PONTS
D^Andancette , commune d'^Albon , à Andance.
De Saint-Vallier à Sarras.
De Tain à Toumon.
De Valence aux Granges, commune de Guilherand.
De Pierrelatte au Bourg-Saint-Andéol.
Celui de Tain est le premier de ce genre qui ait été construit en France. Commencé le 1 2 mai 1 824 , par M. Seguin aine , il fut livré au public le 25 août 1825.
L^inauguration de ce pont donna lieu à une fête fort intéressante, où les populations des deux rives exprimèrent avec une cordialité touchante le bonheur d^étre désormais confondues, et de ne foi*mer, pour ainsi dire, qu^une même viUe (1).
(1) Gomme on ne saurait trop perpétuer de pareils souvenirs, Je crois devoir consigner ici les stances que Bl. Henri Monier de la Sizeranne, organe des habitans de Tain, adressa, dans cette solennité, à Thabile constructeur :
L'airain sacré s*est fait entendre , L'encens est monté vers les cieuz; Le poqjtife vient de répandre Les faveurs saintes sur ces lieux..
. Des chants, la divine harmonie.
Consacre ce jour solennel ; Mais écoute : après l'Éternel Arrive l'homme de génie ; Sur la terre il est immortel*
Tous nos vœux s'élançaient de l'une A l'autre rivé,
Et, jaloux de notre amitié.
Le fleuve aussitôt, sans pitié.
Soulevait. entre nous son onde pleine et vive» Tu nous dis : « Dans un an vous franchirez son cours. »
Tu semblais promettre un miracle;
Ton génie a vaincu l'obstacle.
Et deux villes par toi s'unissent pour toujours.
200 CHÀPITHE II.
Le pont de Valence n^a été Hvré au public que le 24 septemlnre 1830. C^^est rœuvre de M. Jules Seguin, et c^est, sans contredit, Tun des plus remarquables qu^on ait exécutés dans ce genre.
BÀGS.
De la commune d^Albon à Champagne.
De celle de St-Vallier (1 ,200 mètres en amont de la ville)aurocher de Sillon.
De la Roche-de-Glun à Glun.
De la partie sud du territoire de Valence à Soyons.
Du Chiez, commune d^Etoile, à Charmjes.
De la Chastagnonne , même commune , à BeancbasteU
De la commune de Livron à Lavoulte.
De celle de Loriol au Pouzin.
De celle de Mirmande à Baix.
De ceUe des Tourrettes à Cruas* De celle de Savasse à Meysse.
De celle d^Ancône à» Rochemaure.
De celle de Montélimar au Teil.
De ceUe de Chàteauneuf- du- Rhône à La&rge, près de Viviers. Du port du Robinet de Donzèr e à Tosselage. ' ■ I ■ ■■ Il III , , »
La voilà donc enfin cette arohe d'aUSftDCC
Échappée à d*habiles mains l
Mais qui croirait que des humains Purent en quelques jours kii donner la naissance ? Est-ce Âmphion qui Tient, par ses divins accords ^
De créer sa voûte légère ?
Est-ce l'Amour qui, sur la terre, Laisse tomber son are, pour uqir ees deux bords?
Sous un autre climat, sur un lointain rivage.
On voit le Sauvage ignorant.
Pour traverser le noir torrent.
Jeter une liane , et s'ouvrir un passage. Ton regarfl le surprit, ci tu Vé& fmîté;
Mais prenant l'art à son eafiince.
Tu le conduis d'un pas immense.
Enrichi d'un efaef-d*«uvre, & la piosiérité.
TOPOGRAPHIfi. 201
La pâcbe^ qui s^affisnae au profit de Tétat, y est divisée en treize canton*nemens , qui présentait une ligne totale de 1 2 myriamètres , savoir :
KUomètret.
