GÉOLOGIE. — MONTAGNES
M. Gras, ingénieur des mines , a exploré , sur Tinvitation du conseil général, les montagnes de ce département, poiir reconnaître et constater leurs richesses minéralogiques. Cette exploration Ta naturellement amené à étudier , sous le rapport géologique , les contrées qu^il a parcourues , et dans Touvrage plein d'intérêt qu'ail vient de publier sous le titre de Suuistique minéralogique du département de la Drome^ il expose avec un ordre et une lucidité' remarquables les divers systèmes de soulèvement qui auraient présidé à la formation de nos montagnes. Il expUque aussi la naUire des terrains divers dont elles se composent ; et il en résulte que le terrain primitif ne s'y rencontre que sur un seul point : c'est cette montagne de granit dont le coteau de VHermztage fait partie, qui borde la grande route de Lyon à Marseille, depuis Tain jusque vers Saint-4^ allier , sur une longueur de 16 kilomètres environ , et une largeur de 2 ou 3.
M. Gras croit , d'après les idées qui , dit-il , prenn^it chaque jour plus de £iveur dans le monde savant , que le feu , plutôt que Feàu y aura été le dissolvant de ces roches, et qu'antérieures à l'existence de tout être organisé, elles sont le produit d'une matière jadis en fusion et cristallisée depuis par le refroidissement. Elles n'appartiennent aux Alpes ni sous le rappcurt géo* logique , ni sous le rapport géographique ; elles né sont que l'extrémité dd la grande formation primitive qui borde sur plusieurs points la rive droite du Rhône , et s'étend de là bien avant dans le centre de la France.
Partout ailleurs, les montagnes du département sont formées d'un terrain secondaire^ que les géologues divisent en terrain jurassique y à cause de l'analogie qu'il présente avec les montagnes du Jura , et en terrain de craie iriférieure. Le premier se compose de marnes argileuses , de marnes calcaires et de calcaire solide en grandes assises , dans lesquels on ti'ouve des fossiles , des géodes et du gypse. Le second est également formé de marnes argileuses auxquelles se joignent des marnes calcaires à texture variée, des calcaires compactes en grande masse , des grès , des géodes et des fossiles. Les couches de presque tous ces calcaires sont parallèles à Thorison , ondoyantes et assez, uniformes^
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Dans la plaine , on trouve des terrains tertiaires composés de marnes , d^argîles de diverses espèces , de calcaire d^eau douce en couches réglées, et d^un grès grossier nommé mollasse. On y trouve aussi les terrains diluviens et post-diluviens ; ils consistent principalement en sables argileux et en cailloux roulés , qui recouvrent la mollasse, sans cohésion avec elle , parce qu^ils ont été amenés postérieurement par les courans.
Les montagnes de ce département forment la plus grande partie de la branche secondaire des Alpes comprise entre Tlsère et la Durance. Elles pré^ntent, sur la limite des départemens de Flsère, des Hautes et des Basses-Alpes , une masse non interrompue , d''où partent des rameaux qui s^étendent plus ou moins à Fouest. La hauteur moyenne en est communément de 12 à 1,500 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les plus élevées sont ceUes de Glandas, de Lus, du Vercors, de Muon, de Cabre et d'An gèle, dans Tarrondissement de Die ; dans celui de Valence , les montagnes de Montoué et de Touleau, qui dominent les plateaux élevés de Lente et d'Ambel; et dans la partie méridionale du département , celles de Chamouse , de la Lance, de Perti et surtout le Mont-Ventoux : le sommet en est accessible; on n^ voit point de neiges éternelles.
Le Mont-Ventoux, qui se trouve à Fextrémité méridionale du département, où il s'élève avec majesté et domine toutes les montagnes des en\nrons , appartient plus particulièrement au département de Vaucluse , qu'il sépare des cantons du Buis et de Séderon. Sa plus grande élévation est de 2,021 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il se prolonge , par une pente assez douce , du côté de Vaucluse ; mais au nord il est très-escarpé sur beaucoup de points. Il s'étend de l'est à l'ouest , depuis Montbrun jusqu'à Caromb ; sa largeur est d'environ deux lieues du nord au sud. On voit au sommet une chapelle où vont chaque année , dans la belle saison , de religieux campagnards, déjeunes amoureux et quelques naturalistes. On y trouve quelques plantes rares , mais en petit nombre , parce que le sommet en est pelé , et que les endroits où il pourrait y en avoir sont , pendant la belle saison , couverts de troupeaux destructeurs.
