TIB^ANNI
FILII-SVI. E.
On découvre dans les environs beaucoup de médailles, qui toutes rappdkol le séjour des Romains dans cette localité.
TOURRETTES (les). — Cest une commune de 363 individus. En allant de Loriol à Montélimar, et à peu de distance de Saulses, on voit à gauche sur une éminence, dominée elle-même par une montagne plus élevée, le village des Tourrettes. On y jouit de la vue la plus variée et la plus étendue. Le Rhône longe le territoire à Foccident.
Le hameau du Logîs-Neuf, sur la grande route de Lyon à Marseille , dépend de cette commune.
Il y a quelques années qu^on découvrit au quartier delà Mure^ en creusant une cave , un petit bâtiment carré qui paraissait avoir été im bain. Il avait 2 à 3 mètres de profondeur , sur 3 à 4 de longueur et de largeur. On j descendait par des degrés. Le revêtement intérieur et le pavé étaient en marbre blanc. Il y avait dans un des angles un masque en cuivre et des tuyaux de plomb. Il ne reste rien de ce monument.
On remarque dans un lieu abrité , près du Logis-Neuf, quelques oliviers qui ont survécu à Fhiver rigoureux de 1789.
Au couchant de ce hameau , se trouve dans le Rhône une île d^une assez grande étendue , appelée la Quarantaine. Elle a retenu ce nom du séjour quY firent) d'^après les réglemens sur la santé publique, des bateaux qui remontaient le fleuve, lors de la peste de Marseille en 1720.
TRIORS. — Il est à 7 kilomètres au-dessus de Romans. Sa population est de 373 individus. Le château qu^ possède M. le comte du Bouchage est un des plus vastes et des plus beaux de la province.
Cest la patrie d'Ode de Triors , qui a écrit , en 1 573 , sur le bannissement des ministres protestans , et qui, en 1577, a publié une traduction des Distiques de Michel de Vérin y poète florentin, et deux ans après les Joyeuses recherches de la langue tolosane. Il a fait aussi un ouvrage contre les jésuites. Il est mort en 1581 . On voit encore son tombeau dans Féglise de^ Triors, avec deux inscriptions qui n'ont rien de remarquable.
TULETTE. — Cette commune est sur la route du Pont-Saint-Esprit aux Alpes , entre Suze et Saint-Maurice, à 15 kilomètres de Nyons et 41 de Montélimar. Sa population est de 1,556 individus. Le village est au pied d'un coteau , ceint de murs avec des tours et fermé par trois portes régulières bien conservées. Il y a une vaste et belle promenade. Le territoire est varié et généralement fertile ; il offre plusieurs sites agréables. La rivière d^Eygues au sud , et le ruisseau de TErrein à Touest , donnent quelques arrosages ; mais ce qui en procure beaucoup , et de très-précieux , c'est un large canal dérivé de TEygues , près de Saint-Maurice , qui traverse çt féconde le territoire. L'agriculture est, avec l'éducation des vers-à-soie, les filatures et les fabriques d'ouvraison , la principale et presque la seule occupation des habitans. Les fourrages y sont abondans ; on y cultive aussi l'olivier. Il y a trois foires par an.
UPIE. — Distant de Chabeuil de 1 1 kilomètres , de Valence de 20 , et du Rhône de" 1 5 , ce village est au pied du mont de Miéry^ et cet ancien nom , tout corrompu qu'il est , rappelle le souvenir du consul Marins et le camp établi à Upie et dans les environs, lorsque Mari us, Tan 650 de Rome (103 ans avant J. C), s'opposa dans cette partie de la Gaule au passage des Teutons et des Ambrons.
Au sommet du mont de Miéry sont les vestiges d'un foré , et au-dessous
une esplanade oà ron reconnaît les traces d^un camp on d^oa poste militaire. Aujourd'hui encore , on nomme Champ'-de'^kir'BatmUe la plaine qui est au levant du mont de Miéry , et tout près de là on trouve un tertre élevé de main d'homme , coupé à son extrémité orientale par le chemin de Chabeuil à Crest. Il a environ 50 mètres de circonférence sur 8 de hauteur , et d'après la tradition populaire , conforme en cela aux recherdies et au sentiment de quelques savans , ce seraient des tombeaux qui se rattacheraient à la défaûte des Cimbres.
Un Anglais y fit faire , en 1 787 , des fouilles qui produisirent , dit-on , des urnes , des statues , des vases , des bagues et surtout des armes* Ce qu^il y eut néanmoins de plus curieux , dit-on encore j fut Tomement principal d'un thjrse ds quelque prêtre de Bacchus. U était de bronze , damasquiné en or. Le jugement de Paris était représenté sur l'une de ses faces, et une bacchanale sur l'autre. Tout fait présumer que si l'on continuait les fouilles à une certaine profondeur , on trouverait des choses précieuses qui mériteraient peut-être de fixer l'attention des savans.
J'ai visité moi-même plusieurs fois ce tumulus vraiment remarquaA/e, mais les fouilles 'que j'ai fait faire à la surface n'ont produit que des ossaineos humains. J'ai cru reconnaître que les cadavres avaient été amoncelés en couches séparées entre elles par d'autres couches successives de combustible et de chaux vive. On voit dans un ordre assez constant àes ossemens , de la chaux et du charbon , recouverts d'an peu de terre. Ce charbon se réduit en pâte quand on le presse entre les doigts. Au nord-est et à 2 ou 300 toises de l'autre côté du chemin , on trouve l'emplacement d'un autre tumulus^ appelé dans le pays le tombeau des sept princes. Il en reste peu de vestiges, parce que , depuis longues années , le propriétaire tend sans cesse à niveler son champ en labourant et étendant la terre de cet ancien tertre.
On a trouvé dans les environs des cercueib de pierre, dont un a été transporté près de l'église d'Ourehes. Il est d^un grain aussi fin que le marbre et susceptible d^un aussi beau poli. Sur l'une des faces est gravée une hache avec ces trois lettres S. A.^D., qu^on a expliquées par ces mots : Sub ascid dedicwit. Au-dessous était une inscription presque entièrement effacée.
Dans l'église paroissiale d'Upie , qui , du reste , n^a rien de remarquable , on lit sur une des coloiines l'inscription suivante :
I)£SCRIPTION DES COMMUNES. 61 7
CONSTAN TI AVG