Du pont de Serrières au pont d'^Andancette • • • 9
Du pont d^Andancette au pont de Saint -Vallier 7
Du pont de Saint -Vallier à Serves 6
De Serves au pont de Tain • • * 6
Du pont de Tain au bac à traille de la Roche-de-Glun 6
Du bac à traille de la Roche-de-Glun au pont de Valence . . . • 10
Du pont de Valence au bac à traille du Chiez, vis-à-vis de Charmes. 8
Du bac à traille du Chiez à celui de Lavoulte 9
Du bac à traille de Lavoulte à cdui de Baix • 10
Du bac à traUle de Bais à celui d^Ancône. 14
Du bac à traille d^Ancône à celui de Lafarge, près de Viviers. . . 11
Du bac à traille de Lafarge au pont du Bourg-Saint- Andéol. • . 13
Du pont du Bourg-Saint-Andéol à Tembouchure de TArdèche. . 1 1
La pente du Khôoe est eommuijbémeait d^un dernlHoiillimètre par mètre, ou A8/1 00*** de millimètre ; la différeuéce 4e niveau de Lyon à Arle9 est de 160 mètres 43 centimètres : c^est ainsi un des fleuves les {dus rapides du royaume. Sa navigation est de la plus haute impo^rt^ce pour le commerce du Midi , et quoiqu^on Tait fort améliorée d€|>ius vingt-cinq aos , elle présenl^e encore, sur plusieurs points, des obstacles qu^il serait bien intéressant de faire cesser : il en résulterait moins d^accidepns pow jles hmnmes emfdojés à la navigation, moins de chevaux perdus ou ruinés , et une dinpijnution dans le prix des transports.
Les basses eaux^ les grandes crues , les vents du xi^d , contrarient singulièrement la remonte des bateaux et les arrêtait souvent. Les chemin^ de halage se trouvent alternativement placés sur Fune et Fautre rive, et les trains mettent ordinairement vingt-huit ou trente jours dans la belle saison , et trente-cinq ou quarante jours en hiver, pour remonter d^Arles à Lyon, quoique la distance ne soit que d^environ 27 myriamètres.
Il j a six ports principaux sur le Rhône : à Saint- Vallier , Serves, Tain .9
27 Ij
202 <2BAPITRE ïï;
Valence, Ancône et aa Robinet de Donzère. Il 7 â en outre beanconp de points d^abordage où les bateaux prennent terre, soit pour passer la nuit, soît pour attendre un temps et un vent favorables , lorsquMls sont surpris , en montant ou en descendant, par des vents contraires ou par des tempêtes; mais la plupart de ces abordages sont loin des villages et même de toute habitation.
La navigation du fleuve fut, dans tous les temps, Fobjet de la sollicitude de Tadministration ; c^est surtout en 1807 et 1808 qu^on s^en occupa avec une attention particulière : on songea alors très-sérieusement à ouvrir un canal parallèle au Rhône. M. Céard, inspecteur divisionnaire des ponts et chaussées , fournit des projets ; mais la dépense de 45,809,440 francs que présentèrent ses aperçus, fit renoncer, pour le moment, à ce vaste et beau projet. Il fut repris plus tard, et encore une fois abandonné.
La dépense , diaprés les derniers projets , n^était plus portée qu^à 38,205,600 francs, pour une longueur de 240,000 mètres. M. Céard pensait qu'^elle n^était pas de nature à arrêter Fexécution de Tentreprise; que le projet présentait d^immenses avantages, et que le capital à y employer serait, en peu d^années , couvert par le produit des droits de navigation , et voici comment il raisonnait :
(( l*" La navigation ascendante du Rhône, qui exige aujomrd^ui trente-cinq » à quarante jours de Beaucaire à Lyon , et n^en demande que deux à hi » descente par le fleuve , se ferait à la remonte par le canal en sept ou huit )> jours au plus ; en sorte qu'au lieu de huit ou neuf voyages par an avec » équipages, il en serait fait par le canal au moins trente dans le même )> temps et sans équipages.
» 2"* Les pertes en naufrages, cordages, agrès de toute espèce, denrées » pour la nourriture des hommes, fourrages et grains pour celle des i) chevaux précieux (1 ) , dont un quart se noie par an , ou périt par maladies , » seraient réparées , ainsi que celle du nombre de bateaux que le coût de )» la remonte oblige de vendre à vil prix pour le chauffage.
(1) lU s'achètent ordinairement de 1,000 à 1,200 francs Tun. Celui qu'on appelle le patouiUard en coûte 1,400 ou 1,500 : c^est un cheval de la plus haute taille, destiné à sonder les passages , avec un honmie qui le dirige à la Franconip étant souvent debout dessus, au milieu des eaux.
