‹ Statistique du département de la DromeChapitre 179 sur 234 · TO OPTIMO · texte numérisé non relu

TO OPTIMO

On a trouvé aussi h Barri une colonne en marbre grossier, sur laquelle on lit cette autre inscription :

NAEVII

VALENTINVS

ETLVCANVS

Augusta Tricastinorum conserva sa population et sa richesse jusque sur la fin du III"' siècle, époque à laquelle elle fut saccagée par Crocus, roi des Vandales. Les Sarrasins achevèrent de la dévaster en 732.

Le Tricastin n^eut point de comtes particuliers. Ses évêques en eurent seuls la juridiction; mais ils furent souvent inquiétés par les seigneurs voisins.

En 1202, la ville soutint contre Reymond, comte de Toulouse, un siège à la suite duquel Tévéque se soumit au comte, du consentement des habitans.

Les évêques n^usèrent pas toujours de Fautorité souveraine dont ils étaient alors investis selon Tesprît de Tévangile : plusieurs gouvernèrent avec une main de fer. Les habitans cherchèrent, vers Tannée 1275, à profiter de Tabsence de Bertrand de Gansajes , que les croisades avaient conduit au-delà des mers , pour sortir de cet état d'oppression ; mais le gouvernement républicain qu'ils organisèrent ne dura qu'un instant, L'évêque de Valence, Amédée de Roussillon , craignant que cet exemple ne trouvât des imitateurs dans ses terres, marcha avec des troupes contre les habitans du Tricastin ; il les soumit, et rétablit dans Saint-Paul le régime féodal avec toutes ses formes humiliantes et sa sévérité.

Dans le XV"* siècle, les dauphins contestèrent les droits temporels des évêques de Saint-Paul, et c'est à la suite de ces débats qu'inter^'int avec Charles VI le traité de partage du 26 septembre 1408.

Dans le XVI"* siècle , une partie notable des habitans adopta les maximes de la réforme. Il en résulta de graves et de longs dissentimens. Les protestans finirent par s^en rendre seuls maîtres. Ils ruinèrent les églises et chassèrent les évêques et le clergé. Aifitoine Ducros, chanoine de Grignan , nommé à cet évêché en 1 599, rétablit Fexercîce du culte in ter rompu pendant près de 44 ans.

En 1 629 , cette ville fut ravagée par la peste.

Elle est ceinte de remparts , et sous la domination romaine elle s^élendait beaucoup plus au midi et à Toccident. A quelque distance au couchant de Saint-Paul , est un quartier qui conserve encore le nom de Palais.

L^ancienne église cathédrale est fort remarquable : c^est un monument d'une haute antiquité , où Ton voit le travail et Farchitecture de différens âges. A côté de belles frises et de corniches d'un style qui annonce Fépoque romaine, sont des constructions et des sculptures du moyen âge. On remarque à un des angles des pierres où sont sculptés quelques signes du zodiaque, et tout fait présumer que si , dans Forigine , ce ne fut pas un temple payen , Féglise fut bâtie peu de temps après Fmvasion des Sarrasins , et qu'on y employa les matériaux d'un édifice qui avait été consacré à Fancien culte.

Le palais des évêques, placé sur une éminence et dans une situation agréable , a été entièrement détruit pendant la révolution ; il n'en reste que quelques ruines.

Sur la montagne de Saînte-Juste , qui domine la ville, est un ancien hermitage d'où Fon jouit de la vue la plus variée et la plus étendue. Cest au pied de cette montagne que coule la source réputée minérale dont j'ai eu occasion de parler.

Saint-Paul est la patrie de Reymond des Agiles, qui, ayant suivi Févêque du Puy , Adhémar de Monteil , dans la première croisade , écrivit Fhistoire de cette expédition jusqu'à la prise de Jérusalem.

