‹ Statistique du département de la DromeChapitre 186 sur 234 · PII FILIO · texte numérisé non relu

PII FILIO

La population, qui se compose de 1 ,323 individus, est entièrement agricole et en plus grande partie éparse dans la campagne. On n^en compte guère que 400 au chef-lieu.

Il se tient à Upie trois foires par an. Il y a des fabriques de tuiles et de poterie.

Cest la patrie de Jean-Paul" Didier , né le 25 juin 1758 , mort le 10 juin 1816. Il fit ses premières études à Funiversité de Valence, fut avocat au parlement de Grenoble, directeur, sous le consulat, de Técole de droit de cette ville, et au retour des Bourbons, en 1814, maître des requêtes au conseil d'état et membre de la légion-d'honneur. Après les cent jours , il cessa de faire partie du conseil d'état , et en mai 1816, il dirigea en Dauphiné un mouvement tendant à changer la forme du gouvernement. Traduit devant la cour prévôtale de Grenoble, il fut condamné à mort le 9 juin 1816 et exécuté le lendemain (1). Devant ce tribunal, il refusa de s'expliquer sur le but de son entreprise , sur le gouvernement qu'il voulait substituer au gouvernement existant; mais on conjectura alors et depuis qu'il agissait au nom d'un parti qui pensait que la maison d'Orléans pouvait seule fermer l'abime des révolutions et consolider le régime constitutionnel fondé par la charte.

(i) Extrait des minutes dtf^effe de la cour de justice criminelle de Grenoble,

Le 9 juin 1816 , arrêt de la cour prévôtale du département de Tisère, séant à Grenoble, présens MM. Jacquemet, président; le colonel Planta, prévôt; Vigne, ÂUemand- Dulauron, Piat-Desvial et Laurent Duchesne, juges; Romain Malkin, procureur du roi; qui déclare Paul Didier, natif d'Upte, arrondissement deYalence, département de la Drome, ancien avocat et maître des requêtes au conseil d'état, membre de la légiond'honneur, résidant ci-devant à Grenoble et ayant son dernier domicile à Paris, âgé d'environ 58 ans, coupable d'avoir, dans les premiers jours du mois de mai 1816, formé et dirigé un complot ayant pour but 1' de détruire ou de changer le gouvernement ; 2* d'exciter les citoyens ou habitans à s'armer contre l'autorité royale ; 3' d'exciter la guerre civile, en portant les citoyens ou habitans à s'armer les uns contre les autres;

VACHE (la). — A 8 kilomètres de Valence , sur la route vicinale de celte ville à Crest, la commune de la Vache n^a qu'aune population de 399 individus. Elle ne présente de remarquable que le château de M. le comte de Mac Carthy. Il domine toute la plaine depuis les montagnes de Test jusqu^au Rhône, dont on distingue le cours. Il y a un fort beau parc entouré de murs , avec de très-belles eaux. La Véoare coule au nord et à très-peu de distance du village. Il y a une foire le 2 janvier de chaque année.

VALENCE ( Valentia colonia Julia^ F'alentià Segalaunorum urbSf cmtas J^alentinorum). — Sur la rive gauche du Rhône, qui en baigne les murs au couchant, et sur la grande route de Lyon à Marseille, qui les longe circulairement au levant , et va traverser le faubourg Saunière au midi, cette ville est à 58 myriamètres (145 lieues de' poste) de Paris, 12 myriamètres (27 lieues et demie) de Lyon, 9 myriamètres (20 lieues et demie) de Vienne, ^0 myriamètres (23 lieues) de Grenoble, 15 myriamètres (33 lieues) d** Avignon, et 27 myriamètres (60 lieues) de Marseille. We est sous le 2'' 33^ 10^^ de longitude à Test du méridien de Paris, et sons le 44** 55^ 59^^ de latitude nord. Sa population est de 13,226 individus, | compris le Bourg ^ où Ton en compte 2,820 , et qui fait une commune particuhère , quoique renfermée dans la même enceinte.