TOPOOBAPHIEé 203
» 3"* Les matérianx de toute nature pour la ccmstructioii des ouvrages , » soit pierre de taille , moellons, sable, chaux, pouzzolane (provenant des n volcans éteints du Vivarais ) , se trouvent très à portée dans les grandes » berges qui contiennent le Rhône, excepté dans la partie siq>érieure du » canal, où les matériaux arriveraient avec facilité des carrières superbes de » Villebots, comme as arrivent à Lyon.
)i V La partie du canal latéral de Lyon ' à Beaucaire répondant à celui » de Givors f faciliterait la .remonte: des charboùs fossiles à la seconde viUe » de France, s^imirait non moins avantageusement à ceux de Bouc et » d^Aiguemortes jusqu'^à la mer , . et formerait le complément nécessaire I» de la jonction du canal du centre avec la Loire, de la Bourgogne avec 1» la Seine , et de la Saène avec le Rhin par le Doubs«
» 5"* Enfin, si Ton fixe les yeux sur la dépense et les produits, on verra » que la remonte des marchandises par le fleuve , comme elle se fait ,i> aujourd'hui , coûte annuellement 3,000,000 de francs pour cinquante » équipages composés de vingt-huit à trente chevaux , conduits par sept » ou huit hommes et trois ou quatre mariniers , montant cinq ou six bateaux i> à chaque équipage ,. ce qui représente Tintérèt annuel à 5 pour 1 00 d'^un » capital de 60,000,000 de francsu
)i On voit, disait aïoore M. Céard, que le capital représentant la dépense » du canal pourrait êtk*e considéré comme placé à un intérêt assez élevé par )» la cessation d'une dépensé annuelle de 3,000,000 de francs , qui serait » remplacée, poiu* le même objet, par une dépense de 250,000 francs que » coûterait la remonte annuelle de cinquante-quatre bateaux, conduisant par » le canal, depuis Beaucaire jusqu'à Lyon, 810,000 quintaux métriques de » marchandises indispensables à cette ville et à la France correspondante, » marchandises dont les prix actuels de transport varient, suivant les » circonstances*, d^uis 5 francs jusqu'à 10 francs, mais dont le prix » moyen le plus ordinaire est de 6 francs par quintal métrique , ce qui » lèverait la recette, suivant cette donnée, à 4,860,000 francs annuelle- » ment, sans compter les transports aussi nombreux qui ont lieu par terre, » au grand détriment des routes , et qui se feraient par le canal d'une n manière moins coûteuse et aussi prompte que réglée. »
Je dois dire que,, dans la pensée de M. Céard, les. entrepreneurs n'avateot
204 CHikPITRS II.
à redouter aucmie inyeDtioii noorelfe , parce qae le courant du Rhôûe lui semUait trop rapide pour que les macfakies à vapeur pussent jamais être employées avec succès , à mains , ajoutait-il , d^un mouvement constant et extraordinaire dans les moyens j qu^on n'ose pas supposer 4.
Mais ce que cet ingénieur regardait alors comme impossiUe Tient de se réaliser, puisque les bateaux à Tapeur r^nontent mâinlenant le flevire. H est Trai que ce système de naTigation a encore besoin d^étre pcri«€tiooné; mais tout annonce qu^on y parviendra aTce le temps , et que ce grand proUème de la prompte et facile naTigation ascendante du Rhône sera en&i résolu. Dès-lors , le projet dW canal latéral n^a plus le même degré dhotilité, et si je Tai mentionné aTec quelque étendue, c'est moins à cause de Fexécutioii dont il pourrait être susc^ible, que comme un momment intéressant du progrès que font chaque jour parmi nous les sciences et les arts»
Tout porte même à croire que les machines à Tapeur seront elles-mêmes remplacées, dans quelques années, par un chemin de fer de Lyon à Marseille, dcTant lequel sVffîu^aront tous les autres moyens de transport et de naTigation.