Paul-Henri Marron, connu par son talent pour la poésie latine, par plusieurs ouvrages estimés de littérature, et ses discours comme président du consistoire et premier pasteur protestant de la capitale, appartient aussi par ses pères à la viffe de Saint-Paul. Issu de Paul Marron , qui se réfugia en Hollande après la révocation de Fédit de Nantes , il vint à Paris en 1 782 , comme chapelain de Fambassade de Hollande, suivit avec distinction la carrière des lettres , et à Forganisatioa des cultes , sous le gouvernement

DESCRIPTION DBS COilMimES. 583

consulaire^ il fut flacé à la tête de Téglise protestante de Paris. Né à Lejde le 20 avril 1 754, il est mort à Paris le 31 juillet 1 832. Une partie de sa famille habite encore Saint-PauL Elle conserve avec un louable orgueil le portrait que ce célèbre pasteur lui adressa en 1810, et au bas duquel sont ces vers latins :

Sic oculosy sic ora^ cdbescentesque capillos Marrofero. Stirpem Delphinas Gallia^ cunas Leyda dédit , clariasque animum Jbrmare per artes. Pars melior çitœ tibi^ magna Luteiia ^ fluxit ^ Napoleontaei nec nohile calcar honoris Defuit j et suadd et musis extendere famam , Dum studuiy Christo nec inutilis esse sacerdos. Dulcis arrdcitia , et tua pax , hymenœe , carentes Proie diesy çotisque Jài^ens y hygea, béate!

Paul-Henri Marron a lui-même ainsi traduit ces vers :

Tel f e porte le front , les yeox , La chevelure blanchissante.

\ Le Dauphiné de mes aïeux

Fut la patrie intéressante.

De Minerve illustre séjour, Leyde ! tu m^as donné le jour.

Et par les soins d'une docte culture Tu sus mûrir en moi les dons de la nature. Paris m'appelle et fixe mon destin ; J'y prends ma part de l'immense butin

Des arts , du goût , de la science ; Et, tour-à-tour, la muse et l'éloquence Daignent sourire à mes constans efforts.

Mais le plus puissant des ressorts.

Napoléon , de l'honneur digne arbitre , Le fait mouvoir. Oui , je suis fier du titre Et du ruban offerts par sa bonté.

Ministre des autels, je me sens excité Par des succès nouveaux à signaler mon zèle. Que le paisible hymen, que l'amitié fidèle. Que la douce santé veillent sur mon déclin ! Je pense bien mourir sans laisser d'orpbelÎQ.

584 câAi^TitE ru

PEXÎUE (le). — Cest nn village du canton de Grîgnan y anne popofelioa de 339 individus, au sud^-est de Taulignan^ entre celte commune et celle de ftoù^^t. Il est au pied de la montagne de là Lance.

On croit que les décombres considérables enfouis dans remplacement de son cimetière , desquels on a tiré plusieurs tronçons de colonnes d^un granit gris qu'on ne trouve pas dans le pays , sont le^ Aéhviê d^n temple consacré à Pelasgus ( le Soleil sous \t signe de la Vierge), et que le viflage a tiré son nom de cette dtvihilé pâyenYie. ^ ,

M. Sabatérjr, au contraire , a cru retrouver dans Femplaeement du Pègue Tancienne Aëriay mentionnée dans Pline et Strabon; mais cette opinion me semble erronée , et je ne puis que renvojrer à ce que j'en ai déjà dît page 10 et suivantes, dans la note.

PEYRINS {Pefrinum). — Cette commune , qui n'est qu'à 6 kilomètres de Romans , se compose des sections de PeyrinSy MourSy Génissieux et Saint-Ange. Sa population, de 2,785 individus, est tout entière agricole. Le territoire produit abondamment des grains, des fourrages, du vin et des feuilles de mûrier. On cultive aussi avec soin et quelque succès le melon dans la section de Génissieux : leshabitans en font robjetd^un petit commerce avec les villes voisines.

On voit dans Téglise de Peyrins un tombeau qu'on attribue à la famille Dupuy-Montbrun; il remonte, suivant Finscription qu'il porte, à Tannée 1297.

On voit aussi dans ce village un château asseà^ bien conservé, dont Je propriétaire est M. le comte de Chabrières.

PEYRUS* — Cest une commune de 1,040 individus, à 7 kilomètres de Chabeuil. Son territoire, peu étendu, est limité au nord par Charpey et sur les autres points par Châteaudouble. L'air y est vif et sain. Les habitons en sont naturellement bons et industriefix. Il s'y tient une foire par an. La Lierne j prend sa source : les eaux en sont vives , tempérées et toujours abondantes ; elles font mouvoir les belles fabriques de drap de MM. Bellon et plusieurs moulins.