Dans quelques parties de ces montagnes, on trouve des forêts de sapins et de hêtres d'assez belle venue ; le reste sert de pâturages , soit aux bestiaux qui s'élèvent dans le pays , soit aux troupeaux de Provence. (Test là , et
dans les montagnes de Flsère et des Hautes-Alpes ^ que se rendent annuellement des fnilliers de bètes à laine , qui quittent les plaines de la Crau « près d^Arl^ ^ au momait où la chalau* du clmiat et la sécb^esse du sol les fatigueraient et les empêcheraient de s^ nourrir.
Ces troupeaux, qu^on nomme transhumons , sont conduits par des bailes, espèce d'^hommes de confiance des propriétaires. Cest ordinairem^it au mois de mai , et après la tonte , que partent ce» sortes de caravanes. Les bailes se mettent ea marche avec des ânes chargés de provisions , et un nomlure de pâtres proportionné à Fimportance des troupeaux. En arrivant dans les communes, ils achètent des municipalités la permission de feire paitre leurs bestiaux , et demandent qu'ion envoie jusqu^à Textrémité du territoire des experts qui les suivent pour estimer les dégâts. Cette évaluation se &it toujours à Tamiable et sans contestation. Ils arrivent de cette manière sur les montagnes, et là , ces hommes simples et ^ossiers , dont la principale nourriture est le lait de leurs brebis, logent sous des tentes, et ignorent tous les événemens dont on se repaît avec tant de curiosité dans les villes : on dirait des Arabes transplantés au midi de TEurope. Ils regagnait la Provence au retour des irimats , et paient aux propriétaires des pâturages 20 ou 25 centimes par béte pour la saison.
A Fouest de la chaîne principale des montagnes du département, sont d^autres montagnes qui n^ont rien de remarquable. Leur hau&ur moyenne est de 400 mètres au-dessus du niveau de la Méditerranée»
Cest sur les plus hautes qu^il faut aller pour jouir de Tun des plus beaux ^ctacles de la nature. Tout j élève Tame, parce que tout y est ^and^ varié , majestueux. Pétrarque monta sur le sommet du Mont-Yentoux vers le mili^i du XlV^siède, et il en parle ainsi dans une de se$ letttres t « Jamais tableau » fins sublime ne fi-appa mes regards : je voyais les monts à travers lesquels » Amiibal s^ouvrit un passage; je distinguais ceux du Lyonnais; le Rhône » coulait sons mes yeux; j^apercevais la mer dans uu immmse lointain ; les » nuages étaient sous mes pieds , et tout ce dont j'^étais témoin me rendait » moins incroyables les récits merveilleux du Mon(rAthos et de FOlympe. »
La plupart de ces montagnes offi^nt encore de Fintérèt par leurs formes
singidièr». Celle de Saou, plus particulièrement connue sous le nom de
Jbrée de Saou^ située sur la rive gauche de la Drome, entre Saillans et GresC ,
présente^ sur une longueur de 12 à 13 kilomètres et uue largeur moyenne de 5 à 6, la forme d'un immense vaisseau. On trouve, dans Tintérieur, des habitations ) des terres labourables, des prés, des bois , d'abondans pàturagesi, des fabriques de poterie, et des mines de charbon qui ont reçu un commen* cernent d'exploitation. Elle est fermée de tous côtés par des rochers taillés à pic. On n'y pénètre que par deux grands portails naturels, placés, Fun au nord vers Aouste, et l'autre au midi vers le vâkge de Saou : on pourrait les clorre comme les partes d'une viUe. La petite rivière de Vèbre sort par l'ouverture du midi.
La Montagne inaccessible mérite aussi une mention particulière : cfest uùe des prétendues merveilles du Dauphiné. Elle est située à 15 kilomètres (2 lieues et demie) de Châtillon, au nord de Trescfaenu; mais les auteurs de la Description topographique et statique de là France \s6 sont trompés lorsqu'ils ont placé cette montagne dans le départemait de la Drome i elle en forme, il est vrai, la limite de ce côté, mais elle appartient au département de l'Isère. Cest un roc vif, entièrement isolé, que les habitans appellent Mont-Aiguille , et qui , à la dîflférence des autres montagnes , est beaucoup plus étroit à la base qu'à la sommité , ce qui lui donne la forme d'une pyramide 'renversée, et le rend en quelque sorte inaccessible.
Cette montagne a été l'objet de bien des contes. Gervasius de Tilisberi , qui en a fait* sur tout, dit que, de son temps, on voyait souvent, des hauteurs voisines, des Unges blancs étendus sur Therbe, sans qu'on put deviner par quel art magique ils y avaient été portés.