MM. Delhorme et C", d^ATignon, proposèrent^ en 1833, de Fétablir à leurs frais, moyennant la concession d^un droit sur les transports, il derait partir de la Guillotière, passer derant GiTors, cm un pont jeté snr le Rhône Faurait mis en communication aTec les chemins de fer : du «départemait de la Loire ; il dcTait ensuite longer Vienne , Saint^-VaDier et Tain , traTarser risère sur un pont au-dessous de celui de la Rodbe-d^^lun , contoumer la Tille de Valence au IcTant, franchir la I>ome k Lirron, se rapprocher da Rhône pour éviter les hauteurs de SaTasse, passer à Fonesi de Montélimar et de Châteauneuf-du-Rhône , s^établir sur la berge au-dessous des rochers de Donzère, d'^où il se serait rapproché de la route royale de Paris à Marsdlle ; il deTait enfin longer Pierrelatte, entrer, à traTers la plaine de Lapalud, dans le département de Vaucluse, et continuer jusqu^à Marseille, par ÀTignon et Tarascon. 11 deTait être à deux^Toies, aToir 7 mètres de largeur et un déTeloppement de 33 myriamètres 6 kilomètres. La dépense était e^imée, somme à Taloir comprise, à 28,000,000 de francs.
Des enquêtes eurent lieu, toutes les formalités préliminaires furent remplies ; mais la compagnie n^iyant pu réunir une somme d^actions égale à la dépense
Ti>fQ0iUIf9l|Bt 205
présumée, fut ccmtramte, non d^aboïKlîdnner , umh d^ajomoa:; IVécutipQ do cette vaate Mrtrepriôe.
Depuis lors, ce grand pri^et a été, par ordre du gpuvepnement, Tobjet de trieuses et savantes études de la purt de AfM« les ingéni^irs des po|its et chaussées. Des désayantd^ et des avantages nombrew l^s$ent, dit-on, encore indécise la question de savoir si le ch^ocûn de fef^ suivra la rive droite ou la rive gauche àvk Rhône. Ge^ndmt cette deiiyère paraît devoir remporter. Dans ce oas, de Lyofit à Vienne, le traoé $^^cartergit peu dn Rhône, trayerseraitVienne dans k Ht même dri fleuve, éto dehors^ dM quai, descendrait ensuite dans la plaine du Péage, se dirig^^t sur SaiâA-Ramhert et Sainte Vallier ; de là côtoierait le Rhône jusqu'à Tain , passerait Tlsère derrière le village de la Rocbe-de-Glon, arriverait dans la partie basse de Valence; ai>-delà, traverserait la Drome entre Livron etLoriol, passeraûtunpeuàrouesC de Montélimar, à Donzèr^, à Pierrelatte, à Lapalud, à ]Vfontdragon, entre Orange et Caderoiisse , à Avigxpon. De cette dernière ville, la ligne, dirigée sur Tarascon et Arles , viendrait aboutir à la place Pentagone , au nord de Marseille. Ce damier tracé, entre Avignon et Marseille, donnerait lieu à d'assez, grandes dépenses; aot en étudie un autre qni,. passant par Aix, arriverait à MarseîSLe par la vallée de la Veaune*
2"^ Bassin. — La Valloire.
Des sources abondantes scrard^it au village de Saint-^Barthélenâ , dé|>arr tement de Flsère , trois quarts de liei^ au^d^ssus^ de Be^repaire ; a|irè^ avoir arrosé les prairies de cette dernière commune , elkss^ disparaissent sous les terres , et , 300 mètres avant d'^entrep dans le d^;>arteaient de la Drome , elles reparai^ent pour former la rivière d^Auiron. Elles se grossissent, sur le territoire de Moras , du ruisseau de Doleur. Celui-ci sort dW lieu appelé Boulliat, près, de Thodure, et reçoit^ au-dessous de MarcoUin, les eaux du ConJbaud, qui viennent de la £orêt de .Lentiol; plus bas encore, il se grossit de celles de.Lens-Lestang. La rivière d^Auron, ainsi augmentée, se divise en de nombreux canaux pour Tarrosage des prairies, et finit par se perdre près du domaine de la Chai , sur la limite des territoires de Moras et d^Anneyron.