Il y a sur le territoii*e de Peyrus une carrière de tuf et une autre de pierre vive.

On remarque dans les rochers qui forment la Umite au sud-est , une grotte

DESCKIPTION DE8 COMMUNES. 585

d^enViron 60 mètres de longueur snr 30 de largeur. La yoùte, en ibrme de cône , a plos de 50 pieds de haut y tandis que Pouverture est basse et étroite. On la nomme la grotte du Pialoux. Elle renferme une grande quantité de pétrifications et de stalagmites fort curieuses^ Il faut cinq quarts d^heure pour y arriver du village.

Peyms a deux églises , Tune dans le village même, reconstruite et agrandie en 1687, à cause des nombreuses conversions de protestans, et Pautre au nord et à huit minutes de la première ; celle-ci est remarquable par son antiquité f elle appartenait autrefois à un couvent de bénédictins dont il ne reste aucune trace , les ruines et les fondations ayant disparu par la culture des terres et le travail du cimetière au milieu duquel ette se trouve»

PIERRELATTE {Pefra lata). — Celle petite ville est située sur la grande roule de Lyon à Marseille , à % kilomètres du Rhône , vis-à-vis du Bourg- Saint-Andéol, 10 nord-est du Pont-Saint-Esprit et 21 sud de Montélimar» Sa population particulière est de 2,388 individus et celle de la commune de 3,447. Cest un chef-lieu de canton et la résidence d^une brigade de gendarmerie à cheval. Il y a un bureau de poste, un bureau d^enregistrement, quatre foires par an , un marché le lundi de chaque semaine , et quelques tanneries. Le territoire produit du vin,, des fourrages, des noix et surtout des grains et de la soie.

On ne sait rien de précis sur Forigine de Pierrelatte , si ce rfest que cette ville a fait partie de la petite république des Tricaslins , dont Saint-Paultrois-Châteaux , distant de 5 kilomètres , était la capitale.

On explique son nom latin de Petra lata par pierre apportée y à cause du rocher au pied duquel la ville est bâtie. Il eût été tout aussi simple de traduire Petra lata j^diV pierre large y sans un conte populaire qui veut que le rocher n^aît pas toujours occupé cette place. H se trouve seul au mih'eu du bassin de Donzère et de Montdragon , à plus d^une lieue de toutes les montagnes qui rentoureiit. Comme il est de nature calcaire, et que les montagnes dont il est le plus rapproché sont celles de TArdèche, Tauteur de la Minéralogie du Dauphinéy M. Guettard, croit qu'il faisait partie de cette chaîne, dont les montagnes intermédiaires ont été détruites par les eaiw, ce qui a couvert toutes ces plaines de sable et de galets.

Il y a eu pendant très-long-temps un château-fort au sommet de ce

99 Ces noms , ajoute le même auteur , étaient ordinaireiiieiit donnés à des » passages étroits , ce qui s^applique parfaitement au lieu des PtUes ; car il )» est comme un porte par laquelle ou passe ^ en soi? ant le chemin le plus » direct ^ pour aller de Nyons dans le Gapençois ^ et de là en Italie. » . Ne peut-on pas présumer que ce nom ^ d'origine évidemment grecque j l\H fut donné par les Phocéens ^ i qui Ton atbribue la fondation de Njcrns, et qui vinrent de Marseille s'établir dans ce canton ?

Cette position * fit de ce t iUage y dans tous les temj^ et surtotti dans le moyen âge, une place importante. Elle était comme la sentinelle avancée du pape dans les états voisins ; aussi fut-elle alors le sujet de contestations et de débats sans cesse renaissans. Ses habilans étaient tenus pour la garde du pont à Un service continuel, extrêmement onéreux. On leur imposait des charges accablantes pour les fortifications. On aperçoit encore les vestiges de celles qui existaient des deux côtés du détroit.

Dans le XVI ■• siècle, les protestans s'emparèrent des Pîlleis et le gardèrent long-temps. Il fut repris en 1574 par le comte de Villeclaire, général du roi et du pape ; il fut même rasé ; mais en 1577 , Colombaud de Poméras , fameux capitaine protestant, sVn empara dé nouveau et en fit rétablir les fortifications. L'année suivante , un des articles du traité de pacification conclu à Nimes pour le Comtat et le Languedoc ordonna que le château des Pilles serait rendu au pape, qu^on en détruirait entièrement les fortifications, et qu'on donnerait à Colombaud une somme de 2,000 livres à titre d'indem-nité': c'était beaucoup pour ce temps-là, et uqé stipulation pareille qui se fit pour Menerbes, boulevard des calvinistes clans le Comtat, inutilement assiégé pendant plusieurs années , prouve encore mieux l'importance qu'ion attachait au fort des Pilles.

