péage le 4 août 1 827. Il fut membre de Rassemblée constituante , du conseil des anciens , du corps législatif et du sénat conservateur. Il est mort pair de France. Il se fit constamment distinguer dans nos assemblées législatives par ses connaissances en économie politique , son élocution facile et abondante et son zèle ardent pour le bonheur public.
De Jean-Baptiste Dochier, membre de Tacadémie delphinale , né le 2 décembre 1742 et mort le 28 décembre 1828. Avocat avant la révolution, il fut membre de rassemblée législative, juge au tribunal de cassation et maire de Romans. Il a publié, en 1783, des Recherches historiques sur la taille f en 1789, un Eloge du chevaUer Bayardf en 1812, des Mémoires sur la cille de Romans; en 1813, ime Dissertation sur l'origine et la population de Romans , et en 1 81 7, un Essai historique sur V ancien chapitre^ de Saint-Barnard.
Da maréchal-de^-camp Etienne-François-Reymood PooclidoD , liaroii de Tempire , né le 28 octobre 1 770 , mort commandant da département de la Drome, le 4 septembre 1831. Parti comme volontaire en 1791 , il gagna loos ses grades sur le cbamp de bataille , et se distingua à Novi , Millesimo , Lodi , Rivoli , Arcole , en Egypte , en Allemagne et en Russie*
De M. le lieutenant-général Saint-Cvr Nugues, pair de France, né le 1 8 octobre 1 774 , Fun des officiers-généraux d'état-major les plus distingués de Farmée française. Il s^est particulièrement illustré comme cbef de Félat— major général de Farmée sous les murs d^ An vers, en 1833.
ROUSSET (Rossetum). — Cest un village de Fancien Comtat, qui dépend maintenant du canton de Grignan , sur la route de Taulignan à Njons. Sa population est de 739 individus.
On remarque dans Fintérieur du village un gros mûrier qu^on croit être un des quatre premiers qui furent apportés en France sur la fin du XV"* siècle ou au commencement du XVI"**. Il est un objet de vénération pour les habitans , qui soutiennent et prolongent sa vieillesse par de nombreux étais, dont trois, en bois d^olivier, datent de 1709. Le pied de cet arbre a, » sortir de terre, 6 mètres de circonférence, et à la séparation des branches^ qui est t rès-r approchée , il en a 4 et demi. Ses branches sont au nombre de cinq ; elles formeraient chacune un gros arbre. Sa plus grande hauteur est de 13 mètres; les branches en ont 38 ou 39 de circonférence; elles forment un ombrage très-agréable pendant tout Fêté. Le pied est creux : deux oa trois enfans s'y cachent aisément , et quoiqu'une partie soit entièrement morte depuis plus d'un siècle, il conserve une vigueur étonnante, et continue de donner des feuilles et des mûres en abondance.
Joseph-Marie-Phîlippe Marttnel , qui fut administrateur du département en j 792 , et qui depuis a fait partie de la convention , du conseil des cinq cents et du corps législatif, est né à Rousset le 14 novembre 1762; il est mort à Avignon le 21 février 1833.
SAIIUNE {Assedunum). — Cette commune est placée au revers d^une montagne fortement escarpée, au bas de laquelle coule la rivière d^Eygues et passe la route des Alpes. Elle est à 12 kilomètres au-dessous de Remuzat et 16 au-dessus de Nyons. Sa population est de 672 individus. Il y a des
oliviers dans les endroits abrités. On y recueille beaucoup de prunes, dont on fait un objet de comnierce.
Il existait sur le territoire de Sahune, au quartier de Sainte-Jean y un monastère dépendant de Tabbaye de Saint-May. On le réunît au prieiu'é , et lors de la prise de François T' devant Pavie , en 1 525 , le prieur , qui fut imposé pour la rançon de ce prince , vendit au seigneur du lieu , afin de se libérer, et moyennant 500 livres, les fonds et les bàtimens du monastère, à Texception de la chapelle , qui existe encore.
Le village était fortifié pendant les troubles religieux , et enr 1 573 il fut assiégé , pris et repris tour-à-tour , par les catholiques et les protestans.
Il se tient à Sahune deux foires par an.
SAILLANS {Salientium^ Saliens). — Au confluent du Rieussec et de la Drome , cette ville est sur la route de Valence à Gap , dans une gorge et au pied d^une chaîne de montagnes qui Fabrite au nord. Ses murs sont baignés au midi par la Drome , sur laquelle est un pont en pierre assez bas et assez mal construit , pour communiquer avec Tautre rive.
Il y a dans chaque quartier de belles fontaines, et entre Téglise et la Drome une promenade plantée d^arbres avec bassin et jet d^eau.
Les protestans y ont un temple , qui n^a , du reste , rien de remarquable y non plus que Féglise àes catholiques.
La principale rue de SaillanSi celle qui traverse la ville du levant au couchant, et où passe la route, est assez bien bâtie. Les autres rues sont étroites , sales et sinueuses.
Cette petite ville est à 14 kilomètres au-dessus de Crest et 25 au-dessous de Die. La population est de 1,65S individus. Cest im chef-lieu de canton, un bureau d^enregistrement , un bureau de poste et la résidence d^une brigade' de gendarmerie à cheval.
» M. Eymieu y dirige avec grand succès une fabrique de déchets de soie ,
dont il est Tinventeur , et qu^il nomme Jàniaisîes ; il y occupe plus de 200
ouvriers. Il y a aussi des filatures de coton , des mécaniques à la Gensoul
)ji pour filer la soie , et des moulins pour Touvraison. Il y a également des
g fours à chaux , des tuileries , un marché le jeudi de chaque semaine et cinq
I foires par an. Le vin y est abondant et de bonne qualité ; aussi forme-t-il ,
avec la soie, le principal commerce de cette localité. On y a découvert tout
récemment une carrière dont la pierre reçoit le poli da marbre , ce qui a déterminé rétablissement d'aune scierie.
Les briques et les carreaux de Saillans sont réputés les meilleurs du département.
Placée sur la voie romaine de Milan à Vienne par le Mont-*-Genèvre , cette ville est Tancienne Darentiacca y mentionnée dans V Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem. (Voyez la note de la page AI*)
La colonne qui soutient une croix sur la place de la Daraise , en face de la maison de M. Eymieu , porte Finscription suivante x
PIENTISSIMIS
PRINCIPIBVS