Les sources d^Auron ont leurs périodes d^abondance et d'^intermittence
206 CHAPITIIË II.
tout-à-fait conformes aux sources qui existent dans la commufle d^Éydôcke (Isère). Les observateurs en concluent qu^il y a une c<mimunication soiirterraine entre les unes et les autres l Ces eaux abondent et se retirent environ tous les trois ans, sans avoir d^époques fixes, quoique leur apparition soit ordinairement à Fentrée de Thiver , et leur disparition aux chaleurs de Tété. Elles sont tout à la fois fructifiantes et malfaisantes : répandues sur lés terres , elles décuplent les récoltes en grains; mais lorsqu'^eUes se retirent, si le terrain est lég^r et graveleux, la plante dépérit et meurt assez vite, soit que les eaux aient délavé les touffes nourricières , soit qu^il n^existe plus de cette grande humidité qui a commencé Irâr Tégétation ^ et sânis laquelle elles ne peuvent la soutenir. >
La Veuze prend sa source au village de Manthe, dans le parc de M. Martin. Ses eaux sortent d^un terrain uni , sec et caillouteux. A quelques pas de là , elle a déjà plus de 20 mètres de largeur , sur 1 mètre 5 à 6 décimètres de profondeur. EUe se divise aussitôt en deux branches principales , qui font mouvoir phisîeurs moulins et arrosent aussi les vastes prairies de Moras. Rien n^égale la limpidité et la beauté de ces eaux. La température en est presque toujours la même, entre 9 et 10 degrés du thermomètre deRéaumur : eUes ne gèlent jamais. Elles disparaissent au domaine de PataiUe, sur le territoire d^Anneyron.
Le ruisseau des CoUières sort du centre des prairies de Moras , et après avoir également fourni des eaux à Tarrosage , il "se perd au quartier de Coineau , sur la commune d'Anneyron.
Ces trois rivières coulent dans une direction à peu près paraOèle, et disparaissent à des points correspondans , où elles filtrent à travers les terres pour reparaître réunies sous le nom de sources des Claires y 100 mètres environ au-dessous de Coineau , d^oii elles vont se jeter dans le Rhône , après avoir passé sous le pont et un peu au nord de Saint-Rambert.
S^il atrîve que les eaux de Coineau ou des Collier es soient assez fortes pour aller directement et sans interruption grossir celles des Claires , c^est le présage d^ime mauvaise récolte en blé, ce qu'on exprime par ce dictou populaire :
Beaucoup d^eau dans les Glaires , Peu de blé en YaUoire*.
TOPOGRAPHIi:> 20T
On Texpliquè par le rapport qui existe entre les eaux souterraines et Tétat de Fatmosphère , qui est toujours plus chargée d^humidité lorsque ces eaux sont abondantes. Aussi fait-on encore cette autre remarque, qui n^est pas particulière à ce pays , que quand il y a abondance de foin , les récoltes en blé sont moindres , et réciproquement.
Ce bassin est, du reste, trèsrremarquable par ses belles prairies, par Fabondance et la qualité de ses céréales. Cest un des plus riches du département.
B"** Bassin. — La Galaure.
Elle prend sa source au-dessus et au midi de Roybon, passe à Montfalcou , près de Saint-Clair, département de Flsère, entre dans celui de la Drome près du Grand-Serre , passe à Saînt-Germain-d'Hauterive , à Hauterive , Treîgneux, Châteauneuf-de-Galaure , Saint-Bonnet-de-Galaure , près de la Motte-Galaure , Saînt-Barthélemi-de-Vals , Saint-Uze, Roche-Taillée, Saint- Vallier , où elle se jette dans le Rhône. Sur la rive droite, elle reçoit, près de Saint-Germaîn-d'Hauterive , la rivière de Galavaison , qui sort de la forêt de Chambaran et passe au nord et au-dessous du Grand-Serre ; elle reçoit aussi , entre la Motte-Galaure et Saint-Uze , une autre petite rivière qui descend du territoire de Fay.
Il existe sur cette rivière, un peu au-dessus de la gorge de Roche-Taillée, un fort beau pont construit depuis quelques années seulement, et connu sous le nom àeporU de Saint'-Uze.
Le cours de la Galaure est, dans le département de la Drome, d^environ 3 myriamètres.