Tous ces événemens amenèrent la ruine de }a jçominnne et de ses habitans. Ils contractèrent des dettes considérables, et, pour les payer, ils furent contraints d'aliéner tous l^s bieds communaux, d'établir la banalité des fours et des moulins. Dans l'acte d'aliénation du 21 janvier 1592, ils peignent leur état de misère d'une manière touchante : « Beaucoup de familles, >• disent-ils, ont quitté la commune, pluslieurs habitans sont emprisonnés; )> saisis dans leurs biens ^ ils ilianquent de bestiaux ; leurs terres spnt incultes, » et ib ne trouvent pas même à les vendre k vil prix....... »

La commune se releva insensiblement de cet état de soufiirance et de misère ^ et elle est aujourd'hui dans une grande aisance. Son territoire est cependant très-circonscrit ; il ne s^étend un peu que vers Montaulieu et Chàteauneuf-4e-Bordette, sur la rive gauche de FEygues. Ce qui appartient aux Pilles sut* la rive droite ne suffit pas même pour contenir toutes les maisons du village : il en est qui se trouvent sur le territoire de Gondorcet à Test , et sur celui d^Aubres à Touest.

Il y a des fabriques pour Touvraison de la soie et une foire le 11 novembre.

Cest dans ce détroit que souffle le vent périodique connu sous le nom de Vésine^ dont j^ai déjà parlé.

PONSAS. — Situé près du Rhône, ce village, que traverse la grande route de Lyon à Marseille , est entre Saint- Vallier et Tain , à 4 kilomètres de la première de ces villes. La commune ne se compose que de 381 individus. Il y a des tuileries et des fabriques de poterie.

Le château actuel est moderne ; il a été fondé sur les ruines de Fancien château , dans lesquelles on a trouvé, à diverses époques , de fort belles pièces de mosaïque, que le propriétaire a fait recouvrir de terre, pour ne ri^i enlever , à ce qu^il parait , à la culture de ^^^ champs.

Le vulgaire croit que cet antique château a été la prison de Ponce Pilate, et que de là est venu le nom de Ponsas; il le nomme même château de Pilate. Mais cette tradition et cette étymologie ne sont fortifiées par aucun document particulier; il est seulement à croire que ce site non loin de la ville de Vienne, près de laquelle quelques historiens rapportent que Pilate fut confiné par Tibère, et la ressemblance des noms, auront déterminé cette tradition, dont s'est emparé comme d^un fait positif, sans autrement le justifier, le cordelier Jacques Fodère, dans la narration historique et topographique des couvens de son ordre, à Farticle Vienne y imprimée en 1619.

PONTAIX, — Cest un village de 490 individus, entre Saillans et Die. On y fabrique des petites étoffes. 11 s^ tient une foire par an. 11 est dans une espèce de gorge sur la Drome , qui le divise en deux parties. Cest là qu^en montant vers Die, la route de Valence à Gap passe de la rive droite sur la rive gauche de cette rivière. Les rues du village sont étroites et les maisons mal bâties. Sur un roch^ qui domine Pontaix au nord, sont les ruines d^un

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jbrt^ dont la situation était très-avantageuse pour défendre le passage de la Drome ; aussi Pontaix était-il une place importante.

Cest près de là qu'eut lieu, en juillet 1575, une bataille sanglante entre les troupes du marquis de Gordes , gouverneur de la province ^ et Farmée protestante commandée par Dupuj-Montbrun et Lesdiguières. Après Tentièrc défaite de Tarmée protestante , Montbrun fut pris et transporté à Grenoble , où il mourut sur un échafaud, tandis que Lesdiguières fut assez heureux pour se retirer avec quelques centaines des siens dans le château de Pontaix, oii il fit bonne contenance , et continua la guerre.

On lit à Pontaix, dans une muraille delà maison Moraod, TiDScription suivante :

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