INTRODUCTION. VII
Je tienne sur tout cela des notices plus ou moiijvs développées , en raison du plus ou du moins de facilités que j'a^^eues à me procurer des documens certains :. j'espère cependant n'avoir négligé aucun détail vraiment essentiel. . j
Une balance des importations et des exportations 4evrait trouver place dans une statistique ; mais comme U ^est pi^esque impossible de l'établir sur de justes bases ^ et que toutes celles qui ont été publiées jusqu'ici sont évidemment inexactes pu tout au moins hasardées, j'ai mieux aimé omettre cette indication, que de présenter des calculs dont rien ou presque rien n'eût garanti la vérité. J'y ai suppléé par d'autres calculs beaucoup plus sûrs , qui font connaître l'importance et la richesse particulières du département comparées à l'importance et à la ricl^esse générales de l'état.
J'ai été plus heureux pour les calculs relatif à la population : je ne crains pas d' affirmer que ce sont les pi tu» exact» qui aient encore été publiés. On ne verra pas sans intérêt comment et par quelle cause elle a éprouvé un si grand accroissement depuis quarante ans. Cette augmentation, qui va toujours croissant, répond d'une manière invincible à. ceux qui contestent encore que nos lois soient devenues meilleures , plus conformes à l'intérêt général, plus favorables à l'agriculture et à l'industrie; car si l'on ne peut nier que l'accroissement de la population soit le résultat d'une plus grande richesse industrielle et territoriale , il est tout aussi impossible de ne pas reconnaître que cette richesse a été amenée par des institutions plus en harmonie avec les vœux et les besoins de tous.
Il n'y a personne qui , en lisant la statistique d'une . contrée quelconque , ne désire savoir quels furent les premiers habitans qui s'y fixèrent, quels furent leurs usages, leurs mœurs, leurs
lois, le degré de leur pivîli.<;Atîon. On aime èi suivre ces peuples
vui ihtroductiox.
dans les révol*«ion8 qu'ils léj^tôiiWërfeïit. Oii àpprttià ûiréc intérêt qu'il passait dans tel canton uiae vôîé roiîiàîne; qu'oii f découvre des colonnes* «t. qu'en y lit encore des inscriptions milliaines; que telle commune fut le théâtre d'un graùd combâft, et qu'une colonie fat fondée dans tdlte autre. i
0tt se pldît à Vôi^ Obintnen't la religion chrétienne ^ àtèc ses domines de^bifeiiffslîsance et d- égalité, remplaça l'ancien culte et le éervage <^iï^îràdçttcttàît *pàriiû les hommes.
Oh désiré vôîrjpâ'if <5[ùéllb série d'évéûeniens i a\tx arts, à( la eitiKsèltiôn et à là d<!)toîfidftoii si brillante de Rome, succéda la domination bhîtaîë dés iiaïibns barbares dU Nord.
On veut connaître la condition niàlhetireuse desf clasJses populaîres au milieu deè guerres et dés ènvàbîssemens de lafébdalMë.
Une curiosité encore toute palpitante d'intérêt s'attache aux ti^ouMës excités pât les opînîbna? de Vtfldd, dé Luther et de Calvin ;. on aimé à ^ rëpottér par fâ pënsêë àù tnîlîeld de Ces populations agitées paft^ dés ^lierèfFlés rèlîgleuié^J b'A veut Voir conariient la tolérance triompha de tâtet et de si sanglantes discordes.
On veut égàlèmérit savoir tjuels fléâiii èalamiietti accablèrent les pbpulà'tiètié dânfs feéaf sîècléis i^êciflésyibit qu'ils àieirf été amenés par dèi cââtsés natxirèlleisi soit qti'îlfe ^èffit été prbdifità, cdihînè cela arrivait si souvent alb^ë, par l'igû^rahce fet l'incurie dé ceux à qui était confiée l'adnîïîrasttaftîôti du pà^^à.
On-trbirvèi^à cei détails, pbxii le département en général, dans le résumé historique qui forme le fïrémîei*' èhà^itre de l'oùvragîe, et pour lès communes en particulier, âdhs le chapitre VI, consacré à la description des villes et bourgs, et à celle des villages qui retracent des soUvènirs ou qiri présentenft deà particularités.