Chorier rapporte qu'Antoine Devîlle , sieur de DomjuHén , capitaine de Montélimar, est le premier qui y soit monté, à Faide de machines, le 26 juin 1492, pour complaire au roi Charles VIII } qu'il fut suivi par une troupe de déterminés qui se servirent d'échelles; qu'arrivés au haut de la montagne, ils furent surpris d'y trouver une prairie agréable^ arrosée d'une belle fontaine, et un troupeau de dbamois ; que le hardi capitaine y demaira six jours j y fit plmiter trois croix , et y fit monter un prêtre pour y^ célébrer la messe.
Ce mont inaccessible ne Test devenu , suivant la fiction de Salvaiûg de Boissieu, que parce que les Dieux et les Déesses s'y étant un jour assemblés, Ibicus, qui y chassait, y surprit les Déesses toutes nues , ce qui les fit rougir. Jupiter, en fureur, changea Ibicus en bouquetin, et séparai cette montagne des autres auxquelles elle était jointe. C'est de là que le chasseur Ibicus ,
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frappé de la foudre et changé en bouquetin , cherche toujours les rochers les plus hauts et les plus escarpés , à cause du froid qui y domine.
Cest une tradition constante à Treschenu, à Glandage et dans tous les «nvirons, qu^un mouton est tombé de la sommité de ce mont il y a quelques siècles, sans qu^on ait pu savoir comment il avait pu y arriver. On jugea, à la longueur de sa laine et au nombre de tours de ses cornes, qu'ail était âgé de sept ans. Il donna lieu à bien des conjectures de la part des habitans : ils pensent aujourdJiui que ce mouton aiura été porté sur la montagne par un aigle , cet oiseau n^étant pas rare dans lès hautes montagnes du Diois.
Ce roc a, du reste, cessé de mériter la dénomination di inaccessible par deux nouvelles ascensions successives quY ont faites, le 16 juin et le 6 juillet 1834, plusieurs jeunes gens des communes environnantes, qui, dans la dernière, ont fait la triangulation de cette sorte de pyramide renversée, dont ils ont mesuré la hauteur et la surface prise au sommet (1).
(1) Seconde ascension sur le Mont-AiguUle,
Les soussignés 9 Joseph Thiollier, cur^ de la paroisse de Ghichiliann^; Eugène de Rochas 9 avocat, natif de Gap (Hautes-Alpes ) ; Jean Liotard, âgé de 26 ans^ habitant du village de Trezannes; Antoine Liotard, son frère , habitant de la même commune de Trezannes; Jean- Antoine Cotte ^ propriétaire , meunier à la Bâtie ^ conunune de Gresse, certifient dans leur ameet conscience que, le 16 juin 18349 s^étant rendus, sur les dix heures du matin , au pied du Mont- Aiguille , dit Inaccessible , situé entre les communes de Chichilianne, de Trezannes et des Portes, canton de Glelles, département de risère , avec des cordes , échelles «t na^rteaux de maçon , à Teffet de se frayer une route à travers les rochers et arriver de cette manière au sommet dudit mont; qu^après avoir tenté inutilement, dans la crevasse principale située du côté du couchant, d'arriver au but désiré , ils se sont dirigés sur un autre point , au nord de ladite montagne.
G'est laque les soussignés, à Tenvi et sans le secours d'aucun des instrumens précités, ont gravi le rocher jusqu'à une hauteur qui peut être évaluée au quart de Télévatîon totale. Les soi^ers cloués rendant l'ascension périlleuse, le seul Jean Liotard , d'une force et d'une hardiesse remarquables, s^est déchaussé et a grimpé à travers les rochers, .dans une direction oblique et du côté du midi^ tantôt descendant, tantôt montant, et suivant un chemin que sa présence d'esprit lui a seule indiqué ; il a , quelque temps après avoir été perdu de vue , apparu à la cime 4^s rochers et non loin du sonunet du Mont-Aiguille.
G'est alors que sa voix s'est fait entendre, et qu'elle a porté la joie dans leurs cœurs, en le vx>yant près d'atteindre la hauteur d'un mpnt inaccessible depuis l'année 1Â92,
Les montagnes de ce département présentent aussi beaucoup d'^întérèt par une grande variété de plantes dont plusieurs sont particulières à ces contrées.