Valence est dans une situation pittoresque et riante qu^animent et vivifient

4* de porter la dévastation, le massacre. et le pillage dans plusieurs commaoes et notamment dans la ville de Grenoble ; d'avoir^ par suite dudit complot , levé et organisé, fait lever et organiser plusieurs bandes ou réunions d'hommes séditieusement armés, de les avoir rassemblés en la commune d'Heybens, vers le soir et pendant la nuit da 4 au 5 dudit mois de mai, et de les avoir dirigés contre la ville de Grenoble pour Tattaquer et s'en emparer, et enfin d'avoir, étant à la tête d'une desdites bandes, fait résistance sous les murs de Grenoble aux troupes du roi envoyées contre elles pour repousser leur attaque.

Et attendu que les faits déclarés constans par la cour constituent les crimes prévus par les articles 87, 91 , 96 et 97 du Code pénal ;

La cour condamne P. Didier à la peine de mort et aux frais , ordonne qu'U subira sa peine sur la place publique. dite du Breuil de cette ville.

L'arrêt a été exécuté sur la place dite du Breuil (la place Grenette), le lendemain ^0 juin 1816, à 11 heures précises du matin, ainsi qu'il résulte du procès-verbal dressé ledit jour par le commis-greffier Deschaux.

les eaux majestueuses du Rhône , la navigatioa du fleuve et le mouvement des diverses routes qui, du Vivarais, d^une part, et des Alpes ^ de Fautre, viennent s^unir et se confondre sur ce point avec la grande route du midi , Tune des plus importantes et des plus fréquentées du royaume.

On y commerce en grains, vins, eaux-de-vie, liqueurs, épiceries, draperies, coutellerie, orfévrorie, ébénisterie, chapélerie. On y fait des indiennes et des mouchoirs imprimés; il y a des fabriques d^ouvraison de la soie, de ganterie, de bas et de bonneterie, deux brasseries, ime fabrique de vermicelle, une filature de coton, des teintureries, des tannerfes, des corderies, des scieries de marbre, des fours à chaux , tuiles et briques , et un nombre assez considérable d^ateliers de charronnage. Il s^ tient quatre foires par an et un marché le lundi et le jeudi de chaque semaine, outre un marché aux herbes qui a lieu tous les matins sur la place Saint- Jean.

Avant la révolution de 1789, Valence était le siège d'un présidiâP, d^une sénéchaussée , d'un bailliage épiscopal , d'une élection et d'une commfssion extraordinaire du conseil chargée de connaître des délits de contrebande; elle avait pour ressort toutes les provinces méridionales. Il y avait un évèché sufTragant de Vienne , et l'une des plus anciennes universités de France , qui , pour le droit , en fut long-temps une des plus célèbres. Cujas y a professé à deux époques différentes, de 1557 à ^<>59 et âe 1567 à 1375.

Aujourd'hui, c'est le chef-lieu du département, du 1" arrondissement communal et d'une subdivision de la 7""' division militaire, le siège de la préfecture et des tribunaux, la résidence d'un état-major et de divers fonctionnaires et employés. Il y a un évêché suflfragant d'Avignon , un séminaire, un collège, plusieurs pensionnats de jeunes demoiselles, trois imprimeries, une bibliothèque publique et une école d'artillerie. A l'est et à très-peu dé distance de la ville , le polygone , qui sert aux manœuvres de l'école, se compose d'une vaste plaine complantée de platanes et de sycomores dans tout son pourtour. Comme le sol en est ferme et caillouteux , on peut y faire tous les exercices de Fartillerie, même après de longues pluies, et l'on n'y perd pas un seul projectile.

Valence est une des plus anciennes villes des Gaules. Lorsque les Romains franchirent les Alpes , elle était déjà la capitale des Ségalauniens et le siège d^uqe de ces écoles que l'exemple des Phocéens établis sur les bords d^

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Ja Méditerranée ayaiît fait ouvrir dans ces contrées. Devenue colonie soos Auguste , elle ajouta à son nom celui de Julia y pour rappeler la ^protection que lui avait naguère accordée César et le séjour qu^il y avait fait. Les historiens et les géographes la placent parmi les villes principales de la province Viennoise.