J'ai fait auSsî, pour tout cela, de très-loùgues recherches; et le désir de ne rien omettre m'a mis dans le Cas d'insister sur certains faits: avec une attention qut paraîtrait minutieuse, si
II^TRODUCTION. IX
ron ne savait qu'ils relèvent aux yeux de chaque population la contrée qu'elle habite : il semble 5 enefSet» qu'on aime davantage son pays 9 lorsque de grandes actions, de grands événemens^ quelques hommes célèbres enfin l'ont illustré.
Deux raisons m'ont déterminé à m'arrêler à 1789 pour tout ce qui tient à Fhistoire générale. Les événemens sont encore trop rapprochés pour parler avec une entière liberté des hommes qui participèrent au milieu de nous, dans* un sens ou dans un autre, au grand drame de la révolution française; et puis les événemens de l'époque contemporaine exigent beaucoup plus de développemens que ne le comporte le cadre étroit d'un simple précis. C'est donc une lacune à remplir, un sujet à traiter, qui fournirait à lui seul la matière d'un volume au moins. Si personne n'entreprend ce travail, je l'essaierai peut-être un jour; mais il faut , pour cela , du temps et des loisirs que je n'ai point encore.
Une pensée, que je puis dire dominante, avait dirigé mes premières recherches historiques, et cette pensée, je l'ai suivie, je l'ai exécutée avec la persévérance d'une conviction profonde. Elle a également, je ne saurais le taire, présidé à ce nouveau travail. Par le récit de tant dej^ révolutions et de troubles auxquels ces contrées furent livrées pendant une longue série de siècles, j'ai voulu rectifier les idées de ceux qui, aujourd'hui encore, semblent croire qu'il n'y eut de bonheur que dans les temps passés. J'ai voulu qu'ils pussent juger si la félicité dont jouissaient nos pères dans cet âge d'or prétendu , sous l'influence funeste de la féodalité et de l'intolérance, dans ces temps de ténèbres et de barbarie, où la pensée était interdite, où l'on vendait et échangeait les villes comme des fermes et les hommes comme des animaux domestiques, peut être un moment comparée à l'état de la société tel que Ta fait le progrès des lumières et de la civilisation.
Cependant, au lieu de le rembrunir, j'ai adouci le tableau de
X nrrnoDtrcTïON.
ces siècles de douloureuse mémoire. J'aurais pu, avec d'irrécusables documens , prouver que la dépravation des mœurs était alors très-grande^ que des seigneurs, des congrégations et des communes ne craignaient point de se faire un revenu des droits imposés sur le vice et sur les plus étranges déréglemens. C'est la partie honteuse de nos annales : à Dieu ne plaise que , sans une évidente utilité , je déchire le voile qui la couvre !
Il ne suffisait point de faire connaître l'histoire et les antiquités du département, d'en donner la topographie, de présenter sa situation^ous le rapport de la population, de l'agriculture, du commerce et de Find'ustrie; il importait encore d'en indiquer Fétat politique. C'est le sujet du dernier chapitre. On y voit , avec le tableau des produits et des dépenses de tous les services publics, Tensemble de l'organisation administrative , judiciaire , ecclésiastique et militaire. Si l'on n'y trouve pas le nom des magistrats, des administrateurs et des autres fonctionnaires, c'est que ces nomenclatures, qui varient sans cesse, sont le propre d'un annuaire et non d'un ouvrage plus permanent.
Cette statistique est moins une nouvelle édition , comme semblerait l'indiquer son titre, qu'un livre ^entièrement neuf, car tout ce que contenait la première a été refondu et rédigé sur des bases plus larges*
Je n'ai rien négligé pour rendre mon travail de plus en plus utile. Nous n'avions , du département , que des cartes défectueuses, incomplètes : j'en ai fait dresser une nouvelle par un employé du cadastre, M. Morel, et le soin consciencieux qu'il y a apporté en garantit l'exactitude.
Une seconde carte paraissait, sinon nécessaire, du moins désirable pour l'intelligence de l'histoire des anciens peuples qui, avant et sous la domination romaine « occupèrent ce pays ; je Taî également fait exécuter , en la rattachant à la glorieuse expédition