Au premier rang se placent la montagne de Chamouse y au pied de laquelle la rivière d^Ouvèze prend sa source , et celle de Bluyc , située entre TOuvèze au nord , et le Thoulourenc au sud , qui la sépare du Mont-Ventoux ; elle
sons le règne de Charles YIII, et escaladé par les wdres de ce monarque y comme on le lit dans la relation qoi a été faîte à cette époque, et qu^on peut voir dans les archives de la chambre des comtptes, à Grenoble. Bientôt, en effet, le sommet a été franchi, et le sieur Liotard a parcouru dans tous les sens la plate-forme aux bords de laquelle il paraissait suspendu, tantôt faisant entendre au loia sa voix tonnante, tantôt, pour être mieux aperçu, précipitant avec un horrible fracas des blocs énormes du haut de la montagne. C'est ainsi qu'il a été remarqué par une foule de personnes des communes environnantes, qui, frappées d'étonnement, répondaient par leurs oris aux cris de Jean Liotard.
D'après son récit , l'extrémité de la montagne est recouverte d'un gazon de six pouces d'élévation, parsemé de fleurs odoriférantes d'une forme et d'une couleur inconnues aux habitans de cette contrée. La pelouse peut offrir environ 30 faucheurs de pré et troîs quarts de lieue de tour, tandis que sa hauteur perpendiculaire peut être évaluée à une demi-lieue seulement. L'herbe cueillie par Liotard sur le somcmet du mont est très-verte et très-nourrie. La surface du sol qu'elle couvre est crevassée çà et là , et parsemée de pierres plus ou moins grosses. Sur la partie la plus élevée, du côté du village de Trezannes, il aurait remarqué quelques débris ressemblant beaucoup à ceux d'un mur en pierres sèches écroulé , mais nulle part trace d'animaux ni vivans ni morts , seulement des corneilles qui volaient en bandes autour du rocher. D'après lui, c'est une erreur de croire qu'il y ait au centre de la prairie une source d'eau vive. Il a affirmé, en outre, que, trois cents pas avant d'arriver sur la plate-forme, it a remarqué une voûte formée par la nature , et sur la surface intérieure de laquelle on reconnaît Tempreinte du marteau , comme si l'on avait eu Hutention de polir ou tout au moins de dégrossir la pierre. Au fond de la voûte, sont quelques débris ou décombres résultant peut-être d'une construction qui remonte sans doute à des temps fort reculés.
D'après les propres expressions de Liotard, il aurait fait le signe delà croix en mettant le pied sur le sommet du Mont- Aiguille , persuadé qu'il était qu'il ne lui serait pas facile d'en descendre sans lè secours de Dieu; aussi, plein de confiance en celui qu'il avait invoqué, il reprend, en descendant, la route qu'il avait suivie en montant, tantôt suspendu sur le bord des précîpices , tantôt se fourvoyant et reprenant bientôt sa trace première qu'il avait marquée à l'aide de pierres superposées.
Cest de là sorte que, tourmentés par la plus pénible anxiété, nous l'avons vu, pendant au moins une heure et demie, descendre la montagne, avec un sang- froid qui étonne, avec une agilité qui égale celle du chamois ; enfin , iT nous appaitit hors de
s^étend^ dans la direction de cdui-^i, depuis ftrantejusqti^àMoUans. Ces deux montagnes ofirent une grande quantité de plantes fort dignes d^exciter rintéret et la curiosité des naturalistes.
Presque toutes recèlent beaucoup de fossiles marins , répandus arec une
danger, mais sans sa veste , qu'il avait perdue 4 travers les rochers , eo voulant s'en servir comme d'un moyen d'accrocher les aspérités des plertetf. JNoas nous sommes précipités! avec joie au-devant de lui pour l'embrasser et lui témoigner notre satisfaction et notre étonnement. C'est ainsi que s'est terminée cette ascenstoa mémorable, sur les sept heures du soir, laquelle a été entravée et rendue plus difiicile par tine pluie nèélée d^ grAle j et poussée par un veot très- violent.
; Fait ^ dresaé au château de Ruihières, le soir du même pour précité , 16 juin 1834. Sigoié £. de Rochas ,, Thîf IHer^ recteur ; Jeat»- Antoine €otfte > Anioitie Uoiard et Jean Liotard , qui a fait une croix pour sa siguatuve. .