Par sa position à la jonction des deux routes qui , d^ Arles et des Alpes Cottiennes , tendaient à Vienne et Lyon , près du confluent de Flsère et du Rhône, Valence fut souvent, dans ces siècles reculés, le théâtre de la résistance héroïque que les Gaulois , parmi lesquels on distingua toujours les AUobroges , opposèrent à Tesprit de conquête ^t d^envahissement des Romains.

A la décadence de Tempire , elle soufiHt , et de ses déchiremens , et des fréquentes irruptions des peuples du Nord.

Dans le VI^* siècle , elle fut prise par les Lombards et brûlée dans le VIII'"^ par les Sarrasins.

Ces événemens principaux^ auxquels s^en rattachent beaucoup d^autres que les bornes de cet article ne permettent pas de rapporter , expliquent pourquoi on trouve à Valence si peu de moqumens antiques.

Il y a cependant une belle mosaïque, qui, du jardin de M. Épailly, communique dans celui de M. de Monicault.

Il y a encore au-devant de la maison de M. Epailly , une grosse pierre tnmulaire couchée , avec Finscription suivante qui est très-frusté*; elle est rapportée par M. Mitlin dans sa Description du midi de la France*

VALENTINI

VIBLICICIV

INVSTAT f A VICTOR NLO

ISSQVI VIX ANN XXI M. V. D, VIII. S. A. D. {Sub ascid dedkavtt) (4),

(1) On lit sur la plupart de84>ierres tumulaires des anciens , et plus particulièrement sur les tombeaux celtes, les mots Sub a$cii dediemit, marqués par les initiales S. k- D-i

La tour penchée qu^on voit à la porte Saint^Félix est un reste des anciens remparts romains. Spon dit qu^elIe a quelque rapport avec la tour pendante de Pise ^ et le vulgaire veut qu^elle se soit ainsi inclinée lorsque les martyrs Félix, Fortunat et Achillée, conduits au supplice en 212, passèrent par cette porte de la ville.

Des vestiges d^autres tours, baignées maintenant par les eaux du Rhône, près du jardin de Thôpital général, sont également de construction romaine.

Un emplacement près de la citadelle a conservé la dénomination de cirque j dans le nom corrompu de cire^ mais on n^ rencontre aucun vestige remarquable de cette antique destination.

Dans le quartier de Saint-Jean sont les restes gothiques de Tancien cloître

de ce nom. Cest là qu^étaient, dans les premiers siècles de Téglise, la

cathédrale, le palais épiscopal et l'habitation des clercs. La cathédrale fut

I détruite , incendiée par les Sarrasins ; il ne resta guère que le portail et la

campanule ; et c'^est alors qu^on songea à fonder une autre cathédrale et un

I ~ autre palais épiscopal dans la partie méridionale de la ville.

i On voit dans les jardins de la préfecture les colonnes milliaires trouvées

à Montélimar et au pont de Bancel. En voici les inscriptions :

ou simplement S. A. sub asciâ. Ces mots sont le plus souvent accompagnés d'une figure , et cette figure n*est pas toujours la même. Les antiquaires ont cru que Tlnscription et la figure avaient un rapport mutuel, mais ils ne se sont pas accordés sur le sens qu'il fallait y attacher. Les uns ont prétendu que Vascla n'était autre chose qu'un polissoir de marbrier, d'autres une gâche à mêler la chaux détrempée avec le sable pour en faire du mortier ; quelques-uns l'ont prise pour une truelle qui sert à coucher le mortier 6b et le plâtre ; plusieurs en ont fait un marteau à façonner; d'autres savans en ont fait un instrument à remuer la terre et destiné à la creuser, dans la vue d'ériger des sépulcres; quelques-uns ont pensé que cette figure représentait une ancre diversement sculptée, symbole du repos et de la tranquillité parmi les Gaulois, et ils ont prétendu que le mot ascia était celtique , qu'As était la grande divinité des anciens Gaulois , et que sci en celtique sl^niùaii protection , d'où ils ont conclu que dedicare tumulum sub asciâ, c'était mettre un tombeau sous la protection des Dieux. D'autres enfin ont pensé que le mot ascia étant quelquefois employé pour dire punition , châtiment , l'inscription Sub ascià dedicatum , pouvait encore signifier qu'il était défendu de toucher au tombeau souspein* de punition.

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Colonne de Montélimar.

IMP CAES

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