4** Bassin. — VHerbasse.
Elle sort de la combe de ce nom , au nord-est de Montrigaud ; elle descend d^une suite de coteaux assez élevés qui dominent Saint-Antoine, Roybon et le Grand-Serre; elle reçoit le ruisseau de Saint-Bonnet-de- Valclérieux, arrose le vallon où sont situés Miribel, Onay et Crépol, se ^ossit , au-dessus de Charmes , de la Limonne , qui vient de Fétang de Liangon , et qui se forme de plusieurs sources dans les bois de Montrigaud; elle passe à Saint-Donat , à Clérieux , et se jette dans Flsère entre Romans et Beaumont-Jdonteux. Son cours est de 2 myriamètr^ .et demi.
Elle reçoit à Saint-Donat, sur sa rive droite, les eaux du Merderet , qui j^end naissance entre Saint- Avit et Montch^iu , passe entre Ratières et Batheraay et près de Saint-Andédl. Elle reçoit encore, au-dessous de Saint- Donat, au lieu appdé Serret, la rivière de Cbosswel, qui prend sa source au-dessous de Saint- Andéol et passe près de Br^n.
5~* Bassin. — V Isère.
Elle prend sa source dans les montagnes de la Tarantaise, près de Teignes, à 2 myriamètres nord du Moiit-43eitts ; die passe auprès du rocher de Montmélian , où TArc lui porte les eaux de la Maurienne, à Grenoble, où le Drac sY réunit, et à Saint-Marcellin. Ulsère entre dans le département de la Drome au-dessus de Rochebrune , commune de Saint-Nazaire , où la Boume vient s^ joindre; die dirige son cours de Test à Touest, baigne Rochebrune, passe au-dessous d^Ejineux, à droite et au-dessous de Saint- Paul-lès^-Romans^ sépare le Bourg-du-Péage de Romans, et se jette dans le Rhône à 22 kilomètres au-dessous de cette ville , entre Tain et Valence. Elle commence à porter de petits bateaux à Montmélian , et de grands i Grenoble.
LUsère est d^une largeur moyenne, mais d^une grande profondeur; eDe doit sa couleur toujours bourbeuse et noirâtre aux carrières d^ardoise dont elle reçoit les eaux et les débris dans k Tarantaise. Sa pente est dHm millimètre par mètre.
Des bancs de rochers , qui , sur divers points, occupent une partie de s« ht, en rendent la navigation difficile; aussi les plus gros trains ne sont-ils composés que de trois bateaux, portant environ 800 quintaux métriques, pour le service desquels il faut dix-huit ou vingt bœu&. Quoique la distance à parcourir depuis son embouchure jusqu^à Grenoble ne soit que de 10 myriamètres , on met commimément de quinze à dix-huit jows pour fiùre ce trajet*
Le halage prés^te aussi de grandes difficultés. On ai£Ht,iLestiTai, des travMx en terrassemens et en escarpemens de roehers; ^en a adouci des rampes trc^ roides, et étergi le chemin dans plusiem^ endroits ;'mab oa BL*a pu 'fkire cesser encore les obstacles <pu existent ;iis«*jh^tâ du domaine de Coufoulens, dans'k conmiuné du Bourg^-lès-Valenee, au point même où
TOPOGI^APHIB. 209
risère se jette. dan5 k Rbtoe» En cbaHgeaat son embouchure^ la rivière a emporté to^t le t^rraia jusqu'^au pied du coteau de Coufoulens. Le halage ne peut s'y faire que quand les eaux sont basses; poinr peu qu^elles soient élevées , les tirages sont obligés de passer sur le coCeau : c^est alorç que les bâtimens du domaine les embarrassent, et les obligent de foire des manœuvras longues, difficiles et oaème dangereuses^ po«r passer la maille en dehors et la reprendre dans la partie supérieure* Il faudrmt au pied du coteau yne digue sur laquelle on établirait le halage , ou bien abattre les bâtimens pour pratiquer le chemin dans leur emplacement.
Il existe dons ce département ^ pour la con^munjcati(m de Vmffi à Fautre rive, deux ponts en pierre et quatre bacsr •» sai^oîr :