Troisième ascension sur le Mont- Aiguille,
Le 6 juillet 1834» les sieurs Antoine Bouffard, oKiçon et charpentier; Victor Imbert, aus^i maçon ; Frédéric Laurens , Joseph Laurens , François Maurice , cultivateurs ; Honoré DiM*and, instituteur primaire dans la commune de Gbichilianne ; Antoine Rivel, domestique; Jean.Imbert et Pierre Cbancel, tous les deux -domiciliés dans la commune â|^ Treschenn ( Drome)^ partirent à deux heures du matin, pour se rendre, tous les ncuf^ sur le Mont-Aiguille, à environ 3 kilomètres de la commune de Gbichilianne, point di^ dép{u*t. Ib ^valent formé le projet d'eûTectuer la triangulation du sommet, qui était.le but de leur voyage, et d'outre-passer , au moyen de cette opération, ce qu'avait fait leur prédécesseur ^ le sieur Liotard , une quinzaine de jours auparavant»
Pe neuf qu'ils étaient , deux s'arrêtèrent à mi-chemin ^ et les sept autres {les sieurs Antoine Bouffard , Victor Imbert , Frédéric Laurens ,. Joseph Laurens , François Maurice, Antoine Rivel et Pierre Cbancel ) , fournirent complètement leiu: carrière. Parvenus au sommet de la pyramide , ils se mirent à chanter la Marseillaise -et à danser un rigaudon. Ensuite ils s'occupèrent de la triangulation : ils.t^Quvèrent 900 mètres de longueur, 140 de largeur, et une hauteur de 280.
Toutes leurs opéra,t ions géométriques étant achevées , ils firent; une partie de boules avec des pierres, r Après cette partie , ils descen^îront en cha^n^ant Idi Colonne ^ et rapportant diverses fleurs cueillies sur le sommet qu'ils venaient de quitter.
L'un des braves et joyeux voyageurs, le sieur Victor Imbert, ^rrivé, en descendant » à la moitié du mont , y fit le tour de force nommé vulgairement VarbnedroU, sur une partie de roche taillée par la nature en forme do pQftail, , . ^
Ils n'ont. trouvé de vraiment remarquable sur le. sommet quQ,queJ[qu^ 4<tbris. d'un vieil, édifice en pierres sèches. Tout fut terminé à dix heures du matip, \)u procèsverbal, dûment certifié par le$ autorités, cpnsfate les faits que i^ous venons d'énoncer.
sorte de profusion, même à la plus grande élévation. A Crest, Tescalier des Cordeliers et Tescarpement par lequel on arrive à la tour , sont taillés dans un tas de coquilles. On trouve des bancs considérables d'^écailles d'huîtres sur les points les plus élevés du territoire d'Albon , une grande. quantité de fossiles dans la glaise à poterie de Cliousclat, de superbes échinites au Poët- Laval , de très-grosses térébratules à Châtillon , deux espèces de bélemnites très-aplaties à Valdrome; à Pont-de-Barret , une bélemnite cylindrique dont tous les individus conservent leur alvéole , et parmi lesquels on en voit beaucoup qui , étant jeunes j sont terminés en pointe des deux cotés. Sur une colline à trois quarts de lieue d^'Allex , sur le chemin de Valence , sont les plus belles et les plus nombreuses balanites ; elles sont adhérentes à Thuitre de la plus grande espèce , bien pétrifiées et d^une belle conservation } elles ont la forme et le caractère des glands de mer de la petite espèce. On en trouve également à Mirabel , près de Nyons , dans une terre argijeuse , où elles ne sont pas pétrifiées, mais en état de simple fossile. Il y a aussi à MoUans des bélemnites, des cornes d^Ammon, des dents de requin et des coquillages de toute espèce. On en trouve davantage encore dans les environs de Saint-Paul-troîs-Châteaux , de Saint-Restitut , de Clapsay^^ , de Suze-la-Rousse , et sur la montagne de la Lance. M. de Genton en a fait, en 1781 , le sujet d^un ouvrage intitulé : Mémoire sur les Jbssiles du Bas-Dauphiné j et suivant M. Faujas de Saint-Fond , qui en a parlé Aussi d^une manière fort détaillée dans son Histoire naturelle At cette province, îl est peu de lieux en Ftance cjni en fournissent autant. Il- n^hésite point d^en conclure que ce pays fut long-temps couvert par les eaux , et tes géodes , contenant des cristaux de quartz , qu'pn trouve si abondamment à . Vercheny, à Aurel, à Die et à Remuzat, viennent à Tappui de ce sentimeit; car il est évident qu^elles ont été comprimées et fracturées parla pression., Comment douter, d'aillexurs, qu'^elles aient été. formées au fond xle.la.mer, lorsqu'elles englobent «i souvent des coquillages fossiles? Ces cristaux se détachent lorsqu'^on brise la pierre qui les enveloppe : ils sont d'une fqrt belle.eau, briUans et naturellement taillés à facettes. On pourrait, ^i la mati^ ' en était plus dure , les mettre en œuvTe et eh tirer un parti utile.